« Le cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » Mary Ann Shaffer et Annie Barrows


shaffer2Après en avoir tant entendu parler, notamment de façon enthousiasmante par Leiloona, je me suis donc lancée dans ce gros roman nouvellement paru !
Tout d’abord, j’aime beaucoup la couverture représentant plusieurs lettres réunies et serrées par un joli ruban rouge!
Venant d’achever 84, Charring Cross Road, me replonger dans un roman épistolaire dont l’action se déroule à la même époque, m’a donné comme un certain vertige, comme si ces deux romans finalement étaient frères !

J’ai particulièrement apprécié la variété des personnages (ou des correspondants), la vie en communauté sur cette île de Guernesey, mais aussi toutes les histoires que chacun raconte, tout ce monde que les lettres font vivre. A la fois, drôle, émouvant, sensible, ce roman est une vraie merveille… et quand, au détour d’une lettre, une allusion à Jane Austen, Anne Brontë ou à Miss Marple (ça devrait plaire à Pimousse) pointe son nez, on est aux anges!

Contraiment à Hélène Hanff qui n’ira à Londres que longtemps après la mort de Doël, la Juliet de Mary Ann Shaffer, se rend à Guernesey, et découvre en vrai ces correspondants! La scène des retrouvailles m’a beaucoup émue! Soudain je me suis dit que c’était comme avec nos blogs! Nous nous parlons, nous nous laissons des commentaires, parfois même nous échangeons des mails et quand nous nous rencontrons en vrai, se mêlent excitation et anxiété :

Toutes ces personnes que j’en étais venue à connaître, et même à aimer, étaient là. Elles m’attendaient. Je ne pouvais plus me retrancher derrière une feuille de papier. […] Sur le papier, je suis absolument charmante, mais c’est juste une astuce que j’ai trouvée pour me protéger. » (pp.235/236)

Cette Juliet est un personnage très attachant, drôle, le ton de ses lettres est piquant et juste !

Je me rends compte qu’il est très difficile de vous parler de ce roman, parce qu’il contient tellement : un peu de littérature, un peu de souvenirs de la guerre (l’action se passe en 1946), un peu d’amour, beaucoup d’amitié! VOilà, c’est sans doute cela, essentiellement un roman sur l’amitié à une période où les familles ont été déssimées, où les enfants sont morts, où les mères ont disparu, et où il faut, cependant continuer à vivre, recréer un clan, une communité !

Enfin, Elisabeth, personnage absent et pourtant omniprésent du roman, est une figure à part! Comme une représentation, un symbole de l’amitié et du dévouement amical! Tout tourne autour de cette femme qui a été arrêtée et envoyée en camp de concentration, laissant derrière elle une petite fille, Kit! Personnage emblématique du roman, son charme agit au-delà de son absence, et son aura plane dans le roman comme une douce senteur de brume marine !

Bref, vous aurez compris que ce roman est un vrai bijou et que si vous ne lisez pas… JE VAIS ME FACHER !!!

Un grand merci à Leiloona !

Edit : oups j’ai oublié de mettre ma note !

bon-point

NOTE : 9 / 10

Pourquoi « Hésitation » de Stephenie Meyer est venu à bout de moi


Je suis en train de lire

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lecture fortement conseillée par Leiloona (merci à elle!)… et au cours de cette lecture je tombe sur cette phrase, à l’allure anodine, mais qui pourtant dit exactement ce que je ressens :

Lire de bons livres vous empêche d’apprécier les mauvais (p.80)

Il y a tout dans cette phrase !

Ce blog littéraire ou de lectures (c’est moins pompeux) est tout nouveau et je n’ai pas encore fait ma mauvaise tête, pas encore attaqué franchement mes bêtes noirs… oui, j’ai des bêtes noires en littérature, enfin littérature est dans ce cas là un peu sur-noté… disons qu’il y a des auteurs sur lesquels j’ai la dent dure ! Or cette phrase de Mary Ann Shaffer, que dit-elle finalement? le verbe « apprécier » est bien évidemment capital, et est la clef de tout. Si nous n’aimons pas certains livres c’est que nous avons l’habitude d’en lire des bons ! Elle semble sous-entendre du coup que l’on passe à côté de ces mauvais livres !

Vous savez que j’avais entamé la lecture des romans de Stephenie Meyer (Fascination, Tentation) et que j’étais plongée dans le tome 3 : Hésitation. Or, au bout de plus de 300 pages de ce tome, une certaine lassitude m’a gagnée, un manque aussi, alors … j’ai interrompu ma lecture pour me plonger dans 84, Charing Cross Road puis dans Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates… et là j’ai compris… j’ai compris que je n’étais plus en mesure de lire certains livres. Je peux effectivement le regretter, c’est sans doute regrettable… mais comme le dit Shaffer, je crois que je sais plus « apprécier les mauvais » livres ! Mais qu’est-ce qu’un mauvais livre?

Je ne dis pas forcément que Stephenie Meyer ait écrit un mauvais livre, je dis juste que, par comparaison, c’est un mauvais livre ! Même si l’histoire peut être prenante, le style est décidément un barage pour moi : des dialogues insipides, des phrases reprenant les sempiternels même clichés sur l’amour et ses hésitations… bref, pour moi le style est comme une charpente, si celle-ci est branlante, la maison s’écroule !

Voilà, tout cela pour vous avouer que j’abandonne officiellement la saga vampirique de Meyer !

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