Bilan de lecture mensuel : Avril 2013.


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Ce mois d’avril a été marqué par la mise en place d’un défi de lecture que j’ai effectué avec Miss Bouquinaix, Bianca et Jostein .Il consistait à lire 1 livre en 2 jours sur tout le mois d’avril. Mardi 30, date de la fin du défi, j’ai donc fait un bilan et celui d’aujourd’hui risque d’être une redite, mais tant pis.

(suite…)

Bilan mensuel de lecture : Octobre 2012 + S.T.A.R 5 2ème semaine


Retour de vacances et des billets par dessus la tête à rédiger. Je commence par le bilan, il manquera un lien que je rajouterai demain quand j’aurai rédigé le billet. Je profite aussi de ce bilan mensuel pour inclure le bilan hebdo du S.T.A.R.

Ce mois d’octobre fut un peu chiche en nombre de livres, mais comporte de belles lectures ce qui, finalement est le plus important.

Commençons par les petites déceptions.

Deux livres seulement m’ont déçue ce mois-ci : Le labyrinthe du temps de Maxence Fermine, lu dans le cadre du Club des lectrices et L’objectif PAL Noire. Un roman un peu facile à la morale plate et sans guère d’intérêt, à mon sens. Le deuxième est l’ouvrage Génération Blogueuses, qui n’a pas tenu les promesses de sa couverture, même si y voir inscrit mon URL fut une agréable surprise.

Ce mois fut marqué par la lecture de 4 romans jeunesse, tous plus ou moins intéressants à leur manière : Arsène premier roman de l’actrice Juliette Arnaud, rencontre avec un personnage touchant et une histoire assez bien construite. Ensuite un roman pour jeunes lecteurs sur le difficile passage à la lecture solitaire : Halte aux livres ! de Brigitte Smadja. J’ai aussi eu la joie de retrouver ma copine Penelope Green en Chine. J’aime toujours les tribulations de cette jeune journaliste anglaise qui parcourt le monde pour témoigner de la place des femmes : Penelope Green : l’éventail de Madame Li de Béatrice Bottet. Enfin, pendant mes vacances, j’ai lu le premier tome de Rose et la maison du magicien de Holly Webb. Je rédigerai mon billet demain. J’ai lu cette première aventure pour mieux appréhender le tome 4 que j’ai reçu récemment.

Venons-en à mes deux lectures fétiches du mois : Du bout des doigts de Sarah Waters. Un roman savamment conçu, ambiance victorienne, fait de rebondissements et qui nous entraîne dans des machinations diaboliques. Roman lu dans le cadre de L’Objectif PAL Noire, ce qui fait donc 2 romans extraits de ma PAL Noire ce mois-ci. Enfin Inconnu à cette adresse  de Katherine Taylor fut une belle découverte, un roman coup de poing sur une période trouble où sommeille les horreurs de la Seconde Guerre Mondiale.

Tout cela nous fait un total de 8 livres lus et quelques 2288 pages tournées.

Côté Objectif PAL Noire, comme je le disais plus haut, 2 livres lus au lieu de 3 prévus : 18 / 115 = 97. Pour découvrir le bilan des participants à l’Objectif, rendez-vous sur la page dédiée à cet effet et qui sera actualisée.

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Concernant la deuxième semaine du S.T.A.R 5, voici mes lectures faites pendant mes vacances. Contre toute attente, le bilan pas si mal que cela :

J’ai donc lu en entier Rose de Holly Webb ; quelques pages du roman jeunesse de Brisou-Pellen Les 5 écus de Bretagne (livre qu’Antoine doit lire pour la rentrée) ; 7 contes sur les 12 des Contes de Bretagne par Jean Muzi (lecture faite à voix haute pour les enfants) et j’ai enfin commencé Home de Toni Morrison (que j’ai fini ce matin). Tout cela nous amène à un total supérieur de 19 pages par rapport à la semaine dernière. La semaine 3 est déjà bien engagée, mais les lectures sont prometteuses.

Je vous souhaite de belles lectures.

« Arlington Park » de Rachel Cusk


Arlington Park, c’est un peu le Wisteria Lane anglais. Banlieue chic, succession de maisons arrangées avec plus ou moins de goût et des femmes d’une quarantaine d’années, prises dans les affres de la maternité, laissées seules au foyer pendant que les hommes travaillent ou sont au pub. Mais à Arlington Park, il pleut bien plus souvent qu’à Wistera Lane, et on s’y ennuie bien plus.

Dès le début du roman, on ne peut s’y tromper, la pluie est partout, ruisselante, contraignante, déprimante, et colore de gris l’univers de Juliet, Amanda, Maisie, Solly, mais aussi de Stéphanie ou de Christine. Les cinq premiers chapitres sont consacrés l’un à Juliet, l’autre à Amanda, le troisième à Maisie et le quatrième à Solly. Ensuite les femmes se mélangent et apparaissent en filigrane les deux autres femmes citées plus haut. Ce qui rassemble ces six femmes est une désespérance, un ennui voire une conception assez macabre de la vie, l’impression d’être étouffées dans leur couple, contraintes par leurs enfants à une vie dans laquelle elles ne parviennent plus à s’épanouir, bien au contraire, qui leur donne l’impression de mourir et de s’éteindre à petit feu.

mais la vérité était qu’elle ne s’était jamais exprimée, d’aucune manière personnelle. (p.47)

Leur corps se ramollit, est déformé par les grossesses, leur couple vacille, elles se sentent si loin des préoccupations de leur mari.

[…] Tu disais qu’il était important qu’on ait des vies séparées.

C’était avant que je comprenne que vie séparée signifiait que tu partais surfer le week-end pendant que je m’occupais des enfants. (p.233)

Une matinée passée dans le grand centre commercial proche de chez elles, est vécue comme un intermède fabuleux, comme un moment volé et tant pis si ce qu’elles finissent par acheter semble, à leur retour, dérisoire.

C’est un roman bien noir et peu optimiste sur la vie de ces femmes destinées à élever leurs enfants et à s’occuper de leur intérieur, à tel point que certaines d’entre elles en deviennent maniaques à outrance. Ces femmes sont border-line, au bord du suicide, ont perdu tout intérêt, voire tout amour pour leur mari ou pire, leurs enfants qu’elles ne voient que comme des perturbateurs de l’ordre, ou responsables de leur déchéance physique. Le noir à outrance (Juliet voit son mari comme son assassin) a eu tendance à me rendre ce roman un peu too much. Aucune de ces femmes ne semble s’en sortir, et je me suis dit que trop c’est trop.

L’autre souci que j’ai eu avec ce roman tient à sa conception. Comme je le disais au début de ce billet le roman commence par donner aux quatre femmes un chapitre, puis nous avons un chapitre indépendant, très (trop) descriptif sur le jardin d’enfant et la pluie, et ensuite une succession de chapitres qui reviennent plus ou moins sur les femmes décrites dans les premiers chapitres. Il me manque un lien, certes le fil conducteur est cette désespérance, mais la conception du roman ne m’a pas paru aboutie, et soudain, Christine finit par monopoliser le roman, sans plus de raison que cela, si ce n’est qu’elle est sans doute la plus vindicative.

Une lecture donc un peu bancale, une vision trop noire pour être vraiment réaliste à mon goût, peu de nuance dans la perception de ces femmes, peu d’espoir non plus à part la rébellion (le conflit) ou l’acceptation.

Roman lu dans le cadre de l’Objectif PAL Noire (102-2=100), d’une LCA avec L’Or, Bianca et Mrs Pépys (moins sévère que moi, mais un avis également mitigé) (les liens seront rajoutés au fur et à mesure) et du Challenge God save the Livre. Pour suivre, au jour le jour, mon avancée dans l’Objectif Pal Noire vous pouvez lire mon Journal et rendre visite à ma co-équipière L’OR.

Objectif PAL Noire : Lectures Communes Approximatives


Suite au lancement de notre challenge Objectif Pal Noire, L’Or et moi avons décidé de nous organiser quelques LCA. Céline du Blog Bleu, en âme charitable, m’a également proposé de m’aider dans cette entreprise. Quelques LCA sont donc dores et déjà prévues. Mais pour ne pas me sentir débordée, je préfère me contenter de 2 LCA par mois maximum :

Septembre

Arlington Park de Rachel Cusk (avec L’Or, Bianca et Mrs Pépys)

Octobre

Du bout des doigts de Sarah Waters (avec Céline, Bianca, Tiphanie)

Villa Amalia de Pascal Quignard (avec L’Or)

Novembre

Maurice de Forster (avec Céline)

Une adoration de Nancy Huston (avec L’Or)

Décembre

L’arche dans la tempête d’Elizabeth Goudge (avec Céline)

La Conversation amoureuse d’Alice Ferney (avec Enna)

Janvier

Imposture de Benjamin Maskovits (avec Céline)

Février

Pauline d’Alexandre Dumas (avec Arieste)

Voilà donc déjà un bon programme de lecture. J’essaierai de faire des bilans soit mensuels soit trimestriels de mon avancée. Cette liste est une base de lecture à laquelle pourront venir s’ajouter d’autres titres. Je me laisse donc une certaine liberté pour choisir d’autres lectures au fil des mois, d’autant que ce n’est pas comme si je n’avais que ma PAL Noire à lire, même si celle-ci sera ma priorité cette année.

« La Séquestrée » de Charlotte Perkins Gilman (Un Jeudi, Un Livre #2)


C’est la journée des séquestrées ! Je m’étais dit que je lirais l’essai d’Edith Wharton sur la lecture, et puis je suis retombée sur cette nouvelle, et il m’a semblé amusant de lire un livre portant à peu près le même titre que celui que je venais de chroniquer ce matin.

La narratrice et son mari, John, s’installent, pour l’été, dans une vieille demeure ancestrale. Lui est médecin, elle souffre d’une dépression, ou ce que l’on appellerait plutôt de la neurasthénie. Ce séjour doit lui permettre de retrouver des forces et de sortir de sa maladie, jugée superficielle par son mari (et son frère, lui aussi médecin), mais de plus en plus prégnante pour la narratrice. Leur chambre est installée à l’étage dans une ancienne salle de jeux. La jeune femme se focalise alors sur le papier peint, qu’elle juge hideux, et angoissant.

Le nouvelle est suivie d’une postface très intéressante et éclairante à la fois sur Charlotte Perkins Gilman, mais aussi sur les traitements opérés sur les femmes souffrant de neurasthénie à la fin du XIXème. Ainsi apprend-on que Charlotte Perkins Gilman, mais aussi la sœur de Henry James, Alice, et Edith Wharton ont dû subir ces mises en quarantaine, ces enfermements avec interdiction absolue de toute occupation artistique et intellectuelle, cette obligation de dormir et de manger, allant jusqu’au gavage. Si la narratrice écrit, elle le fait en cachette de son mari et de sa servante. Contrainte de demeurer des heures entières dans cette vaste chambre, le jeune femme, dans une sorte d’hallucination, va percevoir dans ce papier peint un moyen de se libérer de cette emprise, en l’arrachant, elle prend sa liberté, rompt les chaînes.

Il s’agit d’une nouvelle qui flirte avec le fantastique, mais qui traduit surtout les désespérances d’une femme enfermée dans sa condition d’épouse et de mère, incapable de se soumettre à ces rôles, culpabilisée (car naïve) par les soins de son mari qui l’infantilise et la bâillonne en l’enfermant dans une prison dans laquelle aucune élévation transcendante n’est possible, puisque, comme il est souvent répété, elle doit ramper, comme ces femmes qu’elle imagine cachées derrière le papier peint.

Nouvelle fondamentalement engagée sur le droit de la femme à disposer de son esprit, de sa créativité, de sa liberté d’être non plus seulement résumée à un état de femme mariée et de mère, mais d’exister pour soi, et de se réaliser en tant qu’être pensant.

Voilà donc un texte sur de vraies revendications féminines, que certaines féministes devraient lire pour recentrer leur combat, car nous n’en avons pas fini avec l’accès des femmes à l’écriture et à la lecture, avec cette idée que la femme écrit des bluettes, et que la lecture peut être mauvaise conseillère.

Un Jeudi, Un Livre

Défi Mia : 10/8 ça ne s’arrange pas 😉

Cette lecture est aussi pour moi l’occasion d’honorer une troisième fois avec la Lettre P, ainsi que de continuer mon (10/102)