« Blood & Sugar » Laura SHEPHERD-ROBINSON.

Ce qui devait arriver, arriva, je suis très en retard dans mes chroniques en ce début du Mois Anglais. Je vous présente donc aujourd’hui un roman sur le thème « Avant 1837 » dont les chroniques devaient être publiées le 3 juin.

L’intrigue se situe à Londres en 1781 pendant la traite négrière. Le corps de Tad Harcher est retrouvé pendu et marqué comme un esclave rebelle. Brillant avocat abolitionniste, il était sur la piste d’un drame qui pourrait donner un coup fatal à l’entreprise esclavagiste. Lorsque sa sœur vient trouver son ami d’enfance, Harry Corsham, ce dernier ne peut refuser son aide. Homme politique, il risque sa carrière de parlementaire, mais, comme Tad, Harry ne cautionne guère l’esclavagisme et veut comprendre les raisons du meurtre abominable de son ami. Son enquête le mène à Deptford, port d’où partent et arrivent les bateaux négriers. Il va se confronter au marchant d’esclaves, Lucius Stokes, mais aussi à Napier Smith, propriétaire de plantations sucrières et surtout président du puissant lobby des Caraïbes. L’enquête est difficile et on lui fait bien comprendre qu’il ferait mieux de s’occuper de ses affaires. Mais Harry va s’obstiner …

BLood and sugar est un roman passionnant pour de multiples raisons. Tout d’abord pour son sujet et son ancrage temporel. J’ai découvert ce port et cette ville de Deptford à quelques kilomètres de Londres, où vivent à la fois d’anciens esclaves, des marchands d’esclaves, des chirurgiens officiant sur les bateaux négriers ainsi que des officiers ou des capitaines de ces même navires. La ville est décrite dans sa noirceur, ses intrigues politiques, ses actes barbares et ses crimes, tandis qu’à Londres certains esclaves ont pu retrouver leur dignité grâce à la loi et à des avocats comme Tad et que la bonne société se réunit dans des réceptions frivoles. Harry va ainsi passer d’une ville à l’autre et tenter de faire tomber les masques. Le lecteur suit Harry dans son enquête et dans sa découverte des pratiques des esclavagistes. L’intrigue se situe à une période charnière de la traite négrière en Angleterre et s’appuie sur des faits historiques réels. Le lecteur se trouve totalement plongé dans cette époque terrible et en empathie avec ces esclaves et notamment Cannelle, belle mulâtre ramenée par Stokes pour lui servir d’esclave sexuelle. L’esclavagisme est montré sous son jour le plus atroce, avec une volonté réaliste notable.

L’autre atout majeur de ce roman en est bien évidemment l’intrigue qui tient le lecteur en haleine sur plus de 450 pages. Les rebondissements sont nombreux, les coups de théâtre aussi, si bien qu’on a bien du mal à lâcher le bouquin. En dehors d’Harry, chaque personnage semble jouer un double jeu, il semble qu’on ne puisse se fier à personne ce qui renforce la tension dramatique. Le poids de la politique, du lobby des Caraïbes et les menaces qui planent sur la tête de Harry, sans parler du fait que ce commerce est sans doute le plus lucratif de l’époque rendent le travail de Harry bien compliqué et périlleux et rend la lecture encore plus addictive.

Vous l’aurez compris, j’ai été très séduite par ce roman.

Roman lu dans le cadre du challenge A year in England 2021 pour le Mois anglais sur le thème « Avant 1837 » organisé par TitineLou et Cryssilda.

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