« Victor Hugo vient de mourir » Judith PERRIGON


Je savais que Victor Hugo avait eu des obsèques nationales, je savais qu’une foule immense, incroyable, avait suivi le cortège, j’avais même vu des images, donc quand j’ai découvert ce roman racontant précisément ses funérailles j’ai eu envie d’en savoir plus. Judith Perrigon se propose donc de décrire dans le détail et en s’appuyant sur des documents historiques, à la fois les derniers jours de Victor Hugo, les préparatifs des obsèques jusqu’au Panthéon (ou plutôt jusqu’à l’église Sainte Geneviève débarrassée de ses signes religieux pour complaire aux volontés de Victor Hugo d’un enterrement civil) et le jour J. L’aspect romanesque est peu développé, et c’est tant mieux, j’avais un peu peur d’une hagiographie du grand homme. Il n’en est rien, le style est clair et présente les faits comme ils se sont déroulés même si certains personnages sont inventés, ils incarnent les différents partis qui se sont affrontés durant ces quelques jours.

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« Broadway limited : 1. Un dîner avec Cary Grant » – Malika FERDJOUKH


Les romans de Malika Ferdjoukh, c’est un peu comme un bon chocolat chaud à la chartreuse après une journée de ski : ça réchauffe et ça fait du bien. Elle fait partie, avec l’incontournable Marie-Aude Murail, de ces auteurs dits jeunesse qui ont pourtant tout des grands et que l’on peut lire à 15 ans et à 45 ans passés. Que ce soit Quatre soeurs, Aggie change de vie ou Chaque soir à 11 heuresje suis toujours séduite par l’atmosphère de ses romans.

Broadway Limited est une série en trois tomes. Le deuxième (Un Shim Sham avec Fred Astaire) est déjà sorti (je suis d’ailleurs en train de le terminer). Pour la sortie du troisième et dernier tome (Un thé avec Grace Kelly), je ne connais pas encore la date, très prochainement je l’espère.

Donc concernant ce premier tome sous-titré Un Dîner avec Cary Grant, nous sommes à New-York à l’automne 1948. Jocelyn Brouillard, jeune homme de 17 ans, vient y faire des études. Il sonne à la pension Giboulée tenue par Mrs Celeste Merle et sa sœur Artemisia. Mais cette pension est exclusivement réservée aux jeunes filles. Ses talents de pianiste et la recette de la soupe aux asperges de sa mère vont cependant se révéler de merveilleux laisser-passer. Outre les deux propriétaires, Jocelyn va faire la connaissance des nombreuses pensionnaires : Wendy Balestrero surnommée Manhattan, Hadley Johnson, Page Hibbs, Felicity Pendergast, surnommée Chic, Etchika Jones ou encore Usurla Keller, sans parler des domestiques Easter-Witty et Charity.

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« Les Misérables » Victor Hugo – tome 1.


Bien qu’ayant fait des études de lettres, j’ai des lacunes. Mais je les assume et fais en sorte, petit à petit, de les combler. De Victor Hugo, j’ai lu quelques pièces (Ruy Blas, Lucrèce Borgia), quelques romans (Les Derniers jours d’un condamné, Claude Gueuxet des poèmes de divers recueils et essentiellement celui-ci : Les Contemplations. Je ne m’étais jamais encore confrontée aux monuments hugoliens : Les Misérables, L’Homme qui rit, Notre Dame de Paris… Ils sont pourtant tous dans ma PAL depuis bien bien longtemps.

Il m’a fallu la lecture un peu déprimante (pour des raisons différentes) de deux romans de la rentrée littéraire, pour ressentir le besoin profond d’un retour aux classiques. L’envie de lire Les Misérables a fait son chemin depuis la lecture d’une biographie d’Hugo mêlée à celle de sa fille, Léopoldine par Florence Colombani. J’ai une affection particulière pour Léopoldine. Dans cette biographie, j’avais notamment été très intéressée par les rapprochement que Florence Colombani faisait entre Léopoldine et Cosette. J’ai eu envie de les vérifier. Bref, j’ai lu le premier tome des Misérables.

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« La Purge » Arthur NESNIDAL – #RL2018


C’est son sujet qui m’a donné envie de lire ce roman : « un étudiant décrit le quotidien d’une année d’hypokhâgne ». J’aime les romans qui parlent de l’école, du lycée, de la fac. Mais très vite, des amies sur les réseaux sociaux m’ont fait douter avant même le début de ma lecture. Et ce doute s’est confirmé dès les premières pages tournées !

« La Purge » est un premier roman d’un jeune homme de 22 ans comme la 4e de couv. prend soin de nous le dire, sans que l’on sache trop pourquoi d’ailleurs. Est-ce une façon de l’excuser ? Parce que franchement, ce roman porte bien son titre. Sans faire de mauvais jeu de mots (que d’autres ont dû faire avant moi, j’en suis sûre), lire ce roman est une véritable purge. Malgré tout, j’ai tenu bon jusqu’à la dernière page.

L’auteur, malheureusement, ne sert pas son sujet. Les professeurs, les étudiants, jusqu’au lycée lui-même sont caricaturés, on ne trouve que des êtres abjectes, des portraits noirs. L’excès de noirceur, l’hyperbole, conduit à douter. J’entends l’exigence excessive, l’humiliation de certains professeurs, mais même Zola, dans ses romans les plus noirs, ouvre des fenêtres vers l’espoir. Ici tout est négatif, rien ne survit, même pas la littérature. Contrairement à ce que nous vend la quatrième de couverte, je n’ai pas eu l’impression de lire « le quotidien » d’un étudiant, mais plutôt des descriptions sans fin, alambiquées, dans lesquelles on se perd, noyé dans une prose qui s’écoute écrire.

Dans cette écriture ampoulée, boursouflée, certes on ressent des accents zoliens (oh le beau registre épique !), hugoliens (le lyrisme, c’est sûr ça en jette !), mais si Zola et Hugo écrivaient ainsi (enfin en mieux) c’était pour coller à leur époque. Et il est bien dommage qu’un auteur de 22 ans écrive encore ainsi au XXIe siècle. Le jeune homme a des lettres, ça se sent, trop même, ça manque de digestion. Chaque époque doit trouver son écriture. Les romantiques voulaient écrire autrement pour mieux représenter leur époque. Le style de l’auteur ici finalement contredit même son propos en faisant de sa prose une écriture qui se veut élitiste. Reprocher aux professeurs de khâgne d’être pédants et écrire de façon pédante, me semble contradictoire. Et c’est, je crois, le principal reproche que je ferai à ce roman.

On pourra dire que ce sont les défauts d’un premier roman, certes. On attendra donc un prochain roman, pour confirmer ou infirmer.

Bilan mensuel de lecture : Août 2018.


En ce premier jour de septembre, alors que la pré-rentrée a déjà eu lieu hier, il est temps de clore les vacances et de faire le bilan sur mes lectures du mois d’août. Le bilan n’est pas exceptionnel pour un mois d’août, disons que j’ai connu mieux, mais, dans le domaine de la lecture, nous savons bien que ce n’est pas la quantité mais la qualité qui compte avant tout et de ce côté-là je n’ai pas été déçue.

Ce mois-ci encore, j’ai alterné les livres de ma PAL et les romans reçus en SP. Côté PAL, je me rends compte que je n’ai lu que des polars, côté SP, les lectures furent beaucoup plus variées comme vous allez le découvrir.

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« La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » Joël DICKER


J’ai enfin sorti de ma PAL le fameux best-seller La Vérité sur l’affaire Harry Quebert que j’avais acheté au moment de sa sortie c’est-à-dire en 2012 !!! Oui ! Alors pourquoi cette envie subite ? Tout simplement parce que son adaptation en série va bientôt être diffusée sur TF1 avec Patrick Dempsey (docteur Mamour), et je n’aime pas voir les adaptations avant d’avoir lu le roman.

On a tellement parlé de ce livre, en bien comme en mal d’ailleurs, que je me suis lancée un peu fébrilement dans la lecture. Je suis toujours suspicieuse devant les romans trop plébiscités. Pourtant j’ai vite été embarquée dans l’intrigue : Harry Quebert est un écrivain reconnu et estimé après le succès d’un roman Les Origines du mal. Ancien professeur d’université, il a eu pour élève Marc Goldman, avec lequel il a noué une amitié forte. Marc a également connu un grand succès en librairie, mais depuis plus d’un an, il ne parvient plus à écrire et doit pourtant rendre un manuscrit à son éditeur, le délai de remise arrivant à terme. Marc se rend donc dans le New-Hampshire où Harry vit depuis 1975. Il recherche les conseils de son ancien prof. Sauf que, le corps de Nola Kellergan est retrouvé enterré dans le jardin de Harry et que tout porte à croire que le coupable soit Harry. La jeune fille de 15 ans avait disparu le 30 août 1975 et toutes les recherches pour retrouver son corps étaient demeurées vaines. Marc décide alors de faire la vérité sur cette affaire afin d’innocenter son mentor.

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« La Fille d’avant » JP DELANEY.


Je ne suis pas une grande lectrice de polar, mais j’ai toujours l’habitude d’en lire un en période estivale. Quand j’en achète, je les choisis les moins sanguinolents possible. Je suis davantage portée sur les polars historiques, du type Anne Granger ou Anne Perry, ou les polars plus psychologiques. J’ai acheté La Fille d’avant un peu par hasard, attirée par la 4e de couv. et par le fait que je ne cessais de le voir sur les tables des libraires.

Jane, après la perte de son bébé mort-né, a besoin de changer son cadre de vie. A Londres, les appartements sont chers, mais quand on lui propose la location de One Folgate Street, une maison du célèbre architecte : Edward Monkford, homme charismatique et mystérieux, elle est séduite. Pourtant, de nombreuses conditions sont à remplir pour obtenir le privilège d’y vivre : passer des tests, puis, s’ils sont réussis, avoir un entretien avec le propriétaire. Si le loyer est modeste, c’est que le locataire doit entretenir cette maison exceptionnelle, modèle du genre minimaliste en architecture. Aussi doit-elle se plier à tout un tas de contraintes : pas d’objets superflus (dont les livres !!!!) ; pas d’animaux ; entretenir scrupuleusement et minutieusement la maison ; répondre régulièrement à des questionnaires ; accueillir la visite d’étudiants en architecture. One Folgate Street est en effet un modèle de maison technologique. Peu de temps après son installation, Jane apprend que l’ancienne locataire, Emma, la fille d’avant, a été retrouvée morte au bas de l’escalier sans rampe : suicide ? meurtre ? Jane va donc tenter d’en savoir plus.

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« Hors-Service » Solja KRAPU


Eva-Léna est professeur de collège. Ultra organisée dans sa vie de famille comme dans son métier, elle s’impose des règles de vie rigoureuses. Un vendredi soir, elle se rend dans son établissement pour faire des photocopies afin de s’avancer pour ses cours du lundi matin. La porte se referme et la voilà bloquée dans le local, sans ses clefs et sans son portable.  Après un moment de panique, elle comprend qu’elle risque d’y passer tout le week-end. Commence alors une longue introspection.

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« Une époque exquise » Dawn POWELL


Premier roman de l’été, un petit pavé de 450 pages : Une époque exquise de Dawn Powell, un roman que je n’avais pas fait entrer dans ma PAL estivale puisque je l’avais déjà commencé avant de partir en vacances. Il était dans ma PAL depuis belle lurette, mais l’été est le meilleur moment pour sortir les pavés de sa PAL.

Vicky Haven vient de vivre une rupture sentimentale. Sur les conseils de son amie, Ethel Carey, elle décide de partir pour New-York où réside leur amie de collège, Amanda Keeler, épouse Evans. Cette dernière a fait un mariage réussi avec un grand patron de presse. Grâce à ce mariage, sa carrière littéraire a explosé, elle est à présent la femme qu’il faut connaître et côtoyer à New-York.  Amanda est également investie dans l’effort de guerre. Ethel contacte donc Amanda pour qu’elle aide Vicky et lui trouve un emploi dans un des journaux de son mari. Vicky débarque donc à New-York, mais elle perçoit bien vite qu’elle est une amie un peu encombrante pour Amanda, même si celle-ci va se servir d’elle.

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Petite PAL estivale


Demain matin c’est départ vers la méditerranée, les cigales, les plouf dans la piscine. Une première petite semaine de vacances que j’attendais avec impatience.  La valise des vêtements est quasi prête, elle fut vite faîte : sur ce coup-là j’ai été efficace. Mais c’est la PAL qui a été plus compliquée à concevoir.

Alors quels livres ai-je choisis ?

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