« Un Pedigree » Patrick MODIANO


Modiano PedigreeOn peut lire un auteur pour de bonnes ou de mauvaises raisons, tout dépend du point du vue. Hier, en fin d’après-midi, j’ai ouvert Un Pedigree de Patrick Modiano et je l’ai refermé ce matin à 9h. Lire Modiano hier, parce que, malgré la chanson de Vincent Delerm, malgré son Goncourt, malgré son Prix Nobel de littérature, je ne l’avais encore jamais lu. Lire Modiano, par énervement contre une ministre soit disant de la culture qui n’a pas été fichue de citer un titre de ses romans. Lire Modiano pour savoir, peut-être aussi simplement pour combler une lacune littérature. Lire Modiano pour ces raisons-là, sont-ce les bonnes ou les mauvaises raisons ? Chacun jugera, ou pas, peu importe, quoiqu’il en soit il n’est jamais trop tard pour lire un auteur que l’on n’a encore jamais lu.

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« Memory » Vincent Delerm, théâtre


Je suis amoureuse de Vincent depuis la sortie de son premier album ! je l’aime lui, son père, sa mère… toute la famille ! Grâce à ma grande sœur, je suis allée hier soir voir son spectacle aux Bouffes du Nord, un théâtre étrange, quelque peu délabré, aux stucs effrités, comme rescapé d’une guerre quelconque, nous avions l’impression d’être dans une autre époque !

Dans ce spectacle, Vincent Delerm met en scène un personnage, Simon, que la fuite du temps terrifie. Sous l’égide de Woody Allen (le titre de son spectacle renvoie au film Stardust Memories, et la voix de Woody Allen ouvre le spectacle). Quelque peu déprimé, Simon fait le point sur sa vie, ses souvenirs, assailli par des chansons, des discours sur la triste condition de l’homme face au temps qui passe et qui efface les souvenirs, nous fait changer, nous fait oublier les choses que nous pensions importantes.

Plusieurs saynètes se succèdent, ponctuées de chansons de Vincent dans lesquelles se lisent la nostalgie mais pas seulement. Car nous retrouvons l’humour de Delerm, ses textes justes qui  juxtaposent les mots évocateurs, des mots qui nous renvoient à nos propres souvenirs.

Woody Allen, mais aussi Léo Ferré, Buster Keaton, sont autant de références culturelles, loin des clichés culturels, mais qui témoignent d’une appartenance intellectuelle dans laquelle je me retrouve. Avec Vincent on se souvient (à la façon de Perrec) des Rolland-Garros avec Boum-Boum, ou comment un cour de tennis peut être une métaphore de la vie ; de notre premier flirt ; de nos émissions d’enfant ; de nos réunions de famille… Aux rires se mêlent souvent une bonne dose de nostalgie, nostalgie que, pour ma part, je nourris depuis longtemps avec une certaine désespérance parfois, l’âge avançant.

Le spectacle est animé par plusieurs films projetés sur des draps, des écrans de fortune, des films noir et blanc de visages des années 50/60, des années de jeunesse de nos parents, des années lumineuses malgré le noir et blanc.

J’en suis ressortie d’abord envahie par une certaine tristesse, l’impression que décidément, comme dit Ferré tout fout le camp avec le temps, et puis, au volant de ma voiture, mes sentiments ont évolué, soudain j’ai senti à tel point la vie est belle, à tel point il faut en profiter, de tout, tous les jours, à tous les instants, pour ne pas se réveiller à la fin du compte en se disant qu’on est passé à côté.

Un spectacle qui relève parfois du théâtre expérimental, mais Delerm sait nous amener dans son univers, et nous renvoyer à nous-mêmes.

Merci ma sœurette, pour cette belle soirée passée avec toi et maman….. et Vincent au piano !