Retour au bercail…


Après une année de pérégrination à travers la France, Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir vient de rentrer au bercail. Je l’ai retrouvé en pleine forme, tout ragaillardi par son petit voyage.

Après une première escale chez ma Cousinette (sans blog) en Bretagne, il a continué son voyage en passant chez Syl. ; chez Lizouzou ; chez Schlabaya ; chez Sharon et enfin chez Olivier.

Merci à vous d’avoir pris soin de lui et de lui avoir montré le chemin du retour.

« On ne peut pas lutter contre le système » J. Heska


Grâce au blog, on fait parfois de belle rencontre avec des auteurs. Il y a un an, j’étais contactée par J. Heska pour lire et chroniquer son premier roman : Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir. Dernièrement, J. Heska m’a fait parvenir son second roman au sujet très différent du premier.

Nous sommes dans un futur proche, une société d’agroalimentaire et de biologie, HONOLA développe des OGM capables de révolutionner l’agriculture. Mais une ONG veille au grain, et soupçonne des magouilles financières et capitalistes. Trois jeunes gens, Clara, Louise et Hakim, décident d’enquêter, aidés de leur responsable, bien convaincus que cette société dissimule un véritable scandale sanitaire.

J. Heska plonge donc son lecteur dans un roman trépidant, mené de main de maître, ne laissant aucun répits à son lecteur qu’il trimballe de Londres, à Bruxelles en passant par l’Ouganda ou Bangkok. On ne peut pas dire que le monde de la finance et les rouages des entreprises capitalistes soient mon élément de prédilection, mais J. Heska a le don pour rendre tout cela compréhensible grâce à plusieurs systèmes narratifs : récit, reportage télé, mails et j’en passe, ainsi qu’un va et vient entre passé et présent. La date clef, autour de laquelle tourne tout le roman, est l’ouverture du GEAD, double du Grenelle de l’Environnement. Roman d’espionnage, roman sur la finance et les ONG, roman policier, thriller, il fonctionne parfaitement et le lecteur se laisse mener par le bout du nez.

Moins drôle que le premier, Heska n’en a cependant pas perdu son sens de l’humour, et les noms d’emprunt des personnages m’ont souvent bien fait rire : ainsi croise-t-on Marty McFly ou Emmet Brown. Grande fan de Retour vers le futur, ce genre d’allusions a su faire mouche. Nous retrouvons aussi le chat Gribouille, sorte de mascotte de Heska.

Bien que situé dans un futur proche, par ce roman Heska dresse une portrait assez noire de notre société basée sur la finance et la spéculation. Prenant appui sur des faits réels, il pousse à l’extrême le système sans vraiment s’éloigner de la réalité puisque la chute de Lehman Brothers ou la lutte des altermondialistes servent de modèles. Mais le scénario assombrit cette réalité pour offrir une chute surprenante au roman qui remet en cause le titre même du roman.

Le lecteur est à la fois aux côtés des responsables de la société HONOLA et aux côtés des membres de l’ONG. Les personnages ont une épaisseur, une densité qui les rend d’autant plus intéressants qu’ils sont souvent doubles, contradictoires voire totalement antipathiques comme Safia, surnommée la Nazi, jeune femme arriviste et cruelle.

Sans doute plus abouti que le premier, ce roman m’a beaucoup plu et surprise car le sujet avait de quoi m’effrayer, mais il faut réellement dépasser nos a priori car, j’ai beau cherché, je n’ai rien à dire de négatif sur ce roman et cela n’a rien à voir avec le fait que ce roman me soit parvenu par le biais de son auteur. Il est toujours délicat d’accepter de lire et de chroniquer un roman qui nous est parvenu par cette voie, la peur de ne pas aimer est toujours là tapi dans un coin de notre tête avec en plus l’angoisse du billet à venir. C’est donc avec encore plus de plaisir que je vous recommande ce roman disponible également sur Kindle pour quelques euros dérisoires, mais que vous trouverez aussi dans toutes les bonnes librairies indépendantes en version papier sur la boutique personnelle de J. Heska en suivant le lien ! (Avis aux libraires !!)

J. Heska a également créé une page FB autour de son roman et à laquelle vous pouvez adhérer pour en savoir plus.

Merci à J.Heska pour m’avoir fait frémir et rire !

Roman lu dans le cadre du Challenge ABC Babelio pour la lettre H et du Challenge Thriller.

« Pourquoi les gentils ne se feront plus avoir » J. Heska


Je sais ce n’est pas la première fois que vous voyez cette couverture de roman sur mon blog ! il faut dire que, une fois n’est pas coutume (il ne faut pas pousser quand même, c’est MON blog!!!!), l’Homme m’avait piqué ce roman et l’avait lu, et même chroniqué avant moi, un comble ! Autant je lui pique ses livres, autant l’inverse est rarement, voire jamais vrai ! Aussi je me suis dit que c’était de bon augure, et je ne me suis pas trompée.

Pour vous situer l’intrigue : Jérôme Laplace appartient à cette catégorie de  personnes qui ne veulent pas se faire remarquer. Souvent toisé, dénigré, ses connaissances (car l’homme a peu d’amis) le prennent soit comme objet de raillerie, soit comme chauffeur bénévole, soit les deux. Il a bien une petite amie, Samantha, mais celle-ci se sert de lui et l’envoie bouler sans cesse. Or Jérôme en a marre, et veut lutter contre les antipathes, ces personnes méchantes qui nuisent aux autres.

Histoire simplette ? que nenni ! car J. Heska a l’imagination débordante. Tout d’abord ce roman est à classer dans les romans d’anticipation, catégorie utopie ! Car Jérôme est à l’origine d’un mouvement philosophique (qui va le dépasser totalement!) et qui va révolutionner les relations sociales (tiens c’est vrai que ça nous ferait pas de mal ça, de révolutionner les relations humaines) : le Cimonde. Tout en suivant la vie, au début déprimante de Jérôme, puis un peu plus trépidante, J. Heska expose cette fameuse philosophie et comment la mettre en place.

De façon générale, j’ai beaucoup aimé ce roman. Tout d’abord parce qu’il m’a permis une  balade dans Lyon, de retrouver certains quartiers, et le Parc de la Tête d’Or que j’ai tant arpenté ! Ensuite l’humour. Si les petites phrases  ornant chaque début de chapitre sont parfois drôles, sur la longueur j’avoue ne plus y avoir fait trop attention, et les lire de loin. Je les ai trouvées superflues dans la mesure où elles n’apportent pas grand chose au corps du roman, bref on aurait pu s’en passer. Elles n’enlèvent rien à la qualité du roman, mais elles ne font pas avancer le schmilblick. J’ai largement préféré le ton moqueur, les réflexions de ce pauvre Jérôme et sa relation avec son copain fan de Star Wars, Etienne. La scène où ce dernier tente de mettre fin à sa vie est un passage savoureux, mais c’est loin d’être le seul (l’allusion aux chats traditionnellement prénommés Gribouille m’a bien fait rire!).

Au-delà de la simple intrigue d’un pauvre type qui tente de faire sa place dans la société, Heska mène toute une réflexion intéressante sur les rapports humains : la définition des antipathes est assez juste et j’ai noté quelques phrases qu’il faudrait méditer :

L’ignorance est la forme d’antipathie la plus commune. Ignorance des codes sociaux, des besoins de l’autre, de la liberté, etc. Elle se manifeste de façon volontaire ou involontaire et induit un décalage entre la réalité et la perception de la réalité. (p.211)

Ainsi doit-on se méfier des jugements hâtifs sur des personnes que l’on ne connait pas, et que l’on peut blesser en les accusant à tord. C’est précisément ce à quoi se heurte Jérôme, enfermé dans une certaine perception de ses collègues de bureau, une perception faussée par ses propres complexes. Et j’ai justement beaucoup aimé l’évolution de ce personnage, qui, petit à petit, va changer sa façon de voir les gens qui l’entourent. Il n’y a donc pas, dans ce roman, des personnages stéréotypés, mais des êtres qui évoluent et qui nous donnent à réfléchir sur notre propre comportement.

Je tiens donc à remercier J. Heska pour l’envoi de ce roman (et sa dédicace), et suis d’autant plus heureuse d’avoir à en dire du bien !

Si ce livre vous donne envie je suis prête à le faire voyager !

Lecture Commune faite avec Liyah et Leiloona, allez lire leur avis !

3ème semaine