Quand même le facteur fait augmenter ma PAL !


Oui, vous allez dire que je suis trop prolixe aujourd’hui, mais tant pis… innocemment je vais chercher mon courrier dans ma boîte aux lettres ce matin et qu’y trouve-je ?

2 livres !!!!! Oui, 2 livres de plus à rajouter à ma PAL….

L’Italien ou le confessionnal des pénitents noirs de Ann Radcliffe gentillement prêté par Keisha

et

Un homme à distance de Katherine Pancol, gracieusement envoyé par Le Livre de Poche et dédicacé par l’auteur, en plus !

Comment voulez-vous que je m’en sorte ?????

Ceci dit Madame Pancol est au top du langage bloguesque, comme le révèle sa dédicace :

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« La Valse lente des tortues » Katherine Pancol


pancol2Voici donc la suite de « Les yeux jaunes des crocodiles » sortie en poche début juin ! L’été dernier j’avais lu avec plaisir le premier tome, lecture facile, agréable, malgré quelques invraisemblances et faiblesses de style (pour plus d’infos sur mon avis vous pouvez aller voir par !)

Quand ma main a plongé dans le carton arrivé à la librairie et en a ressorti ce tome 2, j’étais très excitée, ayant attendu et résisté pendant un an pour ne pas acheter l’édition grand format !

Je me suis donc lancée dans la lecture de ce roman dès sa sortie le 3 juin !

Le début refait le point assez subtilement sur le tome 1, permettant de reprendre nos marques, de refaire connaissance avec tous les personnages. On replonge assez vite dans cette ambiance très parisienne, qui frôle parfois le cliché.

On retombe pourtant toujours dans certaines invraisemblances, notamment l’agression d’Hortense : on se demande pourquoi elle ne fuit pas immédiatement par la fenêtre????

Le côté nunuche de Joséphine, qui m’avait un peu énervé dans le premier tome est toujours aussi horripilant par moment.

Dans ce tome, Pancol noue une intrigue policière …. mais cette intrigue manque de mystère, de suspens, très vite on devine les dessous de l’histoire, ce qui rompt bien évidemment tout effet de suspens ! Bref, Pancol n’est pas Agatha Christie….

La fin a tendance à tomber dans le sordide et les longueurs s’enchaînent. Les indécisions de Joséphine, sa volonté de sortir de l’influence maternelle sont toutefois intéressantes.

Certaines intrigues sont très secondaires, notamment celle concernant le couple de Marcel : intrigue qui se résoud soudainement avec un élément fantastique dont on a du mal à expliquer la vraisemblance dans un roman qui se veut quand même très réaliste. Pancol a tendance à multiplier les personnages pour nouer des intrigues secondaires, mais souvent ces intrigues tombent à plat, et c’est encore plus le cas ici!

Donc : Impression générale positive malgré tout, même impression finalement que pour le 1er tome. On retrouve un peu les mêmes incohérences, mais aussi le même plaisir de lecture, sensation d’une bonne série TV, mais sans plus !

bon-point

Note: 6/10

« Les yeux jaunes des crocodiles » Katherine Pancol


pancol1Bon alors je m’y colle. Pendant ces vacances dans ma jolie chaumière bretonne perdue, le réseau internet et téléphone mobil étant inexistant, je me suis acheté un joli petit cahier pour noter quelques mots concernant ma lecture du moment et pour vous en faire part à mon retour. Alors voilà :

Note du 7 août 2008:

Pour les vacances je prends toujours dans mes bagages un roman dit « facile ». Il n’y a a priori rien de péjoratif à cette appellation, c’est simplement une façon de les différencier des autres, les « classiques », ceux que je lis crayon à la main, les Sand, Balzac, et autres, mais aussi d’autres que je classerai encore dans une troisième catégorie dit intermédiaire entre le « facile » et le « classique ». Donc cet été j’ai opté pour Katherine Pancol et son best-seller Les Yeux jaunes des crocodiles, sorti en poche, et dont la suite est enfin, dit-on, sortie en librairie. L’an derner j’étais tombée dans Douglas Kennedy, là j’ai fait femme et français ! Et « femme » ça se sent dans l’incipit (c’est-à-dire l’ouverture du roman) : une femme, dans sa cuisine, épluche des pommes de terre, se coupe et pleure. Plus tard, elle rend visite à sa voisine qui elle aussi est dans sa cuisine au milieu de légumes… Scène suivante, la femme bourge, bien mariée,mange dans un resto chic et sa super copine lui apprend que son beau mari a une aventure avec UN collègue avocat. Scène suivante, un chef d’entreprise rondouard est au lit avec sa maîtresse, femme de sexe et de tête.

Bilan de ces quelques soixantaines de pages : nous avons donc eu droit à la pauvre femme au foyer désespérée; à la voisine indépendante et anti-homme; à la bourgeoise riche et dédaigneuse et enfin à la secrétaire maîtresse de son patron… Comment vous dire… En sortant de Illusions Perdues, ça fait un choc! c’est un peu comme sauter dans le vide sans parachute. Il y a de bons côtés: ça se lit vite et ça se comprend très bien.

Note du 9 août 2008:

Plus de 150 pages plus tard, je dois reconnaître que l’on se laisse prendre même si on sent que la multiplication des personnages, et notamment des couples, permet de remplir des pages.

Une autre chose me gêne. L’une des héroïnes, Joséphine, est spécialiste du XIIeme siècle et plus précisément de la condition de la femme au XIIeme. A la fin du roman l’on trouve une bibliographie dont Histoire de la vie privée par Ariès et Duby, le fameux Le Chevalier, la femme et le prêtre du même Duby, mais aussi Histoire des femmes par, encore, Duby et Michèle Perrot, ainsi qu’un ouvrage sur Aliénor d’Aquitaine. J’ai été intriguée par cette bibliographie puis en lisant le roman, j’ai compris que Pancol avait potassé ces ouvrages pour trouver matière… et je vais vous dire, ça se sent. Le problème est là. Lorsque l’héroïne parle du Moyen-Age, ça fait récitation, ça fait leçon sue mais non digérée. En soi ce n’était pas idiot, cette bibliographie, le problème est que du coup la fameuse chercheuse au CNRS perd de sa crédibilité; on n’a beau faire, ou plutôt, j’ai beau faire, subsiste en moi le doute que Pancol s’y connaisse suffisamment pour créer réellement l’illusion romanesque. Je me dis, elle a trouvé ça en lisant Duby. Le problème vient aussi que le savoir est étalé, déballé en bloc, comme une récitation, or il manque le vécu, ce que j’appelle prosaïquement la digestion du savoir, la période nécessaire qui permet de s’approprier ce que l’on a lu pour povoir le réutiliser en y mettant de soi. c’est un problème que je connais bien moi-même puisque je lis sans cesse des ouvrages critiques sur Sand ou sur son oeuvre, mais pour pouvoir construire sa propre réflexion il faut que tout cela soit intégré, maché et… digéré !

L’autre problème est la référence constante aux crocodiles, référence au titre bien sûr mais la métaphore filée est un peu trop appuyée comme pour justifier sans cesse ce fameux titre. Donc les méchants ont des yeux fendus comme des crocodiles, prêts à vous dévorer, on s’achète des bottes en croco, sans compter l’un des personnages travaillant dans un parc de crocodiles. Ok; on a compris, le titre est justifié !

Note du 12 août 2008:

Fini cette après-midi. Bilan général : j’avoue malgré tout que je me suis laissée prendre, que le rythme est bon, créé notamment par un passage incessant d’un groupe à l’autre. Certains événements sont toutefois téléphonés et ratent leur effet; d’autres sont trop exagérés (la voisine bâtarde de la famille royale; la fille qui a une relation avec Mick Jagger…) et subissent du coup la même conséquence. De façon générale disons que les méchants sont punis, et les gentils sont sauvés, deviennent beaux, intelligents et riches. Il y a une légère impression de surfait, d’esprit très parisien, on cite la magasin Colette, Prada, le Elle etc.

Autre défaut remarqué, le personnage d’Antoine, ex-mari de l’héroïne (celle qui pleure au début dans sa cuisine) qui finit bouffé par un croco sans doute parce que Pancol ne savait plus quoi en faire, du moins c’est l’impression que j’en ai eu; mais aussi sans doute est-ce un effet « littéraire » (je tiens aux guillemets) puisque ce pauvre homme trop faible, incapable de faire fortune alors que tous les autres personnages croulent sous les euros, se fait finalement engloutir par plus fort que lui… et fin de la métaphore filée, trop fort !

En bref, c’est finalement un roman qui se lit agréablement sans beaucoup de surprises, comme une série télé sympathique. Le personnage de Marcel est bie  vu, et m’a fait rire à certains moments. Donc une lecture d’été type. Il est possible que je lise la suite quand elle sortira en poche. Le titre comprend le mot « tortue », j’ai hâte de voir la nouvelle métaphore filée…..

bon-point
7 / 10