Bilan mensuel de lecture : Septembre, Octobre, Novembre 2018.


Préparez-vous, ce bilan récapitulatif risque d’être un peu long. Je vous conseille de vous installer confortablement dans votre canapé, sous un plaid chaud et doux, de vous faire un bon thé (parce que c’est stimulant, c’est bien connu) et de vous laissez porter… Vous y êtes ? … Alors on peut commencer !

N’ayant pas publié de bilan mensuel depuis le 1er septembre, date à laquelle ma vie personnelle, comme chaque année, est mise entre parenthèses (merci l’éducation nationale) je vais donc vous faire une récap. de mes lectures sur ces trois derniers mois. Trois romans seulement ont été chroniqués, mais je ne désespère pas… non, non, non. J’y crois, un jour, je serai à jour dans mes chroniques.

(suite…)

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« Monsieur Stan n’a qu’à bien se tenir » de Claudine Aubrun et Delphine Perret


Antoine mettant du temps à lire ce roman graphique, je le lui ai piqué ce matin ! Gentillement offert par Liyah, lors de notre rencontre, ce roman est le second tome de la série, après Oust ! ou l’insupportable Monsieur Stan. J’avais été attirée par ces romans tout bêtement parce que le petit garçon porte le même prénom que mon fils, et que je trouvais sympa de les lui faire lire rien que pour cela !

Mais revenons à nos moutons !

Stan est donc un chien particulièrement pénible, sorte de petit frère insupportable qui ne cesse d’accaparer les parents, embêter son grand-frère, lui faire porter le chapeau à la moindre de ses bêtises. Mais tout se corse encore davantage quand Stan décroche un rôle principal dans un film en 3D, tandis qu’Antoine, lui, se voit attribuer le rôle d’un cheval dans un spectacle de fin d’année. Du coup, tous les amis d’Antoine ne le côtoient que dans l’espoir de rencontrer la star.

Dessin pris sur le blog de Claudine Aubrun

Antoine se sent seul, incompris par sa mère dont toute l’attention est donnée à Stan, délaissé par son ami d’enfance et surtout harcelé par Stan lui-même qui joue la star à longueur de journée.

Bien que la 4ème de couverture l’annonçait, j’avoue n’avoir pas trouver l’humour dévastateur. Pour tout dire, ce petit Antoine m’a fait beaucoup de peine, et sa mère m’a particulièrement énervée. J’ai du mal avec les parents qui donnent plus d’attention à leur animal de compagnie qu’à leur enfant ! A aucun moment la mère, et le père aussi d’ailleurs, ne prend conscience de son comportement vis-à-vis de son fils, incapable de voir Stan sous son vrai jour. Ce petit garçon qui se trouve abandonné à la fois par ses parents et par des amis qu’il connait depuis la crèche, qui doit renoncer à un nouveau copain car celui-ci va déménager, je trouve que trop c’est trop ! Du coup les situations m’ont très peu fait rire, si ce n’est quand Stan en prend pour son grade. Car ce chien est à proprement parler imbuvable, à gifler, à baffer !

Il s’agit là d’un avis de mère adulte ayant un fils se prénommant Antoine, donc un avis sans doute sans guère de recul ! Mais je tiens cependant à dire que ce n’est qu’un aspect du roman, et que d’autres m’ont plu : Antoine, bien sûr, toujours enjoué, heureux de rencontrer un nouvel ami, d’inventer des jeux délirants. Les illustrations sont très réussies, simples, claires. Le texte n’est pas simpliste, et Delphine Perret parvient à retranscrire la pensée des enfants, leur façon d’interpréter avec leurs mots propres le métier des parents : Mon papa a trouvé du travail dans un supermarché plus grand. Il va faire le tube de mayonnaise et maman vendra des beignets de poisson […] Tu comprends, m’explique mon copain, […] tube de mayonnaise, c’est mieux payé que tube de ketchup (p.74)

J’attends d’avoir l’avis d’Antoine, sans doute le lira-t-il différemment.

Roman graphique lu dans le cadre du Challenge Littérature Jeunesse.

« Polina » Bastien Vivès


La première fois que j’ai entendu parler de ce roman graphique, c’était sur Europe 1, Bastien Vivès était invité dans l’ancienne émission de Michel Drucker, je revenais d’un oral blanc, et j’avais été captivée par l’interview. Ensuite, bien sûr, j’ai lu ici et là des billets sur les blogs, et j’ai finalement acheté ce roman après une visite de l’Opéra Garnier. Quand L’Ogresse m’a proposé une LC, j’ai donc sauté sur l’occasion. Je l’ai donc lu durant cette semaine d’après Noël, installée dans un bon fauteuil.

L’histoire est simple : Bastien Vivès relate la carrière de danseuse de Polina Oulinov. Ses débuts, ses auditions ratées ou réussies, et surtout cette relation faite d’attirance et de répulsion avec le professeur Nikita Bojinski, professeur exigeant qui a perçu en elle le talent. On suit donc les doutes de la jeune fille, ses douleurs, ses interrogations sur la danse, son histoire d’amour, ses errances, et sa célébration. Roman d’apprentissage, non de la danse, mais de sa prise de conscience du « pourquoi danse-t-elle », question que lui posa Bojinski et dont la réponse ne viendra qu’à la fin.

Les années passent, une page se tourne et on retrouve Polina plus âgée, un peu changée, et il faut retourner voir les pages précédentes pour comprendre qu’elle a grandi : son visage s’affine, son corps devient plus féminin, sort de l’enfance, ses préoccupations sont autres. J’ai trouvé cela fabuleux, cette façon de faire évoluer son personnage, l’ellipse temporelle qui se fait le temps de tourner la page.

Bojinski est ce mentor, à la fois craint et à la fois désiré, cette stature, cette incarnation d’un enseignement nouveau, qui rompt avec l’enseignement classique des écoles de danse officielles. On sent le malaise, et l’admiration de Polina pour son maître, mais en même temps l’emprise qu’il a sur elle. Il lui faudra plusieurs années pour comprendre son importance dans sa façon de danser, dans sa compréhension de la danse.

Les dessins m’ont un peu surprise, moi si peu familière de ces romans graphiques. Bastien Vivès joue avec les ombres noires, les silhouettes à peine ébauchées parfois. Polina, les oreilles décollées, mais l’allure aérienne et fine, a quelque chose à voir, je trouve, avec Piétragalla, du moins m’a-t-elle fait penser à elle. Bastien Vivès dessine avec talent les corps dansants, et si les visages sont sombres, ils reflètent néanmoins beaucoup d’émotions.

Ce fut donc une belle découverte.

Vous pouvez aller lire l’avis de L’Ogresse.