« George » Alex GINO – roman jeunesse


george-ginoAvec un titre tel que celui-ci, il m’était impossible de passer outre ce roman d’Alex Gino judicieusement intitulé George. Cependant ce n’est pas la seule raison qui m’ait donné envie de découvrir ce roman. George est un petit garçon de primaire, mais George est différent de ces camarades, il est garçon mais se sent fille. Ce sujet du transgenre, jamais ou trop rarement abordé dans la littérature jeunesse, mérite, à lui seul, la lecture de ce roman. Mais Alex Gino parvient – et le challenge n’était pas facile à relever – à ne pas faire de son sujet un simple prétexte. Il crée un personnage attachant autour d’une intrigue intelligemment menée.

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« Un écrivain dans le jardin » Roland FUENTES


Fuentès un écrivain dans le jardinPetite entorse au Mois Anglais, avec ce roman jeunesse lu ce matin.

J’avais choisi ce roman sur le titre, vous vous en doutez. Un titre avec le mot écrivain dedans a de très très grandes chances de me plaire. Et je ne me suis pas trompée. Il s’agit d’une deuxième aventure de Gérald, adolescent ami avec un écrivain qui habite son immeuble, Christian Rivage. La première aventure s’intitulait Un écrivain à la maison.

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« Kamo, l’idée du siècle » de Daniel PENNAC


Pennac kamo l'idée du siècleEncore un livre qui ne sera pas resté longtemps dans la PAL ! En cette après-midi froide, tandis que la neige commençait petit à petit à fondre, j’ai eu envie d’un petit roman à lire dans la journée, un petit roman qui fasse du bien. Très vite mon choix s’est arrêté sur ce roman jeunesse de Daniel Pennac, parce que je savais qu’avec Daniel Pennac je n’allais pas m’ennuyer.

Kamo est le meilleur ami du narrateur. Ils se connaissent depuis la crèche, sont comme des frères. Kamo, c’est le garçon qu’on admire, le leader, celui qui fédère et que tout le monde admire et que l’on suit parce qu’il est super fort et ose dire les choses. Tout commence par la tristesse de Mado-Magie, l’assistance de crèche qui s’est occupée des garçons et qui est devenue un peu comme une tante, bref de la famille, de celle du narrateur et de celle de Kamo. La famille de Kamo est amputée du père, mort trop tôt. Les pères meurent toujours trop tôt. Bref, Mado-Magie est triste car son dernier fiancé l’a quittée et en plus est parti avec la télé. Les garçons aimeraient bien l’aider, mais l’approche de l’entrée en sixième devient une préoccupation majeure. Il faut dire que tout le monde n’arrête de leur dire : n’oublies pas que l’année prochaine, tu entres en sixième. Tout le monde leur en parle sauf leur instit, M. Margerelle, et les élèves de CM2 et Kamo en tête se demandent bien pourquoi leur instit préféré ne leur en parle jamais, de cette sixième. C’est là que Kamo va avoir l’idée du siècle et que tout va se mettre en place pour le pire et le meilleur ! (oui j’ai inversé le diction, c’est fait exprès!).

Je voudrais remercier Miss Bouquinaix pour m’avoir permis de faire la connaissance de Kamo et de son univers. Ce petit roman à mettre dans toutes les mains est un moment de lecture merveilleux. Tout d’abord parce que j’ai eu l’impression de retourner en CM2 et aussi parce que j’imaginais mon fils Antoine (il n’est encore qu’en CM1, mais bon) parmi les copains de classe de Kamo et du narrateur. On sent que Daniel Pennac a été prof. Les élèves sont saisis avec justesse, les « profs » nous en rappellent d’autres, des vrais, de ceux que l’on a croisés pendant notre vie scolaire. C’est drôle, c’est bien construit, on est avec les élèves, en classe avec eux et on revit ! Les parents sont tels qu’en eux-mêmes, angoissés pour les études de leur marmots, ils s’énervent, ils donnent des leçons… mais aiment leur enfant surtout.

Ce roman, c’est aussi une quête de l’autre, de l’amour véritable. Presqu’un conte de fée, en tout cas une belle histoire d’amour de grands vue à travers les yeux des enfants. Car, en lisant ce roman, nous perdons nos yeux d’adulte et chaussons nos lunettes d’enfant. C’est une régression délectable !

Vous aurez compris que les trois autres livres mettant en scène les aventures de Kamo ne vont pas tarder à être lus dans la foulée !

Roman lu dans le cadre du Challenge Daniel Pennac et du Challenge Cartable et tableau noir.

challenge Daniel Pennacchallenge cartable et tableau noir

« Penelope Green : L’affaire Bluewaters » de Béatrice Bottet


Après ma lecture du premier tome, Penelope Green : la chanson des enfants perdus, j’avais hâte de retrouver ma copine Penelope dans ce deuxième tome qui nous entraîne à New-York sur les pas de la jeune femme journaliste du journal anglais, le Early Morning News.

Orpheline, Penelope Green, fille d’un célèbre journaliste, reprend le flambeau paternel. Envoyée par son patron pour rendre compte de la condition des femmes dans le monde, Penelope Green embarque à bord d’un transatlantique toujours accompagnée par Cyprien Bonnaventure. Abordée par une femme qui semble désorientée et sous laudanum, la voilà sur une nouvelle enquête avec pour seul indice le nom d’un lieu : Bluewaters. Quel est ce lieu ? Que s’y passe-t-il ? Quel rapport y-t-il entre Helen Pryce, droguée au laudanum et la disparition d’une certaine Bélinda ?

La jeune anglaise découvre la bonne société new-yorkaise qui n’est pas si différente de la bonne société anglaise, si ce n’est qu’on y boit moins de thé. L’ancrage dans New-York se fait essentiellement par quelques noms de lieux bien connus et décrits succinctement dans le contexte historique. Le début sur le transatlantique est par contre beaucoup plus précis, et le lecteur vit réellement cette traversée d’autant mieux rendue que cette pauvre Penelope a le mal de mer.

Concernant l’intrigue, puisque l’héroïne est une journaliste de terrain, celle-ci est bien menée, complexe, très prenante et particulièrement terrifiante. Comme souvent dans ses romans, Béatrice Bottet ne fait pas dans le mièvre et confronte son lecteur à des évènements réalistes et terribles. Jusqu’au bout, j’ai été tenue par le suspens et la volonté de percer le mystère de Bluewaters.

Le style narratif de Béatrice Bottet est toujours aussi efficace, la lecture est rapide, dynamique, et, de tome en tome, les personnages principaux prennent de l’ampleur, on s’attache à cette jeune fille intrépide, rieuse et téméraire. Le couple qu’elle forme avec Cyprien est complémentaire, et le jeune garçon se laisse découvrir davantage, son passé tumultueux surgit grâce à quelques indiscrétions. Étant issus non seulement de deux pays différents (Cyprien est français), mais aussi de deux milieux sociaux différents, les deux jeunes gens mettent en commun leurs connaissances pour résoudre leur enquête. Le lien qui les unit se fait sur le mode de l’amitié, mais on sent que ce lien peut, tôt tard, basculer vers l’amour.

La fin de chaque tome nous donne irrémédiablement envie de sauter sur le prochain qui est prévu pour le 5 septembre 2012 et nous permettra de retrouver Penelope en Chine.

Merci aux Éditions Casterman.

Roman lu dans le cadre du Challenge Victorien, du Challenge Littérature Jeunesse, et du Challenge PAL Express.

PAL Express : -10

« Un dimanche chez les dinosaures » de Marie-Aude Murail


Papa doit garder ses deux fils, Arthur (3 ans) et Quentin (9 ans) pendant une journée en l’absence de Maman. Il a programmé la journée pour essayer de faire plaisir à tout le monde et surtout la visite d’une exposition de dinosaures que Quentin réclame. Mais la journée ne va pas se passer comme Papa l’avait prévue.

Ce roman de Marie-Claude Murail, qui date 1991, confronte un père de famille à la fois à l’éducation qu’il a reçue de sa mère et celle qu’il tente de donner à ses enfants. Mais les anciennes méthodes de sa mère qui marchaient si bien sur lui quand il était petit ne semblent plus fonctionner sur ses propres enfants. Le père est à donc du mal à asseoir son autorité et se fait vite déborder par Arthur, devient même violent envers son fils aîné. Durant cette journée un peu particulière, Papa va finalement devenir enfin père, et va découvrir ses enfants.

Si Antoine a aimé cette histoire (que nous avons lu à deux voix) ce n’est pas pour les mêmes raisons que moi. Il a surtout ri au langage enfantin d’Arthur, et  notamment durant le passage où le père tente de convaincre le petit garçon de lui faire avaler des croque-monsieur cramés en faisant parler les couverts. La détresse et l’agressivité de Quentin qui ne parvient pas à obtenir ce qu’il veut de son père, l’ont aussi intéressé, mais ce n’est pas, je crois, ce qu’il a le plus retenu.

Pour ma part, j’ai trouve que ce roman est aussi intéressant pour les enfants que pour les parents. Le fait que le père fasse sans cesse référence à l’éducation donnée par sa mère, montre un père un peu perdu face à ses enfants qui, on le devine, sont essentiellement éduqués par la mère. Il montre aussi comment parfois on peut négliger les aînés au profit des plus petits, comment une certaine paresse peut nous faire abandonner nos bonnes résolutions, et entraîner la tristesse des enfants. Mais il révèle aussi la force de l’amour des enfants, leur force de pardon, et les dernières pages sont en cela remarquables. Ce petit Quentin de 9 ans, incollable sur les dinosaures, a bien du mal à exister devant l’omniprésence de son petit frère, et se mure dans une certaine agressivité, dont le père finira enfin à comprendre la signification.

Une fois de plus, Marie-Aude Murail parvient à me surprendre, et révèle une fois de plus son talent dans ce roman destiné aux jeunes lecteurs de primaire.

Roman lu dans le cadre du Challenge animaux du Monde et le Challenge Littérature Jeunesse.

Livre emprunté à la Bibliothèque Municipale.