« Virginia et Vita » Christine ORBAN


Orban virginiaEn 1928, Virginia et Vita vivent, depuis le début des années 20,  une relation amoureuse alors même que toutes les deux sont mariées. Christine Orban propose, dans ce roman, de nous faire partager cette relation saphique. Elle dresse le portrait de deux femmes, l’une écrivain modeste mais géniale, Virginia, l’autre, romancière dilettante fille du baron Lionel Edward Sackville-West. L’année 1928 est aussi l’année où Virginia Woolf entame la rédaction d’Orlando dont le personnage éponyme est inspiré de Vita. J’ai lu Orlando durant mes études universitaires, un roman hors norme, exigeant et étrange, où le personnage, jeune noble au début du roman, va changer de sexe. L’histoire se déroule sur quatre siècles. Si le personnage change de sexe il n’en oublie pas pour autant ce qu’il a vécu en étant un homme.

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Bilan mensuel de lecture : Mars 2016.


logo-bilan-mensuel1Nous voici déjà en avril ! Même si le printemps a du mal à pointer son nez, mon cerisier, lui, ne se trompe pas et depuis hier s’est couvert de petites fleurs blanches. Avant de profiter de la douceur du soleil printanier, il est temps de tirer le bilan de mes lectures de mars.

Contrairement aux deux mois précédents, je ne suis pas parvenue à chroniquer tous les livres lus. Deux billets de retard qui devraient voir le jour, ce week-end, si les copies amoncelées m’en laissent le temps. Je jetai ce matin un petit coup d’œil sur mon carnet de lecture mensuel et je constate que cette année pourtant je m’en sors mieux, sans doute parce que je parvient à mieux m’organiser dans mon travail et aussi parce que je parviens à me garder un peu de temps pour moi. Je suis moins dans la course.

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Bilan mensuel de lecture : Novembre 2013.


logo-bilan-mensuel1Ce matin, il fait un temps d’hiver comme je les aime : un timide soleil, un ciel bleu et lumineux, sur le sol des feuilles jaunes qui tapissent l’allée et la pelouse du jardin, sur les toits une légère couche de givre. Un temps idéal pour rédiger ce bilan mensuel, dire au revoir à l’automne et accueillir l’hiver !

Ce mois-ci, j’ai dû délaisser quelques peu ma PAL, étant encore bien loin d’avoir rattrapé mon retard et me demandant même si je le rattraperai un jour. Mais comme on dit en Italie : chi va piano, va sano e lontano, chi va forte, va alla morte !*

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« Lectures intimes » Virginia WOOLF


Woolf Lectures intimesLectures Intimes rassemble plusieurs textes parus dans divers revues.

Le recueil s’ouvre par un texte sur Jane Austen, présentée comme gaie, pleine de vitalité, géniale même par cet œil critique et en même temps un peu espiègle sur sa société. Mais c’est l’analyse que Virginia Woolf fait de Persuasion qui est réellement passionnante dans ce premier texte, analyse qui montre comment Jane Austen, petit à petit, devenait romantique.

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« Le jardin blanc » Stephanie BARRON – Rentrée Littéraire 2013.


barron le jardin blancStéphanie Barron est connue pour sa série mettant en scène Jane Austen en détective privée. Bien qu’ayant les trois ou quatre premiers tomes de cette série dans ma PAL depuis des lustres, je ne l’ai pas encore lue. Dans ce roman, Stéphanie Barron délaisse Jane Austen pour Virginia Woolf et Vita Sackville-West et, par là même, change également d’époque.

Jo Bellamy est américaine et paysagiste. Elle est embauchée par Gray Westlake pour réaliser une copie du jardin blanc de Vita Sackville-West. Elle se rend donc en Angleterre dans l’ancienne demeure de Vita Sackwille-West dont le jardin est entretenu d’une main de maître par Imogène. Dans un carton délaissé, Jo mets la main sur un carnet qui a les accents de l’écriture de Virginia Woolf, mais il commence à une date où l’auteure était pourtant déjà morte…

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Journée de la femme !


sand nadarCurrer Bell, George Eliot, George Sand, toutes, victimes du conflit intérieur comme en témoignent leurs écrits, cherchèrent en vain à se voiler en se servant d’un nom d’homme. Elles rendaient ainsi hommage à cette convention qui, si elle n’a pas été créée par l’autre sexe, a du moins été si fortement encouragée par lui (la plus grande gloire pour une femme est qu’on ne parle pas d’elle, disait Périclès qui était, lui, un des hommes dont on parle le plus), que toute publicité les concernant est détestable.

Virginia Woolf, Une chambre à soi, 1928

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Challengéïte : le retour ! (Gilmore Girls 2 – Virginia Woolf – Myself)


Cette nuit, il a beaucoup neigé. Le jardin est tout blanc, les voitures sont englouties, le silence règne. C’est une journée idéale pour rester au chaud et faire le point sur les nouveaux challenges auxquels je me suis inscrite ces derniers jours. En ce mois de janvier, les blogueurs ont multiplié les challenges et beaucoup sont très tentants.

Commençons par ceux qui se poursuivent, mais ont été repris par d’autres blogueuses méritantes !

challenge gilmore girls 2013

Tout d’abord le Challenge Gilmore Girls, créé initialement par Karine, a été repris par Touloulou. Le principe reste le même : il s’agit de lire les romans évoqués dans la série (la liste des œuvres est disponible LA). Touloulou nous propose plusieurs catégories selon le nombre de livres que l’on estime pouvoir lire dans l’année. J’ai choisi le niveau deux : 5 livres, Niveau Lorelai Gilmore. J’ai aussi très envie de finir de voir la saison 1 du feuilleton. Touloulou nous suggère également d’insérer des images de la série dans nos billets et de trouver, éventuellement, des images de la série se rapportant à notre lecture.

challenge gilmore niveau Lorelai

Nous pouvons tenir compte des livres lus l’an dernier, je ne sais pas encore si je le ferai. J’ai envie de le reprendre de zéro. Le challenge prendra fin le 8 octobre 2014, date de l’anniversaire de Rory.

Mes lectures :

Pinocchio Collodi

Emma de Jane Austen

Little Stuart de White

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Autre reprise : le rendez-vous bimensuel lancé par Pimprenelle : Découvrons un auteur. Cette fois c’est Stéphie qui reprend la main. Pour le dimanche 10 février, elle nous propose de lire un roman de Karine GIEBEL. J’ai Meurtre pour rédemption dans ma PAL, un énorme pavé de près de  1000 pages, j’espère pouvoir le lire pour le 10/02.

découvrons un auteur Giebel

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Lou a eu la très bonne idée de relancer son propre Challenge Virginia Woolf ! J’en suis très heureuse, car j’ai encore de nombreuses oeuvres de Virginia dans ma PAL. Bien que son oeuvre soit difficile d’accès et me donne du fil à retorde, j’ai très envie de poursuivre ma découverte et sans doute de relire son journal.

challenge virginia woolf

Là aussi plusieurs niveaux nous sont proposés. J’ai choisi pour ma part le niveau Orlando (roman qu’il me faudrait relire d’ailleurs!) : trois textes de Virginia Woolf et une biographie OU une œuvre inspirée de sa vie. Je dois avoir un bio parue chez FolioBiographie dans ma PAL. Je suis donc parée !

Le Jardin blanc de Stéphanie Barron

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challenge Myself

Enfin, un challenge très original autour duquel j’ai  tourné pendant de nombreux jours : Challenge Myself de Romanza. Romanza nous propose de nous créer un défi de lecture pour 2013. A nous de définir notre objectif. Dans la mesure où je me suis déjà fixé plusieurs objectifs pour cette nouvelle année, je me suis dit qu’il serait plus sympa d’en partager un. J’aime l’idée de partager notre objectif et de nous encourager mutuellement.

J’ai donc décidé de relire les 5 premiers tomes de la série Harry Potter et de, enfin, lire les deux derniers tomes. J’avais lu les 5 premiers au temps de leur sortie en poche, mais depuis le temps a passé, et même si j’ai souvent vu et revu les films, j’ai très envie, pour mieux apprécier la lecture des deux derniers tomes, de tout relire. Pour l’occasion je me suis même créé un petit logo :

challenge Myself Harry Potter

Mes Lectures :

Nous sommes déjà quelques unes à nous être inscrites, toutes avec des projets différents et intéressants :

 –  Deuzen a décidé de créer toute une liste de roman dits « cultes »
 –  Fleur a remarqué avec tristesse qu’elle lisait peu de classiques. Elle a donc décidé cette année de lire un monument de la littérature russe, ainsi qu’une œuvre phare de la littérature anglaise.
–  Lilly découvre Anthony Trollope cette année.
–  Lou veut connaître davantage deux auteurs classiques anglais : Elizabeth Gaskell et Anthony Trollope.
 – Maggie a décidé de lire un pavé de la littérature mondiale, elle doit encore confirmer son choix.
–  Patacaisse réfléchit encore à son défi.
Romanza. J’ai décidé de découvrir Marcel Pagnol, auteur français que je n’ai encore jamais lu.
– Shelbylee a créé une liste de romans incontournables qu’elle n’avait encore jamais pris le temps de lire. Elle se lance ce défi cette année.
Suzanne a décidé de lire plusieurs romans qui dorment depuis trop longtemps dans un coin.

 Virgule veut plonger davantage dans les joies de la littérature victorienne.
Voilà ! c’est fini pour l’instant !
Si vous avez envie de vous inscrire ou de découvrir plus spécifiquement tous ces challenges je vous laisse cliquer sur les liens s’y référant.
Très bonne journée à vous tous !

« Mariage à la mode » de Katherine Mansfield


Je ne connaissais Katherine Mansfield que de nom, et aussi parce que je l’avais croisée dans le journal de Virginia Woolf qui, avec son mari, avait édité quelques unes de ses oeuvres. Un soir en montant mon escalier pour aller me coucher, j’ai pris au vol ce Folio 2€. Deux courtes nouvelles : La Baie et Mariage à la mode, qui se lisent très vite et … s’oublient aussi vite ! C’est épouvantable, mais je dois reconnaître que je ne me souviens plus du tout de la première nouvelle, j’ai bien pris quelques notes mais, voilà qu’une semaine est passée et qu’il ne m’en reste que de vagues images, et quasi aucune de la toute première nouvelle. Cet oubli est sans doute le signe, que, malheureusement, cette nouvelle n’est guère marquante.

La seconde est plus présente à mon esprit donc je parlerai surtout de cette nouvelle-ci. Un homme rentre de Londres en train, comme chaque week-end, pour rejoindre sa femme et ses enfants. Depuis quelques temps, sa femme fréquente des amis très à la mode, quelques originaux qui influencent Isabel, et l’éloignent de son mari. Invités chaque week-end dans leur maison au bord de la mer, ils accaparent Isabel qui délaisse alors William. William sent que les choses changent, et, en repartant, à la fin du week-end, vers Londres et son travail, il dépose une lettre d’amour à sa femme.

katherine Mansfield décrit bien l’éloignement des époux, les chemins divergents qu’ils sont en train de prendre. Isabel, délaissée la semaine par son mari, trouve, chez ses nouveaux amis, une attraction qui rompt l’ennui. William, loin de sa famille pendant la semaine, l’entre-aperçant seulement le week-end, est en décalage, et de plus en plus étranger chez lui. Il ne reconnait plus sa femme, et celle qu’elle était lui manque. La lettre est une façon de la retrouver, mais, vous verrez, en lisant la nouvelle, que ce ne sera pas si simple. En peu de pages, Mansfield parle du couple, de la distance, mais aussi de l’amour, et rien que pour cela, cette nouvelle est à lire.

Nouvelles lues dans le cadre du Challenge 2€, et du Challenge God save the livre.

« Mrs Dalloway » Virginia Woolf


Ce roman dormait si longtemps dans ma PAL que je ne l’avais même pas noté dans ma PAL NOIRE !!! un comble ! J’ai eu une période Virginia Woolf quand j’étais en fac. J’avais lu Orlando et son Journal… mais depuis de longues années je l’avais négligée, à part quelques pages lues de L’Art du roman, l’an dernier ! Alors quand le Club de lecture, auquel je me suis inscrite, a proposé une lecture de Mrs Dalloway, j’étais contente, c’était la bonne occasion !

Les pages avaient jauni depuis le temps… quel malheur !

Bien, venons en au fond du problème !

Le mot qui me vient spontanément à la bouche est : OUF !!! enfin j’en suis venu à bout ! Dès les premières pages nous sommes plongés dans les pensées de Clarissa Dalloway, femme mariée à un membre du gouvernement anglais, bourgeoise donc, et femme soucieuse, à la fois de son image, mais aussi de celle de sa famille, de sa maison. Par plusieurs points, cette Mrs Dalloway me fait à Bree dans Desperate Housewife, version anglaise.

Le roman se propose donc de suivre pendant une journée entière Mrs Dalloway préparant une grande soirée chez elle. En chemin, on croise différents personnages, liés ou non, à Clarissa, et à chaque fois nous pénétrons les pensées de ces personnages. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le roman, à comprendre comment il fonctionnait, à me laisser aller à ce flot de pensées… le roman est rythmé par les coups de Big Ben. Londres est au centre de cette déambulation à la fois physique de Clarissa Dalloway et mentale. Les lieux sont cités, le nom des rues, ce qui pourrait faire penser à un roman réaliste, mais Virginia Woolf se démarque de tout réalisme. Ce qui l’importe avant tout ce sont les pensées, et la complexité de l’être. Parfois le récit part dans des considérations poétiques et fantastiques. Si les premières m’ont séduites, les secondes m’ont souvent laissée sur la touche !

Toutefois, je ne peux que reconnaître la style, la maîtrise dont Virginia Woolf fait preuve dans ce roman. Le début par exemple est tout à fait symptômatique de cette maîtrise. Les points virgules se succèdent entre chaque pensée, rythmant la marche de Clarrissa Dalloway dans Londres.

Mais la densité du roman, la nécessité de rester concentrée, m’ont souvent désespérée ! C’est une lecture donc bien paradoxale que celle que j’ai faite de ce roman !

Les thèmes du suicide, de la folie sont présents, des thèmes chers à Virginia Woolf et qui sont d’autant plus troublants qu’ils concernent de près Virginia Woolf qui se suicida en 1941. J’ai une certaine  tendresse pour cette auteure et aussi une grande admiration, et ne pas avoir aimé ce roman considéré comme son chef-d’oeuvre me déçoit! Je suis donc plus déçue par moi que par Virginia Woolf !

 

 

 

 

 

 

Challenge Virginia Woolf par LOU

 

 

 

 

« L’art du roman » Virginia Woolf


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Cela fait quelques temps que je voulais me replonger dans l’œuvre de Virginia Woolf ! J’avais lu avec plaisir Orlando ainsi que le journal d’écrivain, mais il me restait l’impression d’être passée à côté de l’essentiel ! Comme une biographie vient de sortir, lors d’une descente fnacqueste, je suis tombée sur : L’art du roman ! et j’avoue que ce qui m’a surtout attirée dans ce choix sont les nombreuses allusions à Jane Austen et notamment un article intitulé : « Les Femmes et le roman »… je suis toujours attirée par les réflexions sur les auteurs-femmes, par leur approche de la vie !

Ce livre est un recueil d’articles sur la littérature anglaise, russe, sur la lecture etc. Il se lit au fil des envies! Alors que j’écris ce billet, je dois avouer que je ne l’ai pas lu dans son intégralité, choisissant les articles qui me parlent,m’interrogent ! j’ai sans doute trop lu d’essais critiques, et j’ai besoin à présent de me laisser porter par mes envies !

J’ai donc particulièrement apprécié l’article sur le « Roman moderne » qui analyse la différence entre les romans victoriens et les romans georgiens, mais aussi « Ce qui frappe un contemporain » dans lequel Virginia Woolf avoue sa préférence pour Austen et Scott ; sans oublier « Les femmes et le romans », dans lequel Virginia Woolf insiste sur le fait que les femmes n’ont pu écrire qu’à partir du moment où elles pouvaient avoir une chambre à elles ! élément essentiel pour écrire.

« Le roman était, comme il l’est toujours, ce qu’il y avait de plus facile à écrire pour une femme. Et il n’est pas difficile d’en trouver la raison. Le roman est la forme d’art qui exige le moins de concentration. Un roman peut être pris ou laissé plus aisément qu’une pièce de théâtre ou un poème. George Eliot abandonnait son travail pour soigner son père. Charlotte Brontë posait sa plume pour enlever les yeux des pommes de terre. D’autre part, vivant dans la salle commune, entourée de gens, une femme était exercée à ‘observation et à l’analyse des caractères. Elle était préparée à être une romancière, non un poète. » (p.91)

A l’aide de mon ami le crayon à papier, j’ai passé un moment agréable à lire et à souligner les phrases clefs qui ponctuent ce petit livre ! On trouve même une référence à Charing Cross Road, à la page 76,  j’aime tant quand les livres se répondent !

On trouve également toute une réflexion sur la lecture et les critiques, et j’ai noté avec plaisir cette petite phrase qui finalement peut également nous concerner, nous qui tenons un blog de lecture :

« Le seul conseil que [les critiques] puissent donner au lecteur, c’est de suivre son propre instinct, de le suivre courageusement et, plutôt que de le soumettre à l’autorité de n’importe quel critique, n’importe quel chroniqueur vivant, de l’éprouver par la lecture et de relire les chefs-d’oeuvres du passé » (p.33)

Il me reste encore plusieurs articles à lire, notamment un intitulé : « Comment lire un livre », qui me titille, mais j’ai envie d’y aller doucement, en savourant, pour éviter la lassitude ! je reviendrai donc sur ce petit livre, qui est une merveille de finesse, avec un style, un regard sur la littérature où se mêlent humour, intelligence et sagesse !