« Trans Barcelona Express » Hélène COUTURIER.


Dans Trans Barcelona Express, Hélène Couturier reprend les personnages de son précédent roman (Bye Bye Bollywood) : Nina, 15 ans, Garance, 10 ans et leur mère, Val, la quarantaine. Après des vacances sous le signe du yoga, Feng Shui et autre alimentation bio en Inde dans un ashram, Val emmène cette fois ses filles à Barcelone, ville dans laquelle elle a vécu avant sa rencontre avec leur père. Elles logent chez Gustavo, un ami d’alors. Mais cette fois, Nina est ravie de partir car elle va revoir Jésus, rencontré en Inde. Le petit baiser furtif avant son départ est resté gravé, mais Nina tente de ne pas trop se faire de film, même si elle s’en fait à longueur de temps.

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« Les Filles de Brick Lane – 1. Ambre » Siobhan CURHAM


curham-les-fillesDans le quartier de Brick Lane à Londres, vivent quatre jeunes filles qui, apparemment, n’ont rien en commun : Ambre, Sky, Rose et Maali. La première est harcelée dans son collège par une peste nommée Chloé parce que ses parents sont homosexuels ; la seconde a du mal à vivre la mort de sa mère d’autant plus que son père, amoureux d’une mannequin vieillissante semble renier leur passé ; la troisième ne supporte plus sa mère qui la force à devenir mannequin quand elle ne rêve que de devenir pâtissière ; la quatrième, d’une timidité maladive, préfère se cacher derrière son appareil photo. Ne vous laissez pas influencer par cette couverture pas très folichonne, car Les Filles de Brick Lane de Siobhan Curham est un petit plaisir à ne surtout pas négliger. Dès les premières pages tournées, ces quatre filles vont devenir vos amies, vous allez vous reconnaître dans chacune d’entre elles et en prime vous allez parcourir Londres, manger des burfi, croiser Oscar Wilde et passer des soirées sur les toits à regarder la lune et à boire du thé.

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« Le Journal d’Aurore » Marie DESPLECHIN et Agnès MAUPRE – BD


Despléchin AuroreLes Editions de Rue de Sèvres, après la très belle adaptation de Quatre Sœurs de Malika Ferdjoukh par Cati Baur, proposent aujourd’hui une adaptation du même type des romans de Marie Desplechin : Le Journal d’Aurore. Le premier tome rassemble les deux premiers du roman : Jamais contente et Toujours fâchée ! Il y a déjà six ans, j’avais lu, allez savoir pourquoi, le dernier tome : Rien ne va plus et j’avais été très enthousiaste. Aussi quand on m’a proposé de recevoir l’adaptation des deux premiers tomes, je n’ai pas hésité.

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« Treize » Aurore BEGUE.


treizeChallenge Dames de Lettres Treize est un premier roman d’Aurore Bègue, un premier roman qui n’a rien d’un premier roman, tant tout semble maîtrisé : l’intrigue, les personnages, le style.

Alice a treize ans. Comme tous les étés, elle part avec sa sœur Marie, 16 ans, son père et sa mère dans leur maison au bord de la Méditerranée. Mais cet été sera différent. Un collègue et ami de son père décide de partir avec eux, et loue une maison dans la même station balnéaire. Paul est un homme charismatique, charmeur et Alice, une jeune fille qui évolue, qui sent que cet été, elle a grandi, que des choses nouvelles se passent en elle.

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« Aurélien Malte » Jean-François CHABAS


Chabas Aurélien MalteAurélien Malte, environ trente ans, est en prison depuis treize ans pour homicide. Ce roman épistolaire pour adolescent s’ouvre le 21 janvier 2001. Pendant cette dernière année d’emprisonnement, il va écrire dans un cahier des lettres à sa visiteuse de prison, Anne, des lettres qu’elle ne lit pas. Aurélien y raconte sa vie en prison, son passé, sa décadence et les circonstances du meurtre qu’il a commis. Mais surtout, ces lettres lui permettent d’entretenir une conversation quasi quotidienne avec Anne, cette femme douce et patiente à laquelle il s’attache de plus en plus.

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« Action ou vérité » Annika THOR


thor action véritéNora est amie avec Sabina depuis la crèche, une amitié sororale, mais durant l’été les deux amies ne se sont pas beaucoup vues : quand l’une était partie en vacances, l’autre était chez elle et vice-versa. Le jour de la rentrée, Nora a hâte de retrouver son amie, or, quand celle-ci traverse la cour en compagnie de Fanny, c’est à peine si elle remarque Nora. Invitée chez Fanny durant l’un des mois d’été, Sabina s’est détournée de Nora et reporte à présent toute son amitié sur Fanny, une jeune fille influente au collège, issue d’une famille aisée. Nora se retrouve donc seule, mais pire encore, la tête de Turc de la classe, Karin, semble décider à faire amie-amie avec elle.

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« Si tu savais » Benoît BROYART (ado)


broyart si tu savaisCe petit roman édité chez Oskar Editions, appartient à la collection Court Métrage qui privilégie des thèmes variés comme la guerre, l’identité, les sans-papier, la violence à l’école, l’adolescence ou encore le mariage pour tous. Dans ce roman-ci, Benoît Broyard aborde la poésie et l’expression de l’amour.

Le narrateur de ce très court roman est un jeune lycéen. Il pénètre dans une librairie et vole un recueil de poèmes de Robert Desnos parce qu’il a aimé un de ses vers et qu’il veut posséder ses poèmes, les faire sien.

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« Le banc » Sandrine KAO


Kao le bancAlex est collégien et déjeune tous les midis sur un banc dans le parc à côté du collège. Mais ces derniers temps, il découvre, écrit au Tipp-Ex sur son banc, des insultes racistes qui lui sont clairement destinées : Alex tronche de nem.

Alex est Taïwanais, il vit avec sa mère dans un petit appartement. Son père est retourné à Taïwan pour travailler, mais ne donne plus beaucoup de nouvelles.

pour eux ce sont tous des « chinetoques ». Ou des niakoués, des noiches, des bridés, des bols de riz, des bouffeurs de chiens… Alors, moi qui suis originaire de Taïwan, n’en parlons pas ! Personne n’est capable de dire où ça se trouve ni ce que c’est. (p.16)

Ce roman jeunesse aborde le thème du racisme contre la communauté asiatique, peu évoqué dans les romans et abordé de façon sensible sans tomber dans le manichéisme. Car Alex et sa mère souffrent également d’être reliés à cette communauté que l’auteur décrit intrusive et cancanière. Alex souhaite juste être un garçon comme un autre et non un étranger aux yeux bridés, mais voilà, les autres élèves, et notamment une clique de trois élèves qui font la pluie et le beau temps ne l’entendent pas comme ça. Comment se faire accepter, quand on appartient au clan des exclus ? Heureusement Sybille viendra à son aide pour découvrir le raciste au Tipp-Ex. Alex finira pas comprendre que tous les moyens ne sont pas bons pour parvenir à ses fins.

Sandrine Kao traite du racisme tout en évoquant le thème difficile de l’adolescence et de l’acception de soi par les autres quand on est un peu différent. Elle parle des amours adolescentes, de la méconnaissance des autres cultures et des préjugés. Un roman sensible pour de jeunes lecteurs à partir de 10 ans qui permet de connaître ses camarades de classe autrement qu’en se basant sur l’apparence physique.

Roman lu dans le cadre du Challenge Cartable et tableau noir et du Challenge Amoureux saison 3 (cat. Amours Adolescentes).

challenge cartable et tableau noirChallenge Amoureux saison 3

Merci aux Éditions Syros.

« Le Bonheur en 5 lettres » Pascale PERRIER


perrier le bonheurLe roman s’ouvre sur la mort de la mère de Chloé. Cette mort laisse Chloé, son frère et sa sœur aînée orphelins. Leur père est parti vivre, depuis plusieurs années, sur un atoll de Polynésie où il a refait sa vie. Les voilà donc seuls et sous la tutelle de leur soeur aînée Joséphine. Leur mère leur a laissé 5 lettres qui, à chaque anniversaire de sa mort, seront ouvertes dans le cabinet vieillot d’un notaire.

Le roman est écrit à la première personne et s’attache donc au personnage de Chloé, à ses pensées, à sa difficulté de vivre ce deuil et à trouver sa voie. Âgée de 15 ans à l’ouverture du roman, elle conjugue les interrogations de l’adolescence et celles sur la mort de sa mère. Comme toutes les adolescentes, elle a du mal avec son physique et notamment avec son nez qu’elle trouve trop long, comme toutes les adolescentes, elle désespère de trouver l’amour, fait des erreurs, se raccroche à l’amitié. Mais viennent aussi s’ajouter les changements inhérents à la mort de sa mère : devenir indépendante, s’occuper de la maison, palier le manque maternel, etc. (suite…)

« Théa pour l’éternité » de Florence HINCKEL


Hinckel ThéaThéa a 16 ans, elle est une lycéenne dite normale. Son amour d’enfance, Théo qui s’évertue à ne voir en elle qu’une amie d’enfance, sort depuis quelques jours avec la belle fille du lycée : Mia, sosie de Barbie. Cette nouvelle met tellement Théa en rage, qu’elle l’agresse méchamment. Elle est alors convoquée par un certain professeur Jones qui lui propose une chose étonnante : faire partie d’une expérience médicale qui stoppe le vieillissement. Élevée par une mère obsédée par l’éternelle jeunesse et ayant subi déjà plusieurs liftings, et quelque peu éloignée de son père qui a choisi de vivre de sa sculpture sur une île, elle accepte.

Le roman est à la fois une narration au présent et de longs retours en arrière sur les premières années de l’expérience. Se mêlent alors les réflexions de Théa à 16 ans à celles de la Théa, plusieurs dizaines d’années après, racontant son histoire et ses conséquences.

J’ai lu un roman de Florence Hinckel qui évoquait déjà l’adolescence  (Ligne 15 : ma métmorphose, Joséphine, tome 1), la séparation des parents et les réflexions sur le corps qui, à l’adolescence subit bien des transformations. Ici, Florence Hinckel aborde un thème plus lié à la science fiction, mais en l’ancrant dans une réalité actuelle. Si l’idée est intéressante, j’ai été cependant un peu dubitative devant l’acceptation rapide de Théa pour une expérience scientifique qui remet en cause toute sa vie. Avant d’accepter, elle semble ne se poser que très peu de questions, et même ses parents ne sont pas aptes à la mettre en garde ou du moins sont-ils assez rapidement convaincus. Il m’a semblé que le basculement entre la réalité et les éléments de science fiction restait quelque peu superficiel et manquait parfois de vraisemblance, car oui, même en science fiction, et peut-être surtout en science fiction, le vraisemblable est important.

Florence Hinckel reprend donc une thématique du corps adolescent, sorte de perfection, âge où l’on est à l’apogée de ses facultés (même si alors on ne les maîtrise pas forcément), mais aussi de métamorphose qui perturbe, pour se lancer dans une réflexion plus vaste sur le vieillissement.

Le roman semble s’être fortement inspirée de celui de Daniel Keyes, Pas de fleurs pour Algernon. Comme le héros de Keyes, Théa devient un cobaye expérimental et se voit allouer une petite souri ayant subi le même traitement qu’elle. La référence est explicite quand on apprend que la souri d’un autre cobaye est précisément prénommée : Algernon. La forme même du journal est également repris dans ce roman, comme dans le roman de Keyes. Je n’ai pas encore lu Pas de fleurs pour Algernon, mais j’en connais suffisamment le sujet pour avoir perçu cette influence. La différence est que le drame de Théa ne réside pas dans la dégénérescence, mais bien dans cette fixation du temps et de ses facultés adolescentes.

Ce roman est malgré tout ce que je viens d’en dire, intéressant et bien construit, il pose des questions essentielles : à quoi sert-il de vivre longtemps si c’est pour vivre sans ceux que l’on aime ? Il interroge sur la force du lien amical et familial, sur les progrès de la science qui touchent à l’être humain et sur cette fuite en avant vers une jeunesse éternelle qui rendrait la vie trop longue et moins précieuse. Ce n’est pas tant la quantité de vie qui importe que sa qualité et ce que nous décidons d’en faire. C’est donc bien un hymne à la vie que nous livre ici Florence Hinckel dans ce roman.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire (ado) et du Challenge Cartable et tableau noir. J’aurais aimé placer ce titre dans le Challenge Romans sous influences mais le titre n’évoque pas son « influenceur ».

challenge cartable et tableau noir