« Les identités remarquables » Sébastien Lapaque


lapaqueMon nouveau statut de Libraire, me donne un privilège inestimable : pouvoir lire les romans de la rentrée Littéraire avant même leur parution ! Si je n’ai pas beaucoup écrit ces derniers jours, j’ai cependant lu… alors voilà le résultat… je sais que ça fera plaisir à FaFa qui me réclame à corps et à cris ! et du même coup je marque un premier point pour le Challenge 1% Littéraire ! (1/15)

Le premier roman donc, est celui de Sébastien Lapaque, à paraître mi-août. J’ai eu la chance de rencontrer l’auteur lors de la soirée organisée par les Editions Actes Sud (pour vous remémorer l’évènement c’est LA !). L’auteur m’avait beaucoup plu : humour pince-sans-rire, tout ce que j’aime… et je me faisais une joie de lire son petit roman m’attendant à retrouver cet esprit dans sa prose !

Le style interpelle d’entrée : le narrateur s’adresse au personnage à la 2ème personne, et annonce dès l’incipit : « Tu vas mourrir aujourd’hui, et tu ne le sais pas encore« … belle accroche, il est vrai, qui vous saisit dès la première ligne lue, avec une vague réminiscence de Butor dans La Modification, même si pour le coup il s’agit du VOUS ! mais le VOUS n’est-ce pas un TU de politesse ?

Passée cette première phrase, nous sommes embarqués dans un récit des petits faits de la vie quotidienne de ce personnage qui vit sa dernière journée. Il déjeune, s’habille etc etc. et finalement on tombe assez vite dans l’ennui de cette quotidienneté. Pour palier, Lapaque place en parallèle l’histoire de Mme Mystère, surnom donné par le barman à une femme qui s’installe tous les jours à une table avec son ordinateur… Cette femme, mystérieuse donc, belle, revancharde, est la commanditaire du futur assassinat.

Même si le suspens est ménagé, l’intérêt pour la future mort du personnage principal n’est pas suffisant pour nous rendre passionnante cette destinée. Le personnage, anti-héros par excellence, est franchement antipathique, et sa mort annoncée nous laisse de glace, son seul attrait est qu’il va mourir et que l’on attend de savoir dans quelles conditions. Son ami, Laroque, est également énervant avec cette complaisance dans l’intellect facile. Les personnages masculins subissent un traitement particulier qui les rende franchement désagréables.

Les personnages féminins, sans doute les vraies personnages de ce roman, sont beaucoup plus intéressants et l’on regrette un peu qu’ils ne soient pas davantage traités. On se prend d’affection pour la petite marchande de jouets.

Mon avis sur ce roman est donc très mitigé, et la chute fait flop! malheureusement, comme un coup d’épée dans l’eau !

bon-point

NOTE : 6/10