« Le Passé » Tessa HADLEY

Quand Alice, accompagnée de son beau fils  Kasim, arrive à Kington dans la maison familiale pour y passer trois semaines de vacances, elle réalise qu’elle a oublié les clefs. Harriet, sa sœur aînée, surgit alors au loin. Comme à son habitude, à peine arrivée, elle est partie se promener. La maison s’ouvre. On déballe les valises, on prend possession des chambres. Fran et ses deux enfants, Ivy et Arthur, arrivent à leur tour après un voyage effroyable. Enfin, la superbe auto rutilante de leur frère, Roland fait crisser les graviers de l’allée. En descendent, Molly, sa fille, et Pilar, sa nouvelle épouse, impeccable toute vêtue de blanc. Les vacances peuvent commencer. Dans cet ancien presbytère, maison de leur grands-parents maternels, le passé resurgit, mais également les tensions fraternelles. Les enfants jouent dans le jardin et se collent aux basques des plus grands, Kasim et Molly. Les fragilités des uns et des autres effleurent. On boit le thé, on se promène sur les chemins de l’enfance, on discute de Pilar, du changement opéré chez Roland.

Divisé en trois parties (Le Présent – Le Passé – Le Présent), ce roman se met au rythme de l’été. Les adultes d’un côté, les ado et les enfants de l’autre. Chacun se réapproprie les lieux à sa façon. Fran prend possession de la cuisine, prépare les repas ; Alice fouille dans les tiroirs, déniche d’anciennes lettres ; Harriet arpente la campagne ; Roland se rend souvent en ville pour consulter ses mails. Un rythme estival s’installe et la maison est au centre, repère familial dont il va falloir régler le sort. Car ces vacances vont être aussi l’occasion de se décider : faut-il ou non vendre la maison. Ces trois semaines sont donc comme un au revoir qui se charge d’autant plus de nostalgie.

Ce roman a agi sur moi d’une façon étrange. Ma lecture semble s’être mise au rythme du roman. J’ai mis plus d’une semaine à le lire, mais pas du tout parce que je m’ennuyais, ou que le roman ne me plaisait pas, mais j’avais un mal fou à lire plus de 30 pages d’affilé. Tessa Hadley parvient parfaitement à rendre compte de cet état particulier dans lequel nous sommes en vacances, quand le rythme se ralentit, quand on se retrouve en famille et que chacun, malgré tout, reprend son rôle, sa place dans la fratrie. J’ai beaucoup aimé aussi sa peinture de l’enfance : les jeux, les explorations que l’on fait, les histoires qu’on se raconte, l’admiration que l’on porte aux plus grands. Je trouve que l’auteure a parfaitement saisi cette période de l’enfance.

On ne va pas se mentir, il ne se passe pas des choses extraordinaires, l’auteure se concentre sur les relations, mais aussi se penche sur chacun des personnages, sans trop entrer non plus dans leur vie. Ils sont tous à un moment charnière, mais le lecteur n’apprend que ce que l’auteure souhaite lui apprendre. Tout est en sous-entendu. La partie intitulée « Le Passé » se centre sur leur mère qui, un jour débarque avec ses enfants chez sa mère à Kington. Là encore, les choses sont dites sans s’appesantir, et un détail, au détour d’une phrase, une phrase qu’il ne faut pas rater, nous révèle un événement. Les révélations ne sont pas démonstratives, mais elles sont données pour ce qu’elles sont.

C’est finalement une famille comme tant d’autres, des enfants qui ont grandi, ont fait leur vie et qui se retrouvent l’espace d’un été et doivent vivre ensemble, des frères et sœurs qui se connaissent sans se connaître vraiment, des parents qui découvrent leur(s) enfants, et une mère commune qui restera une énigme.

Seule la maison est le témoin de leur histoire, elle connait leurs secrets. Cet été est aussi décisif pour elle.

Lu dans le cadre du Mois Anglais organisé par Titine et Lou.

 

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7 Commentaires

  1. Je l’ai lu il y a quelques mois. Je suis tout à fait d’accord avec toi quant au rythme. De beaux portraits psychologiques je trouve. La lecture de ce roman est douce et tranquille, un peu comme la bruine tombant sur la campagne anglaise.

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  2. chatperlipopette

     /  juin 27, 2020

    Ce fut une des belles découvertes du Mois Anglais. Il est vrai que le temps de lecture s’adapte au temps du récit afin qu’on puisse savourer jusqu’au bout le roman.

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  3. On est d’accord, chroniques d’une famille mais qui nous rapprochent de nos familles, nos souvenirs, nos étés, nos jeux d’enfants….. Une jolie découverte pour moi et un rythme qui m’a convenu pour faire remonter tout cela 🙂

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  4. Je ne connais pas cet auteur. Je note ce livre à lire dans ma liste de livres anglais qui étrangement s’allonge depuis le début du mois de juin 🙂

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à vous....

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