« Les Carnets de cuisine de George Sand : 80 recettes épicuriennes » M. LACROIX et P. PRINGARDE


sand carnets de cuisineLes Éditions du Chêne ont eu la très bonne idée de rééditer ce livre épuisé depuis longtemps. Cette réédition a été l’occasion d’enrichir son contenu par des textes racontant la vie de George Sand à Nohant, mais aussi de donner des conseils pour nous permettre de réaliser ces recettes aujourd’hui. La première édition avait été créée en 1988 par madame Christiane Sand, épouse du fils adoptif de la petite-fille de George Sand.

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« Guidé par ton odeur vers de charmants climats » (Baudelaire)


marilyn chanel 5 in bedMarilyn Monroe dormait avec quelques gouttes de Chanel N°5, des êtres que nous aimons et qui ne sont plus, surgissent parfois de façon étrange quand nous ouvrons un flacon oublié… Le parfum, c’est une essence de fleurs, de bois de senteur, c’est aussi l’essence des êtres et la réminiscence de moments heureux, le souvenir devient presque palpable.

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Samedi sandien # 34 : « La Maison de Geoge Sand à Nohant » d’Anne-Marie de Brem


Lors de mon voyage dans le Berry, j’ai donc revisité la maison de George Sand à Nohant, et en ai profité pour ramener dans mes bagages un petit livre édité par les Editions du Patrimoine, ainsi, grâce à ce livre, j’ai un peu l’impression de retourner à Nohant quand cela me chante.

Le principal avantage de ce petit livre est l’importance donnée aux illustrations, reproductions, photos de la maison, qui rendent la lecture très agréable et permet de se faire une idée précise des lieux, mais aussi des personnes que côtoyait George Sand.

Le livre présente donc une petite biographie centrée sur la présence de George Sand à Nohant. Divisé en 7 chapitres allant de l’enfance de George Sand (1808 arrivée de Sand à Nohant à l’âge de 4 ans) à l’époque moderne, Anne-Marie Brem retrace ainsi les années, les époques de la vie de Sand passées dans sa chère demeure. Ainsi perçoit-on l’importance du lieu, son rapport à cette maison familiale, les drames intimes qu’elle y a vécu. C’est une façon originale de saisir une vie à travers un lieu.

Intéressant, instructif, ce petit livre est une très belle façon de pénétrer l’univers de George Sand, de connaître sa famille, ses amis, ses amants, ses engagements politiques. On y trouve également en ouverture de chaque chapitre des citations propres à l’époque, même si on regrette que la source de ces citations ne soit pas plus clairement donnée.

Je saurai garder la porte de ma demeure contre les méchants

J’ai particulièrement apprécié le chapitre des années 1832-1839, époque de ses premiers romans et de l’effervescence littéraire qui commence à faire vibrer les murs de Nohant : Balzac, Liszt, Marie D’Agoult sont alors des visiteurs familiers, et il devait régner dans le salon de Sand des conversations bien intéressantes sur l’art et la littérature.

Au sein du livre se trouvent des pages explicatives présentant précisément les amis de l’auteure, ou les marionnettes créées avec son fils Maurice, ainsi qu’un arbre généalogique très clair, voire des explications plus précises sur certains lieux comme le cimetière.

Enfin les dernières pages présentent les pièces ouvertes à la visite, avec photos, plan de la maison où les situer et  quelques explications.

Ce livre est donc à la fois une excellente façon de préparer une éventuelle visite, mais aussi un souvenir précis d’une visite effectuée. Et on en apprend finalement plus dans ce guide que lors d’une visite guidée, même si être dans les lieux n’est en rien comparable à lire un guide.

Guide lu dans le cadre du Challenge Romantique, du Challenge George Sand, et du “En 2012, George lit Sand“.

Sans oublier le Challenge PAL Express !

PAL Express : -2

Sur les pas de George Sand : Nohant (épisode 1)


Quelques jours après ma lecture du roman d’Ella Balaert, mon mari et moi avons pris la route de Nohant pour un petit séjour en amoureux. Trois jours en Berry, sur les pas de George Sand. Je n’étais plus retournée à Nohant, depuis au moins dix ans. Après trois heures de route, contre 26 au temps de Sand, nous avons commencé notre visite par la Mare au Diable. Au bout d’une allée cavalière, la mare au diable nous est apparue boueuse et assez décevante même si semble toujours planer l’ombre du roman de Sand.

Au temps de Sand, la mare était beaucoup plus grande comme le montre le dessin de Maurice Sand (fils de George), mais par la suite elle fut coupée en deux. Aujourd’hui, la mare est souvent quasi à sec, c’est une mare naturelle qui dépend des précipitations. Pour conjurer les mauvais esprits, et selon ce qui est dit dans le roman, il faut jeter dans la mare, de la main gauche trois pierres et de la main droite faire un signe de croix. Dans ce pays de légendes, mieux vaut suivre les recommandations.

Après un bon repas et une bonne nuit dans une chambre d’hôte à Vic, à quelques tous petits kilomètres de chez Sand, nous partions, sous une pluie battante, vers Nohant. Depuis ma dernière visite, une grande librairie a ouvert, et une exposition des marionnettes de Maurice est accessible. La maison n’a pas changé, et c’est toujours, pour moi, une grande émotion que de passer le portail bleu.

Nous étions une dizaine de personnes lors de la visite. Malheureusement je n’ai pas eu l’autorisation de faire des photos, les règles se sont un peu durcies semble-t-il. Mais quel bonheur de parcourir les couloirs et les pièces de cette maison où Sand a vécu, de se dire que là, ou là se sont croisés Chopin, Delacroix, Flaubert, Balzac ou Dumas. Dans la salle à manger une table fictive est dressée qui rassemble ces noms célèbres, et on se plait à imaginer leurs conversations. Dans le salon, les portraits de famille recouvrent les murs, ceux de Sand, bien sûr, mais aussi de son père, de ses enfants et petits enfants. J’ai repensé au roman d’Ella Balaert, qui rend si bien compte de leurs occupations lors de longues soirées. Les pièces se succèdent, et il règne une atmosphère un peu magique, et l’étrange sensation que, peut-être, au détour d’un couloir, Sand va surgir. J’aurais aimé plus de détails, d’anecdotes de la part de la guide, mais pour moi, c’était surtout un bonheur d’être là, entre ses murs : sa cuisine, sa chambre, les portes capitonnées de la chambre de Chopin, le placard de Sand ou son bureau avec ses grands placards dans lesquels elle rangeait sa documentation.

Après notre visite nous sommes bien évidemment allés au petit cimetière familial. C’est un lieu assombri par un grand sapin au centre. Les tombes les plus anciennes sont simplement recouvertes de lierre, comme rendues à la nature, les croix sont penchées, et il règne une atmosphère presque gothique.

Sur la première photo : à gauche la tombe de Maurice Dupin, père de Sand, et à droite celle de sa grand-mère. Sur la deuxième photo, à gauche la tombe de Jeanne (Nini), la petite fille chérie de Sand morte à l’âge de 5 ans, et à droite celle de Solange Sand, fille de Sand. Toute la famille est réunie ici, dans ce petit carré de nature auquel on accède par une simple petite porte en bois peint. La tombe de Sand, monumentale, se repère immédiatement, au centre, sous le grand sapin :

J’imagine toujours le moment de son enterrement : Flaubert en larmes, Maurice totalement abattu et Hugo faisant son oraison funèbre. J’imagine le drame que cette mort a dû provoquer aussi dans ce tout petit village, et il semblait voir tout autour réuni aussi les paysans et les villageois attristés par la mort de cette grande dame.

Nous avons enfin fait un tour dans le parc, trempés par une pluie persistante, mais il me fallait quelques photos pour immortaliser cette visite.

La maison de face (le point noir c’est moi!) et la maison de dos donnant sur le parc et les deux grands cèdres plantés lors de la naissance de Maurice et de Solange. On aperçoit la haute fenêtre de l’atelier de Maurice, qui, hélas, ne se visite pas, tout comme celui de Delacroix qui, depuis, a été transformé en appartement (dire qu’il y a des gens qui vivent dans l’ancien atelier de Delacroix !!!).

Pour nous réchauffer, nous nous sommes réfugiés à librairie, je vous passe mon hystérie en découvrant la réédition de plusieurs romans de Sand pour beaucoup introuvable. De quoi remplir mon sac de voyage.

Demain je vous raconterai nos visites sur les pas des romans de George Sand.

Billet écrit dans le cadre du Challenge George Sand et du Challenge Romantique.

« George Sand à Nohant » d’Ella Balaert


Tout a commencé par un mail reçu, puis d’autres entre Ella Balaert et moi, des mails autour de George Sand, autour d’un roman achevé et qui allait paraître sur George Sand et Nohant, comme le titre l’indique. Et puis, plusieurs semaines après, j’ai reçu une enveloppe avec le livre à l’intérieur et une belle dédicace de l’auteur. Mais vous me connaissez, on ne m’a pas si facilement, avec moi, il faut faire ses preuves, et sans doute encore plus quand on me parle de George Sand. Cette après-midi, la maison était miraculeusement silencieuse malgré la présence des enfants, il pleuvait, il faisait froid, je me suis fait une tisane au miel pour adoucir ma gorge, me suis calée dans le canapé du salon et j’ai lu, et une heure plus tard, je refermais le livre achevé.

Il s’est passé cette chose étrange, cette impression que ces lignes lues, j’aurais pu les écrire tant elles correspondent exactement à ma vision de Sand, tant Ella Balaert a tout compris. Mais je n’aurais sans doute pas eu cette capacité à faire revivre Sand, Nohant, aussi bien. Une fois encore, comme ce fut le cas pour Blonde concernant Marilyn, le roman surpasse le biographique.

Un soir, une visiteuse se laisse enfermer dans le parc de Nohant. La nuit tombée, dans une atmosphère un peu magique, Balandard, marionnette créée par le fils de Sand, prend apparence humaine, en même temps que George Sand émerge de sa tombe. Durant toute une nuit, la marionnette va emmener la visiteuse, et Sand à leur suite, dans toutes les pièces de la demeure, et évoquer les souvenirs enfermés entre ses murs dans un ordre chronologique.

Alors oui, un peu comme pour le Titanic, je connaissais déjà tout ce qui a été évoqué, mais c’est là la prouesse de Balaert, même si on connaît l’histoire on la lit avec plaisir, car au-delà des faits racontés, des anecdotes, c’est la façon dont tout cela est dit, c’est la capacité à avoir compris et rendu ce que chaque évènement peut signifier sans tomber dans les lieux communs, qui est passionnant. Le roman s’apparente par moment au théâtre, au rêve et j’ai particulièrement aimé ces pages où l’auteur évoque toutes les personnes croisées dans le salon de Sand au fil des années.

Sand est là, vivante, on la sent, on l’entend, et le fait de reprendre en italique des extraits de sa correspondance ou de son autobiographie la rend encore plus présente. On entend son accent berrichon, sa liberté de ton, ses accents autoritaires. J’en avais des frissons.

Quant à Nohant, là encore l’évocation est parfaite, et j’ai revécu mes visites passées et déjà trop lointaines, je me suis revue dans le petit cimetière, devant le placard, dans la cuisine. Là aussi, Nohant est vivant, bruissant, les domestiques vont et viennent, les chiens nous passent entre les jambes.

Ce n’est pas une maison, Nohant. C’est un mythe. Une fiction. Un roman de plus à mettre à ton actif. C’est un lieu, et c’est un non-lieu : une utopie. L’Utopie sandienne. (p.75)

Ella Balaert a tout compris, c’est magistral. Elle nous donne le vrai visage de Sand, du moins celui sous lequel je l’imagine, mais ce n’est pas non plus une hagiographie et le personnage de Balandard est là aussi pour mettre l’accent sur les travers de Sand, même si cela énerve la romancière. Car ce roman n’est pas mièvre et doucereusement élogieux, il est souvent drôle, piquant, tout en étant sensible et intelligent.

Je pourrais encore continuer longtemps à vous parler de ce livre qui est une parfaite introduction à l’oeuvre de Sand. Tout y est et bien plus encore, et même l’épisode des confitures est traité avec humour. C’est une vraie réussite, c’est jouissif, oui je n’ai pas peur du terme car pendant une heure j’ai vraiment eu l’impression de rencontrer Sand, de me promener à Nohant à ses côtés et de la découvrir telle qu’elle devait être.

Il faut lire ce livre, et le faire lire car il dépoussière les lieux communs, il montre une George Sand moderne et vraie, rompt cette image idiote de Bonne dame de Nohant.

Ella Balaert a un site que vous pouvez également visiter pour en savoir plus sur elle et son oeuvre.

Roman dévoré dans le cadre du Challenge George Sand et du Challenge S.T.A.R 4

Samedi Sandien #31 : « L’Album George Sand »


Paru en 2004 pour le bicentenaire de la naissance de George Sand, cet album se propose de mettre en images la vie de George Sand. Alliant photographies (de Christine Fleurent) et textes (de Jean-Yves Patte), ce beau livre nous fait découvrir George Sand intime. Cinq chapitres se succèdent allant de la jeunesse à la « bonne dame de Nohant », évoquant les grands moments de la vie de George Sand : sa famille, ses principaux amours (Jules Sandeau, Musset, Chopin, Michel de Bourges et Alexandre Manceau), ses amis, ses engagements politiques et enfin sa vie à Nohant et à Gargilesse.

En tournant les pages de cet album, on se retrouve chez George Sand, dans sa chambre, dans sa cuisine, au milieu de ses papiers et de ses livres, dans son cher Berry, et l’on s’y sent bien.

Outre les textes et les photos, plusieurs citations ponctuent les pages de ce livre. Des citations de la correspondance de Sand ou de son autobiographie, mais aussi de personnes l’ayant connue, ayant écrit sur elle. On le feuillette comme  un album de photos de famille, George Sand nous devient plus proche.

Nohant, sa maison, son théâtre de marionnettes, son jardin, sont sublimés ici, immortalisés même, et l’on est presque surpris de ne pas voir Sand assise dans quelque fauteuil, ou en train de casser des noix dans sa cuisine.

Bien sûr, l’écrivain est bien là aussi, à travers des photos de ses manuscrits, de ses plumes, et de son fameux placard dans lequel elle aimait écrire :

Pour qui a déjà visité Nohant, cet album est une belle façon de se souvenir. Bien sûr on peut regretter certains clichés (ahhhh les confitures !!!), mais cet album montre aussi, ce qui est plus rare quand on évoque George Sand, son engagement auprès du peuple, les unes des journaux auxquels elle collabora ou qu’elle créa.

Cet album est donc un bel hommage à la fois à la femme et à l’artiste que fut George Sand.

Roman chroniqué dans le cadre du Challenge George Sand et de Samedi Sandien : “En 2012 : George lit Sand.