« Les liens du mariage » J. Courtney SULLIVAN

Sullivan mariageJ. Courtney Sullivan est une jeune auteure américaine que j’avais découverte lors de la sortie de son premier roman en France, Les débutantes en 2012. Depuis son roman Maine a fait beaucoup parler de lui, il est toujours bien en place dans ma PAL. Ce dernier roman, sorti ce printemps, m’a été proposé par la maison d’édition Rue Fromentin, qui m’avait d’ailleurs proposé les deux précédents. Bianca ayant lancé une LC sur ce roman, je me suis décidée à l’accompagner et à emporter ce lourd pavé (480 pages) dans ma valise.

Comme dans Les Débutantes, le roman est choral, autour de cinq personnages, à des années différentes, que l’on suit lors d’une journée précise et qui donne lieu à l’évocation de souvenirs. Ainsi rencontrons-nous Evelyn en 1972 ; James en 1987 ; Delphine en 2003 et Kate en 2012. Seul l’un d’entre eux, Frances déroge à cette règle et fait le lien entre tous les personnages, puisque nous la suivons de 1947 à 1988, et que chaque chapitre la concernant clôt les grandes parties du roman.

Frances travaille comme publicitaire chez Ayer à Philadelphie. Jeune femme intelligente, célibataire et tout entière dédiée à son job, elle crée des slogans pour les bagues de diamant. Le but commercial de l’entreprise est de créer une demande chez les futurs mariés : le diamant doit devenir LA bague liée au mariage et à l’amour éternel. Un soir, peu inspirée et fatiguée, elle jette sur un bout de papier le slogan célèbre : un diamant est éternel. Car contrairement aux autres personnages, Frances Gerety a réellement existé et à travers le récit de sa vie sur quelques dates, J. Courtney Sullivan retrace l’histoire commerciale du diamant et de l’industrie du mariage aux Etats-Unis sur quarante ans. Plus que Frances, c’est le diamant qui devient le fil conducteur, le lien entre les autres personnages.

Chacun des quatre autres personnages est concerné par le mariage : Evelyn ne peut supporter la séparation de son fils ; James souhaite offrir une nouvelle bague à sa femme pour Noël malgré ses dettes ; Delphine, parisienne, a quitté son mari pour un jeune violoniste de talent qui lui a offert la bague de sa mère, enfin Kate assiste au mariage de son cousin homosexuel et est chargée des alliances en diamant.

Au-delà de ce lien, l’auteure raconte, et c’est ce que j’ai trouvé de plus passionnant, l’histoire ou les histoires d’amour de ces quatre personnages, tout en montrant l’évolution des mentalités concernant le mariage. Comment et pourquoi décide-t-on de se mettre en couple, puis de se marier ? Le destin de chacun de ces personnages apparaît par flash-back et la date choisie par l’auteur, la journée même qu’ils vivent chacun lors d’une année précise représente un tournant décisif dans leur vie, une journée vécue qui change leur vie et qui m’a fait penser au Mrs Dalloway de Woolf, même si Virginia Woolf ne se concentre que sur un seul personnage.

Comme pour Les Débutantes, on pourrait penser à un roman léger, il se lit agréablement, le destin des personnages nous passionnent et on pourrait s’arrêter à cela, mais l’ambition de l’auteure va un peu plus loin, vers une certaine satire du mariage à l’américaine. Elle montre comment le diamant devient, au fil du temps, une obsession des couples, comment certains hommes se sont sentis obligés de s’endetter pour offrir la plus belle bague, comme si cette bague pouvait être un gage immuable de l’amour. Elle montre comment la publicité a finalement pris le contrôle et a créé un besoin en misant sur le plus beau sentiment, celui de l’amour. Or si le diamant est éternel, J. Courtney Sullivan démontre que l’amour, malgré la bague affichée au doigt de la mariée, ne l’est pas.

Il y a un regard assez critique sur cette industrie du mariage aux Etats-Unis, la folie qu’elle entraîne chez les futurs mariés, les sommes folles dépensées pour une seule journée et chaque personnage, par son histoire, prouve que la bague, finalement, n’est la garantie de rien, qu’elle n’est qu’un bien matériel auquel on se rattache pour croire son amour éternel, que la grosseur du diamant n’est pas nécessairement la preuve d’un amour sincère et durable. Car, tout en prouvant que les publicités sur les diamants ont influencé les couples sur quarante ans, J. Courtney Sullivan prouve que les preuves d’amour sont ailleurs.

 Un roman donc que je vous conseille sincèrement. Vous pouvez lire l’avis de Bianca avec laquelle j’ai eu plaisir à partager cette lecture commune.

Roman lu dans le cadre du Challenge Marry me !, du Challenge un Pavé par mois, du Challenge Américain, du Challenge Amoureux et du Challenge Romancières Américaines.

Challenge marry mechallenge 1 pavé par mois by biancaChallenge USchallenge romancières américaineschallenge amoureux_4

Advertisements
Poster un commentaire

29 Commentaires

  1. Je note, mais pas pour tout de suite : je n’ai toujours pas rédigé mon avis sur Maine.

    Répondre
  2. J’avais adoré Les Débutantes et ce que tu dis Des Liens du mariage me faut penser qu’il en sera de même pour celui-ci !

    En plus, c’est un sujet qui revient souvent dans mon entourage puisque toutes mes amies sont en passe de se marier et me tannent pour savoir quand je m’y mets… Je vais peut-être trouver quelques arguments à leur soumettre grâce à ce roman ! 😉

    Répondre
  3. Après avoir bien aimé « Les débutantes », je pensais me tourner vers « Maine ». Mais étant en pleine préparation de mariage pour les prochains mois, je pense que je vais d’abord lire celui-ci ! 😀

    Répondre
  4. Tu vois, je t’avais dit que tu ne serais pas déçue 🙂

    Répondre
  5. Je ne connais pas cet auteur et le titre ne me donnait pas particulièrement envie de le lire mais ce que tu ressors de ce roman me plait beaucoup. Un livre de plus sur ma liste.

    Répondre
  6. Plaisir partagé ! J’ai emmené ce roman mais je lui préfère Maine qui est plus romanesque. Ce titre est néanmoins très intéressant

    Répondre
  7. J’ai moins aimé que les deux autres, pour ma part…

    Répondre
    • Je n’ai pas particulièrement de préférence entre Les Débutantes et celui-ci, par contre j’ai un peu peur que le système choral de ses romans finisse par me lasser !

      Répondre
  8. J’imagine que c’est The engagements?? Je pense que je l’ai, celui-là… faudrait que je le déterre!

    Répondre
  9. Je l’ai lu le mois dernier et j’ai également apprécié. Je compte me mettre aux deux autres du coup, j’ai déjà les Débutantes dans ma PAL (depuis l’été dernier en plus) !
    Je fais bien de les lire dans le désordre apparemment parce que j’ai cru comprendre que celui-ci avait été moins apprécié par les lecteurs de l’auteur que ses précédents.

    Répondre
  10. cartonsdemma

     /  juillet 29, 2014

    J’ai beaucoup aimé, les 2 premiers, je lirai celui-ci, le tout est de savoir quand!!

    Répondre
  11. chaplum2

     /  juillet 29, 2014

    J’ai Les débutantes dans ma PAL et tu me donnes envie de l’en sortir.

    Répondre
  12. Un livre que j’ai rencontré à diverses reprises dans la blogosphère. Il me tente bien. J’aime bien ce côté « études du mariage à travers les années », type étude de la Société (ce doit être mon côté historienne qui a laissé des traces…). Tout ça pour dire que je le note dans ma LAL.

    Répondre

à vous....

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :