« Une douce vengeance » Elizabeth GEORGE (T.4)


Ce quatrième tome de la série « Havers et Linley » a tout d’un premier tome, et sans doute serait-il judicieux de débuter la série par ce tome-ci plutôt que par Enquête dans le brouillard. Car on y fait la connaissance des principaux protagonistes et il permet d’éclaircir beaucoup de choses sur leurs relations. Effectivement, on y retrouve Tommy Linley, Saint-James, Déborah, mais quelques années avant les intrigues des trois premiers tomes. Linley est à Yard depuis 10 ans, il ne travaille pas encore avec Barbara Havers (que l’on croise cependant), Déborah a 21 ans et revient des Etats-Unis où elle a passé trois ans à étudier la photographie et à se faire une réputation de professionnelle. Lady Helen est aussi de la partie et travaille avec Saint-James. Ce retour est douloureux pour Saint-James : Linley et Deborah sont désormais en couple. Parallèlement à cette intrigue centrale (qui est celle de la série finalement), on fait aussi la connaissance de la sœur de Saint-James, Sidney, en couple avec Justin Brooke, mais aussi du frère de Linley, Peter, junky délabré, lui-même en couple avec Sacha encore plus accro à la drogue. Tout ce petit monde va se retrouver en Cornouailles dans la demeure des Asherton pour les fiançailles de Tommy et Deb. Mais bien évidemment les choses ne vont pas se passer comme prévu.

Tout commence par le meurtre de Mick, journaliste local, marié à Nancy, fille de l’intendant du domaine, John Penellin. L’homme est retrouvé dans son cottage, mort et émasculé. Le père de Nancy est rapidement arrêté : il détestait Mick, coureur de jupons invétéré rendant sa fille malheureuse. Il a été aperçu au cottage et on a entendu une forte dispute. Mais Linley et Saint-James ne sont pas totalement convaincus et vont se lancer dans l’enquête.

(suite…)

« Fauves » Eric MERCIER.


Le roman commence en 1989 : une femme se fait agresser sauvagement par deux chiens sous les regards d’une petite fille. Ces deux fauves s’acharnent sur la victime.

De nos jours, le commandant Vicaux est appelé à la ferme éducative de Vincennes sur une scène de crime des plus horrifiques. Un corps a été jeté dans l’enclos des cochons qui l’ont dévoré, ne laissant que quelques lambeaux. Qui est cet homme qui a fini d’une si horrible façon ? La recherche de son identité prend du temps, mais finit par être révélée : il s’agit d’un collectionneur d’art parisien qui a fait fortune grâce à la vente de tableaux fauves, notamment des Matisse ou Dufy. Vicaux tente de remonter les filières de vente, soupçonne une activité de faussaires même si tout tend à prouver que ces toiles sont bien authentiques. Au fil de son enquête, le commandant va de surprise en surprise, d’interrogations en interrogations. Parallèlement on suit sa vie amoureuse ou plutôt une histoire qui commence mais qui a déjà capoté avec Anne, spécialiste en histoire de l’art, qui s’inquiète d’ailleurs de la disparition d’un de ses étudiants.

Le titre alors prend un double sens bien marqué par la couverture : il est question de peintres fauves, mais aussi de fauves (les chiens, les cochons) et le meurtrier qui a agi en sauvage.

(suite…)

« Les Enfants de la Résistance » T.1 et 2, B. ERS & V. DUGOMIER.


Bien que le titre de cette chronique annonce les tomes 1 et 2, je vous parlerai essentiellement du premier pour ne pas gâcher votre lecture éventuelle. La série est toujours en cours et le tome 7 doit sortir mi-mars aux éditions Le Lombard.

J’avais repéré cette BD lors d’un salon du livre (oui c’était dans le monde d’avant) et elle m’était restée en tête. Une amie, collègue d’histoire, m’a proposé de me la prêter, et j’ai bien sûr sauté sur l’occasion. Durant cette première semaine de vacances, j’ai donc lu les deux premiers tomes à la suite.

L’intrigue se déroule dans le petit village de Pontain L’Ecluse, au moment où la France signe l’armistice avec l’Allemagne en juin 1940. Pontain L’Ecluse est un village fictif mais typique des petits village de l’époque avec ses agriculteurs, son maire et son instituteur. Il est situé à quelque soixante kilomètres de la ligne de démarcation, du côté de la zone occupée.

(suite…)

« La Vie en relief » Philippe DELERM.


La Vie en relief est le dernier ouvrage de Philippe Delerm, paru au Seuil le 4 février. Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un essai, c’est une succession de textes de 2 à 4 pages sur la vie, les souvenirs d’enfance, le quotidien, les maisons, les livres, les sensations du présent qui rappellent les sensations du passé, l’amour d’un homme pour une femme et l’amour d’un père pour ses enfants. C’est aussi un livre sur le présent : la COVID, le confinement mais sous l’angle de l’individu, de l’inquiétude pour sa famille; c’est aussi un livre sur l’écriture, un peu, et sur la lecture, beaucoup.

(suite…)

« Si tu vois le Wendigo » de Christophe LAMBERT.


Voilà un roman ado dont j’ai dévoré les trois quart un dimanche après-midi. J’ai été immédiatement immergée dans le monde du jeune narrateur de 13 ans. Ce qui m’a tout de suite plu est cette idée, certes pas nouvelle, d’un récit rétrospectif. Car si le narrateur de l’intrigue a 13 ans, celui qui la raconte en a 60. Et c’est ce regard d’adulte sur l’enfant qu’il était et sur les années 50 aux USA qui m’a plu.

En effet, l’histoire de ce roman c’est l’histoire d’un été qui a tout changé. Ce genre d’été que l’on entame en enfant, et d’où l’on ressort adolescent, où on prend conscience que les adultes qui nous entourent ont des failles.

Ainsi le jeune narrateur et son ami Bobby Lee, après avoir joué une journée entière dans la forêt aux cow-boys et aux indiens, rentrent chez eux la nuit tombée. Personne ne les attend vraiment et personne ne semble s’inquiéter de leur rentrée tardive. Il faut dire qu’ils habitent dans une résidence de standing, où on n’a même pas besoin de fermer les portes à clefs. Pourtant ce soir-là, ils croisent Ruth Bannerman, une voisine d’une quarantaine d’années. Elle semble errer dans la rue, à moitié nue et la bouche en sang. Cette intrusion de violence dans leur univers d’enfants innocents, provoque chez notre narrateur comme un choc, d’autant que Ruth est belle femme et que notre jeune ado n’est pas insensible à son charme. Cet événement va ainsi déclencher plusieurs péripéties qui vont bien occupées l’été des deux amis. Le lendemain, toujours dans la forêt jouxtant la résidence, les deux enfants entendent un cri mi-animal, ni-humain. Ils se réfugient chez le vieil ermite de la forêt, Peabody, qui leur conte l’histoire du Wendigo : une bête avec un corps décharné, au centre duquel brille une pierre rouge et avec une tête de caribou. Ce monstre peut exaucer nos vœux mais gare à leur réalisation.

(suite…)

« Chambre 2 » Julie BONNIE.


Chambre 2 est un roman qui est dans ma PAL depuis quelques années. J’avais du mal à le sortir à cause de son sujet qui me touche personnellement, mais parallèlement je savais qu’il allait me plaire, il me fallait juste le bon moment pour lui faire prendre l’air. Pourquoi me suis-je enfin décidée, je ne sais pas trop, juste que je me sentais prête.

Béatrice est auxiliaire de puériculture dans un hôpital au service maternité. Tous les jours, elles enchaînent les chambres par numéro et chaque chambre renferme une femme qui vient d’accoucher, mais chaque femme vit cette naissance différemment : la joie côtoie le drame. Alternativement, un chapitre sur deux, on découvre aussi le passé de Béatrice. Danseuse dans un groupe, elle était en plein accord avec son corps, dansant presque nue. Très vite s’établit un lien entre son passé et son présent, dans ce rôle qu’elle endosse, pour être normale, mais dans lequel elle se sent à l’étroit car elle ne peut s’empêcher d’être empathique avec les femmes qu’elle visite. Incapable de se lier avec ses collègues dont le discours est creux et parfois tellement loin de ce qu’elle ressent pour les patientes, elle n’ose cependant faire valoir son opinion.

(suite…)

« Juste la fin du monde » Jean-Luc LAGARCE (théâtre)


Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis professeur de Français au lycée (mais aussi en 4e) et depuis la réforme Blanquer, nous avons donc des œuvres imposées en 1ère. Enfin on nous laisse un peu le choix puisque 3 œuvres sont proposées par genre littéraire et nous avons la liberté de choisir parmi les trois œuvres proposées. Pour le théâtre donc, cette année nous avions le choix entre Le Malade imaginaire de Molière, Les Fausses confidences de Marivaux et donc Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagache. Avec mes collègues, nous avons donc choisi la pièce de Lagarce, que je n’avais pas lue d’où cette lecture faite ce dimanche.

(suite…)

« Ce qui fait battre nos cœurs » Florence HINCKEL.


Florence Hinckel est une auteure dont les romans amènent souvent à réfléchir sur le progrès et ses dérives. Que ce soit #Bleu ou Théa pour l’éternité, cette réflexion prend toujours son ancrage dans une histoire intime où des adolescents vivent dans un futur proche et dans une société où les nouvelles technologies semblent dans un premier temps proposer une vie meilleure. Dans #Bleu, il s’agissait d’une vie sans douleur, dans Théa ou l’éternité d’une vie éternelle. Dans ce roman, paru en juillet 2019, Florence Hinckel crée une société où tous les membres du corps humain peuvent être remplacés par des organes artificiels créés par la société Organic.

Esteban a une petite sœur, Sofia, dont le cœur artificiel a des ratés. Sa famille n’a pas suffisamment de moyens pour lui faire implanter une nouveau cœur. Elle s’est donc contentée dans cœur Sécu, bas de gamme et ayant déjà servi. A tout moment la petite fille peut mourir. Indigné par cette injustice, Esteban va tenter le tout pour le tout. Il décide d’enlever Lélia, dite « la fille artificielle » parce que, à l’exception de son cerveau, Lélia n’est composée que d’implants créés par Organic. Mais quand Esteban se rend donc à une soirée mondaine pour enlever Lélia, un jeune homme, Noah, est avec elle près d’une voiture. Il décide alors de les enlever tous les deux. Noah est au volant sous la menace du flingue d’Esteban. Mais à un feu, une jeune femme surgit, Maria, et grimpe à son tour dans la voiture. Maria est orpheline et a été élevée par son oncle. Elle a perdu ses parents dans un accident de la route dans lequel elle a elle-même laissé un bras. Ingénieuse et très douée, elle s’est créé une prothèse particulièrement performante qui lui donne plus de force. Cette augmentation des organes est cependant interdite. Les quatre adolescents se lancent alors dans une course poursuite avec la police. Le but est de faire plier Franck Varan, le patron d’Organic, pour que Sofia reçoive un cœur et quand Esteban découvre que Noah n’est autre que le fils de Varan, il a un atout supplémentaire.

(suite…)

Descente en librairie…


Hier enfin, le soleil a refait son apparition après des jours de pluie et de ciel gris. Cela m’a mis du baume au cœur et pour éclairer encore davantage cette belle journée, j’ai fait un petit tour en librairie. Enfin « petit » tout est relatif. Je me suis un peu laissé aller profitant de mes cartes cadeaux de Noël. Il faut dire que les rayons avaient été renfloués depuis la razia des fêtes et qu’il y avait quelques nouveautés que j’avais reluquées sur les blogs et les RS. Voici donc ma récolte :

(suite…)

Bilan mensuel de lecture : Décembre 2020.


Aujourd’hui donc quelques mots sur les livres qui m’ont accompagnée durant ce mois de décembre. Le bilan est finalement pas si mal que cela, grâce aux vacances. Le mois de décembre est toujours très fatigant quand on est prof (mais pas seulement) et cette année il l’a été encore plus. J’avais un grand besoin de repos et de lectures. Je ne me suis privé ni de l’un ni de l’autre. Tous ces livres sont issus dans ma PAL, certains y étaient depuis longtemps tandis que d’autres n’y ont fait qu’une courte halte.

(suite…)