« A la recherche de Karl Kleber » Daniel SANGSUE


Karl Klebert, professeur de littérature à l’université de Morat en Suisse, a subitement disparu en 1987. Quinze ans plus tard, le narrateur du roman, lui aussi professeur de littérature, âgé de 60 ans, approximativement l’âge auquel Karl a disparu, se rend chez Georges, le libraire du coin, qui vient de racheter une partie de la bibliothèque de Klebert. Intrigué par cette disparition, le narrateur s’intéresse à l’affaire et tente de comprendre ce qui a pu pousser cet homme à partir sans avertir personne. Il se penche alors sur ses livres et commence à analyser les notes laissées à l’intérieur des pages. Très vite il remarque que ces annotations ont un point commun : « plusieurs de ces livres racontent des fuites, des fugues, des disparitions ou évoquent le désir d’échapper à l’ici et au maintenant » (p.45). Il remonte les pistes, découvrant un professeur investi, mais aussi déçu par les changements engagés dans l’université et notamment la lente disparition de l’italien et du grec. Qu’est-ce qui a poussé Klebert à la fuite ?

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« Le Diable de la Tamise » Annelie WENDEBERG


Ce roman était prévu pour le Mois Anglais, mais je ne suis pas parvenue à le lire à temps. J’ai mis un temps fou à le finir sans doute que ma boulimie de lecture du mois de juin en est la conséquence. Mon rythme s’est donc considérablement ralenti, mais j’en avais besoin.

Ce roman m’avait été conseillé sur les RS par je ne sais plus qui puisque je ne note jamais, ce qui est très dommage car je ne peux rendre à César… Je ne connaissais pas du tout cette auteure, mais le fait que l’héroïne fasse équipe avec Sherlock Holmes et qu’elle soit obligée de se déguiser en homme pour exercer son métier de bactériologiste a été suffisant pour que je me laisse tenter.

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Bilan de Juin : Le Mois Anglais


Juin tire sa révérence et avec lui le Mois Anglais. Pour cette neuvième édition, nos charmantes organisatrices, Titine, Lou et sur Instagram, Lamousmé, nous avons concocté un programme sur mesure. Un Mois Anglais, ça se prépare comme un marathon, on rassemble ses forces, on s’entraîne à l’avance, et on tient la distance. Cette année a sonné ma 9e participation et sans doute celle où je me suis le plus investie car, pour une fois, j’avais le temps de le faire et une sacrée boulimie de lecture. Je m’en suis donnée à cœur joie et je suis un peu triste que ce soit fini.

Dans cette chronique, on va revenir sur ces 30 jours à l’heure anglaise…

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« Désaccords imparfaits » Jonathan COE – Nouvelles


Jonathan Coe avoue n’être pas un grand auteur de nouvelles, les quatre qui constituent ce recueil d’à peine 100 pages semble lui donner raison. Il s’en amuse en introduction :

Ce recueil représente toute ma production de nouvelles au cours de ces quinze dernières années, ce qui relève de la plaisanterie.

La première « Ivy et ses bêtises » est une histoire de fantôme, la seconde, « 9e et 13e » celle d’une histoire d’amour qui aurait pu avoir lieu, la troisième, « Version originale », nous embarque dans un festival de films d’horreur et enfin la quatrième, « Journal d’une obsession », raconte sa passion pour le film La Vie privée de Sherlock Holmes. Quatre nouvelles, donc, et quatre univers assez différents.

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« Le Passé » Tessa HADLEY


Quand Alice, accompagnée de son beau fils  Kasim, arrive à Kington dans la maison familiale pour y passer trois semaines de vacances, elle réalise qu’elle a oublié les clefs. Harriet, sa sœur aînée, surgit alors au loin. Comme à son habitude, à peine arrivée, elle est partie se promener. La maison s’ouvre. On déballe les valises, on prend possession des chambres. Fran et ses deux enfants, Ivy et Arthur, arrivent à leur tour après un voyage effroyable. Enfin, la superbe auto rutilante de leur frère, Roland fait crisser les graviers de l’allée. En descendent, Molly, sa fille, et Pilar, sa nouvelle épouse, impeccable toute vêtue de blanc. Les vacances peuvent commencer. Dans cet ancien presbytère, maison de leur grands-parents maternels, le passé resurgit, mais également les tensions fraternelles. Les enfants jouent dans le jardin et se collent aux basques des plus grands, Kasim et Molly. Les fragilités des uns et des autres effleurent. On boit le thé, on se promène sur les chemins de l’enfance, on discute de Pilar, du changement opéré chez Roland.

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« La Mystérieuse affaire Agatha Christie » Ch. VAN DEN HEUVEL et N. JACQMIN (BD)


Agatha Christie a mystérieusement disparu, on a retrouvé sa voiture abandonnée aux abords d’un lac. Son mari, Mr Archibald Christie, ne semble pas plus inquiet que cela et devient suspect d’autant qu’il entretient une liaison adultérine avec sa secrétaire. Les inspecteurs chargés de l’enquête tentent de cerner la personnalité d’Agatha. Commence alors l’histoire de la vie de la romancière la plus connue d’Angleterre. Une enfance libre et préservée dans la belle maison d’Ashfield. Enfant timide, elle s’est forgé un monde imaginaire et a appris à lire très jeune avec sa nurse. Les principales étapes de sa vie sont ainsi racontées en trois actes entrecoupées par la poursuite de l’enquête sur sa disparition.

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« City Hall » Tome 1 de Guillaume LAPEYRE et Rémi GUERIN – Manga


Je ne suis pas une grande lectrice de manga, mais j’avais acheté celui-ci pour son sujet. L’intrigue se situe en 1902 dans un Londres futuriste. Le cour de l’histoire a été bousculé, il y a deux cents ans, quand on s’est rendu compte que l’écriture manuscrite entraînait la création de créature, les papercuts, obéissant aux volontés des écrivains. Sauf que comme tout le monde est capable d’écrire, les pires hommes ont créé les pires papercuts et ont provoqué une guerre destructrice. Depuis, l’écriture manuscrite est interdite, les stocks de papier ont été détruits. Au moment où l’histoire commence, le ministre des finances a été assassiné car une explosion monumentale. Sur son corps, une feuille de papier avec une menace de destruction. Malcolm Little, le maire de la ville, convoque alors Jules Verne et Conan Doyle et remet à Jules un cahier et un stylo. Leur mission est de déjouer le papercut auteur de l’assassinat du ministre.

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« Les Sœurs Brontë : La force d’exister » Laura EL MAKKI


On connaît tous le destin tragique de Charlotte, Emily et Anne Brontë. Une vie passée au presbytère de leur père, à écrire ensemble autour d’une table, les promenades dans la lande, les espoirs souvent déçus. Pourtant Laura El Makki, dès l’ouverture de cette triple biographie, veut conjurer ce malheur, montrer au contraire, et comme le sous-titre le révèle, cette force d’exister, cette volonté à toute épreuve dont elles ont fait preuve, cette capacité toujours à se remettre au travail, à concevoir des projets. Elle veut casser le mythe du malheur qui a été créé au départ par Elizabeth Gaskell et sa biographie de Charlotte. Elizabeth est passablement malmenée par Laura :

Elizabeth Gaskell, première biographe attitrée de Charlotte, première faiseuse de mythes (p.13)

Casser le mythe du malheur n’est pas minimiser le malheur et les drames qu’elles ont subis, c’est redonner sa place à des moments de bonheur pour mieux montrer ce qui les caractérisait, leur ardeur à vivre. Ce premier postulat de départ, cette sorte de pacte biographique, n’est pas le seul.

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« Bienvenue à High Rising » Angela THIRKELL


Laura Morland est une romancière populaire à succès. Très lucide sur son oeuvre, elle vit de sa plume sans se prendre pour une grande auteure. Pour Noël, elle va chercher son fils, Tony, jeune garçon volubile et en pension à Ethon, pour prendre quelques jours de vacances dans son cottage perdu dans la campagne anglaise. Là elle retrouve sa femme à tout faire, Stocker, qui n’a pas sa langue dans sa poche et lui apprend les derniers ragots du village. Son voisin et ami de longue date, Mr Knox, biographe-historien, vient d’engager une nouvelle secrétaire : Una Grey. Et celle-ci est fort mal vue : capricieuse, souvent désagréable, elle semble bien décidée à mettre le grappin sur son patron. Laura s’interroge et s’inquiète pour la douce et naïve fille de Mr Knox, Sybil. A ce tableau de personnages, il faut encore y ajouter la dévouée Miss Todd, secrétaire à mi-temps de Laura, le Dr Ford ou encore l’éditeur charmant de Laura, Adrian. Dans ce charmant village anglais, les dîners, les teatime permettent à tout ce beau monde de se retrouver, de médire, de rapporter les ragots, voire de conspirer.

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Bilan du RAT du Mois Anglais


Après ces trois jours de lecture, j’ai envie de faire un petit bilan. Vous pouvez retrouver le détail de mon RAT dans le lien ICI. Je ne vais pas tout reprendre, puisque le billet précédent le fait déjà.

Je voudrais tout d’abord remercier Titine, Lou et Mélanie  pour la super organisation et le relais des publications et autres stories. Ensuite toutes celles qui sont venues m’encourager ou déposer un commentaire. J’ai essayé de rendre les visites. C’était un vrai plaisir d’échanger nos avis, nos recettes de scones 😍, nos envies de lecture… Je remercie enfin les participantes qui ont encore faire grossir ma whislist.

Donc du vendredi 12 au matin au dimanche 14 au soir, j’ai :

Au total j’ai lu 630 pages en 3 jours. Ce n’est pas énorme, mais cela m’a permis de retrouver un peu d’avance par rapport à la publication des chroniques. Mais surtout, j’ai retrouvé le plaisir de lire sans interruption, ou presque, de prendre le temps de plonger dans un livre, de s’y immerger au lieu de le faire traîner une semaine. Lire en peu de temps un livre est une expérience particulière, j’ai vraiment la sensation d’être plus imprégnée par l’histoire, plus proches des personnages et donc de mieux apprécier ma lecture.

J’ai eu la chance de lire trois livres qui m’ont plu, je ne me suis jamais ennuyée, bien au contraire. Ce sont des œuvres très différentes et pourtant certaines se sont répondues : dans Lady Helen j’avais tiqué sur deux mots désignant les partis politiques anglais sous la Régence, en commençant Les Soeurs Brontë, je les ai retrouvés et j’en ai compris la signification : whig et tory, le premier désignant les libéraux, le second les conservateurs. J’adore quand les livres se répondent ainsi et puis s’imaginer que Lady Helen a peut-être croisé les sœurs Brontë, puisqu’elles « vivaient » à la même époque, je trouve cela génial, c’est la magie des livres.

Il me reste à écrire ma chronique sur Bienvenue à High Rising avant la fin de la journée Vintage novel.

Le Mois Anglais 2020