« La Remplaçante » Sophie ADRIANSEN & MATHOU.


Marketa est une jeune femme comme les autres. Elle rencontre Clovis, qui a déjà deux enfants d’une première union. Ils se mettent en couple et naturellement décident de faire un enfant. La grossesse se passe bien, mais quand arrive le moment de la délivrance, les contractions intenses et l’accouchement en lui-même sont pénibles pour Marketa, cela ne se passe pas comme elle se l’était imaginé. Maintenant que son bébé est là, elle se sent incapable de s’en occuper, de l’aimer, elle se culpabilise, ne comprend pas pourquoi elle ne ressent pas ce que toute nouvelle maman peut ressentir pour son enfant. Devant les autres, elle masque ce qu’elle ressent, s’occupe de sa fille par mécanisme, mais le fameux instinct maternel n’est pas là. Elle rêve d’une remplaçante qui s’occuperait de son bébé, d’une mère parfaite, d’un modèle maternel qui reflète alors l’écart qu’il y a entre elle et cette remplaçante.

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« La Diablesse dans son miroir » Horacio CASTELLANOS MOYA.


La Diablesse dans son miroir est un court roman de 150 pages bien pleines, pas un seul paragraphe, ni retour à la ligne, mais 9 chapitres. Le lecteur suit un long monologue, voire une logorrhée, de Laura s’adressant à une amie qu’elle appelle « ma belle ». Tout commence par l’annonce de la mort de sa meilleure amie Olga Maria, assassinée chez elle devant les yeux de ses deux petites filles. Laura comme Olga Maria appartiennent à de bonnes familles du Salvador. Le roman s’étend sur un peu plus d’un mois et tous les faits sont donc racontés et perçus à travers les paroles de Laura. Bavarde incomparable, cancanière au possible, la narratrice dresse le portrait d’Olga Maria, de ses fréquentations, fait des suppositions sur les raisons de cet assassinat, lance des accusations.

Laura est au courant de tout et a fait de l’assassinat de son amie, son affaire. Elle défend bec et ongle sa réputation auprès de l’inspecteur qui, d’après elle pose des questions trop indiscrètes touchant à l’honneur d’Olga Maria. Peu aimable avec les gens appartenant à une classe sociale inférieure à la sienne, elle n’hésite pas à insulter ce pauvre inspecteur ou les employées de son amie, et à se montrer particulièrement raciste. Se dégage alors de ce monologue le propre portrait de Laura : une femme qui se croit toute puissante, voire castratrice envers les hommes. Mais au-delà de Laura on sent bien que c’est toute la bourgeoisie que l’auteur vise. Si dans le premier chapitre, Laura comme Olga Maria apparaissent de façon positive, petit à petit les failles apparaissent : les tromperies, les affaires louches, les corruptions. Et cette logorrhée interminable prend des accents de plus en plus inquiétants.

Au-delà de l’intrigue et des portraits saisissants des différents personnages, le style, la forme de ce roman a été une vraie surprise. On entend véritablement Laura parler, nous parler, on devient cette « belle » sans cesse interpelée. On est avec elle à l’enterrement, assise au dernier rang, elle penchée à notre oreille et débitant son flot de paroles. Aux récits des derniers événements ou derniers ragots, elle intercale des remarques sur le lieu où elle se trouve, répond à un appel de sa mère pour regarder le feuilleton dont elle ne manque aucun épisode, demande un verre de vin blanc… C’est une réelle prouesse !

Ce court roman à la couverture rose bonbon cache effectivement une vraie diablesse, un personnage qui, en se révélant, devient de plus en plus exaspérante et odieuse mais que l’on adore détester.

« Roses de sang, roses d’Ouessant » Janine BOISSARD.


Je crois que je n’avais jamais lu Janine Boissard bien qu’elle soit une auteure prolifique. Pourtant en parcourant la longue liste de ses romans, sa saga L’Esprit de famille me disait quelque chose. Après quelques recherches, j’ai retrouvé les images d’une série télé des années 80 adaptée de cette saga et que j’ai regardée quand j’avais une dizaine d’années. Bref, quand on m’a proposé de lire le tout dernier toman de Janine Boissard, je me suis dit que c’était la bonne occasion.

Le titre du roman fait référence à chanson, « Les roses d’Ouessant » que l’auteur nous conseille d’écouter en lisant son roman.

L’intrigue se déroule sur l’île d’Ouessant , dans le Finistère au large de Brest. Astrid, 23 ans, vient d’hériter de la maison de son grand-père, une maison où elle a passé ses vacances et à laquelle elle est fortement attachée. Dessinatrice, elle a un projet de livre avec son amie, Morgane. Elle part faire quelques croquis sur l’île et croise Erwan de Saint-Hilaire, son amour d’enfance. Il vit dans le manoir à côté de chez elle. On dit dans le village, que sa femme a mystérieusement disparu. Vivant seul à présent, il doit pourtant supporter Marthe, le gouvernante d’Enora de Saint-Hilaire qui ne semble pas beaucoup apprécier Astrid.

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« Toutes les options de beau gosse » Myriam GALLOT.


Lucas est élève en 4e, sérieux et sage, il se lie d’amitié avec Florian, plus charismatique. Lucas aime le grain de folie et de provocation de Florian. Mais ce dernier, plus mature, a une relation aux filles qui dérange Lucas. Il n’hésite pas à regarder les culottes des filles pendant le cours d’escalade, regarde des films porno. Lucas est choqué mais n’en dit rien jusqu’au jour où Florian entraîne Gaëlle, jeune fille complexée par son poids, derrière le gymnase et, grâce à un chantage, lui touche les seins avant de la quitter sans ménagement. Gaëlle manque l’école pendant plusieurs jours après cet événement et ses copines, dont Laurène (pour laquelle Lucas a un crush), décide de punir Florian.

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« La Dernière tempête » Ragnar JONASSON.


Le Dernière tempête est le tome 3 de la série La Dame de Reykjavik de Ragnar Jonasson. Mais l’avantage de cette série est que l’on peut lire le tome 3 en premier car, comme pour Star Wars, le dernier est en fait le premier. Ainsi ce dernier roman se situe 25 ans avant La Dame de Reykjavik et 10 ans avant le tome 2 L’Île au secret. Je n’ai donc pas été gênée du tout en commençant pour ce tome 3.

L’intrigue se situe en Islande à deux endroits différents. A Reykjavik, l’inspectrice Hulda se fait du soucis pour sa fille Dimma. Celle-ci reste enfermée dans sa chambre, n’a plus d’enthousiasme. Nous suivons également le couple, Eirnar et Erla dans leur ferme au fin fond de l’Islande, dans une région où la neige et les ténèbres sont omniprésents, où les autres fermes ont été abandonnées. Le couple se prépare à fêter Noël, le sapin est fait, les cadeaux sont déposés dessous. Erla lit tranquillement dans son fauteuil. Alors qu’une tempête de neige fait rage à l’extérieur, on frappe à leur porte. Qui cela peut-il être ? Qui a eu l’inconscience de s’aventurer dans cette zone désertique avec une telle tempête ? Le couple est hésitant, surtout Erla, elle est méfiante. L’homme dit s’être égaré, mais son histoire semble louche à Erla, ne colle pas. L’homme ment, elle en est certaine.

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« Le Dernier enfant » Philippe BESSON.


Ma première rencontre avec Philippe Besson et son roman L’Arrière saison fut assez désastreuse. Le style m’avait fortement rebutée et j’avais mis de côté cet auteur. Alors pourquoi me suis-je lancée dans ce nouveau roman paru en janvier ? Pour son sujet.

Le roman se propose de raconter, l’espace d’une seule journée, le départ de la maison du petit dernier. Théo part s’installer dans un studio à quelques kilomètres de la maison familiale pour entamer ses études supérieures. Du matin de ce départ jusqu’au soir, on suit les pensées, les souvenirs, les angoisses de sa mère, Anne-Marie. Ce départ est un réel déchirement, un drame intime qui entraîne Anne-Marie dans un état dépressif. Toute la journée elle scrute les moindres gestes de son fils : du dernier petit-déjeuner qu’elle lui prépare jusqu’au moment de la séparation qu’elle essaie de retarder coûte que coûte.

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« Fauves » Eric MERCIER.


Le roman commence en 1989 : une femme se fait agresser sauvagement par deux chiens sous les regards d’une petite fille. Ces deux fauves s’acharnent sur la victime.

De nos jours, le commandant Vicaux est appelé à la ferme éducative de Vincennes sur une scène de crime des plus horrifiques. Un corps a été jeté dans l’enclos des cochons qui l’ont dévoré, ne laissant que quelques lambeaux. Qui est cet homme qui a fini d’une si horrible façon ? La recherche de son identité prend du temps, mais finit par être révélée : il s’agit d’un collectionneur d’art parisien qui a fait fortune grâce à la vente de tableaux fauves, notamment des Matisse ou Dufy. Vicaux tente de remonter les filières de vente, soupçonne une activité de faussaires même si tout tend à prouver que ces toiles sont bien authentiques. Au fil de son enquête, le commandant va de surprise en surprise, d’interrogations en interrogations. Parallèlement on suit sa vie amoureuse ou plutôt une histoire qui commence mais qui a déjà capoté avec Anne, spécialiste en histoire de l’art, qui s’inquiète d’ailleurs de la disparition d’un de ses étudiants.

Le titre alors prend un double sens bien marqué par la couverture : il est question de peintres fauves, mais aussi de fauves (les chiens, les cochons) et le meurtrier qui a agi en sauvage.

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« La Vie en relief » Philippe DELERM.


La Vie en relief est le dernier ouvrage de Philippe Delerm, paru au Seuil le 4 février. Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un essai, c’est une succession de textes de 2 à 4 pages sur la vie, les souvenirs d’enfance, le quotidien, les maisons, les livres, les sensations du présent qui rappellent les sensations du passé, l’amour d’un homme pour une femme et l’amour d’un père pour ses enfants. C’est aussi un livre sur le présent : la COVID, le confinement mais sous l’angle de l’individu, de l’inquiétude pour sa famille; c’est aussi un livre sur l’écriture, un peu, et sur la lecture, beaucoup.

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« Si tu vois le Wendigo » de Christophe LAMBERT.


Voilà un roman ado dont j’ai dévoré les trois quart un dimanche après-midi. J’ai été immédiatement immergée dans le monde du jeune narrateur de 13 ans. Ce qui m’a tout de suite plu est cette idée, certes pas nouvelle, d’un récit rétrospectif. Car si le narrateur de l’intrigue a 13 ans, celui qui la raconte en a 60. Et c’est ce regard d’adulte sur l’enfant qu’il était et sur les années 50 aux USA qui m’a plu.

En effet, l’histoire de ce roman c’est l’histoire d’un été qui a tout changé. Ce genre d’été que l’on entame en enfant, et d’où l’on ressort adolescent, où on prend conscience que les adultes qui nous entourent ont des failles.

Ainsi le jeune narrateur et son ami Bobby Lee, après avoir joué une journée entière dans la forêt aux cow-boys et aux indiens, rentrent chez eux la nuit tombée. Personne ne les attend vraiment et personne ne semble s’inquiéter de leur rentrée tardive. Il faut dire qu’ils habitent dans une résidence de standing, où on n’a même pas besoin de fermer les portes à clefs. Pourtant ce soir-là, ils croisent Ruth Bannerman, une voisine d’une quarantaine d’années. Elle semble errer dans la rue, à moitié nue et la bouche en sang. Cette intrusion de violence dans leur univers d’enfants innocents, provoque chez notre narrateur comme un choc, d’autant que Ruth est belle femme et que notre jeune ado n’est pas insensible à son charme. Cet événement va ainsi déclencher plusieurs péripéties qui vont bien occupées l’été des deux amis. Le lendemain, toujours dans la forêt jouxtant la résidence, les deux enfants entendent un cri mi-animal, ni-humain. Ils se réfugient chez le vieil ermite de la forêt, Peabody, qui leur conte l’histoire du Wendigo : une bête avec un corps décharné, au centre duquel brille une pierre rouge et avec une tête de caribou. Ce monstre peut exaucer nos vœux mais gare à leur réalisation.

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« Au paradis des manuscrits refusés » Irvind FINKEL.


Ce roman est dans ma PAL depuis sa sortie puisque je l’avais reçu en service de presse en 2016. Mes livres sont patients, ils attendent le moment propice, celui où mon envie finit un jour par se poser sur eux. Il a donc fallu que je veuille cocher la catégorie 2 (Livre dont l’intrigue se passe dans une bibliothèque / librairie) du challenge lecture 2021 organisé par Mlle Farfalle pour qu’enfin il sorte de son étagère. Il a aussi l’avantage d’être écit par un auteur anglais, ce qui me permet de valider ma première participation au challenge A year in Engand. Que demander de plus ?

Dans le fin fond de la campagne anglaise, Dr Patience administre la Bibliothèque des manuscrits refusés. Les conditions d’acceptation sont claires : le manuscrit doit avoir été refusé par un ou plusieurs éditeurs et être accompagné de ses lettres de refus, sans cela il ne peut être conservé. Le fond de cette étrange bibliothèque est riche et varié : romans, autobiographies, poésies, livres pour enfants, etc. Dr Patience est entouré d’une équipe soudée et convaincue de leur rôle, une équipe toutefois un peu loufoque prête à tout pour préserver leur bibliothèque d’intrus qui viendraient perturber leur travail.

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