« Si la vie te donne des citrons fais-en une tarte meringuée » Charlotte LEMAN.


Le titre de ce roman m’a tout de suite fait penser à une phrase de la série This is us : « si la vie te donne des citrons, fais-en de la limonade ». Cette phrase m’avait marquée car prononcée dans une situation bien particulière et dramatique qui me touchait personnellement. Ce qui m’a attirée aussi vers ce roman a été cette couverture colorée et très belle qui fait plus penser à un livre de cuisine qu’à un roman, mais ça m’a bien plu. Voici pour les prémices.

Concernant l’intrigue, on n’est pas dans une originalité folle : Clémence, la quarantaine, apprend brutalement que son mari la trompe et veut divorcer. Mariée depuis 19 ans, mère d’un ado de 17 ans bien dans sa peau, assistante de direction, elle pensait que sa vie était parfaite, elle était épanouie. L’adultère et le futur divorce sont donc pour elle un vrai cataclysme.

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« Fondue au noir » Hervé JUBERT.


Lola ne parle plus depuis ses 10 ans. Subitement , un matin, elle a arrêté de parler, comme ça d’un coup et malgré les nombreux rendez-vous médicaux, rien d’anormal n’a été constaté. Alors ses parents et ses deux frères, les terribles, Tic et Tac, comme on les surnomme, l’ont accepté et ont fait avec. C’est pendant le premier confinement, que Lola découvre la cuisine, s’y intéresse et décide, pour sa Seconde, d’intégrer le lycée professionnel Suzanne Bonneval. Sa brigade est composée de 6 élèves, elle comprise, mais très vite Lola sait qu’ente elle et Louna, ca ne va pas passer. Heureusement il y a le beau Mattéo, le gentil Georges, Medhi qui joue au mec de banlieue. alors qu’il n’y vit pas et puis Louise. Enfin, il y a leur prof de cuisine : Galina Ketling, surnommée Le Bosco, terme désignant un maître d’équipage sur des voiliers. Très vite, Lola montre de grands talents de cuisinière. Mais une sélection au jeu de téléréalité Sur le grill spécial apprentis va révéler les rivalités dont Lola va être la victime.

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« La Vie en relief » Philippe DELERM.


La Vie en relief est le dernier ouvrage de Philippe Delerm, paru au Seuil le 4 février. Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un essai, c’est une succession de textes de 2 à 4 pages sur la vie, les souvenirs d’enfance, le quotidien, les maisons, les livres, les sensations du présent qui rappellent les sensations du passé, l’amour d’un homme pour une femme et l’amour d’un père pour ses enfants. C’est aussi un livre sur le présent : la COVID, le confinement mais sous l’angle de l’individu, de l’inquiétude pour sa famille; c’est aussi un livre sur l’écriture, un peu, et sur la lecture, beaucoup.

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« Au paradis des manuscrits refusés » Irvind FINKEL.


Ce roman est dans ma PAL depuis sa sortie puisque je l’avais reçu en service de presse en 2016. Mes livres sont patients, ils attendent le moment propice, celui où mon envie finit un jour par se poser sur eux. Il a donc fallu que je veuille cocher la catégorie 2 (Livre dont l’intrigue se passe dans une bibliothèque / librairie) du challenge lecture 2021 organisé par Mlle Farfalle pour qu’enfin il sorte de son étagère. Il a aussi l’avantage d’être écit par un auteur anglais, ce qui me permet de valider ma première participation au challenge A year in Engand. Que demander de plus ?

Dans le fin fond de la campagne anglaise, Dr Patience administre la Bibliothèque des manuscrits refusés. Les conditions d’acceptation sont claires : le manuscrit doit avoir été refusé par un ou plusieurs éditeurs et être accompagné de ses lettres de refus, sans cela il ne peut être conservé. Le fond de cette étrange bibliothèque est riche et varié : romans, autobiographies, poésies, livres pour enfants, etc. Dr Patience est entouré d’une équipe soudée et convaincue de leur rôle, une équipe toutefois un peu loufoque prête à tout pour préserver leur bibliothèque d’intrus qui viendraient perturber leur travail.

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« Ce qui fait battre nos cœurs » Florence HINCKEL.


Florence Hinckel est une auteure dont les romans amènent souvent à réfléchir sur le progrès et ses dérives. Que ce soit #Bleu ou Théa pour l’éternité, cette réflexion prend toujours son ancrage dans une histoire intime où des adolescents vivent dans un futur proche et dans une société où les nouvelles technologies semblent dans un premier temps proposer une vie meilleure. Dans #Bleu, il s’agissait d’une vie sans douleur, dans Théa ou l’éternité d’une vie éternelle. Dans ce roman, paru en juillet 2019, Florence Hinckel crée une société où tous les membres du corps humain peuvent être remplacés par des organes artificiels créés par la société Organic.

Esteban a une petite sœur, Sofia, dont le cœur artificiel a des ratés. Sa famille n’a pas suffisamment de moyens pour lui faire implanter une nouveau cœur. Elle s’est donc contentée dans cœur Sécu, bas de gamme et ayant déjà servi. A tout moment la petite fille peut mourir. Indigné par cette injustice, Esteban va tenter le tout pour le tout. Il décide d’enlever Lélia, dite « la fille artificielle » parce que, à l’exception de son cerveau, Lélia n’est composée que d’implants créés par Organic. Mais quand Esteban se rend donc à une soirée mondaine pour enlever Lélia, un jeune homme, Noah, est avec elle près d’une voiture. Il décide alors de les enlever tous les deux. Noah est au volant sous la menace du flingue d’Esteban. Mais à un feu, une jeune femme surgit, Maria, et grimpe à son tour dans la voiture. Maria est orpheline et a été élevée par son oncle. Elle a perdu ses parents dans un accident de la route dans lequel elle a elle-même laissé un bras. Ingénieuse et très douée, elle s’est créé une prothèse particulièrement performante qui lui donne plus de force. Cette augmentation des organes est cependant interdite. Les quatre adolescents se lancent alors dans une course poursuite avec la police. Le but est de faire plier Franck Varan, le patron d’Organic, pour que Sofia reçoive un cœur et quand Esteban découvre que Noah n’est autre que le fils de Varan, il a un atout supplémentaire.

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« Le Bal des hypocritiques » Tristane BANON – Récit.


Je me souviens de Tristane Banon, une jeune femme blonde et un peu fragile, qui avait déclaré lors d’une émission de Thierry Ardison avoir été agressée sexuellement par DSK, « l’homme-babouin » comme elle le nomme. C’était avant l’affaire DSK et avant #metoo, c’était le 5 février 2007, mais l’agression remonte à 2003. L’affaire reprend une vivacité en 2011, quand DSK est accusé de viol sur une femme de chambre du Sofitel de New-York. On demande à Tristane Banon de se prononcer en faveur de la victime, de porter plainte. La presse de déchaine, la harcèle, chacun y va de sa version, son honorabilité est atteinte, on la traite de caquin, que c’est elle qui l’a cherché, tout ce que l’on entend toujours.

Dans ce récit écrit en 2011 et qui vient de ressortir en format poche chez Le Diable Vauvert, Tristane Banon raconte de façon très intime comment sa vie est devenue un enfer depuis ce 5 février 2007 et quand les choses ont encore empiré à partir de mai 2011. Harcelée de messages, de coups de fil, contrainte de déménager à plusieurs reprises en emportant en tout et pour tout un sac et son chien, Flaubert, elle raconte cette non-vie. L’emballement des médias, les soi-disant amis (qui l’ont lâchée), même les passants dans la rue s’en mêlent. Mais elle, ne veut pas parler car elle sait que tout sera déformé, elle tient, se ronge. Jusqu’au moment où, pour survivre, il faut écrire.

C’est un récit qui prend aux tripes, le récit d’une solitude tragique, au sens littéraire du mot, le récit d’une femme en perdition, doublement victime. Il montre aussi le trajet parcouru jusqu’à #metoo en 2017. Comment serait reçu aujourd’hui le témoignage de Tristane Banon lors de cette émission ? Mais Tristane Banon c’est aussi l’histoire de milliers de femmes qui hurlent dans le silence et pire dans le mépris, qui ne sont pas entendues, mais pour elle ce fut pire car elle était médiatique. Elle montre très bien d’ailleurs cet emballement des médias, les centaines de mails et messages qu’elle reçoit de tous les médias, radio, tv, presse pour avoir un interview, sans parler d’abonnés Facebook qui ont tous leurs mots à dire.

Si souvent la plume est vive, si la colère se sent, on peut regretter des métaphores trop fréquentes faisant allusion à des films, des dessins animés ou pire à des publicités : « j’assume tout, je ne veux pas d’une solution Eau Ecarlate pour rendre mon passé plus blanc que blanc » (p.148) ou encore « Je suis une lingette décolor-stop, je bois leur passé pour que le présent leur laisse le teint frais » (p.140), est-ce une façon d’utiliser les médias qui eux-mêmes l’utilisent et en font un produit médiatique ? Où est-ce moi qui vais trop loin ? Quoiqu’il en soit, ce récit, lu en un jour, montre à quel point la parole de la femme est sans cesse mise en doute et je ne suis pas sure du tout que post-#metoo ce ne soit plus le cas.

« Nuuk » Mo MALO


Nuuk  est le troisième opus des enquêtes du chef de police de Nuuk au Groenland. Après Qaanaaq et Disko, Qaanaaq Adriensen ne peut reprendre son poste qu’à deux conditions : se faire suivre par une thérapeute et effectuer une tournée dans neuf villes du Groenland, histoire de reprendre contact avec le terrain, c’est ça ou le placard. Qaanaaq se plie donc et commence sa thérapie sans guère d’enthousiasme d’autant que sa psy ne lui laisse guère de répit. La tournée commence par Uummannaq et déjà les choses se compliquent : une jeune adolescente vient de se suicider en sautant du haut d’un pic rocheux. Mais Qaanaaq n’est pas totalement persuadé par cette conclusion : cette jeune fille ne présentait aucun signe de dépression, bien au contraire un avenir radieux s’ouvrait justement à elle. Parallèlement, un colis contenant une main tranchée est livré et destiné à Qaanaaq : y a-t-il un lien entre les deux affaires ? Et si oui, lequel ?

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« Lola à la folie » Alexandre CHARDIN – #RL2020


Comment résister à une si jolie couverture ? Quand on m’a proposé ce roman ado, j’ai été toute de suite séduite par la couverture, le regard, le sourire de cette Lola m’ont donné envie de découvrir l’histoire qui se cachait dessous.

Alors voilà, Jacques est en 6e, il a un très bon copain, Matthias. Ensemble ils se lancent des défis : « Chiche ou pois chiche ». Si l’un d’eux ne relève pas le défi, la punition est encore plus difficile à réaliser. Alors ils se lancent : balancer des moustiques en cours de français, planquer une truite dans le faux-plafond de la salle de techno, tout est bon. Mais depuis quelques temps, il semble que quelqu’un d’autre rivalise en « chiche » et que ce quelqu’un est bien plus téméraire que les deux amis : changer la sonnerie des cours en mettant la musique d’Harry Potter, ça relève du grand art !

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« Un crime sans importance » Irène FRAIN – #RL2020


Je me souviens parfaitement d’un roman d’Irène Frain que j’avais lu lors d’une forte grippe dans mon adolescence. Ma mère m’avait ramené ce roman de la bibliothèque de son entreprise. C’est un roman auquel j’avais repensé en lisant celui d’Isabelle Monnin, Les Gens dans l’enveloppe, parce qu’il prenait sa source dans des photos de famille. Il s’intitule Secret de famille et fait partie, je crois, des romans les plus connus d’Irène Frain. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté de lire son tout dernier ouvrage Un crime sans importance. Il ne s’agit pas d’un roman mais d’un récit, celui d’Irène Frain après l’assassinat de sa sœur, une vieille dame qui vivait seule dans une banlieue proche de Paris, au fond d’une impasse. Sauvagement agressée et laissée pour morte, Denise va succomber à ses blessures quelques semaines après son agression. Irène Frain sera avertie seulement à ce moment-là, quelques jours avant l’enterrement. On ne sait pas grand chose des faits, des circonstances et très vite l’auteure va être confrontée aux lenteurs de la police et de la justice. Cette mort tragique ravive alors des souvenirs de son enfance.

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« Serial tattoo » Sylvie ALLOUCHE.


Avec Serial tatoo, Sylvie Allouche poursuit sa série des enquêtes de Clara Di Lazio. Après Stabat murder et Snap killerSerial tattoo nous plonge dans les entrailles sordides du trafic de jeunes femmes. Tout commence par la présence d’une nigériane dans la salle d’accueil du commissariat. Personne ne semble faire attention à elle, sauf Clara Di Lazio : son attitude droite et fière tranche avec la pauvreté de ses vêtements. Ce paradoxe suscite la curiosité de la commissaire et elle décide de la recevoir. Sa fille, Shaïna, a disparu. La femme affirme avoir vendu sa fille, elle a d’ailleurs apporté avec elle un sac renfermant 30 000 euros. Ayo Madaki a dû fuir le Nigeria avec ses filles. Son mari, secrétaire particulier du gouverneur du Borno, a été tué à l’arrivée des groupes islamiques et son fils a disparu dans leur fuite. Avec ses trois filles, elle est parvenue à se cacher et est arrivée en France où elle a obtenu le droit d’asile, mais leurs conditions de vie restent très précaires et c’est pour cela que son aînée, Shaïna, a cherché un emploi pour aider sa mère. Clara décide de se saisir de l’affaire.

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