« Thomas Drimm » Didier Van Cauwelaert (tome 1)


C’est un peu le livre phénonème du moment. Didier Van Cauwelaert, que l’on connaît comme romancier hanté par l’image du père, édite un roman pour ado. On pourrait être surpris, et en effet on l’est…. mais heureusement surpris !!!!

Thomas est un jeune garçon de 13 ans, dodu, entouré par une mère psy et harcelante, et un père alcoolique… Ce pauvre garçon va cependant devenir le héros improbable de ce roman, en tuant accidentellement un vieux savant sur la plage…. vieux savant qui va se réincarner dans l’ours en peluche de Thomas.

Ce roman d’anticipation nous entraîne dans un monde totalitaire où le Hasard est élevé au rang de Divinité, où la puissance vient des victoires aux jeux.  Les ministres sont des sportifs falots, et stupides, manipulés. Les dépressions nerveuses, l’obésité sont autant d’infraction aux codes… et chaque homme a, insérée dans son crâne, une puce électronique.

Par certains côtés, j’ai senti une inspiration prise dans Retour vers le futur : la relation jeune et savant fou ; mais aussi le clin d’oeil au carburant de voiture fait de fruits et notamment de bananes, sans parler de la vision totalitaire du futur ! Mais les comparaisons s’arrêtent là, et Van Cauwelaert parvient à créer son propre monde et à nous emmener avec lui. J’ai une grande tendresse pour l’ours, oui je vous l’avoue, j’adorerais avoir le même !!! j’en rêve !!! mais je préfèrerai qu’il me parle de littérature….

Ce que je trouve aussi intéressant c’est précisément l’aspect scientifique de ce roman pour ado… Je n’ai pas tout suivi, mais ça tient debout, on y croit… Contrairement à certains romans pour ado aux histoires amoureuses mièvres, Van Cauwelaert, prend l’option de la science. On voit évoluer Thomas, se métamorphoser, prendre de l’assurance, et on n’a qu’une envie lire la suite de ses aventures !

Le style est rythmé, agréable, les pages se tournent avec plaisir et sans effort, chaque chapitre apportant son lot de rebondissements. Pourtant, il me manque un petit quelque chose : non tant du point de vue du style ou de l’histoire, mais plus du point de vue de la composition. Certaines scènes ne sont pas suffisamment expliquées  : je pense notamment aux rêves de Thomas… ils apparaissent importants, posent un mystère, puis son résolu en un tour de main… D’autre part, j’ai dû souvent vérifier l’âge de Thomas…. 13 ans me paraît bien jeune pour un tel éveil à la sexualité… 15 ou 16 me paraîtrait plus juste mais du coup échappe à la cible des lecteurs !

Ce ne sont que des petits points critiques, qui n’entravent absolument pas la lecture !

Un grand merci aux Editions Albin Michel et Paola Alegria pour l’attention et l’enthousiasme dont elle a fait preuve pour le Prix Littéraire des Blogueurs