Lettre à mon blog : déjà 6 ans !


Cher ami,

Il y a deux ans, je t’écrivais une lettre en forme de déclaration. En ce 17 avril, jour de ton 6ème anniversaire, notre relation a évolué. Je ne renie rien de ce que je t’ai déclaré alors. Je suis même un peu épatée aujourd’hui par cette lettre qui marque à quel point tu étais important pour moi alors. Mais, tu le sais, depuis plus d’un an, ma vie a pris un virage et aujourd’hui nous vivons une liaison épisodique. J’ai beaucoup moins de temps à te consacrer, je te délaisse, tu m’es moins essentiel, j’ai trouvé ailleurs l’occasion de m’épanouir. Pourtant, je sais tout ce que je te dois et même si nous ne prenons plus notre café tous les matins ensemble, tu restes un lieu hors temps, un espace intime que je veux conserver malgré tout.

Je sais qu’en te désertant beaucoup sont aussi allés voir ailleurs. Je sais que tu languis un nouveau billet, que tu te lamentes des commentaires qui se raréfient, que les stats sont revenus aux temps de nos débuts, qu’il te semble parfois que tu n’es plus lu, plus aimé. Je comprends. Mais tu es toujours là quand tant d’autres ont fermé leur porte. Tu subsistes. Autrement.

 Pourtant il suffit d’un livre qui me transporte pour qu’aussitôt j’ai envie de t’ouvrir et d’écrire. Comme à l’origine, tu lies lecture et écriture et c’est sans doute ce qui fait que je n’ai aucune envie de mettre la clef sous la porte. Car même si je te délaisse, je ne peux me passer de toi. Même si nous nous voyons moins, je pense à toi souvent et j’aspire à plus de temps pour te redonner des couleurs.

Cet éloignement involontaire m’a aussi permis de te reconsidérer, de te voir autrement et finalement de revenir à l’essentiel. Parfois en se voyant moins souvent on apprécie mieux de se voir. Et c’est sans doute ce qui caractérise notre relation de ces derniers mois.

Tu as des amis fidèles, je le sais, des amis qui comprennent, qui sont là quand il faut, et c’est l’essentiel. Je sais que la lois des blogs est difficile, que le temps qui passe sans billet joue contre nous, mais qu’en avons-nous à faire ? Qu’avons-nous à prouver ? Je ne suis plus dans cette course du billet à tout prix. Et sans doute, au final, as-tu retrouvé ta réelle raison d’exister. Alors tant pis si les stats s’écroulent, car ce qui importe, l’essentiel c’est de garder l’enthousiasme : de lire et de partager, de lire et d’écrire, de lire et d’échanger.

Joyeux anniversaire et remercions ceux qui, malgré tout, viennent nous rendre visite, accueillons-les avec notre plus beau sourire, souhaitons la bienvenue aux nouveaux et moquons-nous du reste !

George

Où suis-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre?


Miracle hier soir, un billet a paru sur le blog et voilà qu’un deuxième surgit encore aujourd’hui ! George retrouverait-elle un peu de cerveau disponible pour le blog ? Il faut croire que oui ! Vous constaterez par la même occasion que ma « schizophrénie » (entre guillemets car la dernière fois que j’ai utilisé ce terme je me suis fait remettre en place aux noms de tous les vrais schizophrènes) est toujours bien vivace puisque je parle de moi à la troisième personne, donc vous voyez je n’ai pas tant changé que cela.

Oui, George est bien toujours là, mon moi virtuel survit même si ces derniers temps mon moi réel a pris le dessus. Pourtant cette part de moi liée au blog, si elle est un peu endormie, n’en est pas morte pour autant. Non, non, loin de moi l’envie de mettre un terme ou de faire une pause, je résiste même si, oui, les billets sont beaucoup moins nombreux, que les semaines défilent sans que je prenne le temps ou ai le courage de rédiger un pauvre petit billet. Mon blog est un peu comme une maison de vacances qu’on aurait désertée mais qui est toujours là à attendre le retour de l’été pour de nouvelles escapades estivales. Je n’ai aucune envie de mettre la clef sous la porte, histoire de filer la métaphore !

Le blog était, et l’est toujours mais différemment, un moyen de parler littérature et livres alors que j’avais arrêté mes études interminables puis arrêté d’enseigner. C’était ma façon de parler des livres, de mes lectures, de rester « connectée » à ce qui me définit sans doute le mieux mon amour pour la littérature et tant pis si ça fait pompeux ! Aujourd’hui, et sans doute plus encore cette année, la retour à l’enseignement et à l’enseignement du français et de la littérature comble ce manque et je ressens moins le besoin de partager, mais… Car oui, il y a un MAIS ! On ne tient pas un blog pendant plus de 8 ans (oui parce qu’il y a eu une vie bloguesque avant Les livres de George) sans que cela laisse quelques séquelles. Difficile donc pour moi d’oublier ce petit blogounet, d’oublier celles et ceux qui le visitent, d’oublier les échanges, les discussions… On est blogueuse ou on ne l’est pas, et je crois que je le suis profondément.

Donc, même si je cours de salle en salle, même si je suis toujours taraudée par le prochain cours, le prochain roman à faire étudier, le prochain cours à préparer, les prochaines copies à corriger, blogounet reste niché dans ma tête, et je  vois ses yeux de Chapotté :

chapoté

Vous les voyez vous aussi les yeux du Chapotté ?

Comment l’abandonner ?

Et puis, bizarrement, ces derniers temps l’envie revient, malgré la fatigue, l’envie de rouvrir les volets, de faire la poussière (métaphore filée quand tu nous tiens !), d’aérer, de changer un peu les meubles de place, pour mieux repartir, oui, même si c’est différemment, le tout étant de repartir, d’alléger les bagages, de venir comme on est, et peut-être finalement de revenir à l’essentiel, comme au début, au tout début quand je lisais juste mes livres, que je les choisissais juste par envie, quand je n’imaginais pas les SP, les challenges, les LC et j’en passe. Je ne renie rien, j’ai aimé tout cela, mais aujourd’hui j’ai envie de choses plus simples parce que je ne vis plus de la même façon. On lit et blogue selon notre vie. Je lis donc toujours (il ne pourrait pas en être autrement), mais différemment, il est donc normal que je blogue aussi différemment.

A bientôt !

Il était une fois un blog…


Logo bloguer

Karine 🙂 nous a plongés, la semaine dernière dans cette bonne vieille nostalgie, dans nos souvenirs liés au blog, nos débuts, nos rencontres, nos délires. Après un premier billet, elle a décidé de lancer un tag libre à chacun de reprendre pour revenir sur ses années passées à papoter, à lire, à commenter, à pousser des coups de gueule, à se faire engueuler, à se défendre, à faire des tags, des concours, à se rencontrer, à se disputer, à se réconcilier (ou pas), à se photographier, nous, nos chats, nos livres, nos étagères de livres et même nos frigos et le contenu de notre sac, bref ses années à bloguer !

Pour moi, tout a commencé en 2007, sur un blog aujourd’hui perdu dans les limbes d’internet (George Sand et moi), blog généraliste ouvert peu de temps après la naissance de mon deuxième fils, Eliot. Je crois que j’avais entendu parler des blogs à la radio et que j’ai eu envie d’en ouvrir un, chose réalisée sur la plateforme Elle.fr, plateforme infernale qui bugguait à tout va, mais où j’ai rencontré des filles géniales : Angélita, Virginie B et Céline, trois filles que je suis toujours, les premières via leur(s) blog(s) et la dernière grâce à Facebook qui a fait que nous nous sommes toujours tenues au courant de la vie de l’une et de l’autre. Comme les trois mousquetaires, nous étions 4 et nous surnommions les Drôles de Dames. On parlait de notre vie, de nos enfants, et petit à petit j’ai commencé à parler lectures, j’ai créé un prix littéraire des blogueurs (peut-être certains s’en souviendront) et c’est comme cela que j’ai commencé à découvrir les blogs de lecture. Et comme je le dis souvent, ce fut une révélation d’autant que je commençais à m’ennuyer sur mon blog généraliste, l’impression de tourner en rond. Alors j’ai fait fermer George Sand et Moi  et j’ai ouvert : Les livres de George Sand et Moi, faisant ainsi le lien, en avril 2009, et qui sera ensuite raccourci en Les Livres de George.

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Quelques considérations …


Je voulais en parler déjà depuis quelques jours, mais c’est le billet de Mango ce matin qui me décide à mettre noir sur blanc ce qui me turlupine. En fait je traine depuis cet été des billets en retard, chose qui ne m’arrive jamais, ou alors très très rarement, mais qui, en tout cas, ne dure pas si longtemps. Habituée à rédiger mes billets quasi immédiatement après la fin de ma lecture, j’ai donc un mal infini à pondre un billet qui se tienne quand le livre a été refermé depuis plus d’un mois. Ma cervelle de moineau a déjà oublié les noms des personnages et mille pensées qui étaient nées spontanément pendant ma lecture. Il me faut alors tout reprendre, constater que mon cahier de lecture présente un vide sidéral de notes, feuilleter le livre, tenter de retrouver les passages clés… Et tout cela me paraît bien fastidieux. D’autant que je n’ai pas cessé de lire entre temps et donc les billets en attente ne cessent de s’accumuler même si, ponctuellement j’essaie de rattraper le train qui me nargue au loin et qui semble me dire : Vas-y, essaie de me rattraper !

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Lettre à mon blog.


Cher ami,

Je voulais avant tout te souhaiter un bon anniversaire. Quatre ans ! Difficile de dire si tu es encore jeune ou si, comme les chiens et les chats, ton âge est déjà avancé. Quelle est la temporalité des blogs ? A partir de quel âge, un blog est-il vieux, radotant, chevrotant ? As-tu toujours l’innocence des enfants du même âge ? Ou commences-tu à t’engluer dans la routine, comme une vie de couple qui n’aurait pas su se renouveler ? Je ne sais pas si je suis la mieux placée pour répondre. Moi, je te connais de l’intérieur. Je sais tes doutes, tes joies, tes tristesses, tes déceptions, tes enthousiasmes. Je connais tes secrets, tes non-dits, je te connais de l’intérieur.

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« 06h41 » de Jean-Philippe BLONDEL


blondel 06h41Avec Jean-Philippe Blondel, tout a commencé par Blogpuis Accès direct à la plage, ensuite il y a eu le fabuleux Et rester vivant, et cet été G229. Mais il y a aussi une rencontre au Salon du livre de Paris l’an dernier et plusieurs messages et échanges sur Facebook, qui font que lire un roman de Jean-Philippe Blondel c’est un peu plus que lire un roman. Il y a une fébrilité (et ce n’est pas seulement parce que je couve un état grippal depuis deux jours), une grande espérance et un peu d’angoisse. La peur de ne pas retrouver l’émotion de Et rester vivant, je crois surtout.

Cécile Duffaut, 47 ans, mariée à Luc, mère d’une ado qui commence à vouloir voler de ses propres ailes, s’installe dans le train de 06h41 qui relie Troyes à Paris. Elle vient de passer un week-end triste et morne chez ses parents vieillissants, des parents auxquels elle s’oblige à rendre visite tous les mois mais auxquels elle n’a plus rien à dire, auxquels elle n’a jamais eu vraiment quelque chose à dire. Le train est bondé, mais personne ne s’est installé à côté d’elle. Le train part enfin, et Philippe Leduc s’installe alors. Mais Philippe Leduc n’est pas vraiment un inconnu. Cécile et Philippe ont eu une brève histoire d’amour il y a 27 ans. Ils se reconnaissent, mais ne se le disent pas. Tous les deux ont beaucoup changé : Cécile est devenue une belle quarantenaire, sûre d’elle, chef d’une petite entreprise ; Philippe, quant à lui, est bedonnant, dégarni, divorcé, il est à l’opposé de l’ado charismatique qu’il était il y a vingt sept ans. Durant tout le trajet en train, en ce lundi matin, chacun de son côté va se remémorer son passé depuis un épisode décisif qui eut lieu à Londres et qui, sans qu’ils s’en soient rendu compte alors, a influencé le reste de leur vie.

L’adolescence est un thème souvent abordé par Jean-Philippe Blondel et on n’est pas surpris qu’il écrive également des romans pour ado. Son allure même a quelque chose de l’adolescence. Il y a l’adolescence comme un laboratoire d’expériences et puis il y a l’adulte, et l’âge fatidique des 40 ans, l’âge où on bascule un peu de l’autre côté, où l’adolescence est à la fois lointaine et étonnamment présente parce qu’elle nous revient un peu à la figure. Il y avait une émission de télé dans les années 90 présentée par Christine Ockrent qui s’intitulait : Qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? Ce pourrait être le sous-titre de ce roman.

Enfermés dans ce train bondé où changer de place est impossible, Cécile et Philippe se retrouvent sur le même aiguillage. Le train roule et pourtant, assis l’un à côté de l’autre, il semble que le temps se soit arrêté. Ils sont sur le même aiguillage mais leur destin a pourtant pris des chemins opposés. La Cécile effacée qui passait inaperçue s’est affirmée, est devenue une femme que l’on remarque, séduisante, le Philippe pour qui tout était facile, qui usait et abusait de son charisme, a perdu toute confiance en lui. Dans ce wagon, ils sentent bien qu’ils sont, là encore, à une moment déterminant de leur vie, à un moment où, selon la position de l’aiguillage, ils vont soit modifier le reste de leur vie, soit non. Et c’est là tout le suspens du roman.

Ils reviennent sur leur vie présente, sur leur histoire passée, ils se souviennent de tout. Les souvenirs remontent et sont étonnamment vivants. Chacun a sa vision des évènements passés. Le temps a fait son œuvre, mais les rancœurs sont toujours là, les regrets et la culpabilité aussi, surtout pour Philippe. Petit à petit, ils vont comprendre que cet épisode londonien a été un moment clef de leur vie. Que cette histoire, qui aurait pu être une histoire parmi d’autres, a finalement eu un impact retentissant sur leur vie. Celle-ci est alors revisitée à travers le prisme de cet épisode et il semble l’éclairer, il semble la clef qui permet de comprendre ce qu’ils sont devenus.

On n’imagine jamais que certaines phrases vont rester ancrées, plantées comme des échardes – et qu’elles vont revenir tout dévaster à certains moments de l’existence. (p.141)

Cécile et Philippe ne sont pas forcément des personnes sympathiques, ils sont ni plus ni moins des personnes comme tout le monde et c’est sans doute pour cela que leurs réflexions nous poussent aussi, nous, à nous interroger sur vos vingt ans et ces histoires que nous avons vécues et qui sans doute, ont eu, elles aussi, une part dans notre propre destinée. Que ferais-je si je recroisais un Olivier ou un Stéphane ? En quoi ont-ils influencé ce que je suis aujourd’hui ?

A la fin du roman, angoisse et état fébrile avaient disparu, pour laisser place à un sentiment d’apaisement. Je ne ressors jamais totalement intacte d’une lecture d’un roman de Jean-Philippe Blondel, sans doute parce qu’il sait mettre les mots sur mes interrogations, d’une façon simple mais tellement vraie.

Roman lu dans le cadre du Challenge I Love London et d’une Lecture Commune avec Sandrine et Titine.

challenge I Love London

« Génération blogueuses » by Miss Phit


Cet ouvrage se présente comme le premier guide de blogs tenus essentiellement par des femmes (nous verrons qu’il n’y a pas que des femmes dans ses pages cependant). Composé en plusieurs parties, ce guide présente, en images, une cinquantaine de blogs, essentiellement : Mode, Beauté, Lifestyle et Cuisine. La sélection de ces blogs s’est faite, selon Dominique Cuvillier qui a rédigé la préface, sur des valeurs, non de notoriété, mais plus sur une énergie qui transparaissait dans ces blogs, sur des passionnées, des jeunes femmes vivantes et vivaces (p.7).

Les 120 premières pages mettent donc en lumière des blogs variés, énergiques, colorés, que chaque blogueuse a personnifiées à l’image de son blog. Comme le dit la conceptrice de cet ouvrage, celui-ci leur a permis de laisser une trace de leur création. Un support papier pour des habitués de l’immatériel et de l’éphémère, c’est peut-être cela tout l’intérêt de ce livre (p.9).

Le schéma de présentation est stable mais les blogueuses l’ont personnifié chacune à leur façon :

Bien que blogueuse depuis 6 ans (d’abord un blog généraliste – 3 ans – puis ce blog de lecture ouvert depuis un peu plus de 3 ans également), je dois avouer que je ne connais que très peu les blogs présentés, mais sans doute parce que, les blogueurs évoluent toujours plus ou moins dans la catégorie dans laquelle ils officient. Cet ouvrage permet donc d’ouvrir notre horizon selon nos centres d’intérêt. La mise en page est gaie, ludique, souvent intéressante et permet de capter l’atmosphère du blog présenté.

En dehors de ces présentations, j’ai été très intéressée aussi par les réflexions d’intervenants  qui posent un regard de professionnel (de la mode, de la cuisine ou de l’art et des médias) sur le phénomène des blogs. La préface notamment a retenu toute mon attention, car Dominique Cuvillier soulève des interrogations intéressantes et relaie ce que souvent nous nous efforçons de répéter : Mais attention de ne pas confondre journaliste et blogueur : quand l’un distille de l’information, l’autre délivre de la suggestions (p.6), dit-il très justement. Il dit aussi la lassitude des institutions, et dénonce la course à la notoriété de certains blogs. Il a compris finalement l’essence même des blogs et le dit dans cette phrase qui peut s’appliquer à tous les blogs toute catégorie confondue: Échanger pour favoriser une sorte d’intelligence communautaire autour de sujets qui les passionnent (p.7).

Venons-en à présent à quelques remarques moins positives et nées de mon « statut » de blogueuse-lectrice.

Sur le bandeau de la couverture, comme vous pouvez le voir sur la photo, plusieurs catégories sont annoncées, dont celle concernant mon dada, « la lecture ». Je m’attendais donc, logiquement, à trouver parmi les 50 blogs mis à l’honneur, des blogs de lecture. Mais j’ai vite compris qu’il n’y en avait aucun. Pas un seul. J’ai été assez déçue, car j’ai eu la forte impression d’avoir été trompée par la couverture, dans un premier temps. Puis, participant à cette grande communauté de blogueuses-lectrices, j’ai été triste de constater le peu de cas que l’on faisait de notre catégorie. Certes nos taux de fréquentation sont certainement très inférieurs aux taux des modeuses ou des foodeuses, par exemple, mais puisque les critères n’étaient pas la notoriété, j’espérais trouver dans ces 120 premières pages, des blogs-lectures qui, pour moi, sont aussi tenus par des passionnées, des jeunes femmes vivantes et vivaces (p.7). D’autant que les blogs lecture sont essentiellement tenus par des femmes (pardon Will, Daniel, Antoni et les autres, vous êtes nos exceptions préférées), et de ce fait, il me semble que nous aurions dû être représentées. Mais c’est un débat qui est déjà vieux : nous devons toujours plus ou moins lutter pour que notre catégorie soit prise en compte (nous l’avons fait pour le Prix des Blogueuses de Elle, nous l’avons fait aussi pour apparaître plus clairement dans les catégories du site Hellocoton). C’est comme si nous devions à chaque fois nous mettre sur la pointe des pieds, et agiter les bras pour montrer que nous existons.

Toutefois, l’ouvrage ne s’en tient pas à ces 50 blogs présentés. A la fin de l’ouvrage, sous la forme de listes d’URL nous trouvons un « Guide des blogs » et là d’autres catégories, en plus de celles déjà évoquées dans les 120 premières pages : un panel donc plus large qui montre, enfin, la vraie variété des blogs tenus par des femmes (Généraliste, beauté, art et culture, food, voyage, illustration, mode, geek & tech et enfin… homme – étrange catégorie qui mêle plusieurs catégories pré-citées sauf celle « lecture »). Dans tous les cas, toujours pas de catégorie Lecture, pourtant annoncée en couverture. J’ai donc épluché la fameuse catégorie « Art et Culture », et là j’ai vu apparaître, enfin une petite quinzaine de blogs de lecture. Dans l’ordre d’apparition : Aperto-libro, Galleane, Leiloona, Solenn, Miss Alfie et son mec, Cryssilda, Culture émois (dernier billet publié en juillet), Hérisson, Aifelle, moi-même, Mango, Madimado, Stéphie, Lou, The Book Addicts (qui entre temps à changer d’adresse). Un petit panel donc perdu au milieu de cette catégorie culture vaste comme un océan.

Voici un petit aperçu de ce que cela donne, en gros un copié-collé d’URL. Loin de moi l’envie de faire la fine bouche, car voir mon petit URL cité fut un réel plaisir. De plus, les blogs cités sont assez variés pour donner une idée de ce qu’est un blog-lecture. Certes, 15 blogs sur peut-être environ 1000 blogs de lecture français, ça fait pas des masses, environ 1,5%. Alors nous pourrions dire que c’est déjà ça, et pour celles qui ont été citées, c’est toujours agréable. Mais c’est un peu court quand même.

Bien sûr, cet avis est fortement orienté par le fait que je tiens moi-même un blog de lecture, lequel étant cité, on ne pourra pas m’accuser de jalousie. Certes, comme le souligne à la fois Dominique Cuvillier et Miss Phit, c’est aussi un choix éditorial, donc forcément un choix sélectif (dont les critères restent assez vagues cependant). Je tiens également à souligner qu’aucune d’entre nous, sauf erreur de ma part, n’a été mise au courant que notre URL de blog figurait dans cet ouvrage. Bien qu’ayant reçu cet ouvrage par SP, la personne qui m’a contactée n’a jamais évoqué le fait que mon blog était cité, je l’ai découvert en lisant le livre. Plusieurs choix de livres m’avaient été suggérés, je n’ai choisi ce livre que pour son sujet, qui bien évidemment m’intéresse.

Cela dit, ce livre reste intéressant parce qu’il met en lumière le phénomène des blogs, explique leur mécanisme, leur qualité, mais aussi leurs failles (billets écrits à la va vite, style pauvre, critiques parfois acerbes, batailles dans les commentaires – sujets évoqués dans les parties qui donnent la parole aux professionnels), montre une certaine variété toute relative (relire le billet). La grande absente, dans le corps principal du livre, est aussi la catégorie des blogs généralistes qui souvent abordent des questions de société et que dire de l’absence des blogs Maman qui passent totalement à la trappe. Si les blogs généralistes sont évoqués dans le Guide, on constate assez vite, à la lecture des intitulés des blogs, que « généraliste » apparaît comme un joyeux bordel mêlant finalement toutes les autres catégories, puisque l’on retrouve des blogs geek, des blogs culture, des blogs mode, beauté ou design. Tout cela tient sans doute du fait que classer un blog n’est pas chose aisée, et représente aussi un travail de titan pour qui s’y colle.

Merci à Eloi et aux éditions du Chêne.

Livre lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire.

« G229 » de Jean-Philippe Blondel


Je continues à découvrir les romans de Jean-Philippe Blondel, après Et rester vivant, Blog ou Accès direct à la plage. La sortie en poche de ce roman-ci a été décisif, et je l’ai glissé, à la dernière minute, dans mes bagages.

A peine plus de 150 pages, et pourtant, comme bien souvent avec Blondel, une concision qui en dit plus que certains gros pavés.

Roman, récit, lettre ouverte ? Quoiqu’il en soit l’accent est mis sur l’expérience, et le métier de professeur. Monsieur B. réalise qu’il enseigne dans le même lycée depuis 20 ans, cette prise de conscience le pousse à s’interroger sur sa vocation, son métier, sa façon d’enseigner et son évolution, sur ses élèves, ses collègues, et finalement sur sa vie.

G229 désigne la classe dans laquelle Monsieur B. enseigne l’anglais depuis 20 ans. Cette salle c’est la sienne, il la connaît par cœur, a disposée les tables en U pour que les regards et la parole circulent, il y a vu défilé plusieurs centaines d’élèves.

Dans la narration, nous suivons le B. d’il y a 20 ans, et le B. présent. Cette mise en parallèle, du prof débutant et du prof confirmé, permet un portrait complet de B. : comment l’enseignement et l’affectation dans ce lycée devaient être temporaire, comment le B. confirmé oscille entre enthousiasme et lassitude. Mais nous croisons un troisième B, le B. lycéen qui a fait ses propres études dans la même ville, qui ressurgit dans le B. actuel, qui est peut-être à l’origine du B. jeune prof. Dans cette nostalgie aussi de cet état adolescent, n’est-ce pas aussi une volonté de rester dans ce temps parfait de l’adolescence où tout est possible et où les premières fois sont encore des premières fois.

Blondel nous parle donc de lui, mais Blondel a l’art aussi d’évoquer les autres : ceux qu’il a croisés et croise dans sa salle de classe, lors des rencontres parent-prof. Certains se sont effacés, d’autres, touchés par un drame, sont ancrés dans sa mémoire. Se mêlent souvenirs douloureux et fous rires

Il s’interroge également sur les réformes successives de l’éducation nationale, sur les méthodes nouvelles qui vont tout changer et qui finalement seront remplacées par d’autres méthodes présentées comme plus efficaces.

Au fil des romans de Blondel, je vois se dessiner des thèmes récurrents, une atmosphère nostalgique entre douceur et tristesse, un portrait de l’homme aussi qui se construit au fil de son œuvre.

Livre lu dans le cadre du Challenge Biographie et du Challenge Petit Bac 2012 cat. lieu.