« Héroïnes » Sarah-Jane STRATFORD.

J’achète très peu de formats brochés, préférant attendre une sortie en poche un ou deux ans plus tard, mais là, je n’ai pas pu résister à cette couverture sublime. De toute façon, c’est simple, dès qu’il y a une machine à écrire, je craque. Bien évidemment, la lecture de la 4e de couv. a intensifié la tentation.

New-York années 50. Phoebe Adler travaille comme scénariste sur une petite chaîne télé locale. Elle écrit des feuilletons policiers qui remportent un certain succès. Sa sœur, Mona, vit à l’hôpital depuis des années, atteinte d’une déficience immunitaire ; leurs parents sont décédés. A Hollywood, Phoebe partage son appartement avec la séduisante Anna, dessinatrice. Sa vie se résume à son travail et aux visites à l’hôpital, et si sa sœur l’incite à profiter pour deux, à sortir, à rencontrer du monde, Phoebe a du mal à s’y résoudre. Sauf que les événements vont finalement l’y contraindre. Accusée d’être une sympathisante communiste, Phoebe décide de fuir à Londres le maccarthysme quand elle reçoit une demande à comparaître. Une fois à Londres, elle va trouver Hannah Wolson, productrice de séries télévisées qui embauche des scénaristes américains blacklistés aux USA.

Héroïnes a beaucoup d’atouts : ce roman est à la fois un beau portrait de femmes, une plongée dans une période historique passionnante et la découverte de l’émergence des premières séries TV.

Phoebe et Hannah sont deux femmes prêtes à tout pour réussir dans leur domaine. Femmes ambitieuses dans le bon sens du terme, elles doivent cependant faire face au sexisme ambiant pour s’imposer. L’une comme l’autre fait aussi preuve de courage : Phoebe en recommençant sa vie et sa carrière à Londres ; Hannah en imposant, malgré les pressions, des scénaristes blacklistés dans ses productions. Dans ce climat extrêmement tendu où tout le monde soupçonne tout le monde, où par jalousie ou vengeance on peut se faire dénoncer, elles vont s’associer et devenir amies.

Concernant la période historique, l’auteure décrit, de l’intérieur cette chasse aux sorcières qui a duré pendant presque 15 ans aux Etats-Unis et notamment à Hollywood après la seconde guerre mondiale. Traiter de cette période dans le milieu de la télévision qui apparaît aux USA vers 1950 est en effet judicieux car la chasse aux rouges y a particulièrement sévi tout comme dans le cinéma. A cette époque, les séries comme les films étaient scrutés par les censeurs qui avaient tendance à y lire des messages communistes. C’est qu’en usant de la censure, en arrêtant les créateurs, le but est bien sûr de développer une certaine propagande pro-américaine. L’auteure en dénonce l’absurdité, mais également traite assez bien de cette pression permanente aux USA mais aussi en Angleterre : les écoutes téléphoniques, les perquisitions sauvages, les filatures.

Bien que le contexte puisse être pesant, l’auteure sait y mêler de la légèreté et l’aspect historique est amené avec pédagogie, facilement accessible même pour ceux qui ne connaîtraient pas cette période. On suit avec intérêt le destin de Phoebe, son affection pour sa sœur Mona, sa rencontre avec Ben ou encore celle avec le mystérieux Nigel Elliott que j’ai particulièrement apprécié.

Reste un petit bémol : j’ai regretté quelques facilités dans le scénario, une tendance à résoudre les difficultés un peu trop facilement, mais cela n’empêche pas cependant une lecture très agréable et un roman qui a une réelle profondeur.

Roman lu dans le cadre du Mois Anglais (Challenge A year in England) pour le thème « Années 50 – 60 – 70 ») organisé par TitineLou et Cryssilda.

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1 commentaire

  1. Wyndi

     /  août 7, 2021

    Ce livre semble vraiment intéressant, et j’aime beaucoup la couverture !

    Réponse

à vous....

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