« De vieux os » de LouiseWelsh


Je sens qu’il va m’être difficile de vous parler de ce roman, non pas tant parce qu’il ne m’a pas plu que parce que je ne parviens pas vraiment à savoir ce que j’en pense.

Murray Watson, docteur en littérature anglaise à Glasgow, décide de prendre une année sabbatique pour écrire l’autobiographie d’un poète, Archie Lunan, mort par naïade (oups lapsus, par noyade bien sûr 😉 ) quelques trente ans auparavant. Le roman, que l’éditeur qualifie de thriller (certes!), raconte donc l’enquête menée par le Dr Watson (on aura noté la référence !) pour glaner quelques informations sur la vie et l’œuvre de cet poète mort à vingt-cinq, un poète qui n’aura laissé qu’un maigre recueil de poèmes.

Je ne vous en dirai pas plus, et surtout je vous supplie de ne pas lire la 4ème de couv. qui révèle une partie du mystère final, ce qui paraît fou ! et qui, bien sûr est bien dommage.

Alors qu’en dire?

Mon gros problème avec ce roman c’est que je ne parviens pas à avoir un avis clair. Beaucoup de choses m’ont plu : l’Écosse, et surtout la dernière partie sur l’île de Lismore, la recherche de Murray pour trouver des infos, son enquête, le personnage même de Murray, professeur désabusé, descendant allégrement les bouteilles de whisky, fricotant avec la femme du chef du département littérature, un personnage aussi en quête de lui-même bien sûr, car rechercher des traces d’Archie, c’est aussi se chercher une justification à sa propre vie. J’ai regretté que les personnages secondaires ne soient pas suffisamment brossés, à tel point que j’ai eu parfois du même à me souvenir qui est qui, et me perdais dans les noms. Car, finalement, peut-être que le problème vient de tous ces fils qui sont lancés, à droite et à gauche, nous n’avons pas le temps de nous accrocher à l’un qu’il faut tenter de saisir le suivant. Voilà sans doute ce qui freine mon enthousiasme.

Mais la peinture de Glasgow, de ses pubs, de sa pluie, et la dernière partie sur cette île perdue au milieu de nulle part, où il ne cesse de pleuvoir, où Murray barbote dans la boue en même temps qu’il commence à faire le jour sur les dessous de l’affaire, comme si l’enlisement n’était pas seulement physique mais intellectuel et moral, est assez prodigieuse. La révélation finale nous tient en haleine, et fait son effet, nous laissant totalement béat.

« Des affaires classées depuis trente ou quarante ans peuvent ressurgir tout à coup. » Il regarda Murray. « Comme de vieux os. »  (p.386)

A tout cela s’ajoute des références littéraires qui ponctuent le texte sans l’alourdir, et la description du milieu universitaire, des relations entre les professeurs qui sont également assez finement évoqués.

Seule la première partie, l’installation de l’intrigue m’ont paru un peu longues, et j’aurais souvent aimé plus de développement sur certains personnages.

Donc, finalement, après l’écriture de ce billet j’aurais plutôt tendance à émettre un avis positif mais pas enthousiaste. Le fait que ma lecture de ce roman ait été entrecoupée d’autres lectures, est sans doute aussi la cause de ce jugement en demi teinte. Si vous voulez vous faire un autre avis sur ce roman vous pouvez lire l’avis très enthousiaste de Cryssilda.

Merci à Masse Critique de Babelio et aux éditions Metailié.

Ce roman a été lu dans le cadre du Challenge 1% Rentrée Littéraire, le Challenge God save the livre et le Défi de Mia.

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