« Blood & Sugar » Laura SHEPHERD-ROBINSON.


Ce qui devait arriver, arriva, je suis très en retard dans mes chroniques en ce début du Mois Anglais. Je vous présente donc aujourd’hui un roman sur le thème « Avant 1837 » dont les chroniques devaient être publiées le 3 juin.

L’intrigue se situe à Londres en 1781 pendant la traite négrière. Le corps de Tad Harcher est retrouvé pendu et marqué comme un esclave rebelle. Brillant avocat abolitionniste, il était sur la piste d’un drame qui pourrait donner un coup fatal à l’entreprise esclavagiste. Lorsque sa sœur vient trouver son ami d’enfance, Harry Corsham, ce dernier ne peut refuser son aide. Homme politique, il risque sa carrière de parlementaire, mais, comme Tad, Harry ne cautionne guère l’esclavagisme et veut comprendre les raisons du meurtre abominable de son ami. Son enquête le mène à Deptford, port d’où partent et arrivent les bateaux négriers. Il va se confronter au marchant d’esclaves, Lucius Stokes, mais aussi à Napier Smith, propriétaire de plantations sucrières et surtout président du puissant lobby des Caraïbes. L’enquête est difficile et on lui fait bien comprendre qu’il ferait mieux de s’occuper de ses affaires. Mais Harry va s’obstiner …

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« Parle-leur de batailles, de rois et d’éléphants » Mathias ENARD.


En avril 1506, Michel-Ange quitte Rome sur un coup de tête pour Constantinople laissant en plan la basilique Saint-Pierre et le Pape, Jules II, qui ne l’a toujours pas payé. Il débarque un mois plus tard. Le sultan Bayazid veut faire construire un pont sur la Corne D’or. De Vinci a échoué, ses plans n’ont pas plu. Michel-Ange parviendra-t-il à faire mieux ?

Escorté par le poète Mesihi, Michel-Ange arpente Constantinople, longe le Bosphore, découvre cette magnifique cité. La langue étrangère qu’il ne maîtrise pas l’isole mais il se laisse bercer par ses douces sonorités. Il se sent d’abord un peu perdu, lui si catholique dans ce pays de mahométans qui a transformé les églises en mosquées. Dans ces errances, il s’imprègne de l’atmosphère, de l’art de Constantinople, découvre Sainte-Sophie, dont il s’inspirera pour le dôme de la basilique Saint-Pierre.

Mais Michel-Ange n’est pas serein. Il craint des représailles pour avoir quitté Rome au profit de l’empire ottoman. Ses ennemis, Raphaël, le peintre et Bramante, l’architecte, n’ont-ils pas ourdi contre lui auprès du Pape ?

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Le Mois Anglais fête ses 10 ans


Je participe au Mois Anglais depuis sa création par Titine, Lou et Cryssilda, il y a 10 ans. Ce challenge m’a fait découvrir de nombreux auteur.es anglais.es et c’est toujours un grand plaisir d’y prendre part. L’an dernier avec le confinement je m’en étais donné à cœur joie ; cette année, malheureusement je vais avoir moins de temps (fin d’année scolaire, conseils, convocation très probable pour le bac de français…) mais, comme vous le voyez sur la photo, je reste très optimiste.

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« La Remplaçante » Sophie ADRIANSEN & MATHOU.


Marketa est une jeune femme comme les autres. Elle rencontre Clovis, qui a déjà deux enfants d’une première union. Ils se mettent en couple et naturellement décident de faire un enfant. La grossesse se passe bien, mais quand arrive le moment de la délivrance, les contractions intenses et l’accouchement en lui-même sont pénibles pour Marketa, cela ne se passe pas comme elle se l’était imaginé. Maintenant que son bébé est là, elle se sent incapable de s’en occuper, de l’aimer, elle se culpabilise, ne comprend pas pourquoi elle ne ressent pas ce que toute nouvelle maman peut ressentir pour son enfant. Devant les autres, elle masque ce qu’elle ressent, s’occupe de sa fille par mécanisme, mais le fameux instinct maternel n’est pas là. Elle rêve d’une remplaçante qui s’occuperait de son bébé, d’une mère parfaite, d’un modèle maternel qui reflète alors l’écart qu’il y a entre elle et cette remplaçante.

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« Le Perroquet de Flaubert » Julian Barnes.


Pour le challenge A year in England, il fallait lire ce mois-ci un livre sur le thème « Anti Brexit ». Je n’avais guère d’idées mais Nicole a lancé le nom de Julian Barnes et je me suis souvenu que croupissait depuis des années un de ses romans dans ma PAL : Le Perroquet de Flaubert. Un auteur anglais qui écrit un livre en l’honneur d’un auteur français, on ne peut guère faire plus anti-brexit, d’autant plus que le narrateur de Barnes, un médecin anglais, ne cesse de passer la Manche pour se rendre à Rouen ou à Croisset sur les pas de Gustave Flaubert dont il connaît l’œuvre et la vie par cœur.

Le Perroquet de Flaubert est une œuvre protéiforme entre le roman et la biographie, mais on y trouve aussi trois chronologies, un bestiaire, un dictionnaire des idées reçues, une confession de Louise Colet et j’en passe. L’œuvre est donc déjà, dans sa composition, un objet à part.

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« La Diablesse dans son miroir » Horacio CASTELLANOS MOYA.


La Diablesse dans son miroir est un court roman de 150 pages bien pleines, pas un seul paragraphe, ni retour à la ligne, mais 9 chapitres. Le lecteur suit un long monologue, voire une logorrhée, de Laura s’adressant à une amie qu’elle appelle « ma belle ». Tout commence par l’annonce de la mort de sa meilleure amie Olga Maria, assassinée chez elle devant les yeux de ses deux petites filles. Laura comme Olga Maria appartiennent à de bonnes familles du Salvador. Le roman s’étend sur un peu plus d’un mois et tous les faits sont donc racontés et perçus à travers les paroles de Laura. Bavarde incomparable, cancanière au possible, la narratrice dresse le portrait d’Olga Maria, de ses fréquentations, fait des suppositions sur les raisons de cet assassinat, lance des accusations.

Laura est au courant de tout et a fait de l’assassinat de son amie, son affaire. Elle défend bec et ongle sa réputation auprès de l’inspecteur qui, d’après elle pose des questions trop indiscrètes touchant à l’honneur d’Olga Maria. Peu aimable avec les gens appartenant à une classe sociale inférieure à la sienne, elle n’hésite pas à insulter ce pauvre inspecteur ou les employées de son amie, et à se montrer particulièrement raciste. Se dégage alors de ce monologue le propre portrait de Laura : une femme qui se croit toute puissante, voire castratrice envers les hommes. Mais au-delà de Laura on sent bien que c’est toute la bourgeoisie que l’auteur vise. Si dans le premier chapitre, Laura comme Olga Maria apparaissent de façon positive, petit à petit les failles apparaissent : les tromperies, les affaires louches, les corruptions. Et cette logorrhée interminable prend des accents de plus en plus inquiétants.

Au-delà de l’intrigue et des portraits saisissants des différents personnages, le style, la forme de ce roman a été une vraie surprise. On entend véritablement Laura parler, nous parler, on devient cette « belle » sans cesse interpelée. On est avec elle à l’enterrement, assise au dernier rang, elle penchée à notre oreille et débitant son flot de paroles. Aux récits des derniers événements ou derniers ragots, elle intercale des remarques sur le lieu où elle se trouve, répond à un appel de sa mère pour regarder le feuilleton dont elle ne manque aucun épisode, demande un verre de vin blanc… C’est une réelle prouesse !

Ce court roman à la couverture rose bonbon cache effectivement une vraie diablesse, un personnage qui, en se révélant, devient de plus en plus exaspérante et odieuse mais que l’on adore détester.

« Mal d’enfant » Elizabeth GEORGE – Tome 6.


Deborah, déprimée par des fausses-couches à répétition, tombe en contemplation devant une Vierge à l’Enfant à la National Galery. Elle y rencontre Mr Sage, de visite à Londres. Il sent en elle une détresse et lui propose de lui rendre visite à Winslough dans le Lancashire pour se ressourcer. Pour le tome 6 de sa série Linley & Havers, Elizabeth George nous entraîne dans une région où la magie règne. On y adore une Déesse que l’on sollicite en plaçant en cercle des pierres magiques. Grâce à ses romans, on voyage en Grande Bretagne.

Dans la petite bourgade de Winslough, le pasteur Robin Sage est retrouvé mort sur un chemin, empoisonné. Ainsi quand Deborah et Saint-James se décident à une petite escapade, ils découvrent stupéfaits les faits. Très vite Colin Shepherd, le constable du village, a conclu à un empoisonnement accidentel : le pasteur avait dîné chez Juliet. Une femme fine connaisseuse des plantes mais qui, n’ayant plus de panais était partie en cueillir et avait malencontreusement ramassé de la cigüe à la place d’un panais. Saint-James n’est guère convaincu par ces conclusions et demande à Linley de les rejoindre pour faire la lumière sur ce soi-disant empoisonnement.

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« George Sand, ma vie à Nohant » Ch. VAN DEN HEUVEL et Nina JACQMIN (BD).


Quand j’ai aperçu cette BD sur l’insta de Moka, j’ai senti qu’il me la fallait immédiatement. Ma maman a eu la gentillesse de me l’offrir, il est donc encore plus précieux. Mais à chaque fois que je dois lire une œuvre sur Sand, j’ai toujours une petite appréhension, il faut dire que j’ai eu quelques déconvenues avec certaines biographies, notamment George Sand à vingt ans. Pour information, et pour celles ou ceux qui ne le sauraient pas, j’ai beaucoup travaillé sur l’œuvre et la vie de George Sand lorsque j’étais en thèse. Je maîtrise donc le sujet et je suis notamment toujours attentive à ce que sa vie ne prenne pas trop le pas sur son œuvre. Il faut dire que Sand a eu une vie si passionnante qu’on a toujours tendance à se focaliser sur sa vie et un peu moins sur son œuvre.

Bref.

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« Un talent pour le crime » Andrew WILSON.


Je suis tombée totalement par hasard sur ce roman qui est en fait le premier tome d’une série intitulée : « Agatha Christie mène l’enquête » paru aux éditions City. Pour celles et ceux qui suivent ce blog depuis plusieurs années, vous savez que mon intérêt pour Agatha n’est pas récent, peut-être même vous souvenez-vous du challenge que j’avais créé il y a déjà onze ans, c’était à l’occasion du 120è anniversaire de l’auteure.

Ici, Andrew Wilson fait d’Agatha Christie le personnage principal de son roman et s’intéresse notamment au fameux épisode de sa disparition en décembre 1926. Vous savez que jamais Agatha n’a révélé ce qu’elle avait fait pendant une semaine, et n’a jamais donné les raisons de sa disparition, si ce n’est une vague histoire d’amnésie. L’auteur propose donc dans ce roman une interprétation, un scénario possible. Il s’appuie sur des éléments réels et construit son intrigue.

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« Une touche d’amour » Jonathan COE.


Ce roman est dans ma PAL des origines, celle que j’avais constituée avant même d’ouvrir ce blog qui a fêté hier ses 12 années d’existence, c’est vous dire ! Aussi quand les organisatrice de A year in England ont mis à l’honneur Jonathan Coe pour le mois d’avril, je me suis dit qu’il était grand temps qu’il sorte de mes étagères.

L’intrigue se déroule à Coventy, ville des West Midlands qui abrite trois université. Robin Grant, étudiant en thèse depuis plus de quatre ans, est inscrit dans l’une d’elles. Mais Robin est au bout du rouleau. Son directeur de thèse ne se passionne que pour les macarons et ne se préoccupe guère de l’avancée de sa thèse. Il écrit de petites nouvelles dans des carnets. Les événements politiques (l’attaque de la Lybie par les Etats-Unis avec le soutien de l’Angleterre) l’angoissent, il se sent persécuté et rêve de se mettre au vert quelques semaines. Il a contacté une ancienne camarade de Cambridge aujourd’hui mariée à Ted pour qu’elle lui prête une maison à la campagne. Katharine appelle son mari pour qu’il aille lui rendre visite. Ted est un commercial insipide qui pense que Robin et lui étaient les meilleurs amis de la terre. Leur rencontre s’achève dans un parc. Une fois Ted parti, Robin va se soulager dans un buisson alors qu’un petit garçon vient y récupérer son ballon. Voilà Robin accusé d’exhibitionnisme.

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