« Quelle épique époque opaque ! » Anne POUGET


Pouget épique époqueLe Chevalier Philibert a toujours vécu enfermé dans le domaine seigneurial, mais quand Merlin lui-même l’appelle à son secours en lui proposant d’éradiquer une monstre démoniaque, les frissons de l’aventure le titillent. Il se met donc en route avec son fidèle écuyer, Cornebulle.

Le monstre démoniaque se révèle être un certain Titivilus, être malfaisant et invisible, qui se penche sur l’épaule de qui rédige et fourre dans un grand sac toutes les fautes d’orthographe pour les ramener au Diable-d’en-bas. Or Merlin a un gros problème avec l’orthographe et n’a pas envie que cela se sache. Philibert et Cornebulle doivent donc impérativement mettre la main sur Titivilus et surtout son sac.

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« Le Grimoire au rubis : Le Sortilège du chat » Cycle 1, Livre 2 de Béatrice Bottet


Je poursuis allégrement ma lecture de la série de Béatrice Bottet Le Grimoire au rubis. Après Le Secret des hiboux, j’ai donc retrouvé Bertoul Beaurebec et Blanche de Vauluisant à Paris en 1232, où ils se sont installés depuis deux ans : Bertoul dans l’ancienne maison du mage Magnus Gurhaval, Blanche au Palais de l’Ile de la Cité, auprès d’Isabelle, soeur du Roi Louis IX, dit Saint Louis. Au palais, Blanche est sous la protection de sa marraine, Tiphaine de Fontegrive. Par une grâce du Roi, la jeune fille n’est plus sous la tutelle de ses frères, et peut disposer de sa terre de Valuisant quand elle le souhaitera. Mais quatre sorciers rôdent autour du Grimoire, et le jeune et peu sympathique Raoulet de Maulchagrin n’en a pas fini avec Bertoul.

Dans ce second livre, les héros se trouvent donc à Paris, alors que Notre-Dame est encore en construction. Les rues sont sombres, certains quartiers sont de vrais coupe-gorges, les portes de la ville sont fermées à la tombée de la nuit, les voleurs ont les oreilles coupées en sortant du Châtelet, on se réjouit de leur exécution quand ils récidivent, et les superstitions vont bon train.

Plus que dans le livre précédent, Béatrice Bottet use d’une plume humoristique, que j’avais déjà appréciée dans Le Grimoire maléfique. Ainsi les quatre sorciers sont quatre maladroits, apprentis sorciers ridicules mais méchants, qui se jalousent le Grimoire, et se disputent sans cesse. La sorcière Phelipote, toujours accompagnée de son chat noir qui griffe dès qu’il entend parler du Grimoire, est en cela très drôle, pipelette intarissable qui n’a qu’une idée en tête : tuer le jeune roi et sa mère.

Le personnage de Hennequin, ancien soldat devenu truand, m’a aussi beaucoup plu. J’ai aimé sa voix de stentor, ses entrées fracassantes, son aisance, et finalement son évolution au cours du roman. J’espère que je le retrouverai dans les livres suivants, j’avoue avoir un faible pour les truands repentis !

Parallèlement les sentiments entre Bertoul et Blanche évoluent, les doutes, les sous-entendus s’accumulent, mais leur rang social trop éloigné ne peut laisser espérer une alliance quelconque. Très proches, liés par les sortilèges du grimoire qui semble avertir Bertoul dès que la belle a besoin de son aide, les deux jeunes gens sont courageux, fidèles et valeureux.

Béatrice Bottet continue notre enseignement du Moyen-Âge : ses coutumes, comme l’ordalie, épreuve au cours de laquelle Dieu est censé désigner symboliquement qu’un accusé est innocent (ou non) (p.159), les jeux à la Cour, la peur du tonnerre et des éclairs, les incendies, l’usage des plantes, les différents vêtements etc.

Comme dans le premier livre, les péripéties sont nombreuses et je ne me suis jamais ennuyée au cours de ma lecture, engouffrant les 250 pages restantes ce matin sans même m’en rendre compte. Et quel plaisir de sortir d’un roman moins bête qu’à son ouverture. Reste un petit bémol, malgré quelques notes à la fin du roman, j’avoue que j’aurais aimé plus d’explications : un glossaire des mots expliqués en bas de page ; une notice sur Louis IX et Blanche de Castille, voire même un plan de Paris en 1232… quelques éclaircissements historiques supplémentaires m’auraient beaucoup plu, et me semblent encore plus nécessaires pour de jeunes lecteurs.

Mais ce n’est qu’un bémol sans importance au regard de tout le bien que je pense de cette série, et les romans sont aussi, après tout, de bon prétexte pour nous plonger dans les livres d’Histoire.

Livre lu dans le cadre du Challenge Moyen-Âge, du Challenge Littérature Jeunesse, sans oublier le Challenge Le Nez dans les livres puisque ce roman comprenant le mot Grimoire dans son titre.