« Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » Mathias ENARD.


En avril 1506, Michel-Ange quitte Rome sur un coup de tête pour Constantinople laissant en plan la basilique Saint-Pierre et le Pape, Jules II, qui ne l’a toujours pas payé. Il débarque un mois plus tard. Le sultan Bayazid veut faire construire un pont sur la Corne D’or. De Vinci a échoué, ses plans n’ont pas plu. Michel-Ange parviendra-t-il à faire mieux ?

Escorté par le poète Mesihi, Michel-Ange arpente Constantinople, longe le Bosphore, découvre cette magnifique cité. La langue étrangère qu’il ne maîtrise pas l’isole mais il se laisse bercer par ses douces sonorités. Il se sent d’abord un peu perdu, lui si catholique dans ce pays de mahométans qui a transformé les églises en mosquées. Dans ces errances, il s’imprègne de l’atmosphère, de l’art de Constantinople, découvre Sainte-Sophie, dont il s’inspirera pour le dôme de la basilique Saint-Pierre.

Mais Michel-Ange n’est pas serein. Il craint des représailles pour avoir quitté Rome au profit de l’empire ottoman. Ses ennemis, Raphaël, le peintre et Bramante, l’architecte, n’ont-ils pas ourdi contre lui auprès du Pape ?

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Le Mois Anglais fête ses 10 ans


Je participe au Mois Anglais depuis sa création par Titine, Lou et Cryssilda, il y a 10 ans. Ce challenge m’a fait découvrir de nombreux auteur.es anglais.es et c’est toujours un grand plaisir d’y prendre part. L’an dernier avec le confinement je m’en étais donné à cœur joie ; cette année, malheureusement je vais avoir moins de temps (fin d’année scolaire, conseils, convocation très probable pour le bac de français…) mais, comme vous le voyez sur la photo, je reste très optimiste.

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« Le Perroquet de Flaubert » Julian Barnes.


Pour le challenge A year in England, il fallait lire ce mois-ci un livre sur le thème « Anti Brexit ». Je n’avais guère d’idées mais Nicole a lancé le nom de Julian Barnes et je me suis souvenu que croupissait depuis des années un de ses romans dans ma PAL : Le Perroquet de Flaubert. Un auteur anglais qui écrit un livre en l’honneur d’un auteur français, on ne peut guère faire plus anti-brexit, d’autant plus que le narrateur de Barnes, un médecin anglais, ne cesse de passer la Manche pour se rendre à Rouen ou à Croisset sur les pas de Gustave Flaubert dont il connaît l’œuvre et la vie par cœur.

Le Perroquet de Flaubert est une œuvre protéiforme entre le roman et la biographie, mais on y trouve aussi trois chronologies, un bestiaire, un dictionnaire des idées reçues, une confession de Louise Colet et j’en passe. L’œuvre est donc déjà, dans sa composition, un objet à part.

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« La Diablesse dans son miroir » Horacio CASTELLANOS MOYA.


La Diablesse dans son miroir est un court roman de 150 pages bien pleines, pas un seul paragraphe, ni retour à la ligne, mais 9 chapitres. Le lecteur suit un long monologue, voire une logorrhée, de Laura s’adressant à une amie qu’elle appelle « ma belle ». Tout commence par l’annonce de la mort de sa meilleure amie Olga Maria, assassinée chez elle devant les yeux de ses deux petites filles. Laura comme Olga Maria appartiennent à de bonnes familles du Salvador. Le roman s’étend sur un peu plus d’un mois et tous les faits sont donc racontés et perçus à travers les paroles de Laura. Bavarde incomparable, cancanière au possible, la narratrice dresse le portrait d’Olga Maria, de ses fréquentations, fait des suppositions sur les raisons de cet assassinat, lance des accusations.

Laura est au courant de tout et a fait de l’assassinat de son amie, son affaire. Elle défend bec et ongle sa réputation auprès de l’inspecteur qui, d’après elle pose des questions trop indiscrètes touchant à l’honneur d’Olga Maria. Peu aimable avec les gens appartenant à une classe sociale inférieure à la sienne, elle n’hésite pas à insulter ce pauvre inspecteur ou les employées de son amie, et à se montrer particulièrement raciste. Se dégage alors de ce monologue le propre portrait de Laura : une femme qui se croit toute puissante, voire castratrice envers les hommes. Mais au-delà de Laura on sent bien que c’est toute la bourgeoisie que l’auteur vise. Si dans le premier chapitre, Laura comme Olga Maria apparaissent de façon positive, petit à petit les failles apparaissent : les tromperies, les affaires louches, les corruptions. Et cette logorrhée interminable prend des accents de plus en plus inquiétants.

Au-delà de l’intrigue et des portraits saisissants des différents personnages, le style, la forme de ce roman a été une vraie surprise. On entend véritablement Laura parler, nous parler, on devient cette « belle » sans cesse interpelée. On est avec elle à l’enterrement, assise au dernier rang, elle penchée à notre oreille et débitant son flot de paroles. Aux récits des derniers événements ou derniers ragots, elle intercale des remarques sur le lieu où elle se trouve, répond à un appel de sa mère pour regarder le feuilleton dont elle ne manque aucun épisode, demande un verre de vin blanc… C’est une réelle prouesse !

Ce court roman à la couverture rose bonbon cache effectivement une vraie diablesse, un personnage qui, en se révélant, devient de plus en plus exaspérante et odieuse mais que l’on adore détester.

« Une touche d’amour » Jonathan COE.


Ce roman est dans ma PAL des origines, celle que j’avais constituée avant même d’ouvrir ce blog qui a fêté hier ses 12 années d’existence, c’est vous dire ! Aussi quand les organisatrice de A year in England ont mis à l’honneur Jonathan Coe pour le mois d’avril, je me suis dit qu’il était grand temps qu’il sorte de mes étagères.

L’intrigue se déroule à Coventy, ville des West Midlands qui abrite trois université. Robin Grant, étudiant en thèse depuis plus de quatre ans, est inscrit dans l’une d’elles. Mais Robin est au bout du rouleau. Son directeur de thèse ne se passionne que pour les macarons et ne se préoccupe guère de l’avancée de sa thèse. Il écrit de petites nouvelles dans des carnets. Les événements politiques (l’attaque de la Lybie par les Etats-Unis avec le soutien de l’Angleterre) l’angoissent, il se sent persécuté et rêve de se mettre au vert quelques semaines. Il a contacté une ancienne camarade de Cambridge aujourd’hui mariée à Ted pour qu’elle lui prête une maison à la campagne. Katharine appelle son mari pour qu’il aille lui rendre visite. Ted est un commercial insipide qui pense que Robin et lui étaient les meilleurs amis de la terre. Leur rencontre s’achève dans un parc. Une fois Ted parti, Robin va se soulager dans un buisson alors qu’un petit garçon vient y récupérer son ballon. Voilà Robin accusé d’exhibitionnisme.

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« La Calanque de l’aviateur » Annabelle Combes.


J’avais repéré ce roman à sa sortie en 2019, il était resté dans un coin de ma tête parce qu’il parlait de librairie. Le titre m’avait intriguée. Et puis je suis retombé dessus dernièrement, heureuse de le voir sorti en format poche.

Leena arrive dans un petit village du Cotentin balayé par les vents et les embruns. Elle vient d’acheter une ancienne mercerie qu’elle veut transformer en librairie. Le local est à l’abandon depuis la mort de la mercière, Marceline, d’énormes travaux sont à faire mais Leena a une vision très nette du lieu qu’elle veut créer. Leena ne parle pas, ou très peu, elle a tout quitté pour venir s’installer là. Elle achète à Serge, le concessionnaire, une ancienne ambulance rouge qu’elle va transformer en bibliothèque ambulante. Elle se fait aider par quelques habitants du village, les travaux commencent grâce à Vivien, professeur de voile et à Gaspard, les garçons d’Eliane. Leena se sent chez elle, les habitants l’apprivoisent lui font découvrir le passé : avant d’être une mercerie le local était à Hugo, maître ferrant, père de Marceline. Aviateur lors de la première guerre mondiale, il est en revenu la gueule et le moral cassés. Et plus Leena découvre le passé des habitants de sa future librairie, plus elle remonte dans son passé et plus on comprend pourquoi elle ne parle plus. Parallèlement, on suit Jeep, le frère de Leena, lui aussi détruit, lui aussi sur les traces de son passé. Il part à Boston voir une amie de sa mère disparue. Si Leena s’enferme dans les livres, Jeep s’engouffre dans la musique, dans le jazz.

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Descente en librairie par temps de confinement…


Puisque que la plupart des magasins sont fermés, puisque les cinéma, les musées, les théâtres, les restaurants, les bistrots ont toujours porte close, il ne reste plus que les librairies pour accueillir nos déambulations, notre envie de sortir pour autre chose que des rendez-vous médicaux ou faire les courses de bouffe… Notre accès à la culture reste donc les librairies, Dieu merci… et la télé, certes, enfin Netflix ou Amazon Prime, c’est-à-dire les séries, mais c’est toujours rester chez soi. Alors hier, profitant du beau temps, mon fils et moi nous sommes embarqués dans une petite virée en librairie.

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« Roses de sang, roses d’Ouessant » Janine BOISSARD.


Je crois que je n’avais jamais lu Janine Boissard bien qu’elle soit une auteure prolifique. Pourtant en parcourant la longue liste de ses romans, sa saga L’Esprit de famille me disait quelque chose. Après quelques recherches, j’ai retrouvé les images d’une série télé des années 80 adaptée de cette saga et que j’ai regardée quand j’avais une dizaine d’années. Bref, quand on m’a proposé de lire le tout dernier toman de Janine Boissard, je me suis dit que c’était la bonne occasion.

Le titre du roman fait référence à chanson, « Les roses d’Ouessant » que l’auteur nous conseille d’écouter en lisant son roman.

L’intrigue se déroule sur l’île d’Ouessant , dans le Finistère au large de Brest. Astrid, 23 ans, vient d’hériter de la maison de son grand-père, une maison où elle a passé ses vacances et à laquelle elle est fortement attachée. Dessinatrice, elle a un projet de livre avec son amie, Morgane. Elle part faire quelques croquis sur l’île et croise Erwan de Saint-Hilaire, son amour d’enfance. Il vit dans le manoir à côté de chez elle. On dit dans le village, que sa femme a mystérieusement disparu. Vivant seul à présent, il doit pourtant supporter Marthe, le gouvernante d’Enora de Saint-Hilaire qui ne semble pas beaucoup apprécier Astrid.

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« Toutes les options de beau gosse » Myriam GALLOT.


Lucas est élève en 4e, sérieux et sage, il se lie d’amitié avec Florian, plus charismatique. Lucas aime le grain de folie et de provocation de Florian. Mais ce dernier, plus mature, a une relation aux filles qui dérange Lucas. Il n’hésite pas à regarder les culottes des filles pendant le cours d’escalade, regarde des films porno. Lucas est choqué mais n’en dit rien jusqu’au jour où Florian entraîne Gaëlle, jeune fille complexée par son poids, derrière le gymnase et, grâce à un chantage, lui touche les seins avant de la quitter sans ménagement. Gaëlle manque l’école pendant plusieurs jours après cet événement et ses copines, dont Laurène (pour laquelle Lucas a un crush), décide de punir Florian.

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« Le Dernier enfant » Philippe BESSON.


Ma première rencontre avec Philippe Besson et son roman L’Arrière saison fut assez désastreuse. Le style m’avait fortement rebutée et j’avais mis de côté cet auteur. Alors pourquoi me suis-je lancée dans ce nouveau roman paru en janvier ? Pour son sujet.

Le roman se propose de raconter, l’espace d’une seule journée, le départ de la maison du petit dernier. Théo part s’installer dans un studio à quelques kilomètres de la maison familiale pour entamer ses études supérieures. Du matin de ce départ jusqu’au soir, on suit les pensées, les souvenirs, les angoisses de sa mère, Anne-Marie. Ce départ est un réel déchirement, un drame intime qui entraîne Anne-Marie dans un état dépressif. Toute la journée elle scrute les moindres gestes de son fils : du dernier petit-déjeuner qu’elle lui prépare jusqu’au moment de la séparation qu’elle essaie de retarder coûte que coûte.

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