Les Anciens sont de sortie – Challenge à contre-courant by Stéphie


challenge les anciens sont de sortieAlors que la Rentrée Littéraire 2014 commence à faire rage sur les blogs et dans les médias, où l’on parle du dernier Nothomb, Reinhart ou Carrière sans oublier d’Olivier Adam et j’en passe, Stéphie a eu la curieuse et ingénieuse idée de nous pousser à lire (enfin) tous ces romans des Rentrées Littéraires de 2010, 2011, 2012 et 2013 qui, une rentrée littéraire chassant l’autre, sont restés calés sur nos étagères !

Un challenge sur un an, pour rattraper notre retard, replonger dans les Rentrées Littéraires des quatre années précédentes, profiter des sorties poche pour démontrer qu’un livre sait attendre et qu’il n’est jamais trop tard pour les lire !

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« Plan de table » de Maggie Shipstead : Rentrée Littéraire 2012


shipstead plan de tableLa famille Van Meter va marier sa fille aînée, Daphnée. L’intrigue du roman couvre trois jours, du jeudi matin au samedi, jour du mariage. Trois jours durant lesquels des évènements vont venir faire craquer le joli verni de cette famille qui, socialement, paraissait bien sous tout rapport.

Le roman s’ouvre sur le départ du père de famille, Winn pour sa maison de campagne sur l’île de Waskeke, en Nouvelle Angleterre. Homme d’une soixante d’années, marié depuis de nombreuses années à Biddy, il incarne le père et le mari responsables. Mais dés le début du roman, le lecteur sent chez ce personnage quelques failles : sa déception de n’avoir pas eu de fils, son obsession d’intégrer le club de Golf de Waskeke, son attirance sexuelle pour Agatha, amie et demoiselle d’honneur de sa fille aînée. Winn rejoint toute sa famille sur l’île, là les préparatifs vont bon train. Durant ces trois petits jours, le destin de certains des personnages va être quelque peu bouleversé.

Maggie Shipstead dépeint un milieu huppé de l’Amérique, d’une certaine Amérique. Elle centre son roman essentiellement sur deux personnages : Winn et Livia, la fille cadette qui se remet mal d’une rupture récente mais aussi de l’avortement qu’elle a dû subir suite à cette rupture. Cet avortement est d’autant plus douloureux que Daphné, la future mariée, et sœur de Livia, est elle-même enceinte. Aux évènements actuels, l’auteur glisse des retours en arrière sur le passé de Winn et de Livia, qui permettent de mieux saisir la complexité de ces personnages.

Sur cette île et dans cette maison de campagne où tous les personnages se côtoient, les aspirations, les regrets, les rancœurs vont s’exprimer. Maggie Shipstead place plusieurs éléments symboliques qui vont permettre aux personnages de se révéler : une baleine échouée pour Livia, une maison en construction pour Winn. De longues descriptions de l’un et l’autre de ces éléments symboliques permettent d’en comprendre la portée même si parfois je les ai trouvées un peu longuettes.

J’ai surtout apprécié dans ce roman la façon dont l’auteur parvient à nous faire découvrir l’envers du décor, les coulisses d’un évènement organisé à la minute prêt, qui doit incarner la perfection, se figer comme un évènement heureux et mémorable, mais qui n’est en fait qu’une belle photo en papier glacé. Une scène le montre particulièrement : Daphné, choquée par le toast nihiliste de son père sur le mariage, pleure quelques heures avant le passage à l’église. Elle souhaite sécher ses larmes au plus vite pour ne pas avoir les yeux gonflés le lendemain sur les photos, yeux gonflés qui lui rappelleront toute sa vie les larmes versés. Cette scène est une parfaite illustration de ce qui se trame dans ce roman. Tandis que Biddy et l’organisatrice du mariage s’évertuent à rendre ce jour magnifique, la vraie nature des personnages se révèle et rend cet évènement surfait et illusoire.

J’ai également trouvé intéressant le choix narratif de l’auteur. Centrer le récit sur le père et la sœur de la mariée permet de percevoir le mariage avec du recul. Daphné est peu évoquée, paraît superficielle, enfermée dans une perception idéalisée d’elle-même et de son mariage, elle joue parfaitement son rôle et est en total décalage avec son père et sa sœur, qui plus complexes, plus contradictoires, sont cependant plus réalistes.

Un roman familial et de mœurs qui présente de nombreux atouts malgré quelques longueurs parfois.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire et du Challenge Premier Roman.

Merci aux Éditions Belfond.

« L’Agenda » de Caroline Duffaud – Rentrée Littéraire 2012.


L’Agenda est un premier roman de la Rentrée Littéraire, qui m’est parvenu par le biais de  son auteur. Le sujet m’a plu, pour la simple et bonne raison que je suis une fan des agendas de la rentrée scolaire. Comme la narratrice de ce roman, je les choisis toujours avec attention, minutie, et ils sont toujours la promesse d’un nouveau départ, et de tous les possibles.

La narratrice, chargée de communication dans une agence d’événements, a, quelques mois avant l’achat de son agenda, décidé de démissionner, de mener une autre vie. Plus de rendez-vous, plus de coups de fils incessants, le vide s’installe et elle le savoure. Après un flash-back qui explique comment elle en est arrivé à l’achat de cet agenda, elle raconte sa vie, fait de petits riens, de rencontres sexuelles rapides, d’une vie qui se limite à deux rendez-vous hebdomadaires : le cours de yoga et le rendez-vous chez son psy. Le style est simple mais fonctionne bien, et l’on suit cette jeune femme qui se réapproprie sa vie, un peu triste quand même, avec plaisir.

Là où cependant j’ai été moins convaincue est dans le traitement que l’auteur fait de ce fameux agenda, qui, assez vite, passe au second plan. Le récit est construit comme un journal, et l’on pouvait penser que ce journal était tenu dans l’agenda en question, mais non. Il ne s’agit pas d’un journal au quotidien non plus, mais d’un récit qui saute les semaines et se limite à une note par mois. A aucun moment, la narratrice ne fait état de ce journal et du même coup, je me suis senti un peu perdue : où et quand écrit-elle finalement ce journal et pourquoi n’en parle-t-elle pas ? L’agenda devient presque superflu, puisqu’il est délaissé au profit d’un journal (avec en en-tête des dates précises) dont on ne nous dit rien. Pourquoi ne pas avoir fait de l’agenda un journalier, ne pas l’avoir détourné de sa fonction première pour y noter, au jour le jour, les petits évènements de sa nouvelle vie. L’idée surgit soudain à la page 83 (sur un roman qui en compte 126) : Alors, j’ai décidé de l’utiliser comme journal de bord pour éviter une nouvelle dérive. Mais cette idée aurait dû, selon moi, être le point de départ du roman. Il y a donc, me semble-t-il, un réel problème de construction, et une exploitation de l’idée de départ (très bonne) qui aurait pu être nettement plus aboutie.

Toutefois, si l’on laisse de côté ce problème de construction, le roman est intéressant en soi, car il touche un fait social important et auquel, les gens qui ne travaillent pas, qui n’ont pas d’activités dites sociales, sont confrontés. C’est l’expérience du vide. Quand on travaille, on se pose rarement la question de ce que l’on va faire de sa journée, comment on va l’organiser. Quand on travaille, au contraire, on sait qui l’on va rencontrer, ce que l’on a à faire, la journée est rythmée par des rendez-vous qui noircissent nos agendas. Quand on ne travaille pas et que l’on achète un agenda, le voir vide devient un reflet de notre vie, du moins de notre vie sociale. Or ce que montre l’auteur est que la vie est quand même remplie de petits faits, parfois insignifiants, mais qui la remplissent quand même. Elle peut avoir un goût d’inutilité parce qu’elle est à côté de la vie des autres : autre rythme, autres préoccupations, mais ce vide illusoire est finalement bénéfique car il permet de se remettre en question, de profiter d’une grasse matinée, d’une terrasse de café, d’une rencontre incertaine.

L’autre attrait de ce roman est la peinture de Paris. Comme la narratrice le répète de temps en temps, elle est une parisienne, et son récit est emprunt de ce statut. Et sans doute que la vie doit paraître encore plus vide dans on vit dans une ville qui va vite, qui est animée, où tout le monde semble avoir mille et une occupations. Elle est la parisienne qui profite des petits bistrots de quartier, qui a le frigo vide, qui fait ses courses le samedi car dans le semaine « on n’a pas le temps ». Son métier dans l’évènementiel lui procurait une vie facile, dans un beau quartier, sans problème d’argent réel. Une fois ce métier abandonné, elle découvre la vie des autres, des vendeuses de chaussures, des serveurs de café, mais aussi le plaisir de la campagne chez sa mère et redécouvre le plaisir de lire.

Un roman donc un peu imparfait mais intéressant toutefois, parfois drôle et qui se lit non sans déplaisir.

Merci à Caroline Duffaud.

Vous pouvez lire également le billet de Lili.

Roman lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire, du Challenge Paris. et du Challenge Premier Roman.

Bilan de Lecture : Août 2012


Après un bilan de lecture désastreux en Juillet, j’ai mis les bouchées doubles en août.

Ce bilan de lecture aoutien est surtout marqué par la Rentrée Littéraire. En effet 5 romans récemment sortis en librairie me sont passés entre les mains, mais peu finalement ont suscité un réel intérêt en moi. Le roman qui m’a le plus déçue reste Ombres chinoises de Linda See (Masse critique Babelio) : un roman mal écrit et à la construction bancale. Nous étions faits pour être heureux de Véronique Olmi, ne m’a pas non plus captivée, trop proche dans les thèmes avec un autre roman lu également en août : Un si bel avenir, qui, lui, fut une vraie rencontre. Deux autres romans m’ont relativement plu, mais sans réel enthousiasme et je crains que d’ici quelques semaines ces deux lectures finissent par s’évaporer comme une flaque d’eau dans un désert : Moi et toi de Niccolo Ammaniti, et Un week-end en famille de François Marchand. Deux romans très différents, voire diamétralement opposés. Gains de Richard Powers (chronique à venir) est certes un roman magistral de maîtrise, mais les plus de 600 pages ont fini par être un peu douloureuses. Une lecture intéressante mais assez difficile. Le roman qui m’a le plus enthousiasmée reste donc La Piste des Templiers de William Dietrich : un roman d’aventure qui mêle humour, péripéties et intérêts historiques.

Outre ces romans très récents, j’ai aussi profité des vacances pour parfaire mes connaissances en manga et BD. J’ai donc retrouvé avec plaisir Calvin et Hobbes, tome 6, et ai découvert un très beau manga Histoire couleur terre dont j’ai lu le premier tome, et compte bien lire en septembre les deux derniers tomes que j’ai pu emprunter à la bibliothèque municipale.

Enfin deux auteurs classiques dans des genres différents : Sandor Marai avec Les Braises, un roman intime sur l’amitié et ses illusions. Et un petit roman jeunesse de la grande Marie-Aude Murail : 22!.

Ce bilan m’a bien remonté le moral, autant pour le nombre de livres lus, que pour sa variété. J’ai eu la sensation de retrouver mon rythme, mais surtout il me procure une grande énergie même si, au final, peu de romans sortent vraiment du lot. Je me dis que plus je lis plus j’ai la chance de faire de belles découvertes.

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Septembre montre donc son bout du nez, et avec lui de nombreuses belles résolutions et de nouvelles envies. Deux challenges créés avec deux amies me tiennent donc à coeur en ce début d’année scolaire : l’objectif Pal Noire créé avec Lor et Challenge in Italiano avec Marie. Ces deux challenges répondent à deux envies importantes pour moi : revenir à mes propres livres achetés à l’ouverture de ce blog, et tenter de ne pas me laisser envahir par les livres de la Rentrée (voilà pourquoi j’ai voulu en lire un maximum en août).

Dans le cadre de cet Objectif, j’ai déjà sorti de ma PAL : Un si bel avenir de Véronique Olmi. Le bilan de ma binôme Lor, est aussi consultable.

Le second est un retour à ma passion pour l’Italien. Je suis très heureuse d’avoir créé avec Marie ce challenge qui remporte un enthousiasme que nous n’espérions pas. Depuis hier, j’ai créé une page FB pour que les participants à ce challenge puissent partager leurs lectures, et leur amour pour l’Italie. Une page où la langue italienne sera à l’honneur.

Enfin, n’oublions pas mon challenge Cartable et Tableau Noir qui va nous permettre de retourner à l’école, à la fac ou au lycée sans les inconvénients des notes et des évaluations. Il est toujours temps de vous inscrire :

Enfin, dimanche je fais ma rentrée au Club des Lectrices et cela me transporte. Au programme une mise à plat de nos envies, peut-être des nouveautés (raviver le blog, créer un prix) mais surtout des discussions endiablées sur les livres.

Je vous souhaite une belle rentrée, de belles lectures et toujours intact le plaisir de lire et de partager nos lectures.

Un Challenge peut en cacher un autre…


Les copines ont encore sévi pendant mon absence et me voilà donc inscrite à deux nouveaux challenges.

Le premier est en fait un challenge que nous connaissons tous très bien puisque chaque année, la rentrée littéraire pointant son nez, Hérisson le relance. Il s’agit du Challenge 1% rentrée littéraire 2012. Cette année Mimipinson viendra lui donner un coup de main pour le suivi. Il s’agit donc de lire 1% des romans parus pour la rentrée. Il s’étend du 22 juillet 2012 au 31 juillet 2013, soit un an pour lire au moins 7 romans mais bien plus si le coeur vous en dit. Pour toutes les infos sur le fonctionnement exact rendez-vous sur le blog de l’une ou l’autre des organisatrices. Une page FB a également été créée.

J’ai la chance d’avoir déjà reçu quelques romans :

Mais il est bien évident que je ne compte pas m’arrêter là.

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Hier mon amie Sharon et son chat Nunzi ont lancé un challenge autour d’une auteure dont les livres m’intriguent depuis longtemps mais que je ne m’étais pas encore décidé à lire. Leur challenge s’intitule donc : Challenge Lilian Jackson Braun.

Pour Sharon et Nunzi, je fais donc une exception à ma règle, je m’inscris donc à ce challenge sans avoir un roman de cette auteure dans ma PAL. Sharon a donné la liste complète des romans parus dans l’ordre chronologique, je vais donc lire les romans dans cet ordre.

J’espère que nous aurons l’occasion de nous croiser sur ces challenges passionnants !