« Des fleurs pour Algernon » Daniel KEYES.


Des fleurs pour Algernon est un classique de la science-fiction qu’on lit généralement adolescent. Ce ne fut pas mon cas, mais j’en ai tellement entendu parlé que j’en connaissais déjà toute l’histoire. Pourquoi le lire alors, me direz-vous ? Parce que, avec une collègue, nous l’avons donné à lire à nos classes de Seconde, et que je me devais de le lire à mon tour. Il était dans ma PAL… mais où ? J’ai donc tout fouillé sans le retrouver, l’ai racheté pour finir par le dénicher deux jours plus tard en cherchant un autre livre. Je l’ai donc dorénavant en doublon ! Mais au moins il est lu.

Charlie Gordon est un attardé mental, choisi pour tester une expérimentation scientifique et médicale consistant à augmenter son QI. Le protocole a été mené avec succès sur une souris, Algernon, il est temps de lancer le programme sur un humain.

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« Théa pour l’éternité » de Florence HINCKEL


Hinckel ThéaThéa a 16 ans, elle est une lycéenne dite normale. Son amour d’enfance, Théo qui s’évertue à ne voir en elle qu’une amie d’enfance, sort depuis quelques jours avec la belle fille du lycée : Mia, sosie de Barbie. Cette nouvelle met tellement Théa en rage, qu’elle l’agresse méchamment. Elle est alors convoquée par un certain professeur Jones qui lui propose une chose étonnante : faire partie d’une expérience médicale qui stoppe le vieillissement. Élevée par une mère obsédée par l’éternelle jeunesse et ayant subi déjà plusieurs liftings, et quelque peu éloignée de son père qui a choisi de vivre de sa sculpture sur une île, elle accepte.

Le roman est à la fois une narration au présent et de longs retours en arrière sur les premières années de l’expérience. Se mêlent alors les réflexions de Théa à 16 ans à celles de la Théa, plusieurs dizaines d’années après, racontant son histoire et ses conséquences.

J’ai lu un roman de Florence Hinckel qui évoquait déjà l’adolescence  (Ligne 15 : ma métmorphose, Joséphine, tome 1), la séparation des parents et les réflexions sur le corps qui, à l’adolescence subit bien des transformations. Ici, Florence Hinckel aborde un thème plus lié à la science fiction, mais en l’ancrant dans une réalité actuelle. Si l’idée est intéressante, j’ai été cependant un peu dubitative devant l’acceptation rapide de Théa pour une expérience scientifique qui remet en cause toute sa vie. Avant d’accepter, elle semble ne se poser que très peu de questions, et même ses parents ne sont pas aptes à la mettre en garde ou du moins sont-ils assez rapidement convaincus. Il m’a semblé que le basculement entre la réalité et les éléments de science fiction restait quelque peu superficiel et manquait parfois de vraisemblance, car oui, même en science fiction, et peut-être surtout en science fiction, le vraisemblable est important.

Florence Hinckel reprend donc une thématique du corps adolescent, sorte de perfection, âge où l’on est à l’apogée de ses facultés (même si alors on ne les maîtrise pas forcément), mais aussi de métamorphose qui perturbe, pour se lancer dans une réflexion plus vaste sur le vieillissement.

Le roman semble s’être fortement inspirée de celui de Daniel Keyes, Pas de fleurs pour Algernon. Comme le héros de Keyes, Théa devient un cobaye expérimental et se voit allouer une petite souri ayant subi le même traitement qu’elle. La référence est explicite quand on apprend que la souri d’un autre cobaye est précisément prénommée : Algernon. La forme même du journal est également repris dans ce roman, comme dans le roman de Keyes. Je n’ai pas encore lu Pas de fleurs pour Algernon, mais j’en connais suffisamment le sujet pour avoir perçu cette influence. La différence est que le drame de Théa ne réside pas dans la dégénérescence, mais bien dans cette fixation du temps et de ses facultés adolescentes.

Ce roman est malgré tout ce que je viens d’en dire, intéressant et bien construit, il pose des questions essentielles : à quoi sert-il de vivre longtemps si c’est pour vivre sans ceux que l’on aime ? Il interroge sur la force du lien amical et familial, sur les progrès de la science qui touchent à l’être humain et sur cette fuite en avant vers une jeunesse éternelle qui rendrait la vie trop longue et moins précieuse. Ce n’est pas tant la quantité de vie qui importe que sa qualité et ce que nous décidons d’en faire. C’est donc bien un hymne à la vie que nous livre ici Florence Hinckel dans ce roman.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire (ado) et du Challenge Cartable et tableau noir. J’aurais aimé placer ce titre dans le Challenge Romans sous influences mais le titre n’évoque pas son « influenceur ».

challenge cartable et tableau noir