« La magie des grimoires, petite flânerie dans le secret des bibliothèques » de Nicolas Weill-Parot


Nicolas Weill-Parot, historien, nous emmène dans les plus belles bibliothèques européennes à la recherche de vieux manuscrits. Il nous raconte le parcours d’un historien chercheur depuis le choix de son sujet d’étude jusqu’à la découverte de vieux manuscrits lui permettant d’enrichir sa recherche. Nous le suivons avec passion dans les méandres labyrinthiques des bibliothèques d’études : la BNF de Paris, la Cambridge University Library, la bibliothèque de Wellcome Institute mais aussi, ou encore la Bibliothèque vaticane gardée par un véritable cerbère.

Les pérégrinations de Nicolas m’ont rappelé de doux souvenirs, et certaines phrases ont résonné très fortement en moi :

Entrer pour la première fois dans une salle de lecture est une expérience déconcertante. […] Parfois, après une longue absence, il se retrouve aussi égaré qu’au premier jour et ressent comme une injure d’être pris pour le novice qu’il paraît être pourtant. (pp.56/57)

Il m’a presque donné envie de reprendre ma thèse… J’ai dit presque ! Car Nicolas n’est pas toujours tendre avec les bibliothécaires ou les gardiens de ces hauts lieux : le regard suspicieux, la mine patibulaire où presque, mais aussi les regards noirs des voisins ne supportant pas même le clic clac des touches pressées de l’ordinateur.

Il se concentre essentiellement sur les salles de lecture réservées aux chercheurs, et décrit très bien la désillusion des primo-chercheurs pensant recueillir un manuscrit et se retrouvant avec une petite boîte renfermant un microfilm. A travers les pages de son livre, l’auteur explique très bien ce monde à part, cette bulle dans laquelle nous pénétrons quand nous travaillons dans une salle d’étude :

Quand ils travaillent, ces lecteurs que l’on voit assis assez banalement vivent chacun à un moment différent de l’histoire ; leur présence corporelle est une illusion, leur esprit habite chacun un temps révolu ou un lieu inaccessible. Ils s’engouffrent dans la parcelle de temps qu’emprisonnait le manuscrit qu’ils viennent d’ouvrir. (p.75)

Il m’est bien difficile de vous parler de ce livre sans avoir envie de recopier les multiples passages que j’ai soulignés au fil de ma lecture, tant les réflexions sonnent justes et portent à discussions. Il nous donne envie de visiter et de nous perdre dans ces lieux renfermant tant de trésors et qui sont tellement chargés d’histoire et de culture. Le tout est parsemé de petites anecdotes souvent drôles qui rendent la lecture très vivante et réjouissante. A découvrir donc, comme les autres ouvrages publiés dans cette collection.

Bibliothèque vaticane, Rome

Livre lu dans le cadre du Challenge Le Nez dans les livres, et du rendez-vous « Un jeudi, un livre » en compagnie d’Asphodèle, toujours fidèle au poste.