« Saga » Tonino BENACQUISTA


benacquista sagaQuatre scénaristes sur le carreau sont embauchés pour écrire une série programmée au milieu de la nuit : Saga. Ils bénéficient d’une totale liberté, le taux d’audience de la chaîne étant particulièrement bas à cette heure de la nuit. Le feuilleton n’a pour seul but de combler un tranche horaire laissée vacante. Les contraintes financières sont importantes : très peu de personnages et décors minimum.

Louis, le plus âgé, a travaillé il y a longtemps pour un grand scénariste italien, Mathilde se reconvertit après avoir fait carrière sous pseudonyme dans la romance, Jérôme s’est fait piquer son scénario par les Américains et le narrateur, Mario, rêve d’être scénariste !  Cette équipe de bras-cassés se met au travail et va se prendre à son propre jeu.

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Saint-Maur en poche, 5ème édition


saint-maur en poche 2013 afficheCette année encore, je suis allée trainer mes ballerines au Salon du Livre de Poche de Saint-Maur. Escortée de mon fidèle écuyer, Antoine et de ma non moins fidèle Miss Bouquinaix, nous avons passé la journée dans ce salon si sympathique. Cette année les polars étaient à l’honneur.

Nous sommes arrivés vers 11h et en sommes repartis à 18h. Autant vous dire que nous avons eu le temps de fureter et d’être tentés par mille et un livres.

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« La Boîte Noire et autres nouvelles » de Tonino Benacquista


J’étais un peu fâchée avec Tonino depuis la lecture poussive (et abandonnée) de Homo erectus, mais comme je n’aime pas rester fâcher bien longtemps avec un auteur, j’ai décidé de lui donner une autre chance, en espérant retrouver le style et l’humour du génial Malavita encore. Pimprenelle nous proposant de découvrir ou de redécouvrir Tonino, j’ai sauté sur l’occasion de lire (enfin!) ce petit recueil de nouvelles.

La Boîte noire est donc la nouvelle qui ouvre ce recueil. Je connaissais vaguement l’histoire pour avoir entre-aperçu l’adaptation ciné par Richard Berry, mais le film m’avait laissé une impression de noirceur que je n’ai pas vraiment retrouvée dans la nouvelle. Un homme se réveille dans une chambre d’hôpital après un accident de voiture. Son infirmière lui confie alors un carnet à spirales dans lequel elle a consigné pendant son coma vigile, un coma durant lequel le patient parle, toutes les divagations de son patient. Ce carnet renferme donc l’inconscient du personnage, Laurent Aubier.

– C’est une chance fabuleuse, monsieur Aubier, une chance à ne pas rater. Une antenne directe sur la boîte noire.

La Boîte noire ?

L’inconscient, si vous préférez.

Mais cette boîte noire est aussi une boîte de Pandore, et une fois ouverte, Laurent va y être absorbé, cherchant à élucider toutes les allusions, à se souvenir de tous les noms cités. Ce fut une lecture prenante, et rondement menée, en même temps qu’une réflexion sur l’oubli, la mémoire et l’inconscient. Est-ce vraiment une chance d’avoir accès à son inconscient, à ce que nous avons oublié, comme le laisse penser l’infirmière ? ou au contraire, l’oubli, la sélection des souvenirs est-il salvateur ? On voit, petit à petit, se profiler la chute, mais celle-ci est amenée en douceur et donne un goût savoureux à la nouvelle.

La Volière est une nouvelle plus légère malgré un début un peu sombre : Le narrateur vient de perdre son vieil oncle auprès duquel il avait passé sa jeunesse. Sorte de père de substitution, cet oncle, un peu original, était très proche de son neveu, c’est donc à lui, qu’il confie, alors qu’il agonise, sa volonté d’être enterré près de la volière ! Or, le narrateur ignore tout de cette volière ! Cette nouvelle est doublement intéressante, car si le mystère se lève sur cette fameuse volière, la chute ne réside pas dans cette révélation, mais dans une seconde qui surprend encore davantage.

Un temps de blues. Cette nouvelle est sans doute celle qui m’a le moins intéressée. Plus courte que les précédentes, elle n’est pas inintéressante mais ne m’a rien apporté.

Tranfert. Ici, par contre, j’ai retrouvé l’humour décalé de Benacquista. Un homme en couple depuis de longues années, croit tout connaître de sa femme, jusque dans ses pensées, répliques, et actes. Jusqu’au jour où elle lui conseille de consulter un psy., le pensant dépressif. Soudain, le narrateur ne reconnaît plus sa Catherine, s’énerve devant cette obsession du psy. Malgré une petite invraisemblance dans la chute, cette nouvelle m’a fait sourire, et la chute est délicieuse.

La Pétition. Cette dernière nouvelle m’a déçue par sa chute et par le côté excessif des péripéties. Un journaliste radio est parvenu à décrocher un entretien avec la star Harisson Ford, mais alors qu’il doit se rendre au rendez-vous, des amis lui soumettent une pétition à signer pour sauver un prisonnier condamné à mort. Le pauvre journaliste va être précipité dans une multitude de péripéties plus catastrophiques les unes que les autres, un vrai cauchemar. Toutes ces péripéties m’ont semblé terriblement exagérées, et je n’ai pas adhéré au récit.

Moi qui ne suis pas une grande adepte des nouvelles, j’ai été majoritairement séduite par celles de Benacquista. Il est évident qu’il maîtrise parfaitement le genre, et La Boîte noire, La Volière et Transfert se présentent même comme des cas d’école. Les chutes sont bien orchestrées, le style est léger, ironique, et les histoires ne sont pas dénuées de réflexions intéressantes, sur l’inconscient, les secrets de famille ou l’adultère. Me voilà donc réconciliée avec Benacquista !

Découvrons un auteur avec Pimprenelle cliquez sur le lien pour découvrir d’autres avis sur son œuvre !

Challenge 2€ initié par Cynthia

Challenge La Nouvelle initié par Sabbio

Défi Mia : 4/8

« Homo erectus » Tonino Benacquista


Cela m’arrive rarement et souvent j’essaie de me raisonner, j’essaie de pousser un peu plus loin, mais plus ça va et moins je parviens à me forcer pour finir un livre. Je n’ai plus envie de faire du sentiment, trop de livres m’attendent pour perdre mon temps dans une histoire qui m’ennuie. Alors voilà, je l’avoue, je ne finirai pas ce roman, et je vais tenter de vous expliquer pourquoi.

Plusieurs éléments me gênent dans ce roman. Tout d’abord le choix de la narration. Trois hommes prennent l’habitude de se retrouver dans une réunion entre hommes, où, qui veut, monte sur scène (ou tout comme) et déballe ses problèmes de couple ou de relation avec les femmes. Outre les histoires des trois personnages centraux, le lecteur va donc aussi entendre les confessions d’autres hommes. Et trop de confessions…. vous connaissez la suite. D’autant que ces confessions tombent très vite dans le cliché : l’homme trompé par sa femme avec un gogo dancer ; celui qui ne parvient plus à séduire ; l’impuissant etc etc. Une fois le lecteur attaché aux trois personnages centraux, les clichés ne tarissent pas : l’intello qui s’amourache d’une mannequin sublime et bien sûr le mari trompé qui paie une prostituée pour apaiser sa libido… et là j’ai dit STOP !!!!!! basta ! et je me demande où est passé l’humour de Benacquista que j’avais tant aimé dans Malavita encore, où sont passées les situations cocasses, les réflexions intéressantes ? Alors oui, le style est impeccable, les mots s’enchaînent avec aisance, mais le fond est, pour moi, inintéressant. Je vous dirai franchement que les histoires de quéquette m’indiffèrent. Comme le dit Asphodèle dans son billet sur ce roman, Benacquista nous fait-il une crise de la cinquantaine ??? Après deux jours de tentative, presque 100 pages tournées sur 270, j’abandonne là. Peut-être y reviendrai-je quand le roman sortira en poche.

Car, malgré tout, et un peu involontairement, ce roman a suscité, en moi, une réflexion. Je considère ce roman comme un roman masculin. Oui, je sais, moi qui me « pique » de défendre la mixité en littérature, qui ai tendance à penser qu’il n’y pas de style masculin et de style féminin, je reconnais finalement, grâce ou à cause de ce roman, que certains sujets « sexués » ne peuvent pas s’adresser, indifféremment, aux deux sexes. Et soudain, je comprends ces messieurs qui dénigrent nos auteures féminines dont les préoccupations seraient trop féminines, justement. Cela n’a rien à voir avec le fait que des femmes ne peuvent écrire des histoires sur des hommes, ou ne peuvent être de bonnes auteures de thriller, ni avec le fait que les hommes seraient des êtres insensibles, incapables de comprendre la sensibilité féminine, non, cela à avoir avec des sujets de roman portant spécifiquement sur le fonctionnement masculin ou le fonctionnement féminin. Le terme de fonctionnement ne me satisfait pas mais je n’en trouve pas d’autres. Or Homo erectus (comme le titre l’indique clairement, inutile de relever le jeu de mot, subtile, comme aurait dit Capelovici) a pour sujet l’homme en tant que mâle sexué. Et lire ce roman pour moi est aussi ennuyeux que pour l’Homme de lire un roman sur les interrogations d’une femme sur sa grossesse par exemple. Ce n’est pas tant le sujet en lui-même qui est inintéressant mais la façon dont il est traité. Prenez le roman d’Isabelle Monnin : La vie extraordinaire d’Eugène, le fait de prendre le point de vue du père qui survit à la mort de son enfant nouveau né, est intéressant, parce qu’elle ne penche pas vers la facilité qui aurait consisté, comme d’autres l’ont fait, à traiter le sujet d’un point de vue féminin, elle mêle, avec habilité les deux points de vue, mais favorise le point de vue masculin. Dans le roman de Benacquista, le problème vient de ce point vue uniquement masculin qui semble écarter le regard féminin et donc, la lectrice que je suis.

Je ne sais pas si j’ai été suffisamment claire, mais cette réflexion est sans doute à poursuivre et je compte sur vous, dans les commentaires, pour me dire ce que vous en pensez.

Enfin, je voulais remercier Martial pour l’envoi de ce Livre Voyageur…