« Guy de Maupassant à 20 ans: les débuts de Bel-Ami » de Françoise MOBIHAN – Biographie


maupassantLa collection « à 20 ans » du Diable Vauvert a ceci d’intéressant qu’elle aborde les auteurs, ou les personnages célèbres de l’histoire, au moment où ils sont aux portes du succès, au moment où, en pleine force de leur jeunesse, ils sont vibrants d’espérances. Ces biographies de 150 pages dévoilent des êtres en devenir et révèlent comment leur destin se met en place.

Françoise Mobihan dresse un portrait passionnant de Guy de Maupassant. Elle en montre les facettes souvent oubliées des manuels de littérature :

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« L’Oeuvre » Emile ZOLA


Zola l'oeuvreJe m’étais promis un jour, de lire les Rougon-Macquart dans l’ordre. J’avais même commencé en lisant La fortune des Rougon, premier tome de la série, puis j’ai abandonné l’idée, même si j’avais beaucoup apprécié de découvrir l’origine de cette famille littéraire. Mais depuis que j’ai commencé à lire les classiques, dans mon adolescence, j’ai pris l’habitude de les lire selon mon envie, sans forcément choisir d’emblée les romans les plus connus. Pour Balzac, j’ai commencé par Béatrix, par exemple. Pour Zola, ce fut Le Bonheur des dames, offert par ma mère pour mes 15 ans (je crois), puis Le Rêve. Je n’ai toujours pas lu Germinal et si j’ai lu L’Assommoir c’est parce que je l’ai étudié en Première. C’est un conseil que je donne à mes élèves. Lisez les auteurs classiques, mais choisissez les romans qui vous donnent envie, même si ce ne sont pas les plus connus. Balzac, Zola, Maupassant, restent Balzac, Zola et Maupassant, quelque soit le roman qu’ils aient écrit.

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« Nantas » et « Madame Sourdis » Emile ZOLA (Nouvelles)


 

Zola nantasJ’ai lu ces deux nouvelles d’Emile Zola fin juillet et je vous avoue que j’en ai un peu oublié le contenu. C’est toujours un peu le problème avec les nouvelles, j’ai tendance à les oublier rapidement. Je les lis vite, sans prendre la peine de prendre des notes et après je me trouve bien dépourvue quand l’écriture du billet fut venue. Mais je vais quand même essayer de rassembler mes neurones.

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« La Fortune des Rougon » Emile Zola


Avec Lili Galipette et Miss Bouquinaix, nous nous sommes lancé le défi de lire Les Rougon-Macquart en entier et dans l’ordre, c’est notre Challenge Relisons les Rougon-Macquart. Hier soir, nous nous sommes retrouvées autour d’une pizza pour échanger nos avis.

Jusqu’à présent j’avais abordé l’œuvre de Zola dans le désordre, chaque œuvre se suffisait à elle-même, mais lire la saga de Zola dans l’ordre c’est prendre conscience du projet phénoménal que fut celui de ce grand auteur.La Fortune des Rougon représente donc la genèse de l’oeuvre, là où tout se met en place, les racines du grand arbre généalogique.

Sorte d’Eve populaire, Adélaïde Fouque est la femme des origines. Femme du peuple, légèrement simplette et surtout épileptique, Adélaïde épouse un Rougon, dont elle aura un enfant légitime : Pierre. Après le décès de Rougon, Adélaïde a une relation avec un certain Macquart, contrebandier, avec lequel elle aura deux enfants : Antoine et Ursule, enfants naturels puisque hors mariage. Et c’est ainsi que naissent les Rougon-Macquart.

A travers ce roman, Zola pose les jalons de son entreprise naturaliste. Son but est de suivre une famille, de génération en génération, et d’étudier ses membres, en fonction du milieu dans lequel il les place. Prenant appui sur la science et la sociologie naissante, Zola cherche à prouver la dégénérescence de la race. En prenant comme mère originelle Adélaïde Fouque, Zola se préoccupe du sort du peuple. Le style naturaliste est bien là : précision des détails, descriptions réalistes des décors, de la nature et des personnages, étude sociale et historique précises ainsi que volonté de parler du peuple et non plus, comme le faisait Balzac, de la haute bourgeoisie ou de l’aristocratie. Ainsi le Dr Pascal apparaît comme le double de l’auteur : Il regarda avec l’intérêt d’un naturaliste leurs masques figés dans une grimace, où ils retrouvaient leurs occupations et leurs appétits […] A cette époque, il s’occupait beaucoup d’histoire naturelle comparée, ramenant à la race humaine les observations qu’il lui était permis de faire sur la façon dont l’hérédité se comporte chez les animaux. (p.129)

Toutefois, Emile Zola me fait toujours légèrement sourire avec son projet naturaliste. Sourire, oui, car ce brave Emile est le roi du symbolisme ! les métaphores, les références culturelles, les références imagées cachées pullulent. En d’autres termes, Zola fait du naturalisme symbolique, et c’est surtout cela, finalement, que j’aime chez lui. Ainsi La Fortune des Rougon s’ouvre sur la description d’un cimetière, Saint-Mittre, qui fut retourné pour être aménagé. Par cette description, Zola ancre son roman dans une symbolique mortuaire qui teinte de noir la suite. Ce roman est donc, incontestablement emprunt de symboles : la jeune Miette, incarnation de la République révolutionnaire, le couple qu’elle forme avec Silvère, l’innocence sacrifiée, Adélaïde, l’Eve populaire et j’en passe.

La Fortune des Rougon, comme je l’ai déjà dit, est le roman des origines, donc Zola insiste sur l’histoire de chacun de ses personnages. Ainsi, tous auront droit à de longues digressions relatant leur histoire, ce qui fait que l’intrigue principale a du mal à avancer. Or l’intrigue principale quelle est-elle ?

Nous sommes en Provence (pays d’enfance de Zola) en 1851, dans les quelques jours qui précèdent et suivent le coup d’Etat de Napoléon III. Trois partis sont en conflit : les partisans de la monarchie, les Républicains (craints comme des sauvages sanguinaires) et les partisans de l’Empire. Au moment où la France risque de basculer pour l’un des trois partis, lequel choisir ? Ce roman raconte donc comment, dans une volonté d’ascension et de réussite sociales, la branche légitime des Rougon va tenter de se faire une place, usant, pour cela, de tous les moyens, et surtout des moins glorieux.

J’ai mis une bonne quinzaine de jours à lire ce roman, la raison en est, sans doute, les vacances et le travail qui ont tendance à ralentir mon rythme, mais aussi, je dois le dire, à cause du roman lui-même. En effet j’ai été gênée par les digressions dont j’ai parlées plus haut, mais aussi par une construction particulière. Dans les premières pages, Zola place son objectif sur le jeune couple, Miette et Silvère, pour les abandonner ensuite pendant plus de 150 à 200 pages. Certes, la fin justifiera le début, comme un effet de miroir, mais je n’ai pas été convaincue. Toutefois, une fois le calme revenu chez moi, j’ai mieux goûté la fin du roman. Quoiqu’il en soit, ce roman reste essentiel pour aborder la saga d’Emile Zola, car, c’est entre ces pages que tout prend naissance.  Enfin, le roman se termine sur une allusion au tome suivant : Leurs appétits, aiguisés par trente ans de désirs contenus, montraient des dents féroces. Ces grands inassouvis, ces fauves maigres, à peine lâchés de la veille dans les jouissances, acclamaient l’Empire naissant, le règne de la curée ardente. (p.381).

Suite au prochain épisode.

Roman lu dans le cadre du Challenge Relisons les Rougon-Macquart , du Challenge ABC Babelio lettre Z et du ChallengeUn Classique par mois

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