« Les Colombes du Roi-Soleil : les comédiennes de monsieur Racine » A-M DESPLAT-DUC

Desplat-Duc les colombesAnne-Marie Desplat-Duc écrit des romans pour la jeunesse et se plait à nous faire parcourir le siècle de Louis XIV en compagnie d’héroïnes attachantes, mais ayant du caractère. Dans Les Colombes du Roi-Soleil, le lecteur (ou plus certainement la lectrice) pénètre à Saint-Cyr, institution créée par Madame de Maintenon, et fait ainsi la connaissance de quatre demoiselles nobles mais désargentées. Premier tome d’une série qui en comporte plus de dix, ce roman historique pour la jeunesse est une belle occasion de découvrir le règne de Louis XIV et sans nulle doute la place des jeunes filles dans cette société où le rang est important.

Venant de différentes régions de France (Hortense de Kermenet (Bretagne) ; Isabeau de Marsanne (Provence) ; Charlotte de Lestrange (Ardèche) et Louise de Maisonblanche (née de père et mère inconnus)), ces jeunes filles se plient plus ou moins aux règles strictes de l’institution de la Maison-Royale de Saint-Louis : les dortoirs, les cours, la discipline rigoureuse. A cela s’ajoutent l’emprise religieuse, les rapports avec leur famille quasi inexistants, la nécessité de se départir de leur accent régional et de se couler dans le moule, avec pour seul but le mariage ou le couvent. Comme toutes les jeunes filles, elles rêvent d’amour mais craignent d’être mariées à un vieil homme. Si certaines acceptent cet enfermement, d’autres en souffrent. Charlotte est la rebelle du quatuor : issue d’une famille d’huguenots, elle refuse la religion catholique et brûle de retrouver le jeune homme qu’elle aime. D’autres comme Isabeau, plus timide et plus disciplinée, s’adaptent. Mais l’une d’elle suscite l’attention et la curiosité des autres : Louise, étrangement, semble attirer les faveurs du Roi : quel mystère cache-t-elle ? D’autant que Madame de Maintenon ne cesse de la protéger et de lui accorder des privilèges refusés à d’autres.

Mais ce qui va animer Saint-Cyr est la perceptive de jouer la nouvelle pièce de Racine, Esther, écrite spécialement pour les jeunes pensionnaires. Entre excitation de voir leur quotidien modifié et crainte de décevoir le grand dramaturge, cette expérience théâtrale va agir comme un révélateur de leur personnalité.

Anne-Marie Desplat-Duc réussit le tour de force d’écrire un roman jeunesse et historique qui, tout en attachant son lecteur au destin de ses quatre héroïnes, lui dévoile la vie à la Cour et lui fait découvrir cette période d’une grande richesse culturelle. Mais elle souligne également un aspect plus sombre, le destin incertain de ces jeunes filles, coupées de leur famille, de leur culture régionale, ces jeunes filles que l’on veut sauver parfois malgré elles.

J’ai pris un grand plaisir à lire ce premier tome et pourtant j’en connaissais déjà l’histoire puisque j’avais lu son adaptation très réussie en BD. La trame est donc la même, mais le roman permet, forcément des développements plus importants. Ces quatre jeunes filles au caractère différent se complètent et chaque lectrice trouvera sa préférée parmi elles (me concernant j’aime beaucoup Charlotte !). Je lirai très certainement la suite, ma PAL comportant les deux ou trois tomes suivants.

Une série jeunesse à mettre sans hésitation dans les mains des petites filles à partir d’une dizaine d’années.

Roman lu dans le cadre du Challenge Petit Bac 2014 (cat. Animal) et du Plan Orsec 2014 (avril).

challenge petit bac 2014PAL Orsec 2014

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19 Commentaires

  1. Je me demande si je n’ai pas lu cette histoire en BD…

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  2. Comme tu le sais déjà je viens de recevoir les 2 premiers tomes de sa nouvelle série Anne-Marie mais je compte bien lire Les colombes du roi-soleil aussi. Dans le même genre je te conseille Les folles aventures d’Eulalie de Potimaron d’Anne-Sophie Silvestre, une série concurrente très réussie aussi !

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  3. valmleslivres

     /  mai 10, 2014

    Je vais faire lire ton billet à ma fille. Elle est dans Percy Jackson mais je voudrais bien qu’un lise une série pour fille. 😉 Non, je plaisante.

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  4. J’avais lu les romans dès le collège et j’avais adoré ! Ça permet de voyager un peu dans l’histoire et de s’imaginer à la place d’une des filles, c’est sympa !
    Tout à fait d’accord avec ton avis 🙂

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  5. J’ai trouvé le premier volume de la BD très réussi, les dessins de Mayalen Goust me plaisent beaucoup. J’essaierai peut être les romans pour le côté plus développé

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  6. J’avais bien aimé ce premier tome, mais sans plus…avec tous les livres en jeunesse que je dois lire, je me suis décidée à juste lire le premier, histoire de pouvoir le conseiller et en parler, mais à ne pas aller plus loin pour le moment…

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  7. Une élève m’en a parlé cette semaine, j’ai vu toute la série ce weekend à la librairie, et ton billet ce soir, décidément c’est un signe! ça me tente bien!

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  8. J’aime beaucoup ta présentation, je ne connaissais pas! Surtout qu’en ce moment je n’arrive à lire que du jeunesse.

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  9. C*est chouette! je ne connaissais pas cette série mais elle pourrait me donner des pistes pour les visites enfant à versailles

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  10. Mes petites élèves de 6ème adorent !! Je crois que je vais leur demander de me prêter le premier tome ! 🙂

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  11. Maïté Bernard

     /  mai 18, 2014

    Bonjour, je viens régulièrement sur votre blog depuis notre rencontre à Montreuil. Si je laisse un commentaire aujourd’hui, c’est que j’ai une petite anecdote à propos de cette série. Pendant les 13 années où j’ai été documentaliste à Versailles, j’ai trouvé Les Colombes dans tous les collèges où je suis passée (et j’en ai fait un paquet) Je n’ai jamais eu besoin de leur faire de la pub. Les filles les connaissaient, savaient toujours où les trouver, les empruntaient, se les refilaient, enfin bref, Les Colombes volaient de leur propres ailes, si je puis dire.
    Et puis en septembre dernier, j’arrive dans les Pyrénées, et là, je trouve bien Les Colombes mais elles ne bougent pas des rayons. Au bout de quelques mois, j’en mets quelques tomes dans un travail que je fais avec mes élèves sur Babelio et quatre filles les empruntent. Et c’est la cata. Elles ne comprennent rien, mais alors vraiment rien. Elles me posent des questions sur des trucs qui me paraissent évidents, et moi qui pensais que ces livres seraient lus à toute vitesse, je tombe des nues. Qu’est-ce que ça veut dire? Qu’il faut être des Yvelines pour comprendre les colombes? Ca se saurait!
    Heureusement, une petite, Marie, après des débuts difficiles, a vraiment accroché. Ouf! Elle est en train d’en lire d’autres tomes et aime beaucoup me raconter ce qu’il s’y passe!

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