« La Part des flammes » Gaëlle NOHANT.


photoCertains romans sont parfois choisis pour des éléments futiles : une magnifique couverture, un nom d’auteur qui s’annonce comme un clin d’œil. Voilà ce qui m’a fait choisir ce roman de Gaëlle Nohant. S’appelait Nohant me semblait improbable et en effet il s’agit d’un pseudonyme de l’auteur, choisi pour son affection pour George Sand, puisque, rappelons-le, la demeure de Sand se trouve dans un petit village du Berry nommé Nohant-Le-Vic. Ces deux éléments liminaires ont suffi pour me donner envie de découvrir l’histoire qui se cachait dans ces pages.

Nous sommes à Paris à la fin du XIXe siècle dans le milieu aristocratique. La duchesse d’Alençon, petite sœur de l’impératrice Sissi, participe activement à plusieurs œuvres de charité. Une grande vente de charité doit effectivement se tenir au Bazar de la Charité, une grande halle montée pour l’occasion. Là, les femmes de la haute société vont tenir des stands de vente. La Comtesse Violaine de Raezal, veuve depuis peu et qui traine derrière elle une petite réputation, obtient le soutien de la duchesse, elle sera à son stand. La jeune Constance d’Estingel les y rejoindra, poussée par sa mère qui n’a qu’une idée en tête marier sa fille. Ces trois femmes se connaissent à peine, mais l’incendie épouvantable qui ravagera le Bazar de la Charité va les unir à jamais et les transformer.

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Déambulation parisienne !


pyramideDans cette dernière semaine de vacances pluvieuse voire neigeuse, la journée d’hier s’annonçait ensoleillée, nous en avons profité pour programmer une journée dans les rues de Paris. Déambulation au gré de nos envies. Ma sœur, mes loulous et moi avons passé une belle journée qui a commencé par un déjeuner au Cojean Pyramides. Elle s’est poursuivie par un petit tour chez WHSmith, la célèbre librairie anglaise rue de Rivoli, où nous avons commencé nos emplettes…

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« Fluctuat nec mergitur ! »


peace-paris

Dessin de Jean Jullien

L’horreur a surgi vendredi soir : un sms posté par un ami de mon mari, alors que, l’un contre l’autre nous regardions un téléfilm en différé : « Mets les infos, c’est la merde ! ». Et je sens déjà les mains qui deviennent moites, le cœur qui s’accélère, le temps de trouver la chaîne des infos en continu. Les bandeaux rouges en bas de l’écran apparaissent, les mots surgissent : « attaques » – « morts » – « blessés » – « Paris ». On parle d’attentats au Stade de France. On zappe sur TF1, le match est toujours en cours, on ne comprend pas. On parle de terrasses, de gens « arrosés à la kalachnikov ». Mon esprit bloque sur « arrosés », quel mot étrange ! Soudain, le besoin impérieux de savoir où est ma sœur. Elle va bien, elle me parle du Petit Cambodge, ce petit restau découvert cet été avec tant de plaisir. En fond, pendant que je lui parle, les journalistes expliquent, montrent des images de corps à terre, je reconnais la terrasses du Petit Cambodge, ces chaises multicolores, je reconnais le quartier, je me souviens des visages des serveurs et serveuses, du chat tigré qui passait entre les chaises… et puis le Bataclan. Je pense à tous ces gens enfermés, pris au piège dans cette salle, je n’ose imaginer. Sur l’écran le nombre des morts et des blessés augmentent, de plus en plus.

Sidération, impression d’irréalité, comme une envie de vomir, une angoisse qui opprime. L’impression que tout ce à quoi je crois est bafoué : la vie, la liberté, la musique, le plaisir d’un verre bu en terrasse, de partager un moment simple de bonheur entre amis. Je réalise comme nous sommes fragiles, démunis, impuissants face à ces hommes en noir.

Samedi. Dès mon réveil, je veux savoir. Je passe la journée à suivre l’info. La télé d’abord, puis la radio et Facebook. J’entends les témoignages, je vois des vidéos, je lis des messages, des avis de recherche. Je vois le visage de ces gens que l’on cherche partout. Ces photos diffusées où les sourires s’affichent, des sourires qui ont disparu, qui ne reviendront plus. La détresse de ces pères, de ces mères, de ces frères et sœurs, de ces amis, qui cherchent partout. Ces regards perdus au sortir du Bataclan, ces gens qui courent. Comment fait-on pour se remettre de ça ?

A 17h, avec Antoine et Eliot, on allume des bougies à la fenêtre. Les flammes sont frêles, elles vacillent, s’éteignent, on les rallument, elles bruleront toute la nuit.

Et au milieu de ce marasme, je veux croire encore à la beauté, à la littérature, à la joie de vivre. J’entends rire mes enfants. Même si l’angoisse, plus que la peur, pèse au fond de moi, je ne peux pas croire que tout ce à quoi je crois s’effondre. Je sens la solidarité : les files interminables de parisiens pour donner leur sang ; les témoignages des gens qui ont ouvert leur porte pour accueillir ceux qui ont fui l’horreur ; les monuments du monde entier aux couleurs de la France… j’y crois. Parce que ne plus y croire, c’est ne plus croire en rien et je m’y refuse.

« Un Hiver à Paris » Jean-Philippe BLONDEL (Rentrée Littéraire Janvier 2015)


blondel un hiverVictor, lycéen brillant de sa ville de province, est monté à Paris pour poursuivre ses études en prépa littéraire dans un établissement reconnu. Il découvre la pression, la somme des devoirs à rendre, les listes abyssales de livres à lire, la froideur des professeurs, l’anonymat, la compétition, le décalage entre lui et les autres élèves, enfants des beaux quartiers. Tandis que ses « camarades » rentrent travailler et dormir dans des appartements de 150 m², Victor prend le RER pour rejoindre sa petite chambre universitaire à Nanterre. En deuxième année, il se rapproche de Mathieu, inscrit en première année. Il partage leurs pauses clope aux récréations. Ce n’est pas réellement une amitié, juste un rapprochement entre deux élèves venant de province. Un matin,  Mathieu claque la porte de son cours de littérature en lançant un retentissant « connard » à son prof, M. Clauzet, et saute par dessus la rambarde du grand escalier.

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