« Les Filles de Brick Lane – 1. Ambre » Siobhan CURHAM


curham-les-fillesDans le quartier de Brick Lane à Londres, vivent quatre jeunes filles qui, apparemment, n’ont rien en commun : Ambre, Sky, Rose et Maali. La première est harcelée dans son collège par une peste nommée Chloé parce que ses parents sont homosexuels ; la seconde a du mal à vivre la mort de sa mère d’autant plus que son père, amoureux d’une mannequin vieillissante semble renier leur passé ; la troisième ne supporte plus sa mère qui la force à devenir mannequin quand elle ne rêve que de devenir pâtissière ; la quatrième, d’une timidité maladive, préfère se cacher derrière son appareil photo. Ne vous laissez pas influencer par cette couverture pas très folichonne, car Les Filles de Brick Lane de Siobhan Curham est un petit plaisir à ne surtout pas négliger. Dès les premières pages tournées, ces quatre filles vont devenir vos amies, vous allez vous reconnaître dans chacune d’entre elles et en prime vous allez parcourir Londres, manger des burfi, croiser Oscar Wilde et passer des soirées sur les toits à regarder la lune et à boire du thé.

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« Le Prince heureux et autres contes » d’Oscar Wilde


J’ai découvert ce petit recueil de contes du grand Oscar totalement par hasard, et je ne le regrette pas car j’ai fait la connaissance avec une autre facette de l’auteur que je ne connaissais pas.

Trois contes sont donc recueillis dans cette édition destinée à la jeunesse. Le premier, Le Prince Heureux, est une histoire d’amour fabuleuse entre une hirondelle et une statue dorée à l’or fin. Le statue désespérée par la misère qui l’environne décide de venir en aide aux plus démunis, mais ne pouvant descendre de son socle, elle fait de la belle hirondelle son messager. Conte moral sur la fatuité des idoles richement honorées, sur le dévouement, sur l’amour pur, sur la misère des hommes et des enfants.

Le second conte, Le Rossignol et la rose, est un chant désespéré. Wilde oppose le monde humain au monde animal, et notamment aux oiseaux, les plus beaux poètes. L’amour humain se révèle ici versatile, et capricieux, alors que le rossignol se sacrifie tout entier au nom de cet amour si volatile.

Enfin, Le Géant égoïste reprend, comme son titre l’indique, un personnage traditionnel des contes. Ce conte est un hymne à l’enfance, aux jeux, à l’innocence, mais aussi à la nature, dans lequel l’image christique s’invite étrangement.

Oscar Wilde, dans ces contes, respecte parfaitement les règles du genre : les animaux et les statues parlent, on y trouve des géants, un brin de féérie, une morale etc. mais Wilde y insère son cynisme qui renouvelle le genre. L’Hirondelle comme le Rossignol sont deux symboles de l’amour pur que l’homme dénature et sacrifie, certains aspects m’ont fait penser aux sonnets de Ronsard, poète que Wilde admirait, ai-je lu quelque part. La fin des contes n’est donc pas si simple, et laisse un goût désenchanté, et cela même si, finalement certains se finissent bien. Se lit donc ici une vision assez pessimiste de l’homme par comparaison au monde pur et désintéressé des oiseaux ou des enfants.

Recueil lu dans le cadre du Mois Irlandais et du Challenge Victorien.