« G229 » de Jean-Philippe Blondel

Je continues à découvrir les romans de Jean-Philippe Blondel, après Et rester vivant, Blog ou Accès direct à la plage. La sortie en poche de ce roman-ci a été décisif, et je l’ai glissé, à la dernière minute, dans mes bagages.

A peine plus de 150 pages, et pourtant, comme bien souvent avec Blondel, une concision qui en dit plus que certains gros pavés.

Roman, récit, lettre ouverte ? Quoiqu’il en soit l’accent est mis sur l’expérience, et le métier de professeur. Monsieur B. réalise qu’il enseigne dans le même lycée depuis 20 ans, cette prise de conscience le pousse à s’interroger sur sa vocation, son métier, sa façon d’enseigner et son évolution, sur ses élèves, ses collègues, et finalement sur sa vie.

G229 désigne la classe dans laquelle Monsieur B. enseigne l’anglais depuis 20 ans. Cette salle c’est la sienne, il la connaît par cœur, a disposée les tables en U pour que les regards et la parole circulent, il y a vu défilé plusieurs centaines d’élèves.

Dans la narration, nous suivons le B. d’il y a 20 ans, et le B. présent. Cette mise en parallèle, du prof débutant et du prof confirmé, permet un portrait complet de B. : comment l’enseignement et l’affectation dans ce lycée devaient être temporaire, comment le B. confirmé oscille entre enthousiasme et lassitude. Mais nous croisons un troisième B, le B. lycéen qui a fait ses propres études dans la même ville, qui ressurgit dans le B. actuel, qui est peut-être à l’origine du B. jeune prof. Dans cette nostalgie aussi de cet état adolescent, n’est-ce pas aussi une volonté de rester dans ce temps parfait de l’adolescence où tout est possible et où les premières fois sont encore des premières fois.

Blondel nous parle donc de lui, mais Blondel a l’art aussi d’évoquer les autres : ceux qu’il a croisés et croise dans sa salle de classe, lors des rencontres parent-prof. Certains se sont effacés, d’autres, touchés par un drame, sont ancrés dans sa mémoire. Se mêlent souvenirs douloureux et fous rires

Il s’interroge également sur les réformes successives de l’éducation nationale, sur les méthodes nouvelles qui vont tout changer et qui finalement seront remplacées par d’autres méthodes présentées comme plus efficaces.

Au fil des romans de Blondel, je vois se dessiner des thèmes récurrents, une atmosphère nostalgique entre douceur et tristesse, un portrait de l’homme aussi qui se construit au fil de son œuvre.

Livre lu dans le cadre du Challenge Biographie et du Challenge Petit Bac 2012 cat. lieu.

Advertisements
Poster un commentaire

35 Commentaires

  1. J’ai très envie de lire ce livre aussi, il est dans ma wishlist 🙂

    Répondre
  2. je ne connais pas du tout cet auteur, je vais aller voir de plus près si l’un de ses livres me tente

    Répondre
    • J’aime beaucoup ce qu’il écrit, et notamment j’ai beaucoup aimé son dernier roman « et rester vivant » !

      Répondre
  3. argali2

     /  juillet 30, 2012

    J’ai beaucoup aimé ce récit plein d’optimisme mais sans langue de bois ou faux semblants. J’ai beaucoup aimé et partagé ses avis sur la littérature et les lectures qu’on donne aux élèves.

    Répondre
  4. le thème est intéressant, il faut que je me lance dans la découverte de cet auteur !

    Répondre
  5. Je l’ai déjà noté, mais ça fait du bien de le revoir de temps en temps, ça permet d’y penser !
    Bonne semaine !

    Répondre
  6. Depuis le temps que grâce à toi j’ai repéré Blondel, il faut vraiment que je m’y mette!

    Répondre
  7. Tu as vraiment un lien avec cet auteur ! Toujours pas lu pour ma part, mais ça va viendre… un jour !

    Répondre
  8. J’avais bien aimé, je m’y étais retrouvée.

    Répondre
  9. Depuis que j’ai découvert Blondel avec « A contretemps », j’apprécie cet auteur.

    Répondre
  10. Je n’ai plus rien lu depuis « Et rester vivant », mais j’avoue que celui-ci ne me tente pas plus que ça ! Il en a écrit pas mal mine de rien…

    Répondre
  11. Bien envie de le lire après  » blog » !

    Répondre
  12. phypa

     /  juillet 30, 2012

    J’ai bien aimé aussi ce livre témoignage très sensible.

    Moi je n’ai lu avant de Philippe Blondel que le baby sitter, il y a déjà 2 ans
    http://phypa.over-blog.com/article-le-baby-sitter-52582305.html

    Répondre
    • j’ai « baby sitter » dans ma PAL, ce sera certainement le prochain. Dans ce roman il évoque d’ailleurs un baby sitter, peut-être est-ce celui du roman !

      Répondre
  13. Pas pour moi, j’évite comme la peste les livres en milieu scolaire…

    Répondre
    • Moi j’adore comme les films sur le sujet aussi d’ailleurs, je suis tellement nostalgique de mes études !

      Répondre
  14. Je note également !!!

    Répondre
  15. merci, je note le nouveau lien sur ma page du challenge qui est désormais ici : http://leboudoiraline.wordpress.com/

    Répondre
  16. J’ai adoré ce livre dévoré en un ou deux jours… il décrit vraiment bien le monde enseignant tel que l’on peut le percevoir après quelques années dans la « boîte »… Je l’ai trouvé souvent touchant et il a un fin sens de l’humour ! Un bon petit livre 🙂

    Répondre
  17. J’ai bien aimé aussi, et j’ai apprécié que le ton ne soit pas revendicateur ou critique.

    Répondre

à vous....

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :