Bilan mensuel de lecture : Juillet 2019.


Si ce mois-ci je suis plus ou moins parvenue à chroniquer les livres lus, je n’ai toujours pas rattrapé mon retard de chroniques des mois précédents (7 romans attendent toujours que je me penche sur eux pour les chroniquer. Je vais essayer de m’y mettre en août).

Comme beaucoup d’entre vous, j’aime les mois estivaux toujours propices à la lecture. Des heures à lire et à tourner les pages, sans me soucier de copies à corriger… mais pas sans séquences à préparer, hélas ! Mais juillet est avant tout pour moi, le mois du fameux lâcher-prise, (enfin, j’essaie) et des lectures de quelques pavés.

A l’exception d’un SP, j’ai essentiellement puisé dans ma PAL ce mois-ci et notamment dans la littérature anglaise, grâce au challenge British heroines lancé par le Forum Whoopsy Daisy qui a pris le relais du Mois Anglais.

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« Derrière la porte » Sarah WATERS


Sarah Waters est une auteure anglaise que j’ai découverte il y a maintenant sept ans avec le roman Du bout des doigts. J’avais eu un véritable coup de foudre pour ce roman, son ambiance et son intrigue, et j’avais bien l’intention de poursuivre la découverte de son oeuvre. Mais, vous savez ce que c’est… Il m’aura donc fallu ces sept années pour me relancer dans un de ses romans acheté il y a déjà trois ans (et en regardant ma PAL, je me rends compte qu’elle en recèle encore deux autres : Affinités et L’Indésirable). Derrière la porte, il faut le dire, fait plus de 700 pages et c’est le genre de pavé que j’aime me réserver pour l’été.

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Une année à lire…


lectures2012

Une année à lire, une année à tourner les pages, à suivre avec passion des personnages, à découvrir des auteurs… mais une année aussi à soupirer, à s’ennuyer. Les livres sont parfois à l’image de nos journées : certaines nous sont douces et belles, d’autres sont ennuyeuses et déprimantes, mais à la fin de l’année, malgré les déconvenues, les mauvaises surprises, nous avons surtout envie de retenir les meilleurs moments même si nous n’oublions pas les jours gris ou noirs.

Durant cette année 2012, 122 livres sont venus accompagner mes jours. Parmi ces livres, j’ai envie d’en retenir cinq. Cinq sur cent vingt-deux, vous me direz que cela fait bien peu, mais ce sont réellement mes plus belles lectures, les plus ensoleillées et les plus douces. Ce n’est pas un ordre qualitatif :

Waters du bout des doigts début de lecture 4 oct 2012Du bout des doigts de Sarah Waters. Un roman plein de rebondissements qui nous plonge dans l’Angleterre victorienne avec une plume qui paraît elle-même issue de cette époque.

nyssen-lira-bien-qui-lira-le-dernierLira bien qui lira le dernier d’Hubert Nyssen, un essai sur les livres, la lecture, la littérature, l’édition. Un livre a lire et relire tellement le propos est juste et pertinent.

marsay-le-fils-de-jean-jacques1Le Fils de Jean-Jacques ou la faute à Rousseau d’Isabelle Marsay. Un très beau roman qui imagine le destin d’un des enfants abandonnés par Jean-Jacques Rousseau. L’occasion de parler des conditions de vie et de survie de ces enfants abandonnés, mais aussi de la philosophie des Lumières.

sackville-west-toute-passion-abolieToute passion abolie de Vita Sackville-West pour cette ironie sur la vie en même temps que ce regard perçant sur les êtres. Il fut le premier livre de l’année 2012.

Brontë anne la recluseLa Recluse de Wildfell Hall d’Anne Brontë, parce que Anne Brontë, mais aussi pour cette description de la condition de la femme mariée, de sa volonté d’indépendance dans cette société anglaise du XIXème alors si patriarcale et corsetée.

En relisant mes billets sur ces romans, je constate, une fois de plus, que les romans qui me plaisent le plus ont souvent pour thème les femmes et la lecture, et mon âme légèrement empreinte de féminisme modéré (mais bien présent) doit certainement y être pour quelque chose.

En dehors de ce top cinq, revenons un peu sur George Sand. Elle n’a pas été oubliée et mon séjour dans la Vallée Noire, en avril dernier, fut un merveilleux moment. J’ai lu seulement deux œuvres et un texte de Sand cette année : Journal intime, Flavie et Impressions et souvenirs.

Mais j’ai également poursuivi la rédaction de billets sur des lectures plus anciennes : Leone Leoni, Césarine Dietrich, Histoire de ma vie et Mont-Revêche.

J’ai également lu trois ouvrages sur ou autour de George Sand : un très bon roman George Sand à Nohant écrit par Ella Baleart et qui permet de faire connaissance avec l’auteure, un roman très bien documenté sans être didactique ; une BD, Le Dernier visiteur de George Sand plutôt bien faite sur les derniers jours de George Sand et qui revient sur plusieurs épisodes marquants de sa vie. Un guide très bien illustré et très documenté sur la demeure de Sand : La Maison de George SandUn beau livre consacré à George Sand et à Nohant, aux photos magnifiques et qui fait revivre l’époque où George Sand l’habitait : L’album George Sand.

Je comptais faire plus, mais voilà déjà 11 livres de ou sur George Sand, ce qui me paraît honorable. L’année 2013 sera bien sûr toujours sous l’égide de Sand, elle est à l’origine de ce blog et il me reste encore plusieurs romans à lire et à découvrir.

Cette année 2012 m’a permis de découvrir plusieurs auteurs souvent grâce aux autres blogs : Anne Perry, Anthony Trollope, Irène Némirovsky, Katherine Kressman Taylor ou encore Michèle Lesbre.

Je voulais aussi remercier les éditeurs qui m’ont proposé plusieurs partenariats cette année. Ces partenariats m’ont permis de découvrir des auteurs et des romans que je n’aurais peut-être pas lus sans eux : Casterman pour la série Penelope Green de Béatrice Bottet ; Le Cherche Midi pour Blood Hollow de Krueger, Rue Fromentin pour Les Débutantes de J. Sullivan ou encore NiL pour La dernière conquête de Major Pettigrew de Simonson.

Merci aussi aux auteurs qui parfois m’envoient un petit mail : J. Heska (j’attends le 3ème roman pour 2013 !) ; Jean-Philippe Touzeau ; Sophie Adriansen ; Joyce Carol Oates… non je déconne 😉 !

Bien, j’arrête là ce bilan qui commence à devenir interminable. Un dernier petit mot :

merci

Si vous souhaitez connaître le récapitulatif de toutes mes lectures de 2012 suivez le lien.

Bilan mensuel de lecture : Octobre 2012 + S.T.A.R 5 2ème semaine


Retour de vacances et des billets par dessus la tête à rédiger. Je commence par le bilan, il manquera un lien que je rajouterai demain quand j’aurai rédigé le billet. Je profite aussi de ce bilan mensuel pour inclure le bilan hebdo du S.T.A.R.

Ce mois d’octobre fut un peu chiche en nombre de livres, mais comporte de belles lectures ce qui, finalement est le plus important.

Commençons par les petites déceptions.

Deux livres seulement m’ont déçue ce mois-ci : Le labyrinthe du temps de Maxence Fermine, lu dans le cadre du Club des lectrices et L’objectif PAL Noire. Un roman un peu facile à la morale plate et sans guère d’intérêt, à mon sens. Le deuxième est l’ouvrage Génération Blogueuses, qui n’a pas tenu les promesses de sa couverture, même si y voir inscrit mon URL fut une agréable surprise.

Ce mois fut marqué par la lecture de 4 romans jeunesse, tous plus ou moins intéressants à leur manière : Arsène premier roman de l’actrice Juliette Arnaud, rencontre avec un personnage touchant et une histoire assez bien construite. Ensuite un roman pour jeunes lecteurs sur le difficile passage à la lecture solitaire : Halte aux livres ! de Brigitte Smadja. J’ai aussi eu la joie de retrouver ma copine Penelope Green en Chine. J’aime toujours les tribulations de cette jeune journaliste anglaise qui parcourt le monde pour témoigner de la place des femmes : Penelope Green : l’éventail de Madame Li de Béatrice Bottet. Enfin, pendant mes vacances, j’ai lu le premier tome de Rose et la maison du magicien de Holly Webb. Je rédigerai mon billet demain. J’ai lu cette première aventure pour mieux appréhender le tome 4 que j’ai reçu récemment.

Venons-en à mes deux lectures fétiches du mois : Du bout des doigts de Sarah Waters. Un roman savamment conçu, ambiance victorienne, fait de rebondissements et qui nous entraîne dans des machinations diaboliques. Roman lu dans le cadre de L’Objectif PAL Noire, ce qui fait donc 2 romans extraits de ma PAL Noire ce mois-ci. Enfin Inconnu à cette adresse  de Katherine Taylor fut une belle découverte, un roman coup de poing sur une période trouble où sommeille les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale.

Tout cela nous fait un total de 8 livres lus et quelques 2288 pages tournées.

Côté Objectif PAL Noire, comme je le disais plus haut, 2 livres lus au lieu de 3 prévus : 18 / 115 = 97. Pour découvrir le bilan des participants à l’Objectif, rendez-vous sur la page dédiée à cet effet et qui sera actualisée.

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Concernant la deuxième semaine du S.T.A.R 5, voici mes lectures faites pendant mes vacances. Contre toute attente, le bilan pas si mal que cela :

J’ai donc lu en entier Rose de Holly Webb ; quelques pages du roman jeunesse de Brisou-Pellen Les 5 écus de Bretagne (livre qu’Antoine doit lire pour la rentrée) ; 7 contes sur les 12 des Contes de Bretagne par Jean Muzi (lecture faite à voix haute pour les enfants) et j’ai enfin commencé Home de Toni Morrison (que j’ai fini ce matin). Tout cela nous amène à un total supérieur de 19 pages par rapport à la semaine dernière. La semaine 3 est déjà bien engagée, mais les lectures sont prometteuses.

Je vous souhaite de belles lectures.

« Du bout des doigts » de Sarah Waters


Par où commencer ? Du bout des doigts est un roman d’une telle envergure qu’au moment d’écrire ce billet, mille idées me viennent, mille envies de parler de telle chose et de telle autre se bousculent.

Nous sommes à Londres, au XIXe siècle, époque victorienne. Londres est sombre, la suie tache les vêtements et les mains, les rues sont étroites, mal famées. Nous sommes dans le quartier de Lant Street, le quartier des voleurs et des receleurs. Susan, orpheline, est élevée par une certaine Mme Sucksby et M. Ibbs. La première s’occupe d’enfants nouveaux-nés en attente d’adoption, le second est un receleur peu scrupuleux. Un jour Mr Rivers, surnommé Gentleman leur propose une arnaque à l’héritage, pour mettre son plan à exécution, il a besoin de Sue. Commence alors une intrigue faite de rebondissements qui vous surprennent et vous entraînent dans des aventures que vous étiez bien loin de soupçonner.

Divisée en trois parties, ce roman est rétrospectif. La première et la troisième partie sont narrées par Sue, la deuxième par Maud, le jeune femme piégée. Mais qui est vraiment la plus piégée des deux, vous le saurez en lisant le roman. Ces deux voix narratives sont importantes, elles ont la naïveté de la lectrice qui découvre en même temps, ou presque, les dessous de l’intrigue.

Pour ceux qui n’ont pas encore lu ce roman et qui souhaitent le lire, peut-être serait-il bon que vous arrêtiez ici la lecture de ce billet. Je risque d’évoquer quelques faits qui pourraient dévoiler certains éléments du roman.

Maud Lilly est la nièce de M. Lilly, vieil homme très strict, occupé à dresser une bibliographie de la littérature érotique. Maud, qu’il a sortie, encore enfant, d’un asile d’aliénées où sa mère est morte en accouchant, lui sert à la fois de lectrice et de scribe.

Pour lui, je ne suis qu’une machine à lire et à copier des livres (p.366)

La jeune fille n’a connu que les murs humides du manoir et la sombre bibliothèque dans laquelle elle passe plusieurs heures par jour. Élevée à la dure, elle est pâle, s’ennuie et a pris en horreur les livres de son oncle qu’il couve comme le plus précieux des trésors.

En dehors de l’intrigue en elle-même, Sarah Waters parvient à construire un roman qui va bien au-delà d’un simple roman à rebondissements. Bien que contemporaine, Sarah Waters parvient à créer un style digne de Dickens. Les personnages parlent l’argot londonien et ont des accents du peuple. Mais elle mène une réflexion que j’ai trouvé très intéressante sur la lecture, les livres et l’écriture. Si Maud sait parfaitement écrire ou lire, Sue, quant à elle, est analphabète, mais rusée et débrouillarde. La littérature interdite que Maud doit lire depuis sa jeunesse la révulse et les livres sont pour elle des objets détestables et pervers. Pour Sue, ils ne représentent rien.

Là où Sarah Waters parvient à réaliser un tour de force, est de reprendre un poncif de l’époque (mais je me demande si certains messieurs aujourd’hui n’ont pas encore de tel poncif en tête) : la lecture des romans nuit aux femmes. Or, là précisément, Maud est plongée dans la pire des littératures pour l’époque, la littérature érotique. Les références aux risques liés à la lecture pour les femmes sont nombreuses, poussées même à leur paroxysme, comme le montrent les remarques du médecin aliéniste :

Trop encourager chez les jeunes filles la pratique de la littérature, voire proposer aux femmes des études universitaires […] Nous élevons une nation de femmes cérébrales. Hélas ! Le malheur de votre épouse relève d’un malaise plus vaste. (p.411)

Vous vous êtes trop occupée de littérature (p.590)

Bien évidemment de telles remarques ne peuvent que nous faire bondir. Sarah Waters pousse la lecture et la littérature dans les extrêmes à une époque où le sexe, la sensualité étaient sujets tabou pour les jeunes filles. Car ce que l’on redoutait à l’époque en Angleterre comme en France d’ailleurs (le fameux Bovarysme !!!) était de développer chez les jeunes filles une âme trop romanesque :

Est-ce qu’elles ne rêvent pas toutes d’être des héroïnes de roman ? (p.466)

Et précisément Sarah Waters crée ici un roman romanesque par excellence mais en en accentuant les éléments : l’amour est saphique ou homosexuel, les romans sont des romans érotiques. Autant de transgressions impossibles à l’époque, puisque rappelons que l’homosexualité était un crime en Angleterre au XIXe siècle. L’auteure prend donc un contre-pied : en faisant du romanesque un extrême licencieux, elle montre que les lectrices aspirent alors à des amours, certes saphiques, mais pures, loin des perversités dont les livres lus par Maud étaient emprunts.

Enfin, et pour finir, Sarah Waters dresse aussi un portrait sociétal de l’Angleterre mettant la femme au centre. Elle montre comment elles pouvaient être manipulées par les hommes, la violence aussi qu’elles pouvaient subir, et les passages dans l’asile d’aliénées sont en cela terribles. Si les femmes ne sont plus enfermées au couvent, elles sont placées dans des asiles dès qu’elles deviennent gênantes ou présentent des troubles mélancoliques. Et soudain j’ai pensé à Camille Claudel internée par son frère d’écrivain début XXème.

Je crois qu’il n’est guère besoin de rajouter que j’ai adoré ce roman à la fois pour sa valeur romanesque voire feuilletonnesque, mais aussi pour cette réflexion à la fois sur la condition féminine et sur la lecture. Un grand roman donc, qui me donne très envie de découvrir d’autres romans de cette auteure.

Roman lu dans le cadre du Challenge Victorien, du Challenge I Love London, du Challenge Petit Bac cat. Corps et du Challenge God save the livre.

Sans oublier :

l’Objectif PAL Noire : 102 – 5 = 97

Ce roman faisait l’objet d’une LCA