Rencontre avec Marilou Aznar, auteure de « Lune Mauve : la disparue ».


aznar marilou portraitSamedi dernier, j’ai été conviée par les Editions Casterman à une rencontre avec Marilou Aznar, qui vient de faire paraître son premier roman Lune Mauve : la disparue dont je vous ai parlé la semaine dernière.

Cette rencontre s’est tenue dans un salon de thé près de la rue Montorgueil et rassemblait plusieurs blogueuses qui, comme moi, avaient eu la chance de lire en avant première ce roman fantasy pour ado. Ce fut l’occasion de retrouver Sophie Hérisson et Liyah et de passer quelques heures ensemble, mais aussi de faire la connaissance de Faelys venue sans ses madeleines et de beaucoup d’autres, comme Marion ou Nodrey (pardon je n’ai pas  noté tous les blogs et ma mémoire est défaillante!).

Marilou Aznar était aussi intimidée que nous au début ce qui nous a finalement tous mis à l’aise assez vite. Il faut dire que voir débouler autant de blogueuses en folie doit être un peu impressionnant ! Cette rencontre fut très riche en échanges, les questions étaient nombreuses et Marilou Aznar s’y est pliée avec gentillesse, prenant le temps de nous expliquer son parcours professionnel, puis son travail d’écrivain, ainsi que ses inspirations pour son roman.

Nous avons donc pu en apprendre plus sur la création du monde de la Lune Mauve, mais aussi sur les personnages et sur les deux prochains tomes prévus, le second en mai-juin, le troisième en octobre-novembre.

Pourquoi l’écriture ?

Marilou Aznar écrivait et lisait beaucoup quand elle était enfant. Par la suite, son parcours professionnel dans le monde de la musique l’a un peu éloignée de l’écriture, c’est un nouveau job comme traductrice de dialogues de séries ou de films, qui l’a ramenée à l’écriture.

Pourquoi un roman pour ado ? Pourquoi l’imaginaire ?

Pour Marilou Aznar, la période de l’adolescence est sans doute la période la plus riche en émotions, des émotions qui marquent peut-être davantage que celles de l’âge adulte. Tout est nouveau et plus intense. Le personnage de Séléné s’est donc imposé de lui-même et c’est à partir de lui que s’est construit l’intrigue.

Toujours attirée par l’imaginaire dans ses lectures (Science Fiction, romans gothiques, Dracula) mais aussi Wilkie Collins ou des classiques comme Balzac, Gautier (Le Roman de la momie) ou encore Dumas, elle se définit comme une lectrice éclectique qui aime tous les genres sans distinction et sans jugement de valeur.

Outre ses propres lectures, Marilou Aznar a également une passion pour toutes les civilisations anciennes : Babylone, les Mayas, les Égyptiens. Une passion qui a aussi nourri son roman.

A tout cela vient s’ajouter des souvenirs de vacances exceptionnelles sur la presqu’île de Crozon qui l’ont influencée pour situer une partie de son intrigue en Bretagne.

Darcourt, un lycée moderne

Le lycée huppé Darcourt que nous découvrons dans son roman est une pure invention, mais se nourrit autant de souvenirs que d’une certaine permanence de l’adolescence. Pour l’auteur, les ado sont toujours les mêmes quelque soit l’époque, seules changent les nouvelles technologies qui sont venues envahir les lycées aujourd’hui : d’où les mails et le blog de Scarlett dans le roman. Il paraissait impensable de parler des adolescents sans évoquer ces nouvelles technologies, d’autant que Marilou Aznar se définit elle-même comme une accro du net.

Comment ?

Il est toujours intéressant de savoir comment les auteurs travaillent et Marilou Aznar nous a donné beaucoup de précisions sur sa façon de rédiger sa trilogie. Elle le dit elle-même avec beaucoup d’humour : c’est le bordel ! Mais pas totalement quand même si on l’entend bien. Elle dit la nécessité de rédiger le début et la fin, pour savoir où elle va, même si des choses doivent changer au cours de la rédaction. Elle aime aussi rédiger les moments clefs avant de tirer des liens entre eux. Quand elle bloque sur un passage, cela lui permet d’en rédiger un autre. Son imagination étant très visuelle, elle aime s’entourer de photos ou de tableaux qui boostent son imaginaire. Elle a d’ailleurs créé un pinterest dans lequel elle a rassemblé plusieurs images importantes.

L’écriture n’est donc pas chronologique et Marilou Aznar a rédigé les trois tomes en parallèle, ce qui explique les sorties assez rapprochées des 3 tomes.

Auteure novice

Ce qui m’a beaucoup plu dans cette rencontre en plus du reste, était de découvrir une jeune femme totalement émerveillée et un peu effrayée aussi par l’aventure folle qu’elle est en train de vivre avec ce premier roman. Très humble, ne se prenant pas au sérieux, elle révèle sa peur de décevoir, de ne pas plaire, voire de traumatiser certains lecteurs en faisant mourir un de ses personnages. Elle a une réelle préoccupation du lecteur, et un réel respect aussi, ce qui est bien agréable à entendre. Ainsi avons-nous été les premières à recevoir ses dédicaces, et quand elle a sorti son petit kit acheté exprès, on aurait dit une petite fille sortant ses stylos neufs le jour de la rentrée scolaire.

Aznar Marilou

Marilou Aznar très appliquée

Une rencontre donc passionnante sur bien des points car en rencontrant l’auteur d’un roman c’est aussi tout un pan secret de la création qui est révélé et qui permet parfois de considérer les romans autrement, de mieux comprendre certaines choses et aussi de découvrir la personne qui se cache derrière les mots lus.

Merci à Marilou Aznar pour tout ce qu’elle nous a fait partager, merci à Brigitte Gautrand et aux Éditions Casterman pour cette belle initiative.

Lune Mauve : la disparue en librairie à partir du mercredi 6 mars.

aznar lune mauve

« Lune Mauve : la disparue, tome 1 » de Marilou AZNAR


aznar lune mauveDepuis l’ouverture de ce blog, mes lectures se sont beaucoup diversifiées. Soit du fait des découvertes faites sur des blogs amis, soit du fait de certains partenariats avec des maisons d’édition. Ce roman a atterri chez moi grâce aux Editions Casterman et à la recommandation de la responsable jeunesse qui a également mis en place une rencontre avec l’auteure. Je trouvais intéressant de participer au lancement d’un premier roman et la perceptive de rencontrer l’auteure m’a également séduite.

Plus près du démon de midi que de la crise d’adolescence, vous le savez, je suis une lectrice quelque peu exigeante, mais aime être surprise voire poussée à revoir mes préjugés et autres a priori. J’ai donc commencé ce roman d’un peu plus de 400 pages lundi et l’ai fini ce matin. Une lecture rapide avec des plus et des moins.

Séléné Savel a toujours vécu en Bretagne entre une vieille maison de famille à Roscanvel sur la presqu’île de Crozon dans le Finistère et Rennes où elle était collégienne. Sa mère a mystérieusement disparue quand la jeune fille était encore enfant, laissant pour tout souvenir un tableau étrange d’un monde imaginaire éclairé par une lune mauve. Son père, professeur de littérature érudit, l’envoie à Paris, dans le très sélect lycée Darcourt. Elle est accueillie par sa grand-mère paternelle. Jeune fille effacée, légèrement asociale, elle va se heurter de plein fouet à la jeunesse huppée des beaux quartiers de Paris et notamment va retrouver sa cousine Alexia, beauté diaphane et star de son lycée. Très vite dédaignée par la belle Alexia, moquée pour son côté provincial et surnommée la Bigouden, Séléné vit ses journées de lycée avec angoisse et colère. Dans cette atmosphère lourde, l’apparition de Laszlo, élève de prépa, grand, beau au regard d’émeraude, lui fait éprouver ses premiers émois, mais son étrangeté, sa façon d’apparaître et de disparaître ainsi que certains évènements bizarres la reliant à sa mère, va entraîner la jeune fille dans des péripéties dont elle se serait bien passé et révéler un destin qu’elle ne soupçonnait pas.

Ce petit résumé parle tout seul. Bien qu’ayant peu lu de romans fantasy (si ce n’est L’Histoire sans fin de Michael Ende – lu dans ma folle jeunesse – ou Filles de lune d’Elisabeth Tremblay), les situations de départ sont toujours un peu les mêmes : une jeune fille ou un jeune homme qui, jusqu’à présent vivait une existence normale découvre à un moment M qu’il ou elle n’est pas ce qu’il ou elle croit et qu’il ou elle est promis(e) à un destin supérieur qui va l’emporter dans un monde parallèle. Rien de neuf donc sous la lune et Marilou Aznar maîtrise bien les codes du genre.

Toute la partie sur la vie de Séléné dans son lycée est intéressante, souvent pertinente et bien au-dessus de l’ennuyeux Fascination de Stephenie Meyer où, sans aucun intérêt, cette pauvre Bella traîne son cartable de cours de Sciences Nat en cours de sport avec le passage obligé à la Cafet’. Séléné, au contraire, bien que méprisée par la quasi totalité des élèves de sa classe, sait se défendre et certaines réparties font mouche et révèlent une personnalité loin d’être mièvre ce qui n’est pas pour me déplaire, les héroïnes fragiles et « poupées de chiffon » n’étant pas mon fort. Ensuite les éléments de fantasy, l’étrange, les références à un monde parallèle sont assez bien mis en place tout au long du roman, et l’interférence progressive entre les mondes se fait assez naturellement. La duplicité de certains personnages (Laszlo et la fille aux cheveux gris, par exemple) permet également de douter et les bons et les méchants ne sont pas définis de façon manichéenne si bien que, comme Séléné, on ne sait pas toujours à quel saint se vouer. Autre élément qui m’a plu, les références littéraires disséminées et qui ne font pas clichés à mon sens. D’ailleurs faire du père de Séléné un spécialiste de Saint-Pol-Roux en est la preuve.

L’intrigue est donc plutôt bien construite et le peu de jours qu’il m’a fallu pour lire ce roman prouve assez que l’on est poussé à en apprendre toujours plus. Certes certains points me laissent un peu dubitative et certaines coïncidences ou facilités rompent un peu la vraisemblance, mais l’ensemble reste assez cohérent.

Toutefois mon avis ne serait pas complet sans quelques remarques moins positives, mais qui tiennent finalement plus au genre en lui-même. Le personnage de Laszlo, beau ténébreux, m’a laissé de glace, trop caricatural à mon goût pour provoquer chez moi un quelconque intérêt, tout comme les transports de Séléné qui lui font perdre toute raison et résistance sous les baisers brûlants du même.  Heureusement l’identité dévoilée du beau mec et la fin du roman montrera que ce personnage est un peu plus complexe, mais sur le moment, il y avait quelque chose de trop attendu.

Répondre aux codes du genre est bien, mais il est bien aussi de le renouveler un peu. Le thème de la lune par exemple apparaît là encore comme un cliché du genre. Je citais au début de mon billet Filles de lune, mais je pense aussi à la série, 16 lunes ou encore au tome 2 de Twilight, Tentation en français, New Moon en anglais. On n’a pas fini comme les loups de hurler sous la lune, mais même Murakami dans 1Q84 se plait à rêver sur cet astre, alors…

En résumé, je dirais que si vous êtes un ou une adepte du genre vous serez sans doute conquis par ce roman, pour son personnage principal, pour l’intrigue, pour les différents éléments relevant de la fantasy. Si, comme moi, ce genre vous est moins familier, ce roman vous fera cependant passer un moment agréable si vous oubliez un peu les facilités du style et certaines coïncidences téléphonées. Il n’en reste pas moins que Marilou Aznar sait décrire l’adolescence, et que quand elle parle et évoque les tourments réels de ses jeunes personnages, elle atteint son but.

Le roman sera disponible en librairie Mercredi 6 Mars. Je rendrai compte de ma rencontre avec l’auteure, Marilou Aznar, mais vous pouvez visiter son blog et la page Facebook consacrée au roman.

Roman lu dans le cadre du Challenge Amoureux (catégorie Amours Adolescentes), du Challenge Petit Bac (cat. COULEUR liste principale) et du Challenge Cartable et Tableau Noir.

Challenge Amoureux saison 3challenge Petit Bac 2013challenge cartable et tableau noir