« Victor Hugo vient de mourir » Judith PERRIGON


Je savais que Victor Hugo avait eu des obsèques nationales, je savais qu’une foule immense, incroyable, avait suivi le cortège, j’avais même vu des images, donc quand j’ai découvert ce roman racontant précisément ses funérailles j’ai eu envie d’en savoir plus. Judith Perrigon se propose donc de décrire dans le détail et en s’appuyant sur des documents historiques, à la fois les derniers jours de Victor Hugo, les préparatifs des obsèques jusqu’au Panthéon (ou plutôt jusqu’à l’église Sainte Geneviève débarrassée de ses signes religieux pour complaire aux volontés de Victor Hugo d’un enterrement civil) et le jour J. L’aspect romanesque est peu développé, et c’est tant mieux, j’avais un peu peur d’une hagiographie du grand homme. Il n’en est rien, le style est clair et présente les faits comme ils se sont déroulés même si certains personnages sont inventés, ils incarnent les différents partis qui se sont affrontés durant ces quelques jours.

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« Un Cadenas sur le cœur » Laurence TEPER.


Dans ce roman divisé, comme une pièce de théâtre, en trois actes, Claire Meunier tente de percer un secret familial. Tout commence par une plage en Gironde au mois août. La famille de Claire, les Meunier, passe toutes leurs vacances du mois d’août avec la famille du patron de sa mère, les Coquillaud. Les souvenirs sont ceux d’une petite fille qui observe les adultes, saisit, sans vraiment les comprendre ou mettre les mots sur ce qu’elle observe, que leurs comportements sont parfois étranges : les changements d’humeur de sa mère, la tristesse de son père, Mme Coquillaud qui ne va jamais à la plage et préfère rester dans leur maison de location…

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« Le Testament de William S. » Yves SENTE et André JUILLARD (BD)


Une fois n’est pas coutume, j’ai lu une BD ! J’en lis très peu et souvent il s’agit des grands classiques : Tintin, Astérix etc. J’aime mieux les romans graphiques. Mais celle-ci m’est arrivée par un biais un peu particulier : un élève de 1ère m’a conseillée de la lire et m’a prêté son exemplaire. J’ai dû lire un jour un Blake et Mortimer quand j’étais plus jeune et j’avais été un peu rebutée par la large part faite au texte. Ce tome est paru en 2016 et, comme pour Lucky Luke  ou Astérix, n’a pas été écrit par l’auteur d’origine (Edgar J. Jacobs), je suis trop novice pour voir les différences possibles.

Dans ce 24ème tome, Blake et Mortimer sont sollicités par l’une de leurs amies : Mrs McKenzie, présidente de la William Shakespeare Defenders Society afin de mener un jeu de piste pour dénicher trois clefs permettant d’avoir accès à ce que l’on pense être la dernière pièce de Shakespeare. Mais cette découverte permettra peut-être aussi de faire cesser la rivalité entre la société de Mrs McKenzie qui défend le fait que Shakespeare ait bien écrit ces pièces si célèbres malgré son extraction sociale et la Loge d’Oxford qui affirme le contraire.

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« Broadway limited : 1. Un dîner avec Cary Grant » – Malika FERDJOUKH


Les romans de Malika Ferdjoukh, c’est un peu comme un bon chocolat chaud à la chartreuse après une journée de ski : ça réchauffe et ça fait du bien. Elle fait partie, avec l’incontournable Marie-Aude Murail, de ces auteurs dits jeunesse qui ont pourtant tout des grands et que l’on peut lire à 15 ans et à 45 ans passés. Que ce soit Quatre soeurs, Aggie change de vie ou Chaque soir à 11 heuresje suis toujours séduite par l’atmosphère de ses romans.

Broadway Limited est une série en trois tomes. Le deuxième (Un Shim Sham avec Fred Astaire) est déjà sorti (je suis d’ailleurs en train de le terminer). Pour la sortie du troisième et dernier tome (Un thé avec Grace Kelly), je ne connais pas encore la date, très prochainement je l’espère.

Donc concernant ce premier tome sous-titré Un Dîner avec Cary Grant, nous sommes à New-York à l’automne 1948. Jocelyn Brouillard, jeune homme de 17 ans, vient y faire des études. Il sonne à la pension Giboulée tenue par Mrs Celeste Merle et sa sœur Artemisia. Mais cette pension est exclusivement réservée aux jeunes filles. Ses talents de pianiste et la recette de la soupe aux asperges de sa mère vont cependant se révéler de merveilleux laisser-passer. Outre les deux propriétaires, Jocelyn va faire la connaissance des nombreuses pensionnaires : Wendy Balestrero surnommée Manhattan, Hadley Johnson, Page Hibbs, Felicity Pendergast, surnommée Chic, Etchika Jones ou encore Usurla Keller, sans parler des domestiques Easter-Witty et Charity.

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« Les Misérables » Victor Hugo – tome 1.


Bien qu’ayant fait des études de lettres, j’ai des lacunes. Mais je les assume et fais en sorte, petit à petit, de les combler. De Victor Hugo, j’ai lu quelques pièces (Ruy Blas, Lucrèce Borgia), quelques romans (Les Derniers jours d’un condamné, Claude Gueuxet des poèmes de divers recueils et essentiellement celui-ci : Les Contemplations. Je ne m’étais jamais encore confrontée aux monuments hugoliens : Les Misérables, L’Homme qui rit, Notre Dame de Paris… Ils sont pourtant tous dans ma PAL depuis bien bien longtemps.

Il m’a fallu la lecture un peu déprimante (pour des raisons différentes) de deux romans de la rentrée littéraire, pour ressentir le besoin profond d’un retour aux classiques. L’envie de lire Les Misérables a fait son chemin depuis la lecture d’une biographie d’Hugo mêlée à celle de sa fille, Léopoldine par Florence Colombani. J’ai une affection particulière pour Léopoldine. Dans cette biographie, j’avais notamment été très intéressée par les rapprochement que Florence Colombani faisait entre Léopoldine et Cosette. J’ai eu envie de les vérifier. Bref, j’ai lu le premier tome des Misérables.

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Bilan mensuel de lecture : Septembre, Octobre, Novembre 2018.


Préparez-vous, ce bilan récapitulatif risque d’être un peu long. Je vous conseille de vous installer confortablement dans votre canapé, sous un plaid chaud et doux, de vous faire un bon thé (parce que c’est stimulant, c’est bien connu) et de vous laissez porter… Vous y êtes ? … Alors on peut commencer !

N’ayant pas publié de bilan mensuel depuis le 1er septembre, date à laquelle ma vie personnelle, comme chaque année, est mise entre parenthèses (merci l’éducation nationale) je vais donc vous faire une récap. de mes lectures sur ces trois derniers mois. Trois romans seulement ont été chroniqués, mais je ne désespère pas… non, non, non. J’y crois, un jour, je serai à jour dans mes chroniques.

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Un Livre dans la Boîte #11


Presque deux mois de silence sur ce blog et ce n’est pourtant pas faute de me dire chaque vendredi soir : « Ce week-end, j’écris une chronique sur le blog ». Mais le week-end se passe et rien ne paraît. Aujourd’hui, je prends le temps parce que j’en ai un peu assez de bosser du lundi matin au dimanche soir, de passer mon temps à corriger des copies et à préparer des cours… J’ai aussi plusieurs romans à chroniquer, la liste s’allonge dangereusement. Pour relancer la machine, je vais donc récapituler avec vous tous les SP que j’ai reçus ces dernières semaines.

Voici donc ma moisson d’automne.

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« La Purge » Arthur NESNIDAL – #RL2018


C’est son sujet qui m’a donné envie de lire ce roman : « un étudiant décrit le quotidien d’une année d’hypokhâgne ». J’aime les romans qui parlent de l’école, du lycée, de la fac. Mais très vite, des amies sur les réseaux sociaux m’ont fait douter avant même le début de ma lecture. Et ce doute s’est confirmé dès les premières pages tournées !

« La Purge » est un premier roman d’un jeune homme de 22 ans comme la 4e de couv. prend soin de nous le dire, sans que l’on sache trop pourquoi d’ailleurs. Est-ce une façon de l’excuser ? Parce que franchement, ce roman porte bien son titre. Sans faire de mauvais jeu de mots (que d’autres ont dû faire avant moi, j’en suis sûre), lire ce roman est une véritable purge. Malgré tout, j’ai tenu bon jusqu’à la dernière page.

L’auteur, malheureusement, ne sert pas son sujet. Les professeurs, les étudiants, jusqu’au lycée lui-même sont caricaturés, on ne trouve que des êtres abjectes, des portraits noirs. L’excès de noirceur, l’hyperbole, conduit à douter. J’entends l’exigence excessive, l’humiliation de certains professeurs, mais même Zola, dans ses romans les plus noirs, ouvre des fenêtres vers l’espoir. Ici tout est négatif, rien ne survit, même pas la littérature. Contrairement à ce que nous vend la quatrième de couverte, je n’ai pas eu l’impression de lire « le quotidien » d’un étudiant, mais plutôt des descriptions sans fin, alambiquées, dans lesquelles on se perd, noyé dans une prose qui s’écoute écrire.

Dans cette écriture ampoulée, boursouflée, certes on ressent des accents zoliens (oh le beau registre épique !), hugoliens (le lyrisme, c’est sûr ça en jette !), mais si Zola et Hugo écrivaient ainsi (enfin en mieux) c’était pour coller à leur époque. Et il est bien dommage qu’un auteur de 22 ans écrive encore ainsi au XXIe siècle. Le jeune homme a des lettres, ça se sent, trop même, ça manque de digestion. Chaque époque doit trouver son écriture. Les romantiques voulaient écrire autrement pour mieux représenter leur époque. Le style de l’auteur ici finalement contredit même son propos en faisant de sa prose une écriture qui se veut élitiste. Reprocher aux professeurs de khâgne d’être pédants et écrire de façon pédante, me semble contradictoire. Et c’est, je crois, le principal reproche que je ferai à ce roman.

On pourra dire que ce sont les défauts d’un premier roman, certes. On attendra donc un prochain roman, pour confirmer ou infirmer.

« Trois fois la fin du monde » Sophie DIVRY – #RL2018


Pour avoir aidé son frère lors d’un braquage, Joseph Kamal est emprisonné. Novice dans le milieu carcéral, il n’en connait pas les codes, cherche des protections, mais se fait utiliser et se retrouve dans le pire quartier de la prison. Il y vit l’enfer, jusqu’au jour où une explosion nucléaire lui donne l’occasion de s’échapper. D’un autre type, cette explosion a épargné ceux qui sont immunisés, c’est justement le cas de Joseph. Les villes et villages sont dépeuplés, la population survivante a été amenée ailleurs, plus loin. Seul, Joseph va s’installer dans un ferme et se recréer un univers, va redécouvrir le rythme des saisons, le travail physique, la débrouille pour survivre, la douceur des animaux.

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Un Livre dans la Boîte #10


Il ne surprendra personne si je dis que le mois de septembre est un mois particulièrement chargé : rentrée scolaire, reprendre le rythme, mais aussi et, en ce qui nous concerne, rentrée littéraire.

Pour ce dixième épisode d’Un Livre dans la Boîte, je vous présente donc les livres reçus durant ces 30 derniers jours. Il y en aura pour tous les goûts et font donc tous partie de la Rentrée littéraire (#RL2018). Les arrivages ont été groupés, et hier, notamment (et c’est bien tombé) j’ai reçu quatre livres d’un coup, belle surprise en rentrant chez moi !

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