« Fauves » Eric MERCIER.


Le roman commence en 1989 : une femme se fait agresser sauvagement par deux chiens sous les regards d’une petite fille. Ces deux fauves s’acharnent sur la victime.

De nos jours, le commandant Vicaux est appelé à la ferme éducative de Vincennes sur une scène de crime des plus horrifiques. Un corps a été jeté dans l’enclos des cochons qui l’ont dévoré, ne laissant que quelques lambeaux. Qui est cet homme qui a fini d’une si horrible façon ? La recherche de son identité prend du temps, mais finit par être révélée : il s’agit d’un collectionneur d’art parisien qui a fait fortune grâce à la vente de tableaux fauves, notamment des Matisse ou Dufy. Vicaux tente de remonter les filières de vente, soupçonne une activité de faussaires même si tout tend à prouver que ces toiles sont bien authentiques. Au fil de son enquête, le commandant va de surprise en surprise, d’interrogations en interrogations. Parallèlement on suit sa vie amoureuse ou plutôt une histoire qui commence mais qui a déjà capoté avec Anne, spécialiste en histoire de l’art, qui s’inquiète d’ailleurs de la disparition d’un de ses étudiants.

Le titre alors prend un double sens bien marqué par la couverture : il est question de peintres fauves, mais aussi de fauves (les chiens, les cochons) et le meurtrier qui a agi en sauvage.

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« Les Enfants de la Résistance » T.1 et 2, B. ERS & V. DUGOMIER.


Bien que le titre de cette chronique annonce les tomes 1 et 2, je vous parlerai essentiellement du premier pour ne pas gâcher votre lecture éventuelle. La série est toujours en cours et le tome 7 doit sortir mi-mars aux éditions Le Lombard.

J’avais repéré cette BD lors d’un salon du livre (oui c’était dans le monde d’avant) et elle m’était restée en tête. Une amie, collègue d’histoire, m’a proposé de me la prêter, et j’ai bien sûr sauté sur l’occasion. Durant cette première semaine de vacances, j’ai donc lu les deux premiers tomes à la suite.

L’intrigue se déroule dans le petit village de Pontain L’Ecluse, au moment où la France signe l’armistice avec l’Allemagne en juin 1940. Pontain L’Ecluse est un village fictif mais typique des petits village de l’époque avec ses agriculteurs, son maire et son instituteur. Il est situé à quelque soixante kilomètres de la ligne de démarcation, du côté de la zone occupée.

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« La Vie en relief » Philippe DELERM.


La Vie en relief est le dernier ouvrage de Philippe Delerm, paru au Seuil le 4 février. Ce n’est pas un roman, ce n’est pas un essai, c’est une succession de textes de 2 à 4 pages sur la vie, les souvenirs d’enfance, le quotidien, les maisons, les livres, les sensations du présent qui rappellent les sensations du passé, l’amour d’un homme pour une femme et l’amour d’un père pour ses enfants. C’est aussi un livre sur le présent : la COVID, le confinement mais sous l’angle de l’individu, de l’inquiétude pour sa famille; c’est aussi un livre sur l’écriture, un peu, et sur la lecture, beaucoup.

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« Le Secret » Wilkie COLLINS.


Wilkie Collins et moi, c’est une histoire qui remonte à vingt ans. Je ne sais plus comment j’en suis venu à le lire, mais je me souviens très bien de l’effet que me firent Sans nom, puis Pierre de Lune, puis La Dame en blanc et le choc que me procura Armadale. Après, et plus récemment, il y a eu Pauvre Miss Finch et Passion et repentir, mais je n’arrivais pas à retrouver ce que j’avais tant aimé dans les premiers romans que j’avais lus. Et puis, lors du dernier mois anglais, j’ai ressorti tous les romans que je n’avais pas encore lus de Wilkie et qui étaient dans ma PAL depuis des lustres. C’est dans ceux-ci que, après de longues hésitations, j’ai choisi de lire pour ce mois février, dans le cadre du thème Roman Victorien du challenge A year in England, ce roman intitulé : Le Secret.

Et là, dès les premières pages tournées, tout est revenu. Cette langue ciselée, cette atmosphère sombre et mystérieuse, ces personnages troubles, ces grandes demeures perdues dans la lande, ces grandes familles à héritage, ces superstitions … S’en était fait de moi, Wilkie avaient encore user de son charme.

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« Si tu vois le Wendigo » de Christophe LAMBERT.


Voilà un roman ado dont j’ai dévoré les trois quart un dimanche après-midi. J’ai été immédiatement immergée dans le monde du jeune narrateur de 13 ans. Ce qui m’a tout de suite plu est cette idée, certes pas nouvelle, d’un récit rétrospectif. Car si le narrateur de l’intrigue a 13 ans, celui qui la raconte en a 60. Et c’est ce regard d’adulte sur l’enfant qu’il était et sur les années 50 aux USA qui m’a plu.

En effet, l’histoire de ce roman c’est l’histoire d’un été qui a tout changé. Ce genre d’été que l’on entame en enfant, et d’où l’on ressort adolescent, où on prend conscience que les adultes qui nous entourent ont des failles.

Ainsi le jeune narrateur et son ami Bobby Lee, après avoir joué une journée entière dans la forêt aux cow-boys et aux indiens, rentrent chez eux la nuit tombée. Personne ne les attend vraiment et personne ne semble s’inquiéter de leur rentrée tardive. Il faut dire qu’ils habitent dans une résidence de standing, où on n’a même pas besoin de fermer les portes à clefs. Pourtant ce soir-là, ils croisent Ruth Bannerman, une voisine d’une quarantaine d’années. Elle semble errer dans la rue, à moitié nue et la bouche en sang. Cette intrusion de violence dans leur univers d’enfants innocents, provoque chez notre narrateur comme un choc, d’autant que Ruth est belle femme et que notre jeune ado n’est pas insensible à son charme. Cet événement va ainsi déclencher plusieurs péripéties qui vont bien occupées l’été des deux amis. Le lendemain, toujours dans la forêt jouxtant la résidence, les deux enfants entendent un cri mi-animal, ni-humain. Ils se réfugient chez le vieil ermite de la forêt, Peabody, qui leur conte l’histoire du Wendigo : une bête avec un corps décharné, au centre duquel brille une pierre rouge et avec une tête de caribou. Ce monstre peut exaucer nos vœux mais gare à leur réalisation.

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« Au paradis des manuscrits refusés » Irvind FINKEL.


Ce roman est dans ma PAL depuis sa sortie puisque je l’avais reçu en service de presse en 2016. Mes livres sont patients, ils attendent le moment propice, celui où mon envie finit un jour par se poser sur eux. Il a donc fallu que je veuille cocher la catégorie 2 (Livre dont l’intrigue se passe dans une bibliothèque / librairie) du challenge lecture 2021 organisé par Mlle Farfalle pour qu’enfin il sorte de son étagère. Il a aussi l’avantage d’être écit par un auteur anglais, ce qui me permet de valider ma première participation au challenge A year in Engand. Que demander de plus ?

Dans le fin fond de la campagne anglaise, Dr Patience administre la Bibliothèque des manuscrits refusés. Les conditions d’acceptation sont claires : le manuscrit doit avoir été refusé par un ou plusieurs éditeurs et être accompagné de ses lettres de refus, sans cela il ne peut être conservé. Le fond de cette étrange bibliothèque est riche et varié : romans, autobiographies, poésies, livres pour enfants, etc. Dr Patience est entouré d’une équipe soudée et convaincue de leur rôle, une équipe toutefois un peu loufoque prête à tout pour préserver leur bibliothèque d’intrus qui viendraient perturber leur travail.

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A year in England – Challenge.


S’il y a un challenge que j’apprécie particulièrement c’est bien le Mois Anglais créé et animé par trois drôle de dames : Lou, Cryssilda et Titine. Cette année Le Mois Anglais fête ses 10 ans et pour cet événement il devient annuel. Un an de lectures anglaises, de gourmandises, de séries ou de films so british.

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« Cérémonies barbares » Elizabeth GEORGE


J’ai découvert la série d’Elizabeth George, Linley et Havers, cet été (Une avalanche de conséquences) et depuis j’ai décidé de lire toute la série. J’ai donc tout repris depuis le début depuis novembre (Enquête dans le brouillard et Le Lieu du crime). Le but étant de lire au moins un tome par mois et, croyez-moi, je me retiens pour ne pas les enchaîner à la suite. Pour Janvier, j’ai donc lu le tome 3 : Cérémonies barbares. L’intrigue se situe dans un collège de Bredgar, un collège typiquement anglais, rassemblant la jeunesse dorée d’Angleterre. Un ancien camarade d’Eton, Mr Corntel, aujourd’hui professeur principal d’anglais et chef de maison, vient trouver Linley : un jeune garçon, Matthew Whateley a disparu du collège depuis trois jours. On opte d’abord pour une fugue, mais le jeune garçon est finalement retrouvé nu et mort à quelques kilomètres du collège. Havers et Linley se rendent donc à Bredgar pour mener l’enquête.

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« Chambre 2 » Julie BONNIE.


Chambre 2 est un roman qui est dans ma PAL depuis quelques années. J’avais du mal à le sortir à cause de son sujet qui me touche personnellement, mais parallèlement je savais qu’il allait me plaire, il me fallait juste le bon moment pour lui faire prendre l’air. Pourquoi me suis-je enfin décidée, je ne sais pas trop, juste que je me sentais prête.

Béatrice est auxiliaire de puériculture dans un hôpital au service maternité. Tous les jours, elles enchaînent les chambres par numéro et chaque chambre renferme une femme qui vient d’accoucher, mais chaque femme vit cette naissance différemment : la joie côtoie le drame. Alternativement, un chapitre sur deux, on découvre aussi le passé de Béatrice. Danseuse dans un groupe, elle était en plein accord avec son corps, dansant presque nue. Très vite s’établit un lien entre son passé et son présent, dans ce rôle qu’elle endosse, pour être normale, mais dans lequel elle se sent à l’étroit car elle ne peut s’empêcher d’être empathique avec les femmes qu’elle visite. Incapable de se lier avec ses collègues dont le discours est creux et parfois tellement loin de ce qu’elle ressent pour les patientes, elle n’ose cependant faire valoir son opinion.

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« Juste la fin du monde » Jean-Luc LAGARCE (théâtre)


Pour ceux qui ne le savent pas encore, je suis professeur de Français au lycée (mais aussi en 4e) et depuis la réforme Blanquer, nous avons donc des œuvres imposées en 1ère. Enfin on nous laisse un peu le choix puisque 3 œuvres sont proposées par genre littéraire et nous avons la liberté de choisir parmi les trois œuvres proposées. Pour le théâtre donc, cette année nous avions le choix entre Le Malade imaginaire de Molière, Les Fausses confidences de Marivaux et donc Juste la fin du monde de Jean-Luc Lagache. Avec mes collègues, nous avons donc choisi la pièce de Lagarce, que je n’avais pas lue d’où cette lecture faite ce dimanche.

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