Bilan mensuel de lecture : Février 2018.


J’ai un retard incommensurable dans mes rédactions de chroniques, mais tant pis, je vous présente quand même mon bilan de février et espère pouvoir écrire un peu autour de mes lectures de janvier et février… promis ! Car côté lecture, je me débrouille plutôt mieux que les années précédentes, même si je suis encore loin du nombre de livres que je lisais avant mon retour dans la vie active, il y a quatre ans. Mais qu’importe, le principal est que cette envie, ce besoin de lire ne me quitte jamais et qu’il est même de plus en plus essentiel pour moi, un moyen formidable de me retrouver, de couper un peu le flot continuel de pensées, de tracas qui parfois me submerge. Bref…

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Bilan mensuel de lecture : Avril 2016.


logo-bilan-mensuel1Il est temps de se plonger dans le bilan de lecture du mois d’avril.

Ce mois-ci encore, j’ai eu des retards dans la rédaction de mes billets, mais je n’ai pas rompu mon rythme de lecture. Plus les mois passent et plus je m’installe dans ce rythme devenu régulier.

En avril, les lectures de SP ont été plus nombreuses. Il faut dire que j’en reçois beaucoup en ce moment, et qu’il faut bien les lire pour que les piles ne deviennent pas trop démesurées.

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Ciao 2014 ! Vive 2015 !


petite fille lectureLors de mes bilans mensuels, j’ai toujours la sensation de n’avoir rien lu de l’année et peut-être encore plus cette année. Je passe en revue mes livres lus, je regarde le nombre d’étoiles accolées aux couvertures (merci Goodreads) et je constate que seuls 3 livres ont reçu les 5 étoiles cette année, 5 étoiles pour un roman ado de Marie-Aude Murail (Amour, vampire et loup-garou) et pour deux relectures : La morte amoureuse de Gautier et La chambre des secrets de Rowling. Résumer le tout en disant que ce fut une année de lecture décevante ne serait pourtant pas juste du tout, car en y regardant de plus près et en même temps en prenant un peu de recul (ce qui, je vous l’accorde est quelque peu contradictoire), je constate finalement que certains romans étoilés 4 fois auraient bien plutôt mérité une étoile de plus tant ils sont restés ancrés en moi.

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Bilan mensuel de lecture : Avril 2014.


logo-bilan-mensuel1Ce mois d’avril est un mois bien maigre, je vous l’annonce tout de suite. Plusieurs raisons à cela : le boulot, la succession de livres décevants et une méchante panne de lecture. Un trio perdant, donc. Cette fin de mois fut particulièrement désastreuse, avec une méchante impression que tout livre commencé m’ennuyait d’avance. Il faut dire que j’ai enchaîné les déceptions et rien de tel pour vous couper l’envie. La fatigue venant se rajouter à tout cela, je vous laisse imaginer le tableau. Même si depuis trois jours, la lecture d’un nouveau roman semble me remettre un peu le pied à l’étrier, l’envie de lire est encore convalescente.

Dans cette situation, il me semble toujours mieux comprendre alors les personnes affirmant qu’elles n’ont pas le temps de lire, voire qu’elles n’aiment pas lire. Car, finalement, cette capricieuse envie est intrinsèquement liée au choix d’un bon livre. La succession de livres bof bof ou pire, de livres ennuyeux use l’envie qui alors se fait gentiment la malle.

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« La Femme gelée » Annie ERNAUX


ernaux femme geléeAprès mon coup de cœur pour L’autre fille, il y a déjà deux ans, j’ai eu envie de retrouver la plume d’Annie Ernaux avec ce très court roman, La Femme gelée, acquis après en avoir lu un extrait qui avait titillé ma curiosité. Il y avait une justesse dans les réflexions de la narratrice et le thème suggéré ne pouvaient que me donner envie d’en savoir plus sur ce roman.

Annie Ernaux, comme dans tous ses romans, raconte sa vie. On pourrait penser qu’elle écrit toujours le même roman et pourtant…

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Bilan de lecture mensuel : Février 2014.


logo-bilan-mensuel1Février fut bien mouvementé pour moi et forcément cela a entraîné une baisse de rythme côté lecture ! Tout d’abord, dès le début du mois, ma vie professionnelle trépidante a pris un nouveau virage, puisque je me suis retrouvée du jour au lendemain (l’expression n’est pas usurpée) à reprendre le chemin des salles de classe, pas en tant qu’élève mais en tant que prof ! Après huit ans d’interruption, ça fait un choc, mais j’en suis très heureuse ! Puis, vinrent les vacances, sauf que, votre pauvre vieille George a été clouée par une saleté de pneumopathie qui l’a littéralement assommée pendant une bonne semaine. Il n’y a donc que depuis une petite semaine que j’ai retrouvé mes esprits, sauf que, le travail ne se faisant pas tout seul (hélas !), la deuxième semaine de vacances fut consacrée à des corrections de copies et à des préparations de cours : chouette ! Autant vous dire que je n’ai pas vu passer ce mois de février. Mais trêve de parlotte !

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« L’autre fille » d’Annie Ernaux


Alors que sa mère discute avec une dame sur le trottoir, devant l’épicerie familiale, Annie Ernaux a appris l’existence et la mort d’une soeur. Cette révélation, faite de façon involontaire, saisie par l’oreille indiscrète d’une enfant de dix ans, qui se croyait unique, sera un réel traumatisme, mais un traumatisme silencieux, enfoui.

Il y a longtemps que je voulais lire un roman d’Annie Ernaux, et avec ce récit autobiographique, j’ai un peu l’impression d’avoir commencé par la fin, alors même que l’auteur y raconte, sans doute, l’origine de son besoin d’écrire, de cette vocation étrange d’exister par l’écriture.

Je n’écris pas parce que tu es morte. Tu es morte pour que j’écrive, ça fait une grande différence. (p.35)

Cette sœur, morte à six ans de la diphtérie, son existence, furent passées sous silence, secret de famille que l’on cache dans un coffre comme le livret de famille que l’on enferme et dissimule aux regards indiscrets parce qu’il porte la marque indélébile d’un nom et d’une existence qui n’est plus. Annie Ernaux raconte comment elle a vécu avec l’absente omniprésente, entre elle et ses parents, comment elle s’est, petit à petit, vécue comme l’intruse, la dérangeante :

Il fallait donc que tu meures à six ans pour que je vienne au monde et que je sois sauvée. (p.34)

Elle tente entre ces pages de donner forme à cette fille, à travers quelques photos, quelques souvenirs d’une cousine, ou la lettre d’un voisin, à travers quelques bribes de mots échappées qui font de l’absente une sainte, plus vraiment une enfant, une être désincarné, dont elle ne sait rien ou presque.

Tu es l’enfant du ciel, la petite fille invisible dont on ne parlait jamais, l’absente de toutes les conversations. Le secret. (p.13)

Car cette enfant est avant tout une « fille » et non une « soeur ». Annie Ernaux en parle par rapport à sa mère, à sa relation à la mère, tente par là même de comprendre l’attitude de sa mère à son égard. Elle pardonne un peu aussi : Je ne leur reproche rien. Les parents d’un enfant mort ne savent pas ce que leur douleur fait à celui qui est vivant. (p.51) … Elle reconnaît aussi avoir participé au silence, s’explique mal sa non volonté d’en parler du vivant de ses parents, sa complicité dans ce secret.

Ce texte est un témoignage, pas une plainte et encore moins une lamentation, il met les mots sur l’indicible, sur ce qui ne porte pas de nom. Oui, il n’y a pas de terme pour désigner des parents qui ont perdu leur enfant, alors on use de périphrases, comme celle utilisée dans la citation précédente, et il y a encore moins de termes pour les enfants ayant perdu leur frère ou leur soeur, c’est au-delà du vocabulaire, la langue française manque de mots. Mais plus que le récit de la perte d’un enfant, ce livre est le récit d’une construction par défaut, d’un être qui doit vivre alors qu’il n’aurait pas dû naître si l’autre fille avait vécu. Car qui est vraiment cette « autre fille » ? Celle qui est morte ou celle qui a vécu. Annie Ernaux donne une réponse dans les dernières pages, mais le doute est permis, si ce n’est que dans l’expression « l’autre » se lit comme un certain dédain, le même dédain que dans les mots échappés de la mère : « A la fin, elle a dit de toi elle était plus gentille que celle-là. / Celle-là, c’est moi. (p.16).

C’est un texte terrible mais fondateur, presque salutaire pour celle qui l’écrit et sans doute aussi pour celle ou celui qui le lit. C’est une lettre à l’absente, une lettre sans destinataire et par là-même destinée à tous, ni voyeur, ni indécente, une simple quête d’identité puisque l’on se construit toujours par rapport aux autres, aux vivants et aux morts, par rapport à ce que l’on nous a révélé de notre passé ou par rapport à ce que l’on nous a tu mais que, finalement, on devinait.

Récit lu dans le cadre Un Jeudi, Un Livre, auquel a également participé Asphodèle, avec un livre, le hasard fait bien les choses, édité aussi chez Nil dans la Collection « Les Affranchis ». Et du Challenge ABC lettre E.

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