Lettre à mon blog : déjà 6 ans !


Cher ami,

Il y a deux ans, je t’écrivais une lettre en forme de déclaration. En ce 17 avril, jour de ton 6ème anniversaire, notre relation a évolué. Je ne renie rien de ce que je t’ai déclaré alors. Je suis même un peu épatée aujourd’hui par cette lettre qui marque à quel point tu étais important pour moi alors. Mais, tu le sais, depuis plus d’un an, ma vie a pris un virage et aujourd’hui nous vivons une liaison épisodique. J’ai beaucoup moins de temps à te consacrer, je te délaisse, tu m’es moins essentiel, j’ai trouvé ailleurs l’occasion de m’épanouir. Pourtant, je sais tout ce que je te dois et même si nous ne prenons plus notre café tous les matins ensemble, tu restes un lieu hors temps, un espace intime que je veux conserver malgré tout.

Je sais qu’en te désertant beaucoup sont aussi allés voir ailleurs. Je sais que tu languis un nouveau billet, que tu te lamentes des commentaires qui se raréfient, que les stats sont revenus aux temps de nos débuts, qu’il te semble parfois que tu n’es plus lu, plus aimé. Je comprends. Mais tu es toujours là quand tant d’autres ont fermé leur porte. Tu subsistes. Autrement.

 Pourtant il suffit d’un livre qui me transporte pour qu’aussitôt j’ai envie de t’ouvrir et d’écrire. Comme à l’origine, tu lies lecture et écriture et c’est sans doute ce qui fait que je n’ai aucune envie de mettre la clef sous la porte. Car même si je te délaisse, je ne peux me passer de toi. Même si nous nous voyons moins, je pense à toi souvent et j’aspire à plus de temps pour te redonner des couleurs.

Cet éloignement involontaire m’a aussi permis de te reconsidérer, de te voir autrement et finalement de revenir à l’essentiel. Parfois en se voyant moins souvent on apprécie mieux de se voir. Et c’est sans doute ce qui caractérise notre relation de ces derniers mois.

Tu as des amis fidèles, je le sais, des amis qui comprennent, qui sont là quand il faut, et c’est l’essentiel. Je sais que la lois des blogs est difficile, que le temps qui passe sans billet joue contre nous, mais qu’en avons-nous à faire ? Qu’avons-nous à prouver ? Je ne suis plus dans cette course du billet à tout prix. Et sans doute, au final, as-tu retrouvé ta réelle raison d’exister. Alors tant pis si les stats s’écroulent, car ce qui importe, l’essentiel c’est de garder l’enthousiasme : de lire et de partager, de lire et d’écrire, de lire et d’échanger.

Joyeux anniversaire et remercions ceux qui, malgré tout, viennent nous rendre visite, accueillons-les avec notre plus beau sourire, souhaitons la bienvenue aux nouveaux et moquons-nous du reste !

George

« Bouquiner : Autobibliographie » Annie FRANCOIS


françois bouquinerDans ma PAL titanesque, il y a des livres qui, de façon inexplicable, attendent depuis des années que je me décide à les lire, alors même qu’ils semblent comporter tout ce que j’aime. C’est précisément le cas de ce livre-ci repéré sur plusieurs blogs de mes amies, acheté presque compulsivement, puis, une fois arrivé chez moi, placé dans la bibliothèque et mis en attente. Le fait de l’avoir chez moi, ayant apaisé mon besoin compulsif de l’avoir, j’ai laissé passer le temps. Il aura fallu le RAT pour qu’enfin, je le sorte de son étagère et il avait un petit air si réjoui alors, que j’avais presque honte de l’avoir délaissé tant d’années (3 ans !).

(suite…)

La Rentrée Littéraire dans la presse, ça donne quoi ?


J’aime la Rentrée Littéraire et je lis régulièrement les mag. littéraires encore plus quand ils font une spécial Rentrée Littéraire. J’ai donc acheté récemment le dernier Lire (daté de septembre 2012) et le Télérama de la semaine en cours (n°3267 daté du 25 au 31 août 2012), histoire de me tenir au courant des parutions et de voir un peu les avis des journalistes-critiques professionnels de la profession.

Dans Lire, nous avons bien sûr une double page sur Amélie Nothomb, mais, soyons honnête, deux doubles pages aussi sur Amin Maalouf. Ce qui m’a beaucoup plus surprise est la présence de plusieurs articles négatifs sur certains romans, parfois nuancés par un subtil : « Pour » vs « Contre » (cf.54/55). Quoiqu’il en soit j’ai trouvé intéressant que les critiques pro. se mettent enfin à donner un avis autre que purement positif et donc vendeur.

En parcourant mon Télérama, j’ai eu une nouvelle surprise de taille. Parmi les plus de 650 romans paraissant cette année, il se trouve que Lire comme Télérama reprennent souvent les mêmes romans, mais là où Lire encense le dernier Zeler (La Jouissance (…) n’est certes pas le chef-d’oeuvre du siècle mais c’est un livre porté par une plume sans afféterie, « moderne », et  nourri de référence avisées, voire passionnates (p.32), Télérama le dézingue : Reste un roman banal et vaguement prétentieux, astucieux autant que superficiel (p.37). Là où Lire dézingue le dernier Djian (On attend mieux de la part de ce grand amoureux des séries TV que quelques épisodes du   (p.55), Télérama le trouve peu sexuellement et politiquement correct, sans doute. Mais littérairement et humainement remarquable (p.35). L’abîme entre les deux jugements sur le roman de Zeler et celui de Djian (ce sont des exemples), m’a beaucoup étonnée, car ils sont dans les deux extrêmes, ce qui, nous qui avons l’habitude de parler de nos lectures et de confronter nos avis peut apparaître comme un peu étrange. Car le critique professionnel comparativement à la blogueuse de base, est censé donner un avis purement objectif et littéraire dans lequel la subjectivité serait absente. Or l’avis littéraire et objectif de Delphine Peras pour Lire et celui de Na. C. dans Télérama s’oppose précisément sur le tangible, le style.

Ma confrontation des deux magazines m’a en fait un peu désabusée sur la critique professionnelle (j’avoue que j’étais déjà largement sur la pente descendante à leur sujet), car finalement le contenu de Lire reprend les grands noms bien connus, ceux avec lesquels on n’a pas fini de nous bassiner : les Zeler, les Angot, les Nothomb pour les plus médiatiques, mais aussi beaucoup de noms d’auteurs connus, pas de prise de risque dans le choix des romans présentés : Adam, Gaudé, Enard, Joncourt… Je ne dis pas que Télérama fasse tellement mieux, mais quand même, parler du dernier Toni Morrison ou de Richard Powers, semble un petit peu plus audacieux, et j’avoue que parmi les auteurs de roman présentés beaucoup d’entre eux m’étaient inconnus, ce qui n’est pas le cas pour le Lire. Et j’avoue que la présentation des romans par des dessins et non par des photos des auteurs m’a nettement plus convaincue dans le Télérama, que la revue de portraits du Lire, car finalement ce qui compte ce n’est pas la gueule de l’écrivain qui pose nonchalamment, ou dans une lumière entre chien et loup, mais bien le roman lui-même.

Enfin, et comme un écho bienvenu à ce billet, je suis tombée sur un article de Arrêt du images (trouvé grâce à FB) et qui… comment dire-je… aurait tendance à donner de l’eau à mon moulin. (ATTENTION vous avez encore quelques heures pour le lire gratuitement!!!)