« Mariages de saison » Jean-Philippe BLONDEL


Blondel mariagesCorentin est vidéaste de mariage durant les beaux jours de printemps et d’été. Il aide son oncle, Yvan, en attendant de trouver mieux. Corentin, au temps du lycée, avait déjà tenu une caméra et avait le projet de filmer des portraits de ses camarades, mais ce projet n’a jamais vu le jour. Le roman court du 8 juin au 10 novembre 2013 : six mois durant lesquels, le jeune homme va murir et donner un sens à sa vie.

Dans ce nouveau roman, Jean-Philippe Blondel opte pour une narration mixte : le récit de plusieurs journées de mariage alternant, vers le milieu du roman, avec des confessions de différents personnages repérables par l’italique.

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Bilan mensuel de lecture : Avril 2016.


logo-bilan-mensuel1Il est temps de se plonger dans le bilan de lecture du mois d’avril.

Ce mois-ci encore, j’ai eu des retards dans la rédaction de mes billets, mais je n’ai pas rompu mon rythme de lecture. Plus les mois passent et plus je m’installe dans ce rythme devenu régulier.

En avril, les lectures de SP ont été plus nombreuses. Il faut dire que j’en reçois beaucoup en ce moment, et qu’il faut bien les lire pour que les piles ne deviennent pas trop démesurées.

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Salon du livre… oups… Livres Paris 2016


MétailiéOn connaît la polémique, entièrement justifiée, qui a cours en ce moment sur la politique financière du salon du livre : plus d’accréditions, plus de partenariat avec l’éducation nationale, plus de tarif réduit pour les demandeurs d’emploi, mais un plein tarif à 12€, 2€ par livre personnel emmené pour être dédicacé… encore heureux, les WC restent gratuits mais jusqu’à quand ? Bref, on se demande si le salon du livre a réellement envie de donner accès à la lecture et aux livres au plus grand nombre. Pour ma part je me refuse à payer 12€ l’entrée pour acheter des livres ! 12€, c’est presque le prix d’un broché et presque le prix de deux livres de poche ! J’étais donc décidée à bouder dans mon coin, quand j’ai reçu une invitation des éditions Métailié qui ont eu également la gentillesse de m’offrir une entrée gratuite. Alors plutôt que de mettre le logo du salon du livre, j’ai choisi, pour illustrer ce billet, de mettre celui des éditions Métailié.

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« Un Hiver à Paris » Jean-Philippe BLONDEL (Rentrée Littéraire Janvier 2015)


blondel un hiverVictor, lycéen brillant de sa ville de province, est monté à Paris pour poursuivre ses études en prépa littéraire dans un établissement reconnu. Il découvre la pression, la somme des devoirs à rendre, les listes abyssales de livres à lire, la froideur des professeurs, l’anonymat, la compétition, le décalage entre lui et les autres élèves, enfants des beaux quartiers. Tandis que ses « camarades » rentrent travailler et dormir dans des appartements de 150 m², Victor prend le RER pour rejoindre sa petite chambre universitaire à Nanterre. En deuxième année, il se rapproche de Mathieu, inscrit en première année. Il partage leurs pauses clope aux récréations. Ce n’est pas réellement une amitié, juste un rapprochement entre deux élèves venant de province. Un matin,  Mathieu claque la porte de son cours de littérature en lançant un retentissant « connard » à son prof, M. Clauzet, et saute par dessus la rambarde du grand escalier.

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Salon du livre de Paris 2014 #2 (Première Partie).


SDL 2014Un premier évènement totalement invraisemblable allait donner le ton de cette journée de samedi totalement folle.

Samedi, donc, en fin de matinée, je repartais vaillante au salon. Antoine, mon fils, avait absolument tenu à m’accompagner une fois encore, et Miss Bouquinaix bien sûr était aussi de la partie. A peine avions-nous mis les pieds dans le Salon, que celle qui sois-disant devait m’empêcher d’acheter des livres, m’entraine sur le stand des éditions l’Arbre vengeur, petite maison d’édition dirigée bénévolement par des libraires qui veillent à éditer des textes souvent difficiles à trouver voire plus édités du tout, dans un format poche avec des couvertures attrayantes. Et ce qui devait arriver arriva,

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Salon du livre et de la presse de Montreuil 2013, une semaine plus tard !


SLPJ_13La semaine dernière avait donc lieu le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil auquel je me suis rendue pour la première fois sans mon petit Hérisson restée à construire son nouveau nid douillé. Les héros étaient à l’honneur cette année. Ce fut un grand changement pour moi qui avais pris l’habitude d’être guidée, orientée parmi les stands. Grande première aussi puisque je m’y suis rendue en RER et métro et non en voiture ce qui m’a permis d’éviter de tourner pendant des lustres dans les rues adjacentes du salon à la recherche d’une place.

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Saint-Maur en poche, 5ème édition


saint-maur en poche 2013 afficheCette année encore, je suis allée trainer mes ballerines au Salon du Livre de Poche de Saint-Maur. Escortée de mon fidèle écuyer, Antoine et de ma non moins fidèle Miss Bouquinaix, nous avons passé la journée dans ce salon si sympathique. Cette année les polars étaient à l’honneur.

Nous sommes arrivés vers 11h et en sommes repartis à 18h. Autant vous dire que nous avons eu le temps de fureter et d’être tentés par mille et un livres.

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« 06h41 » de Jean-Philippe BLONDEL


blondel 06h41Avec Jean-Philippe Blondel, tout a commencé par Blogpuis Accès direct à la plage, ensuite il y a eu le fabuleux Et rester vivant, et cet été G229. Mais il y a aussi une rencontre au Salon du livre de Paris l’an dernier et plusieurs messages et échanges sur Facebook, qui font que lire un roman de Jean-Philippe Blondel c’est un peu plus que lire un roman. Il y a une fébrilité (et ce n’est pas seulement parce que je couve un état grippal depuis deux jours), une grande espérance et un peu d’angoisse. La peur de ne pas retrouver l’émotion de Et rester vivant, je crois surtout.

Cécile Duffaut, 47 ans, mariée à Luc, mère d’une ado qui commence à vouloir voler de ses propres ailes, s’installe dans le train de 06h41 qui relie Troyes à Paris. Elle vient de passer un week-end triste et morne chez ses parents vieillissants, des parents auxquels elle s’oblige à rendre visite tous les mois mais auxquels elle n’a plus rien à dire, auxquels elle n’a jamais eu vraiment quelque chose à dire. Le train est bondé, mais personne ne s’est installé à côté d’elle. Le train part enfin, et Philippe Leduc s’installe alors. Mais Philippe Leduc n’est pas vraiment un inconnu. Cécile et Philippe ont eu une brève histoire d’amour il y a 27 ans. Ils se reconnaissent, mais ne se le disent pas. Tous les deux ont beaucoup changé : Cécile est devenue une belle quarantenaire, sûre d’elle, chef d’une petite entreprise ; Philippe, quant à lui, est bedonnant, dégarni, divorcé, il est à l’opposé de l’ado charismatique qu’il était il y a vingt sept ans. Durant tout le trajet en train, en ce lundi matin, chacun de son côté va se remémorer son passé depuis un épisode décisif qui eut lieu à Londres et qui, sans qu’ils s’en soient rendu compte alors, a influencé le reste de leur vie.

L’adolescence est un thème souvent abordé par Jean-Philippe Blondel et on n’est pas surpris qu’il écrive également des romans pour ado. Son allure même a quelque chose de l’adolescence. Il y a l’adolescence comme un laboratoire d’expériences et puis il y a l’adulte, et l’âge fatidique des 40 ans, l’âge où on bascule un peu de l’autre côté, où l’adolescence est à la fois lointaine et étonnamment présente parce qu’elle nous revient un peu à la figure. Il y avait une émission de télé dans les années 90 présentée par Christine Ockrent qui s’intitulait : Qu’avez-vous fait de vos vingt ans ? Ce pourrait être le sous-titre de ce roman.

Enfermés dans ce train bondé où changer de place est impossible, Cécile et Philippe se retrouvent sur le même aiguillage. Le train roule et pourtant, assis l’un à côté de l’autre, il semble que le temps se soit arrêté. Ils sont sur le même aiguillage mais leur destin a pourtant pris des chemins opposés. La Cécile effacée qui passait inaperçue s’est affirmée, est devenue une femme que l’on remarque, séduisante, le Philippe pour qui tout était facile, qui usait et abusait de son charisme, a perdu toute confiance en lui. Dans ce wagon, ils sentent bien qu’ils sont, là encore, à une moment déterminant de leur vie, à un moment où, selon la position de l’aiguillage, ils vont soit modifier le reste de leur vie, soit non. Et c’est là tout le suspens du roman.

Ils reviennent sur leur vie présente, sur leur histoire passée, ils se souviennent de tout. Les souvenirs remontent et sont étonnamment vivants. Chacun a sa vision des évènements passés. Le temps a fait son œuvre, mais les rancœurs sont toujours là, les regrets et la culpabilité aussi, surtout pour Philippe. Petit à petit, ils vont comprendre que cet épisode londonien a été un moment clef de leur vie. Que cette histoire, qui aurait pu être une histoire parmi d’autres, a finalement eu un impact retentissant sur leur vie. Celle-ci est alors revisitée à travers le prisme de cet épisode et il semble l’éclairer, il semble la clef qui permet de comprendre ce qu’ils sont devenus.

On n’imagine jamais que certaines phrases vont rester ancrées, plantées comme des échardes – et qu’elles vont revenir tout dévaster à certains moments de l’existence. (p.141)

Cécile et Philippe ne sont pas forcément des personnes sympathiques, ils sont ni plus ni moins des personnes comme tout le monde et c’est sans doute pour cela que leurs réflexions nous poussent aussi, nous, à nous interroger sur vos vingt ans et ces histoires que nous avons vécues et qui sans doute, ont eu, elles aussi, une part dans notre propre destinée. Que ferais-je si je recroisais un Olivier ou un Stéphane ? En quoi ont-ils influencé ce que je suis aujourd’hui ?

A la fin du roman, angoisse et état fébrile avaient disparu, pour laisser place à un sentiment d’apaisement. Je ne ressors jamais totalement intacte d’une lecture d’un roman de Jean-Philippe Blondel, sans doute parce qu’il sait mettre les mots sur mes interrogations, d’une façon simple mais tellement vraie.

Roman lu dans le cadre du Challenge I Love London et d’une Lecture Commune avec Sandrine et Titine.

challenge I Love London

Descente en librairie salvatrice !


books

Depuis mercredi, ma vitalité s’en était un peu allée. Rhume, chat dans la gorge (*miaou*), oreille droite un peu bouchée, et du coup lassitude, plus envie de rien, déprime (*j’suis vieille, je sers à rien, etc.*). Vendredi matin cependant, une petite voix s’est fait entendre… une gentille petite voix, caressante, qui me disait N’oublie pas que Jean-Philippe Blondel vient de sortir un nouveau roman (*oui, Oates commence à me déteindre dessus, je transcris mes pensées en italique*)… Et tout à coup, j’ai senti une petite flamme se rallumer dans mes yeux. La nécessité de posséder ce nouveau roman est devenue irrépressible et m’a fait sortir de mon lit et de ma torpeur. Après des courses nécessaires donc peu intéressantes, mais la découverte de la bio de Louis de Funès par Sophie Adriansen dans les rayons, je suis rentrée chez moi, ai avalé mon plat de spaghetti-ratatouille et suis repartie en direction de la Griffe Noire.

Il faut croire que les éléments étaient avec moi puisque à peine devant la librairie, un gentil jeune homme a repris sa voiture et m’a laissé sa place aux portes de la librairie, je n’ai même pas eu besoin de faire deux fois le tour du pâté de maisons pour trouver une place ! Miracle ! Une fois rentrée, j’ai bondi sur 06h41, rassurée, rassérénée… Je pouvais faire mon petit tour.

Ce fut une descente comme je les aime sans doute parce que j’ai pu papoter avec la responsable jeunesse, toujours souriante et avec laquelle j’ai des discussions toujours intéressantes non seulement sur la littérature jeunesse, mais aussi sur d’autres livres et sujets. Hier donc, nous avons parlé de Jane Austen et Anne Brontë, du roman Les Variants et de son auteur, de Marc Levy et de 50 nuances de Grey, et des jeunes et de la lecture. Elle m’a ensuite conseillé un roman jeunesse que j’ai saisi, une fois entre mes mains, il était bienheureux. Se sont ensuite rajoutés deux autres romans dont un thriller supposément destiné à mon homme, mais que je compte bien lire aussi.

Avec mes quatre livres en mains, je me sentais à nouveau dans mon assiette, joyeuse… bref j’étais guérie !

Oui, je l’affirme, les librairies aident à aller mieux !

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De bas en haut, nous avons donc :

Wonder de R.J Palacio

06h41 de Jean-Philippe Blondel

Les Mille et une vies de Billy Milligan de Daniel Keyes (auteur aussi de Des Fleurs pour Algernon)

Les Revenants de Laura Kasischke (oui, voilà ça y est je l’ai acheté !)

Une descente raisonnable mais salvatrice.

« G229 » de Jean-Philippe Blondel


Je continues à découvrir les romans de Jean-Philippe Blondel, après Et rester vivant, Blog ou Accès direct à la plage. La sortie en poche de ce roman-ci a été décisif, et je l’ai glissé, à la dernière minute, dans mes bagages.

A peine plus de 150 pages, et pourtant, comme bien souvent avec Blondel, une concision qui en dit plus que certains gros pavés.

Roman, récit, lettre ouverte ? Quoiqu’il en soit l’accent est mis sur l’expérience, et le métier de professeur. Monsieur B. réalise qu’il enseigne dans le même lycée depuis 20 ans, cette prise de conscience le pousse à s’interroger sur sa vocation, son métier, sa façon d’enseigner et son évolution, sur ses élèves, ses collègues, et finalement sur sa vie.

G229 désigne la classe dans laquelle Monsieur B. enseigne l’anglais depuis 20 ans. Cette salle c’est la sienne, il la connaît par cœur, a disposée les tables en U pour que les regards et la parole circulent, il y a vu défilé plusieurs centaines d’élèves.

Dans la narration, nous suivons le B. d’il y a 20 ans, et le B. présent. Cette mise en parallèle, du prof débutant et du prof confirmé, permet un portrait complet de B. : comment l’enseignement et l’affectation dans ce lycée devaient être temporaire, comment le B. confirmé oscille entre enthousiasme et lassitude. Mais nous croisons un troisième B, le B. lycéen qui a fait ses propres études dans la même ville, qui ressurgit dans le B. actuel, qui est peut-être à l’origine du B. jeune prof. Dans cette nostalgie aussi de cet état adolescent, n’est-ce pas aussi une volonté de rester dans ce temps parfait de l’adolescence où tout est possible et où les premières fois sont encore des premières fois.

Blondel nous parle donc de lui, mais Blondel a l’art aussi d’évoquer les autres : ceux qu’il a croisés et croise dans sa salle de classe, lors des rencontres parent-prof. Certains se sont effacés, d’autres, touchés par un drame, sont ancrés dans sa mémoire. Se mêlent souvenirs douloureux et fous rires

Il s’interroge également sur les réformes successives de l’éducation nationale, sur les méthodes nouvelles qui vont tout changer et qui finalement seront remplacées par d’autres méthodes présentées comme plus efficaces.

Au fil des romans de Blondel, je vois se dessiner des thèmes récurrents, une atmosphère nostalgique entre douceur et tristesse, un portrait de l’homme aussi qui se construit au fil de son œuvre.

Livre lu dans le cadre du Challenge Biographie et du Challenge Petit Bac 2012 cat. lieu.