« Le Secret » Wilkie COLLINS.

Wilkie Collins et moi, c’est une histoire qui remonte à vingt ans. Je ne sais plus comment j’en suis venu à le lire, mais je me souviens très bien de l’effet que me firent Sans nom, puis Pierre de Lune, puis La Dame en blanc et le choc que me procura Armadale. Après, et plus récemment, il y a eu Pauvre Miss Finch et Passion et repentir, mais je n’arrivais pas à retrouver ce que j’avais tant aimé dans les premiers romans que j’avais lus. Et puis, lors du dernier mois anglais, j’ai ressorti tous les romans que je n’avais pas encore lus de Wilkie et qui étaient dans ma PAL depuis des lustres. C’est dans ceux-ci que, après de longues hésitations, j’ai choisi de lire pour ce mois février, dans le cadre du thème Roman Victorien du challenge A year in England, ce roman intitulé : Le Secret.

Et là, dès les premières pages tournées, tout est revenu. Cette langue ciselée, cette atmosphère sombre et mystérieuse, ces personnages troubles, ces grandes demeures perdues dans la lande, ces grandes familles à héritage, ces superstitions … S’en était fait de moi, Wilkie avaient encore user de son charme.

Le roman s’ouvre sur une nuit tragique : Mrs Treverton se meurt. Elle convoque sa femme de chambre, Sarah Leeson, à son chevet. Sarah est une femme étrange, peu aimée. Son regard est fuyant, elle semble toujours apeurée, fragile, ses cheveux gris paraissent anachroniques sur son visage encore jeune, elle semble accablée par un terrible chagrin. Cette nuit-là, sa maîtresse lui demande d’écrire sous sa dictée une lettre à son mari pour lui révéler le secret qu’elles gardent ensemble depuis des années et qui les relie. Un secret terrible que Mrs Treverton ne veut pas emporter avec elle dans la tombe. Sarah écrit, la lettre est signée par les deux femmes. Mrs Treverton meurt. Mais Sarah ne peut se résoudre à ce que ce secret soit révélé. Elle cache la lettre dans une partie délabrée du château et s’enfuit.

Le Secret est une bonne brique 570 pages, mais dès que j’ai lu cette première partie, il m’a été impossible de m’arrêter. Une seule idée en tête : que contient donc cette lettre ? Il faudra bien des pages pour le découvrir. Mais Wilkie sait ménager son suspens et introduire brillamment toute une galerie de personnages, dont Rosamond Frankland, née Treverton, héritière du domaine de Porthgenna Tower en est l’héroïne centrale. Cette jeune fille, vive et spontanée, follement amoureuse de son époux aveugle, Léonard, est bien à la fois une représentante de son époque (attachée et totalement dévouée à son mari), mais aussi, par son caractère, une jeune femme réfléchie et intelligente. Bien qu’étant la bonté, le dévouement, la charité faite femme, elle a ce petit quelque chose qui fait qu’on s’attache à elle. D’autres personnages, plus secondaires, sont aussi fascinants comme l’hypocondriaque Mr Phippen ou le détestable misanthrope Andrew Treverton, oncle de Rosamond. Et puis il y a Sarah, qui m’est tout au long du roman apparue comme une pauvre créature, assomée par le chagrin et les remords.

Le roman, réparti en 6 livres, nous fait suivre en parallèle tous ces différents personnages que le secret obsède. Et plus on avance vers la révélation du secret plus la lecture devient addictive. Avec Wilkie, on n’est jamais très loin du fantastique, il y a toujours un petit fantôme qui sommeille dans une vieille demeure, des nuits terribles, des chambres mystérieuses, des personnages proches de la folie. Avec le Secret, j’ai retrouvé tout ce que j’aimais des romans de Wilkie.

Roman lu dans le cadre du  Challenge Lecture 2021 pour valider la catégorie 58 (Un livre dans ma PAL depuis longtemps). Retrouvez les catégories que j’ai validées pour ce challenge en suivant le lien. Et dans le cadre du challenge A Year in England  dans le thème mensuel : Roman victorien.

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8 Commentaires

  1. J’ai plusieurs de ses romans dans ma PAL…. Tu me mets l’eau à la bouche😉

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  2. tu me donnes envie de m’y remettre !

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  3. Je n’ai jamais lu Wilkie Collins mais vu ce que tu en dis, l’atmosphère de ses romans me plairait beaucoup. Je suis curieuse de percer le mystère de ce secret !

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  4. Ah oui, il faut absolument lire Wilkie Collins qui, si je ne m’abuse, était un ami de Dickens et est considéré comme l’inventeur du roman policier.
    Je l’ai découvert par hasard, il y a longtemps, attirée par la couverture de « La dame en blanc ».

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  5. Oh oui, il est excellent ! Belle suite d’année anglaise !

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à vous....

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