« La Parthénogenèse » Anne-Laure JULIEN.


L’histoire se déroule durant l’été de la canicule, celle de 2003. Sophie, institutrice, est mère célibataire de deux petites filles, Lolita et Ada, de deux pères différents, et ferme son école pour l’été. C’est une femme libre, très sarcastique (et de ce fait très drôle), qui a un penchant pour les hommes mariés (un peu malgré elle) et enfin, qui a une vision du couple, du mariage et des hommes très peu conventionnelle. D’ailleurs le titre du roman résume assez bien la situation : la parthénogenèse consiste à ne se reproduire qu’entre femelles et donc à ne donner naissance qu’à des femelles, c’est une des caractéristiques des phasmes. Sophie donc a fait deux bébés toute seule, comme le chantait Goldman.

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« Honoré et moi » de Titiou LECOQ


Béatrix est tout le premier roman que j’ai lu de Balzac. Je devais être en seconde, je crois. Ce roman, peu connu ou du moins qui ne fait pas parti des plus connus, est un roman à clefs. Les personnages sont des doubles romanesques de Marie d’Agoult et de Franz Liszt. On y trouve aussi George Sand sous les traits de Félicité des Touches. Je n’avais alors lu aucun roman de George Sand, mais je me plais à penser que ce roman était un premier signe de mon intérêt pour elle. J’ai donc un peu découvert Balzac et Sand en même temps. Depuis j’ai lu plusieurs romans de Balzac, même certains plusieurs fois : le magnifique Splendeurs et misères des courtisanes (qu’il faudrait que je relise), Le Père Goriot (lu 2 ou 3 fois), Le Lys dans la vallée, Illusions perdues, La cousine BetteLes Chouans et puis « Le chef d’oeuvre inconnu », « Sarrasine », Le Colonel Chabert etc etc. Et il m’en reste encore tellement à découvrir. Bref, Honoré et moi, on se fréquente depuis longtemps. Quand j’ai vu la biographie de Titiou Lecoq, avec ce titre qui me parle tellement (mon blog, je vous le rappelle s’intitule : Les livres de George Sand et moi »), et tous les avis élogieux des copinautes, j’ai un peu résisté (un tout petit peu) et j’ai craqué !

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« Un livre de martyrs américains » Joyce Carol OATES.


Dans une petite ville de l’Ohio, se trouve le Centre des femmes, hôpital dans lequel Dr Augustus Woorhees pratique des avortements. Devant le centre, un groupe d’anti-IVG constitué d’hommes et de femmes brandit des pancartes, dénonce et harcèle les médecins et les femmes qui s’y rendent. Un jour l’un d’entre eux s’avance arme à la main et tue froidement Dr Woorhees. Oates se propose alors de raconter, en alternant les chapitres, le parcours des deux hommes, mais aussi les conséquences de cet assassinat sur leur famille.

Tous les deux pères de famille, Luther et Augustus sont des hommes de convictions, des convictions totalement opposées. Oates ne prend pas parti, elle présente sans jugement leur cheminement. Après avoir dénoncé les conditions carcérales dans Carthage, ou le racisme dans plusieurs de ses romans comme Fille noire, fille blanche, l’auteure américaine traite du sujet brûlant de l’avortement. Bien que ce sujet soit largement polémique aux Etats-Unis, encore plus depuis l’arrivée de Donald Trump à la tête des USA, Oates situe son roman de la fin des années 90 à février 2012. Une fois encore, Oates montre les revers de la médaille, la face sombre de l’Amérique.

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Bilan de lecture mensuel : Avril 2019.


En ce premier jour de mai, au son des clochettes du muguet, il est l’heure de faire le bilan de mes lectures. Des lectures un peu moins importantes que le mois dernier, mais qui ont été particulièrement agréables et intéressantes. On peut juste regretter que le fait que je ne suis parvenue à ne sortir que deux livres de ma PAL.

Ce mois-ci donc j’ai lu trois polars, un roman et un livre d’entretiens.

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« Le Vrai lieu » Annie ERNAUX – Entretiens avec Michelle PORTE.


 

 

Ecrire, je le vois comme sortir des pierres du fond de la rivière » (p.72)

Ce petit livre d’entretiens est d’une grande richesse. Pour qui est sensible, comme moi, à l’oeuvre et à l’écriture d’Annie Ernaux, il est une vraie mine. J’ai noirci trois pages de citations, tant ce qu’elle nous livre de son écriture, de la conception de son oeuvre est passionnant. Elle éclaire sa démarche littéraire, la source de son intérêt pour la littérature, revient sur cet entre-deux social qui est à l’origine de ses romans.

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« Maine » J. Courtney SULLIVAN.


J. Courtney Sullivan est auteure américaine que j’apprécie beaucoup pour avoir déjà lu deux de ses romans (Les Débutantes et Les Liens du mariage). Je souhaitais lire Maine depuis longtemps, beaucoup parmi mes amies blogueuses m’en ont parlé avec enthousiasme. Et elles avaient raison.

Maine, comme les précédents, est un roman choral centré sur trois générations de femme : Alice, la grand-mère de 80 ans peu aimable, grenouille de bénitier et passablement alcoolique ; Kathleen, sa fille, un peu baba-cool vit en Californie avec Arlo et tient une « ferme » de vers de terre pour produire de l’engrais naturel ; Maggie, sa petite-fille, a un ami qui a du mal à s’engager et Ann-Mary, sa belle-fille, mère de famille modèle qui a tout donné à sa famille et la seule avec laquelle elle s’entend à peu près. Au centre de l’histoire une propriété dans le Maine, avec sa plage privée, que Daniel, le mari d’Alice avait gagnée au jeu. Au fil des années, cette maison est devenue le point de rendez-vous estival et chacun l’occupe à présent un mois de l’été.

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« 3000 façons de dire je t’aime » Marie-Aude MURAIL.


Les romans de Marie-Aude Murail sont toujours la promesse d’un moment de lecture parfait. J’ai déjà lu une dizaine de ses romans et je ne m’en lasse pas, tant elle sait varier les genres et nous embarquer aux côtés de personnages que l’on aimerait avoir pour amis. J’avais repéré à sa sortie 3 000 façons de dire je t’aime et j’ai profité de sa sortie en format poche pour enfin le lire.

Chloé, Bastien et Neville se sont connus au collège en 5e. Mme Plantié, leur professeure de français avait l’étrange particularité de ne pas aimer les romans qui finissent bien. Elle emmena sa classe au théâtre voir Dom Juan et là ce fut comme une révélation pour les trois collégiens. Plusieurs années plus tard, le bac passé, ils se retrouvent pour les auditions du conservatoire d’art dramatique de leur ville de province. Ils se reconnaissent et deviennent enfin amis. Le but est d’être remarqué par le professeur Jeanson, le seul qui, d’après les rumeurs, est capable de faire admettre ses élèves aux concours du conservatoire de Paris.

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« Le Maître des livres » Umiharu SHINOHARA #1- manga.


Je lis très peu de mangas alors que mes enfants les dévorent. Si vous cherchez sur le blog vous en trouverez pourtant quelques uns (Une sacrée mamie ; Chi, une vie de chat ; Histoire couleur terre ; Quartier lointain ; Emma ; Les Années douces). Quand je commence une série, je la dévore en entier. Voilà plusieurs années que je souhaite lire Le Maître des livres dont on m’a souvent parlé et que l’on m’a souvent également conseillé, mais je la trouvais rarement en librairie. Lors de mon séjour à Grenoble, la ville qui compte le plus de librairies par habitant, j’ai enfin trouvé le tome 1, en fait j’ai trouvé toute la série, soit les 14 tomes, mais je me suis contentée, pour l’instant, des 6 premiers (et je viens de me commander les trois suivants 😀 !).

Je ne vais pas tous les chroniquer (car je compte bien tous les lire) ; il est toujours difficile de parler des différents tomes sans spoiler la série. Par contre quand je les aurai tous lus, j’en ferai un petit bilan. Je vous présente donc ce premier tome qui m’a immédiatement donné envie de lire la suite.

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« Les Misérables » Victor Hugo – tome 1.


Bien qu’ayant fait des études de lettres, j’ai des lacunes. Mais je les assume et fais en sorte, petit à petit, de les combler. De Victor Hugo, j’ai lu quelques pièces (Ruy Blas, Lucrèce Borgia), quelques romans (Les Derniers jours d’un condamné, Claude Gueuxet des poèmes de divers recueils et essentiellement celui-ci : Les Contemplations. Je ne m’étais jamais encore confrontée aux monuments hugoliens : Les Misérables, L’Homme qui rit, Notre Dame de Paris… Ils sont pourtant tous dans ma PAL depuis bien bien longtemps.

Il m’a fallu la lecture un peu déprimante (pour des raisons différentes) de deux romans de la rentrée littéraire, pour ressentir le besoin profond d’un retour aux classiques. L’envie de lire Les Misérables a fait son chemin depuis la lecture d’une biographie d’Hugo mêlée à celle de sa fille, Léopoldine par Florence Colombani. J’ai une affection particulière pour Léopoldine. Dans cette biographie, j’avais notamment été très intéressée par les rapprochement que Florence Colombani faisait entre Léopoldine et Cosette. J’ai eu envie de les vérifier. Bref, j’ai lu le premier tome des Misérables.

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« Summer kids » Mathieu PIERLOOT – #RL2018 (roman ado)


Antoine, Mehdi, Hannah et Alice viennent de finir le lycée, ils forment un groupe d’amis et se connaissent depuis la primaire. Ce sont les dernières vacances avant les études supérieures. Chacun a choisi sa voie, sauf Antoine. Sa rupture récente avec Hannah l’a plongé dans une tristesse profonde qui le laisse indécis, hésitant. Cette rupture a aussi un peu fendillé le groupe, Hannah ne donne plus guère de nouvelles, Mehdi et Alice sont pris entre les deux anciens amoureux. Chez Antoine, même sa vie familiale prend l’eau depuis l’arrivée du nouvel ami de sa mère, Jean-Do.

Summer kids pourrait être un roman comme un autre racontant la sempiternelle histoire d’une rupture amoureuse, pourtant, ce (trop) court roman d’un peu plus de 150 pages est porté par une écriture, une sensibilité et une réalité des dialogues qui en font un roman à part que l’on voudrait plus gros, plus long.

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