« Comment épouser un millionnaire » Jean Negulesco (1953)


La chaîne du cable TCM diffuse une rétrospective des meilleurs films de Marilyn Monroe, l’occasion de voir et revoir les films de l’actrice mythique au moment où l’on célèbre les 50 ans de sa disparition. Plusieurs rediffusions sont prévues pour ne rien rater, et apprécier le travail d’actrice de Marilyn.

Hier soir, en famille, nous avons vu, et revu pour moi, Comment épouser un millionnaire, avec en tête d’affiche la belle Lauren Bacall, Betty Grable et, bien sûr, Marilyn Monroe. Les trois actrices sont aussi célèbres les unes que les autres à l’époque du film, si ce n’est peut-être que Lauren Bacall semble avoir un palmarès de films plus sérieux et plus conséquent que ses deux coéquipières.

Charlotte Page (Lauren Bacall) loue un bel appartement à New York, qu’elle partage avec Pola Debevoise (Marilyn Monroe) et Toctoc (Betty Grable). Toutes les trois sont amies et mannequins de haute couture. Leur but est de rencontrer et d’épouser des hommes riches afin d’assouvir leur goût pour le luxe. Elles n’ont qu’un mot d’ordre : Nothing under six figures a year (Rien en dessous du million par an). Mais les choses ne vont pas exactement se passer comme elles l’avaient prévu.

Dans cette comédie romantique, Marilyn incarne la jolie blonde, pas très maligne. Le cerveau de la bande est sans conteste, le personnage de Lauren Bacall. Bien qu’endossant une fois de plus, une caricature de la blonde au cerveau de moineau, le rôle est cependant teinté de comique, puisque la belle est myope comme une taupe et qu’elle refuse résolument de porter ses lunettes qui, d’après elle, lui donne l’allure d’une vieille fille. L’absence de lunettes entraine donc des scènes assez drôles, où Marilyn se cogne aux murs en loupant une porte ou lit un livre en le tenant à l’envers, et répétant souvent : « Vous savez ce que l’on dit des femmes à lunettes… ».

Cet effet comique rend donc le rôle plus intéressant, et Marilyn se révèle une actrice comique assez convaincante.

Ce n’est pas le film que je préfère de Marilyn, et c’est même celui que j’ai le moins revu, et dont les souvenirs étaient les moins marquants. L’intrigue est assez cousue de fils blancs, mais le plaisir de revoir ces films ne tient pas à l’intrigue. C’est tout une époque que je me plait à revoir. Des actrices superbes, vêtues de robes magnifiques, une légèreté de ton, un humour clin d’oeil (le personnage de Lauren Bacall donnant des noms d’hommes célèbres d’un certain âge dit : « Et ce vieil acteur, Humphrey Bogart »…), et bien sûr la présence de Marilyn est une ravissante cerise sur le gâteau.

Dans ce film, la femme apparaît dans tout son aspect vénal, intéressé, caricature de la belle femme qui recherche la dote, et est prête à renoncer à l’amour pour satisfaire ses besoins de luxe. On sent pourtant que le pacte qu’elles ont passé entre elles, finit par leur peser, et la fin rachète cette vision misogyne qui semblait courir tout le long du film. Comme toutes les comédies romantiques, tout est bien qui finit bien.

Bien sûr Marilyn apparaît également dans ce film telle qu’en elle-même, sulfureuse, merveilleusement sexy, dans ce plan aux miroirs qui rappelle celui d’Orson Welles filmant Rita Hayworth dans La Dame de Sanghaï (1947). Bien sûr les films n’ont pas grand chose à voir, l’un est une comédie l’autre est un thriller, mais comment ne pas y voir un rapprochement.

Pour conclure, Comment épouser un millionnaire est une comédie sympathique, à voir pour Marilyn et pour Lauren Bacall plus que pour la qualité du film lui-même.

Film vu dans le cadre du Challenge Marilyn Monroe.