« La Vie a parfois un goût de ristretto » de Laurence VIVARES.

Lucie, styliste parisienne, se remet mal d’une récente rupture. Pour « recoloriser » ses souvenirs, selon l’expression de son assistant Tristan, elle entreprend une sorte de pèlerinage à Venise au mois de novembre. Quelques mois auparavant le même voyage avait signé la fin de sa liaison avec Laurent. C’est dans une Venise sous le ciel gris, en période d’alta aqua qu’elle débarque, le moral au plus bas, ne pouvant se départir de ses souvenirs. La première chose qu’elle fait en déposant ses bagages dans la petite pension proche du canal où elle a loué une chambre, est de commander un ristretto, ce café italien très serré au goût si fort et amer. Seule dans Venise, elle arpente les rues pleines des souvenirs de son ancien séjour et se dirige, presque normalement, vers le pont des soupirs. C’est sur le chemin qu’elle se fait accoster par Angelo. Une conversation s’engage entre eux, il lui parle de Venise, de son histoire, des lieux qu’il faut voir. Lucie se surprend elle-même lorsqu’elle accepte de reprendre un ristretto en sa compagnie. Laisser-aller, lui avait dit Tristan, pourquoi pas ?

La Vie a parfois un goût de ristretto est un roman que l’on savoure tranquillement, se laissant guider dans les ruelles de Venise. Chaque chapitre correspond à un lieu visité par Lucie. Hors des clichés rebattus sur la ville mythique, on découvre une Venise authentique, celle des Vénitiens comme Angelo. On y voit la Madone du Titien, l’hôtel Danieli ayant abrité les amours tumultueuses de George Sand et d’Alfred de Musset, mais on y goûte aussi les spécialités culinaires. Grâce au chaleureux Angelo, Lucie découvre les dessous de Venise, qui se départ alors du cliché romantique qui l’entourent pour apparaître telle qu’elle est vraiment. Au cours de son séjour, Lucie reconsidère son dernier voyage, mesure les différences et commence à recoloriser ses souvenirs. Comme pour Venise, son histoire d’amour passée perd peu à peu de son romantisme de pacotille pour se révéler à elle réellement.

D’autres rencontres vont venir enrichir son pèlerinage : le photographe Paul, l’aveugle Monica, la sœur d’Angelo, Carla. Chacun, à sa manière, va apporter à Lucie une autre vision de la vie, une façon de la voir différemment.

Si le sujet de ce roman ne brille pas par son originalité (comment se remette d’une rupture amoureuse), il est traité avec finesse et douceur. Venise apparaît sous deux facettes différentes : celle romantique mais fausse du premier séjour de Lucie et celle plus réelle mais vraie du deuxième séjour. Sans fioritures, sans faux-semblants, il donne à voir la vraie valeur des choses et des êtres. C’est cette vision de la ville qui m’a plu et aussi le personnage d’Angelo, cet architecte meurtri, mais vivant simplement avec son vieux chat Achille.

La Vie a parfois un goût de ristretto est un roman sans prétention mais lorsque Lucie repart et que le livre se referme, on est un peu comme l’héroïne, un peu triste de laisser derrière nous la sublimissime.

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2 Commentaires

  1. Un voyage à Venise cela se refuse rarement surtout quand on y a séjourné…. Mais à te lire cela me fait furieusement pensé à un roman de Claudie Gallay : Seule Venise alors que j’avais beaucoup aimé et je resterais donc sur ce voyage là 🙂

    Réponse
    • C’est un roman qui se lit agréablement. Je n’ai pas lu le roman de Claudie Gallay mais j’en avais lu un d’Emmanuel Roblès : Venise en hiver qui était très bien aussi.

      Réponse

à vous....

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