« Séquestrée » de Chevy Stevens


Ce blog a besoin de frissons, c’est pourquoi je commence à me lancer dans les thrillers et autres polars, notamment sur les conseils de Miss Alfie et sous l’égide de Cynthia et son Challenge Thriller. Il faut dire que je suis une âme sensible, et que donc je devrais m’abstenir. Pour que j’ouvre un thriller ou un polar, j’ai besoin, au préalable, de savoir que le dit roman ne sera pas trop sanguinolent, et n’appuie pas trop sur la description des cadavres mutilés, j’y vais donc avec réserve et angoisse ! Avant de commencer Séquestrée je suis allé voir les copines pour m’assurer que je n’allais pas enchaîner les nuits blanches à sursauter au moindre craquement de ma maison. Une fois, plus ou moins rassérénée, j’ai ouvert ce thriller et j’ai été embarquée par cette histoire qui relève plus du thriller psychologique.

Annie O’Sullivan est agent immobilier sur l’île de Vancouver, alors qu’elle finit sa journée porte ouverte, un homme se présente. Après quelques hésitations, Annie lui fait visiter la maison, au moment de lui montrer le jardin, elle sent une arme pointée dans ses reins, et se retrouve balancée dans une camionnette. Elle vient d’être enlevée par un fou, le Monstre comme elle le surnomme. Séquestrée dans une cabane en rondins, elle va vivre une année de terreur.

L’originalité de ce roman repose essentiellement sur la narration. En effet le roman est divisé en une vingtaine de chapitres qui, chacun, correspond, à une séance avec sa psy. La narratrice est donc la séquestrée libérée, et cherchant à soigner ses angoisses. Se mêlent alors à son récit, des éléments du présent, et l’histoire de sa séquestration. La psy n’a pas la parole, seule la voix d’Annie résonne entre ses pages. Deux parties se distinguent : la première est essentiellement centrée sur le récit de sa séquestration, les violences, les humiliations, sa vie faite de peur et d’angoisse en compagnie du Monstre ; la seconde, ancrée dans le présent de l’après libération, s’oriente vers la résolution de l’énigme, qui se cache derrière cette séquestration et pourquoi ?

J’ai lu ce roman en trois jours, ce qui, a priori, est un bon signe. En effet, comme je le disais au début de ce billet, je me suis laissé embarquer dans cette descente en enfer, et j’ai trouvé intéressant le choix de la narration. J’avais envie d’en savoir plus, d’entendre la voix d’Annie, de voir progresser l’enquête. Toutefois je serais moins enthousiaste  que mes amies Liliba et Mango, d’abord parce que j’ai deviné assez rapidement qui se cachait derrière cet enlèvement, et derrière un autre évènement qui survient dans la deuxième partie. Il m’a semblé que tout cela était un peu cousu de fil blanc, même si certains rebondissements ont su faire leur effet, et m’ont donc surprise.

L’autre problème tient au style que j’ai trouvé simpliste, parfois maladroit comme cette phrase étrange : Emma m’a caressé la joue avec sa fourrure en me léchant la figure (p.261) (Emma est la chienne d’Annie). Ce n’est bien sûr qu’une phrase dans le corps du texte, mais cela révèle un peu les quelques problèmes stylistiques qui parfois ont stoppé ma lecture.

D’un point de vue psychologique, l’analyse est plutôt fine, et les angoisses, les peurs et les interrogations d’Annie sont bien perçues, on est en empathie avec cette jeune femme de 32 ans dont la vie a basculé dans l’enfer, et qui, bien que choquée par sa séquestration, montre une énergie de survie. J’ai aussi trouvé le personnage de Gary, le policier chargé de l’enquête, attachant.

Il m’a donc manqué un suspens dans la résolution dans l’enquête, j’aurais aimé être davantage surprise, mais ce thriller reste une lecture sympathique, car il répond assez bien au genre, surtout dans la première partie dans laquelle on s’interroge vraiment sur la façon dont Annie va se tirer des griffes du Monstre, mais aussi dans la seconde partie où l’on sent l’étau se resserrer autour d’Annie.

Merci à Valérie T. pour m’avoir permis de découvrir ce roman, et aux éditions de L’Archipel pour leur confiance.

Défi Mia : 9/8 aïe !

Challenge 1% Rentrée Littéraire 2011 : 3/7