« Paysage perdu » Joyce Carol OATES – Rentrée Littéraire 2017


Il me fallait bien un livre de Joyce Carol Oates pour rompre le silence de ce blog. Pourtant durant ce mois et demi d’absence, j’ai lu de bons romans dont je vous parlerai sans doute dans les jours à venir car ce serait dommage de n’en pas parler, mais pour Paysage perdu en parler est un besoin.

Joyce Carol Oates est l’écrivain contemporain qui tient une place centrale dans mon musée personnel. Je l’ai découverte à peu près en même temps que j’ai ouvert ce blog et c’est d’ailleurs grâce aux blogs que j’ai commencé à la lire avec le roman Nous étions les Mulvaney qui fut un réel choc littéraire. Depuis j’ai lu plus d’une dizaine de ses œuvres (romans et nouvelles) et il m’en reste sans doute plus du triple à lire tant elle est prolixe. Paysage perdu n’est pas un roman, mais n’est pas non plus réellement une autobiographie comme elle s’en explique dans la postface :

« Le premier principe pour écrire des souvenirs est la « synecdoque ». Une partie symbolique est choisie pour représenter le tout. » (p.413) ; « nos vie ne sont pas des romans, et les raconter comme des récits revient à les déformer. » (p.411).

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« Mon autopsie » Jean-Louis FOURNIER – Rentrée Littéraire 2017.


Je n’avais jusqu’à présent jamais rien lu de Jean-Louis Fournier, même si je me souviens bien du succès qu’il avait rencontré à la publication de son livre : Où on va, papa ? qu’il avait consacré à ses deux garçons handicapés. Je ne l’aurais pas nécessairement lu si je n’avais reçu, dans le cadre du Comité de lecture Cultura auquel j’ai participé en juin, ce nouveau roman, ou plutôt cette autobiographie.

Sur le mode du « Je me souviens » de Georges Pérec, Jean-Louis Fournier confie ses souvenirs, se lance dans une introspection d’une façon originale : mort, l’auteur a confié son corps à la science, chaque membre disséqué est l’occasion de plonger dans ses souvenirs, de savoir ce qui se cache dans sa tête, ses mains, son ventre. Egoïne est chargée de le découper en morceau.

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« Le Professeur » Charlotte BRONTË


Le Professeur est le premier roman écrit par Charlotte Brontë. Il ne trouva pas d’éditeur du vivant de la jeune femme et ne fut donc publié qu’en 1857 à titre posthume. Charlotte Brontë s’inspire très largement de sa propre expérience et de son séjour à Bruxelles en 1842 dans un pensionnat. Ce séjour avait pour but de parfaire ses connaissances en français afin d’ouvrir une école avec sa sœur Emily de retour en Angleterre. Durant ce séjour, Charlotte va s’éprendre du professeur de rhétorique, Mr Heger. Amour cependant qui restera platonique. Dans son roman, Charlotte opère plusieurs changements, mais les références autobiographiques sont largement perceptibles.

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« Je ne puis demeurer loin de toi plus longtemps… : Léopoldine Hugo et son père » Florence COLOMBANI.


Il est des livres qui vous appellent, qui vous happent par sa couverture, qui vous embarquent dès les premières lignes, les premières pages tournées. Cette biographie de Florence Colombani fait partie de ceux-là. Rappelant en titre le plus beau et le plus connu des poèmes de Victor Hugo dédiée à sa fille, Léopoldine, elle raconte la vie de cette jeune femme morte trop jeune et immortalisée par son père.

On connaît tous, je crois, le destin tragique de Léopoldine : noyée à l’âge de 19 ans, avec son mari, dans la Seine, après le renversement de leur barque. Elle est devenue une héroïne romantique et tragique, dont la figure a été entretenue par la légende : son mari préférant mourir avec elle en constatant qu’il ne pouvait la sauver. Victor Hugo a largement contribué à cette légende en lui offrant un recueil de poèmes magnifique : Les Contemplations. On nous raconte cette histoire depuis l’école primaire. Florence Colombani s’attaque donc à un mythe littéraire. Mais comment raconter la vie d’une jeune femme de 19 ans, comment s’extraire de la légende hugolienne pour retrouver la vraie Léopoldine, pour la rendre vivante ? C’est la gageure de la biographe.

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Bilan mensuel de lecture : Juillet 2017.


Déjà juillet s’en est allé, et il est l’heure de faire le traditionnel bilan de lecture mensuel. Durant ce mois de juillet, j’ai voyagé entre mer et montagne, traînant mes livres avec moi. Début juillet, je vous avais parlé de mon mini-bujo consacré exclusivement à mes lectures, mes livres et mon blog, j’ai donc pu le mettre à profit et j’en suis ravie. Il est d’ailleurs à mes côtés pour la rédaction de ce billet.

Ce bilan sent les vacances : depuis juin, le nombre de livres lus a quelque peu augmenté, et juillet le prouve encore. Mais je sens que le mois d’août le confirmera encore davantage.

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Premières Lignes #33


premières_lignesRendez-vous initié par Malecturothèque

 

Hier j’ai passé la journée au salon Saint-Maur-en-poche. Un salon du livre gratuit auquel je me rends chaque année, sauf empêchement majeur. J’y fais toujours des trouvailles. Cette année, j’ai découvert une biographie de Léopoldine et Victor Hugo écrite par Florence Colombani, journaliste, notamment, à France Culture. J’étudie Les Contemplations depuis trois ans avec mes classes de Seconde. Les poèmes de Hugo à sa fille me touchent toujours et encore. J’ai d’abord été attirée par la couverture de cet ouvrage : le profil de cette femme m’a fait penser à George Sand. Puis ce fut au tour du titre. J’ai alors compris que le portrait était celui de Léopoldine, un portrait que je ne connaissais pas et qui surpasse tous ceux que je connais. Elle y paraît plus mure, plus femme. J’ai commencé à lire l’incipit et j’ai immédiatement été séduite…

En voici donc les Premières Lignes…

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« Comment tu parles de ton père » Joann SFAR – Rentrée Littéraire 2016 #5.


sfarJoann Sfar, dessinateur, écrivain, réalisateur, publie donc en cette Rentrée un roman autobiographique sur sa relation au père. La question du père m’intéresse, j’avais même commencé une thèse de lettres sur cette thématique. Mais ce n’est pas la seule raison pour laquelle j’ai eu envie de lire ce roman. J’ai des lacunes en Joann Sfar. Oui, je n’ai pas lu Le chat du rabbin, (honte à moi et malgré tout le bien que j’en ai entendu), alors pour me rattraper je me suis dit que ce roman comblerait un peu mon inculture.

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« La nuit avec ma femme » Samuel BENCHETRIT – Rentrée Littéraire 2016 #1


benchetrit la nuit avec ma femmeDans son nouveau livre, Samuel Benchetrit fait revenir celle qu’il a aimée et qui est le mère de son fils : Marie Trintignant. Treize ans après le drame, il livre sa tristesse, sa révolte, son manque, son amour éternel dans une écriture qui oscille entre violence et douceur, une phrase hachée qui martèle, interroge sans cesse, se souvient, fait revivre.

La nuit avec ma femme est avant tout une déclaration d’amour à Marie.

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« Un été avec Victor Hugo » Laura EL MAKKI & Guillaume GALLIENNE.


Galliène un été avec victorUn été avec… est une série d’ouvrages qui, chaque mois de mai, depuis 2013, propose de découvrir un auteur : il y eut Montaigne, puis Proust, Baudelaire et enfin Victor Hugo. Des petits chapitres courts donnent l’essentiel de leur biographie autour d’entrées diverses selon les auteurs. J’avais offert celui sur Baudelaire à ma mère l’an dernier, et cette année j’ai craqué pour Hugo.

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Bilan mensuel de lecture : Mai 2016.


logo-bilan-mensuel1Lorsque l’on regarde par la fenêtre on a un peu du mal à croire que l’été se profile, et pourtant nous sommes aujourd’hui le 1er juin et il est déjà temps de faire le bilan des lectures de mai. Ce mois printanier a eu la gentillesse de nous offrir quelques jours supplémentaires de lecture, d’où un bilan m’a foi pas si mal que ça ! Comme toujours, j’ai essayé de varier mes lectures et de respecter mon Plan Orsec. J’y suis parvenue in extremis.

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