Bon alors je m’y colle. Pendant ces vacances dans ma jolie chaumière bretonne perdue, le réseau internet et téléphone mobil étant inexistant, je me suis acheté un joli petit cahier pour noter quelques mots concernant ma lecture du momen et pour vous en faire part à mon retour. Alors voilà :
Note du 7 août 2008:
Pour les vacances je prends toujour dans mes bagages un roman dit “facile”. Il n’y a a priori rien de péjoratif à cette appellation, c’est simplement une façon de les différencier des autres, les “classiques”, ceux que je lis crayon à la main, les Sand, Balzac, et autres, mais aussi d’autres que je classerai encore dans une troisième catégorie dit intermédiaire entre le “facile” et le “classique”. Donc cet été j’ai opté pour Katherine Pancol et son best-seller Les Yeux jaunes des crocodiles, sorti en poche, et dont la suite est enfin, dit-on, sortie en librairie. L’an derner j’étais tombée dans Douglas Kennedy, là j’ai fait femme et français ! Et “femme” ça se sent dans l’incipit (c’est-à-dire l’ouverture du roman) : une femme, dans sa cuisine, épluche des pommes de terre, se coupe et pleure. Plus tard, elle rend visite à sa voisine qui elle aussi est dans sa cuisine au milieu de légumes… Scène suivante, la femme bourge, bien mariée,mange dans un resto chic et sa super copine lui apprend que son beau mari a une aventure avec UN collègue avocat. Scène suivante, un chef d’entreprise rondouard est au lit avec sa maîtresse, femme de sexe et de tête.
Bilan de ces quelques soixantaines de pages : nous avons donc eu droit à la pauvre femme au foyer désespérée; à la voisine indépendante et anti-homme; à la bourgeoise riche et dédaigneuse et enfin à la secrétaire maîtresse de son patron… Comment vous dire… En sortant de Illusions Perdues, ça fait un choc! c’est un peu comme sauter dans le vide sans parachute. Il y a de bons côtés: ça se lit vite et ça se comprend très bien.
Note du 9 août 2008:
Plus de 150 pages plus tard, je dois reconnaître que l’on se laisse prendre même si on sent que la multiplication des personnages, et notamment des couples, permet de remplir des pages.
Une autre chose me gêne. L’une des héroïnes, Joséphine, est spécialiste du XIIeme siècle et plus précisément de la condition de la femme au XIIeme. A la fin du roman l’on trouve une bibliographie dont Histoire de la vie privée par Ariès et Duby, le fameux Le Chevalier, la femme et le prêtre du même Duby, mais aussi Histoire des femmes par, encore, Duby et Michèle Perrot, ainsi qu’un ouvrage sur Aliénor d’Aquitaine. J’ai été intriguée par cette bibliographie puis en lisant le roman, j’ai compris que Pancol avait potassé ces ouvrages pour trouver matière… et je vais vous dire, ça se sent. Le problème est là. Lorsque l’héroïne parle du Moyen-Age, ça fait récitation, ça fait leçon sue mais non digérée. En soi ce n’était pas idiot, cette bibliographie, le problème est que du coup la fameuse chercheuse au CNRS perd de sa crédibilité; on n’a beau faire, ou plutôt, j’ai beau faire, subsiste en moi le doute que Pancol s’y connaisse suffisamment pour créer réellement l’illusion romanesque. Je me dis, elle a trouvé ça en lisant Duby. Le problème vient aussi que le savoir est étalé, déballé en bloc, comme une récitation, or il manque le vécu, ce que j’appelle prosaïquement la digestion du savoir, la période nécessaire qui permet de s’approprier ce que l’on a lu pour povoir le réutiliser en y mettant de soi. c’est un problème que je connais bien moi-même puisque je lis sans cesse des ouvrages critiques sur Sand ou sur son oeuvre, mais pour pouvoir construire sa propre réflexion il faut que tout cela soit intégré, maché et… digéré !
L’autre problème est la référence constante aux crocodiles, référence au titre bien sûr mais la métaphore filée est un peu trop appuyée comme pour justifier sans cesse ce fameux titre. Donc les méchants ont des yeux fendus comme des crocodiles, prêts à vous dévorer, on s’achète des bottes en croco, sans compter l’un des personnages travaillant dans un parc de crocodiles. Ok; on a compris, le titre est justifié !
Note du 12 août 2008:
Fini cette après-midi. Bilan général : j’avoue malgré tout que je me suis laissée prendre, que le rythme est bon, créé notamment par un passage incessant d’un groupe à l’autre. Certains événements sont toutefois téléphonés et ratent leur effet; d’autres sont trop exagérés (la voisine bâtarde de la famille royale; la fille qui a une relation avec Mick Jagger…) et subissent du coup la même conséquence. De façon générale disons que les méchants sont punis, et les gentils sont sauvés, deviennent beaux, intelligents et riches. Il y a une légère impression de surfait, d’esprit très parisien, on cite la magasin Colette, Prada, le Elle etc.
Autre défaut remarqué, le personnage d’Antoine, ex-mari de l’héroïne (celle qui pleure au début dans sa cuisine) qui finit bouffé par un croco sans doute parce que Pancol ne savait plus quoi en faire, du moins c’est l’impression que j’en ai eu; mais aussi sans doute est-ce un effet “littéraire” (je tiens aux guillemets) puisque ce pauvre homme trop faible, incapable de faire fortune alors que tous les autres personnages croulent sous les euros, se fait finalement engloutir par plus fort que lui… et fin de la métaphore filée, trop fort !
En bref, c’est finalement un roman qui se lit agréablement sans beaucoup de surprises, comme une série télé sympathique. Le personnage de Marcel est bie vu, et m’a fait rire à certains moments. Donc une lecture d’été type. Il est possible que je lise la suite quand elle sortira en poche. Le titre comprend le mot “tortue”, j’ai hâte de voir la nouvelle métaphore filée…..
7 / 10










J’ai lu les deux titres j’ai bien aimé. Ta critique m’éclaire sur le livre, car je n’ai pas cet oeil critique et surtout les compétences pour analyser aussi bien un livre.
Le deuxième t’apportera peut être des surprises
La suite doit sortir en poche en Juin !!! je l’attendais !
je viens de lire ” les yeux jaunes des crocodiles” et tout de suite après “la valse lente des tortues”, j’ai adoré le premier et adoré retrouver les personnages dans le second.
je viens juste de découvrir Catherine Pancol et ces deux premiers me donnent envie de lires tous les autres.
j’aime beaucoup cette auteur et je n’ai ni l’ envie ni les compétences pour analyser quoi que ce soit, ou j’aime ou je n’aime pas et là j’ai beaucoup aimé.
C’est bien aussi de se laisser porter par un roman, d’en apprécier juste la lecture !
Bonjour à vous,
je l’ai lu et ai été très déçue… je rejoins tes propos pour ce qui est du “surfait” et tout est dans l’exagération… les moches sont TREEEEEEEEES moches, les beaux sont TREEEEEEEEES beaux, les pauvres très pauvres, elle sort avec un top model (ou le jumeau mais ça revient au même physiquement), sa fille couche avec Jagger, etc etc… c’est limite gonflant. Elle s’est inspirée de cendrillon en plus moche et avec encore moins de chance que la vraie pour le personnage principal ? Une autre chose que je trouve dommage : les gamines ont 10 et 15 ans, elles parlent comme si elles en avaient 5 de moins (“je vais me faire manger par un crocodile maman ?”), ce qui ne rend pas crédible les personnages. Tout est trop exagéré et le vocabulaire pas franchement riche pour une journaliste de cette expérience…
Ca ne s’arrange pas dans le tome 2… voire c’est pire! Le premier tome était quand même mieux construit, avec quelques invraisemblances mais bon le reste, l’intrigue principale tenait à peu près la route… par contre dans le 2ème tome….
Je viens de terminer à l’instant la lecture du livre et j’ai adoré. Je vais sans doute lire le deuxième très bientôt pour ne pas perdre le fil de l’histoire. J’ai beaucoup aimé passé d’un personnage à l’autre tout au long de l’histoire, ça donnait une certaine dynamique au livre, alors qu’il est assez “calme”, il n’y a jamais de rebondissement extraordinaire qui tient en haleine jusqu’au bout.
Je découvre en même temps ton blog qui m’a l’air super et dans lequel je vais certainement piocher quelques idées lectures !
À plus sur la toile !
Jess
Merçi de vos commentaires. Je suis en train de trouver un livre francais pour analiser. Je vais choisir ce livre ^^
Bonne lecture ! j’espère que ce roman vous plaira !