« Une mémoire d’éléphant » Agatha Christie


Voilà un roman qui n’aura même pas eu le temps de passer par la case PAL, acheté samedi chez un bouquiniste rouannais, je l’ai commencé dans le train de retour vers Paris, et fini hier, dimanche ! Littéralement avalé, gobé ! Il faut dire que depuis la semaine dernière, lire un nouvel Agatha Christie me titillait, me gratouillait !

Ce roman paraît en 1972, année de ma naissance, mais malgré cela, il fut très difficile pour moi, d’imaginer Poirot avec des chemises à col pelle à tarte et pantalon patte d’éph (il fallait que je la case celle-là). Indéniablement l’univers des romans d’Agatha Christie s’inscrit dans mon imaginaire au début du XXème siècle ! Peu d’indications temporelles nous permettent de situer réellement l’intrigue dans une époque définie, cela me conforte donc dans mon illusion.

Mrs Ariane Oliver  se rend à un déjeuner littéraire. Elle se fait accoster par une certaine Mrs Burton-Cox, qui lui parle du couple Ravenscroft, parents de Célia, nièce d’Ariane, et qui ont été retrouvés morts plusieurs années auparavant. La police avait conclu à un double suicide, sans que cette conclusion ait été réellement satisfaisante. Mrs Burton-Cox, dont le fils doit épouser Célia Ravenscroft, s’inquiète de savoir qui de la femme ou du mari a tiré le premier. Intriguée et un peu choquée par cette interpellation, Ariane s’en réfère à son vieil ami Hercule Poirot. Ils décident ensemble de faire le jour sur cette affaire troublante, et  d’interroger les anciens témoins, espérant que ceux-ci aient une mémoire d’éléphant !

Le titre, faisant référence au célèbre proverbe, est filé tout au long du roman : Et je suis parvenue progressivement à la conclusion que nous devrions chercher les gens qui ressemblent aux éléphants. Parce que les éléphants, dit-on, n’oublient pas. (p.31), explique Ariane à Poirot. Les éléphants ne sont donc pas présents en tant que tel dans le roman, mais désignent ces témoins qui ont gardé une trace dans leur mémoire des évènements passés : Les éléphants se souviennent, répondit la romancière. Mais nous sommes des humains et, Dieu merci, les humains oublient. (p.187).

Grâce à ce roman, j’ai enfin fait la connaissance d’Ariane Oliver, romancière et double d’Agatha Christie, qu’il me tardait de croiser dans un des romans. On sent l’ironie d’Agatha Christie sur son métier et sa popularité, et notamment sur les lettres d’admirateurs aux sentiments exaltés. Tout comme Hastings, le personnage d’Ariane, est témoin de l’avancée des réflexions d’Hercule Poirot, tout en participant à l’enquête. Elle excelle dans l’interrogatoire détourné, en entraînant, mine de rien, les personnes à se confier, mais c’est bien Poirot qui parviendra à démêler les fils.

Celui-ci est fidèle à lui-même, toujours si ironiquement prétentieux, et dont l’esprit fonctionne à plein régime. Peut-être parce que l’intrigue est un peu moins bien ficelée, j’ai découvert le fin de mot de l’histoire au cours de ma lecture, et je ne suis pas peu fière d’avoir rivalisé avec Hercule ! Bien qu’Agatha nous balade un peu dans tous les sens, nous laissant suivre plusieurs fausses pistes, je suis parvenue à percevoir assez rapidement où tout cela allait nous mener ! Mais ce n’est pas bien grave ! c’est un peu comme les Columbo, on a beau savoir qui est le meurtrier dès le début, ce qui nous tient c’est de savoir comment l’inspecteur va démêler les fils.

L’intérêt de ce roman tient également au fait que le meurtre a eu lieu plusieurs années auparavant, et que les éventuels témoins risquent d’avoir une mémoire défaillante. Ariane Oliver rappelle à Hercule qu’il a déjà élucidé ce genre d’intrigue et fait ainsi référence à un autre roman : Cinq petits cochons. Un peu plus loin il est également fait référence à Mrs McGinty est morte. Dans les deux cas, Ariane insiste sur le fait que le présumé coupable n’était pas le bon, et qu’Hercule Poirot avait su pointer du doigt le vrai criminel !

Une lecture de week-end pluvieux bien agréable !

Roman lu dans le cadre du Challenge Année de naissance, Challenge Animaux du monde et Challenge Agatha Christie.

Challenge ABC Babelio : Lettre C

Défi Mia : 4/12